Film relatant le parcours d'un homme blessé et meurtri, ayant tout perdu, et qui va tout faire pour se venger. Plutôt efficace, mais pas tellement original.
"Rolling thunder" ressorti en Blu-Ray à l'été 2015 connait une nouvelle jeunesse, étant affublé d'un statut de film culte dont il faut bien avouer qu'il est essentiellement d'essence américaine avec un certain Quentin Tarantino en tête de gondole qui considère sa scène finale comme un modèle d'efficacité. Au-delà de ce film méconnu, c'est le réalisateur John Flynn qui est aujourd'hui réévalué comme étant un des solides faiseurs des années 1970 et 1980. De sa filmographie ramassée (11 films), seuls "Pacte avec un tueur" (1987) et "Haute sécurité" (1989) ont eu en France une certaine audience. "Rolling thunder" a la particularité de traiter du retour difficile des GI's via le film de genre, ici le film de vengeance, procédé sans doute unique repris ensuite seulement par Ivan Passer en 1997 pour "Cutter's way". Le scénario a été conçu à l'origine en 1973 par Paul Schrader qui entendait le mettre en scène lui-même. Mais Lawrence Gordon producteur successivement pour AIP, la Columbia et la Fox, trouvait le travail de Schrader trop nihiliste présentant son héros comme un red neck raciste qui de retour du Vietnam n'a qu'une chose en tête, en découdre avec la communauté mexicaine de son bled. A l'époque, la guerre du Vietnam s'enlise et n'est plus populaire depuis longtemps dans l'opinion, effrayée par le nombre de jeunes américains morts au combat et par l'état psychologique désastreux des GI's de retour au bercail. Hollywood n'entend donc pas s'étendre sur le sujet. De plus, Gordon jugeait sans doute que Schrader alors dans sa période la plus créative mais aussi la plus destructrice n'était pas en mesure d'assumer la tension d'un tournage. Quatre ans plus tard c'est donc John Flynn qui vient de tourner "The Outfit" avec Robert Duvall qui s'attaque au projet après la retouche du scénario par Heywood Gould. Certains personnages secondaires sont désormais développés comme Linda Forchet (Linda Haynes) la jeune fiancée de guerre du major Charles Rane (William Devane). Si le film est toujours centré sur la violence du personnage principal, spoiler: celle-ci n'est pas d'origine raciste mais consécutive au meurtre crapuleux de la famille de Crane . Paul Schrader s'est assez vite désolidarisé du projet, qualifiant le film de "fasciste" et le ramenant ainsi brutalement à l'image peu flatteuse d'"Un justicier dans la ville" de Michael Winner (1974) avec Charles Bronson. C'est occulter un peu trop vite la première partie du film qui fait sa très troublante singularité. Charles Rane et le caporal Johnny Vohden (Tommy Lee Jones), retenus prisonniers dans la jungle vietnamienne sont accueillis comme des héros spoiler: mais ce sont deux zombies qui débarquent de l'avion cargo qui les ramènent au Texas. Le salut qu'ils s'adressent en se séparant sur le tarmac avant de rejoindre leurs familles respectives en dit long sur le vide abyssal qui les habite désormais . De retour certes, mais toujours l'esprit dans l'enfer asiatique comme en feront désormais une règle les films sur le Vietnam. Le major Rane ne quittera plus les lunettes de soleil qui lui servent de paravent pour affronter le monde extérieur avec lequel il ne se sent plus en connexion. spoiler: Quand sa femme lui annonce qu'elle le quitte pour un de ses amis, c'est avec détachement qu'il encaisse la nouvelle . William Devane qui après les désistements de Clint Eastwood, Charles Bronson ou Steve Mac Queen a été imposé par Alan Ladd Jr, le patron de la Fox (Lawrence Gordon aurait souhaité que Tommy Lee Jones endosse le rôle), exprime parfaitement l'insensibilité du personnage qui, d'un calme glaçant face à toute situation, semble paradoxalement vidé de toute la violence qui lui a été infligée en détention. spoiler: Une violence qui n'est en réalité que contenue, refaisant surface lorsque des malfrats (mexicains pour le coup) tuent sous les yeux de Rane sa femme et son fils pour ensuite le mutiler lors d'une scène spectaculaire un peu racoleuse qui a valu au film sa réputation sulfureuse aux Etats-Unis . La machine est dès lors lancée et progressivement le film glisse vers son volet vengeance beaucoup moins original et captivant, hormis la présence très charismatique de la très séduisante Linda Haynes au côté de William Devane et la fameuse scène de tuerie finale vénérée par Quentin Tarantino. Le jeu marmoréen de Devane sera assurément minutieusement observé par Ted Kotcheff et Sylvester Stallone pour dessiner le contour psychologique du soldat John Rambo que l'on peut voir comme le petit frère populaire du major Charles Rane. Le film fort déstabilisant et très original dans sa première partie se réduit à un simple film de genre dans son finale pour respecter le cahier des charges voulu par Lawrence Gordon. Si "Rolling thunder" est très respectable, montrant certaines qualités d'auteur chez Flynn, c'est bien le magnifique "The outfit" (1973) qui reste au firmament de l'œuvre à redécouvrir d'un petit maitre du Nouvel Hollywood.
