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Un visiteur
3,5
Publiée le 9 juin 2013
Le début des années 60 marque le début des matériels légers , à la fois pour l image et plus encore pour le son, révolutionnant à la fois le travail journalistique audiovisuel (la vidéo débarquera 10 ans plus tard ) et le documentaire cinématographique ambitieux. Un arrière plan politique lourd et la montée en charge continue des approches sociologiques structurent les contenus de façon similaire. Aussi le joli mai n est il pas tellement éloigné des reportages de cinq colonnes à la une, dont la qualité impressionne 50 ans plus tard. Il faut reconnaître à Chris Marker un certain respect des personnes filmés et/ou interrogés et la grande liberté qu'ils leur laissent, leur donnant ainsi de l'épaisseur. En contrepartie les images ne sont pas au premier plan et les lieux sont filmés sans génie dans un montage peu créatif .(les montages de 2h26 le sont rarement). C'est bien finalement les plans silencieux sur les visages , notamment des ouvriers de Renault , les plus poignants L'ensemble est plus que plaisant, jamais ennuyeux et finalement plus réussi que "chronique d'un été", le film de Rouch, sans doute trop cérébral.
voyage dans le temps au cœur de cette ville que j'aime tant, rencontres avec ces parisiens desquels je me sens si proche. Paris à toujours été une ville grise, dense, encombrée, polluée, mais merveilleusement belle, libre et pleine d'espérance les préoccupations des parisiens n'ont pas changé, famille, logement, et prendre du bon temps. ils sont pareils aujourd'hui, mais ils ont perdu une chose, la sympathie.
Jusque-là j'étais plutôt fan de Chris Marker, et je me suis dit qu'avec un tel documentaire - avec une idée simplement géniale - je le serais encore plus. Malheureusement s'est produit l'effet inverse. La première partie est pourtant extrêmement réussie, Marker parvenant, sous le délicieux récit parlé par Yves Montant, à allier vues de Paris et interviews prises au hasard, sur des parisiens, leur vie, leurs espoirs, leur définition du bonheur... Notamment le premier - très drôle d'ailleurs - où l'on se rend compte que finalement les préoccupations de cet homme étaient semblables à celles de gens d'aujourd'hui. L'argent, la vie de couple, les petits loisirs... Deuxième histoire avec cette mère de 9 enfants, puis troisième avec ces jeunes bcbg prêts à investir dans la bourse, il y a une sincérité (au-delà de tout ce que l'on peut penser, notre avis) touchante, avec des commentaires à côté, c'est sympathique. Et ce en gros ainsi de suite jusqu'à la fin de la première partie. Pari osé, écran noir pour l'entracte, avec la musique d'Yves Montand, le Joli Mai, un régal. Et puis s'amorce cette seconde partie, un peu moins naïve visiblement, avec ce "retour de Fantomas", et là je dois dire - et ce que jusqu'à la fin - j'ai été déçu. Non pas par les propos véhiculés (qui reflètent sans doute la pensée du moment de cette société) mais par l'idée qui les traverse, qui en échappe, comme si un propos voulait être amené un spectateur. On enchaîne des discussions sur des propos bien précis - économique, politique, religieux, racisme, etc... - et j'ai la désagréable impression qu'on sort totalement du cadre du "hasard", comme si tout était calculé, et franchement ça m'a gêné. Car le début montrait vraiment cette sensation "d'accoster les gens dans la rue", et là non, comme si on voulait toucher à tel et tel sujet... Cela m'a passablement déçu. Puis cette toute fin, presque moralement douteuse (dont je tairai la signification), qui a comme enfoncé le clou. Bref c'est bien dommage, j'aurais espéré mieux.
Quel plaisir !!!! Ce documentaire est à voir de toute urgence, moi qui n' avais que 6 ans en 1962 je ne m'étais pas rendu compte bien évidemment de tout ce qu'il montre. Un retour en arrière bien salutaire. Merci à ceux qui l'ont restauré, à ceux qui l'ont programmé !!!
50 ans après sa sortie, le documentaire de Chris Marker (décédé en 2012) et de Pierre Lhomme ressort en version numérisée et remaniée selon les volontés du premier et grâce au travail du second. Si la forme a sans doute un peu vieilli (la voix off de Yves Montand récitant avec emphase et lyrisme le texte écrit par Marker, la longueur des interviews, les questions parfois intrusives, l'intérêt inégal des personnes interrogées), il faut reconnaitre à ce long film scindé en deux parties séparées par une chanson de Montand une authentique dimension de témoignage sociologique et anthropologique sur une époque vieille d'un demi-siècle, qui apparait à la fois très lointaine (physionomie, vocabulaire, naissance de la technologie) et très actuelle (certaines problématiques traitées résonnent en écho en 2013, comme si la situation actuelle était déjà en gestation au début des années 1960.
Ce mois de mai 62 à Paris est un peu particulier. C'est le premier mois de paix depuis sept années avec l'achèvement de la guerre d'Algérie et la signature des accords d' long et terrifiant conflit a cependant laissé des traces dans une France encore largement ouvrière, où le communisme le dispute à la religion, où la consommation nouvelle et croissante des biens d'équipement accompagne peu à peu la diminution de la misère et la disparition des bidonvilles, où le racisme envers les Arabes et les Noirs comme la place réservée aux femmes attestent d'une société corsetée et repliée.
On regrettera juste que les magnifiques panoramiques de la capitale jouant de la lumière et des ombres et proposant des angles et des vues inédits de Paris cèdent petit à petit le pas sur l'enregistrement de longues conversations (celle avec la costumière de théâtre m'a fait, je l'avoue, décrocher du film). Il est tout à fait intéressant néanmoins de revoir cette époque de peur et de clandestinité, de secrets et de non-dits. Dans les rues parisiennes, les interviews réunissent une foule de curieux et de badauds surveillés de près par les 'képis noirs'. Chris Marker et Pierre Lhomme exposent une succession de visages, presque des trognes, à eux seuls témoins irréfutables d'une France en pleine mutation.
Superbe documentaire, on replonge totalement dans l'atmosphère mai 62...un vrai régal ! Amusant de redécouvrir la mentalité des français de l'époque, bien différente d'aujourd'hui.
Un pure bonheur. Un grand film. Une conscience politique très aiguë. Les Godard & Co peuvent aller faire dodo. Chris Marker ne filme pas sa dulcinée du moment. Il nous montre le peuple de Paris jusqu'au bidonville de Nanterre. Un grand moment de cinéma. A ne pas rater.
Le joli mai me réconcilie définitivement avec le documentaire : on est submergé d'émotion à tant de reprises, mais dans le même temps, on comprend (ou on croit comprendre) tant de choses. Les plans sont fantastiques, les rencontres incroyables, c' est un chef d'oeuvre à voir d'abord au ciné (le dvd va sortir )
Un des meilleurs films documentaire que je n'ai jamais vu, long, vivant, pas du tout ennuyux, a quand un dvd ? Chris marker, a fait entre autre "la jetée" (très connu pour son adaptation chez bowie et l'armée des 12 singes), ainsi que "sans soleil". Des films à voir et à déguster.