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Nisan21
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3,5
Publiée le 26 octobre 2024
Sur un thème très rude, la réalisation est virtuose, avec une photographie léchée pour un véritable plongeon dans l'ambiance de ce quartier de New York.
Un rescapé des camps nazis vit à New York en tant que prêteur sur gages. Dans les camps, il a perdu femme et enfants. Il y pense toujours. Dans son magasin, c'est un homme dur même avec les pauvres, féroce en affaire. Il vit seul dans le souvenir du passé. Avec lui, il y a un jeune homme employé au magasin, qui veut apprendre le métier, mais qui est souvent maltraité par son patron. Suite à un vol, cela finira tragiquement. Beau film de Sidney Lumet, très bien réalisé techniquement, aussi à l'aise dans un magasin étroit et encombré, qu'en extérieur, dans la ville de New York. Très beau noir et blanc pour cette histoire émouvante sur le souvenir et la solitude. Rod Steiger y est admirable. Belle séquence d'errance dans New York. La fin est un peu caricatural, trop théâtral dans le jeu de Steiger.
Un rescapé des camps d’extermination entretient avec le réel un rapport dissonant et discontinu, rongé par des souvenirs traumatiques qui l’assaillent et dont son environnement quotidien fait écho – haine raciale des habitants des quartiers pauvres de New-York, univers concentrationnaire du ghetto urbain, extorsions diverses. Dessinant en parallèle le portrait d’un homme non réconcilié avec son existence et celui d’une ville rongée par l’échec du melting-pot et par la violence du capitalisme sauvage, Sydney Lumet concilie dans un geste radical l’intime et le social. Comme toujours chez le cinéaste new-yorkais, l’homme est le produit de son environnement. Le côté expérimental du film a gardé sa puissance (utilisation audacieuse d’images subliminales, traitement hyper stylisé des décors, mise en scène expressionniste), même si le flottement narratif du récit induit des baisses de rythme et le côté appuyé du sujet n’évite pas certains raccourcis (la vision crépusculaire d’une Amérique livrée à ses pires démons). Audacieux dans sa forme, radical dans son discours et finalement très malaisant, ce « Prêteur sur gages » est un film à voir.