Toute la ville de San Antonio est heureuse de voir rentrer au Texas le major Charlie Rane et Johnny Vohden, son compagnon d'arme, emprisonnés tout deux durant 7 ans au Viet-nam. Cette ferveur n'est malheureusement pas partagée par ces 2 vétérans dont le retour dans leur sweet home respectif s'annonce tout aussi douloureux que les sévices et tortures qu'ils ont subis. Leur inadaptation à leur ancien environnement va céder place à un besoin de violence dont la légitimité ne fera pas de doute aux yeux du spectateur. Ces individus auraient pu connaître le bonheur mais la violence de la société des hommes a choisi pour eux un tout autre destin. Le scénario écrit par Paul Schrader, scénariste de Taxi Driver, pose lentement et régulièrement les ingrédients nécessaires à un film de vengeance.Mais le réalisateur John Flynn accorde de l'importance au décor et veut dépeindre une situation réelle, aussi il ne brusque pas les évènements et trouve un ton juste, parfois humoristique, pour enchaîner les situations. L'apparition de la jeune Lynda (Haines), très photogénique, apportera une bouffée d'oxygène au héros afin que ce dernier puisse toucher le fond et revenir parmi les vivants. Elle rappelle fortement la compagne de William Oates dans Apportez moi la Tête d'Alfredo Garcia, l'action se déroulant également au Mexique. Bien que les méchants sont clairement identifiables on ne ressent pas trop de manichéisme, malgré la codification américaine de ce film de genre, mais plutôt une description volontairement distante. Le thème de la vengeance est bien exploité dans ce film noir considéré par Quentin Tarantino comme une oeuvre importante des années 70.
Avec un personnage principal intéressant très bien joué par William Devane on assiste à un bon début de film ensuite le réalisateur exploite la situation un peu trop classiquement.
En voyant Rolling Thunder j'ai vite pensé au personnage de comics Marvel "The Punisher" car tout y est repris au point que l'on pourrait se dire que ce film est officieusement le premier métrage sur le Punisher . On se retrouve avec un ancien vétéran du Vietnam qui aura sa famille assassiné et il décidera de partir en quête de vengeance, mais ce qui donne une touche d'originalité au personnage c'est qu'il a un crochet a la place d'une main .
Rolling Thunder est donc une banal histoire de vengeance, on découvre un homme brisé qui ne semble ressentir aucune émotion face au meurtre de sa famille et qui partira en quête de vengeance . Une histoire qui prend son temps et qui ne se lâche que sur les dix dernière minutes dans un flot de violence aux airs de western .
Simple, efficace et viscéral on en demandera pas plus a ce film qui a l'heure actuel semble vivre d'un certain statut de "culte" grâce a Quentin Tarantino qui lui a dédié le nom de sa boite de distribution de films "Rolling Thunder Pictures" . On ressent un peu que ce film influença Tarantino avec Kill Bill ou encore Django qui comme ici se lâche surtout dans la fin .
Avec un scénario signé Paul Schrader, je partais très confiant quant au potentiel de ce Rolling Thunder. On retrouve un peu cette thématique du vétéran du Viet-nam qui n’est pas sorti indemne de cette guerre. Ici, les deux personnages principaux ont subi plusieurs années de captivité dans des conditions terribles, gardant ainsi une certaine forme de traumatisme due à cette sordide expérience. Retour au pays en héros, le personnage principal incarné par William Devane ne sera pas épargné par certains individus peu scrupuleux. S’ensuit alors une histoire de vengeance qu’on pourrait considérer comme classique mais qui contient fort heureusement quelques fulgurances occasionnelles. Pourtant le film manque cruellement d’une mise en scène qui aurait pu le rendre tout vraiment noir et accentuer les séquences d’action. Non pas qu’elle soit mauvaise, loin de là, disons que ça manque un peu d’idées, notamment sur la séquence finale qui aurait pu être absolument géniale mais qui en fin de compte s’avère être bonne sans plus, un peu trop standardisée en somme. Mais, Schrader oblige, dans l’ensemble le scénario demeure solide et de qualité. Quand on s’écarte du sujet principal, c’est pour se concentrer sur une relation naissante entre le protagoniste principal et une admiratrice, groupie comme elle le dira elle-même, qui souffre de la déshumanisation d’un William Devane désabusé. Cet acteur est excellent dans son rôle, tout comme Tommy Lee Jones qu’on voit assez peu mais qui fait déjà preuve de la prestance qu’on lui connait. Ce Rolling Thunder est un bon film finalement, qui manque de saveur d’un point de vue artistique malgré une bonne photographie. Quelques scènes comme le broyeur et le crochet marquent, dommage qu’il n’y ait pas eu davantage de scènes comme celles-ci. A découvrir.
Je pensais que Légitime Violence serait beaucoup plus violent et plus porté sur l'action mais en fait Légitime Violence n'est pas qu'une simple histoire de vengeance c'est aussi celle de 2 hommes revenant de 7 années de captivité des terribles geôles Vietcong. Comme le dit l'un d'eux "on est mort de l'intérieur" c'est pour cette raison que le commandant joué par William Devane est tout au long du film détaché de ce qu'il fait même de sa vengeance et de l'amour d'une jeune femme. La réalisation manque de hargne mais Légitime Violence n'est jamais ennuyeux à suivre et possède quelques scènes dures (la main broyée) ou de bonnes fusillades. Pas aussi intense que j'espérais mais tout de même un bon film à découvrir.
Derrière cette histoire simpliste de vengeance John Flynn nous montre les blessures d'un vétéran du Vietnam,ayant passé dix ans en captivité dans les pires conditions.Il en reviens un homme brisé,exposé dès sa rentrée au pays a la foule comme un martyr des usa.Son retour a la vie normal n'en sera pas moi dur,puisque tout a changé.Et tout changera encore plus durement pour lui,qui retrouvera son instinct de machine a tuer fabriqué par l'armée.