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pasmaldutout
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3,0
Publiée le 15 juin 2025
"Le Joli Mai" est un film qui pose des questions sur Paris et ses habitants. Les réalisateurs lancent ces questions comme des cailloux sur l'eau et observent les ricochets. Ces questions explorent la ville et révèlent un portrait cinématographique profond de Paris. Elles sondent aussi les profondeurs de la capitale, cherchant à en capturer l'essence. Chris Marker et Pierre Lhomme ont créé ce film en tentant de capter le moment présent. C'est un reportage qui sert de portrait, d'essai et de mémorial. Le film montre qu'une ville complexe comme Paris peut être portraiturée. L'art du portrait capture à la fois l'instantané et le durable. "Le Joli Mai" présente Paris en mai 1962, mêlant l'anecdotique et l'historique, l'individuel et le collectif. Il juxtapose des histoires personnelles avec des événements majeurs, comme les accords d'Évian. Les rues et les voitures (il y avait bp d’embouteillages) lient ces éléments ensemble, montrant Paris dans toute sa complexité. Le film capture l'esprit de l'époque. Malgré les conflits et les différences, une unité de style émerge. Les Parisiens, quels que soient leurs parcours, partagent une culture commune façonnée par l'école publique, le PCF et l'Église. "Le Joli Mai" adopte une approche d'« objectivité passionnée ». Marker ne cherche pas à imposer sa vision, mais à accueillir le réel tel qu'il est. Le film mêle subjectivité et objectivité, créant une œuvre unique qui ressemble à un essai. Marker laisse le contenu vivre sa propre vie, suggérant que l'avenir interprétera différemment ces images. Avec le recul, certaines attitudes révèlent des qualités inattendues. Le film n'est pas conçu pour agir immédiatement, mais comme un mémorial pour l'avenir. Il est lyrique et solennel, contrastant avec "Chronique d'un été", qui semble plus libre et expérimental. "Le Joli Mai" est une œuvre autonome qui ne peut laisser indifférent.
En mai 1962, la guerre d'Algérie vient de prendre fin et Chris Marker se déplace dans Paris la caméra à la main et interroge des habitants.
Ceux qui pensent que les trente glorieuses furent une période bénie dans la période contemporaine seraient avisés de jeter un oeil à ce film documentaire fraîchement ressorti en salles.
Il se dégage de " joli mai ", une nostalgie envoûtante, parfois même captivante, d'un monde qui malgré ses imperfections n'est plus.
Pour les besoins de sa diffusion en salles, son auteur a voulu raccourcir le documentaire de 280 mns, de 20 mns.
Chacun me semble-t-il trouvera matière à se raconter sur ces images passéistes qui ainsi montées vont bien au-delà du simple documentaire. Ainsi réunies, elles reprennent le cours de l’histoire qu’inconsciemment nous délaissons au gré de nos discussions, ici et là, de nos rencontres programmées ou inopinées en jetant à chaque fois, un coup d’œil plus ou moins appuyé dans le rétroviseur . Alors était-ce mieux avant dans ce Paris 1962 qui parait aujourd’hui témoigner d’une époque, sans lui attribuer une quelconque vérité sociologique . Entre la carte postale et le registre des archives communales les commentaires ressemblent parfois à ceux d’aujourd’hui. Petit détail au passage : dans les années soixante Chabrol nous présentait « Le beau serge » et Truffaut faisait « Les 400 coups » . Chris Marker et Pierre Lhomme dans la simplicité de leur approche scénique ne surferaient-ils pas un tantinet sur la nouvelle vague . On s’y laisse porter . AVIS BONUS Pierre Lhomme a la parole et les rushes du film font de très jolis courts métrages Pour en savoir plus :
Image bien cadrées, interview intéressantes, bonne musique, de l'humour et des rêves... Inutile de répéter les critiques écrites ici, déjà remarquables. On est pris dans l'atmosphère de l'époque. Un film de grande qualité a voir absolument
Un documentaire absorbant, à l'image et au mouvement d'une rare beauté. Marker film avec le regard d'une divinité la culpabilité des français, qui ne fera que grandir au fur et à mesure des années jusqu'à les pousser au suicide. L'auteur qui propose une alternative communiste à la tyrannie de la France chrétienne, n'a pas pris le parti de creuser l'homme, plutôt que les idées. Ainsi, il aurait pu anticiper les horreurs que le communisme à commis.
Il est dommage que le réalisateur ait sciemment omis le massacre des pieds noires par les Algériens.. Il aurait ainsi un parti pris plus objectif, et laissé la liberté à son auditeur de se faire un avis. Comme beaucoup, il choisit la trahison de sa mère patrie, comme aurait dit le jeune Kabyle.. L'héritage de Sartre et de Franz Fanon..
6 217 abonnés
18 103 critiques
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4,0
Publiée le 30 mars 2021
Ce qui est extraordinaire dans ce documentaire c'est qu'il est inspiré par la conviction que la France de mai 1962 avait franchi un tournant et que cette datation du tournant s'est avérée historiquement exacte. Pour la première fois depuis 1914 à l'exception d'un bref intervalle dans les années 20 la France de mai 1962 est un pays qui vit en paix qui ne lutte plus ou ne se prépare plus à lutter contre l'Allemagne qui ne se bat plus pour conserver ses possessions coloniales en Afrique au Maghreb ou en Indochine. Pour la première fois le peuple français est libre d'envisager la vie au-delà de la simple survie physique et de réfléchir à ce que signifie le bonheur. Marker utilise également l'humour lorsqu'une scène d'hommes discutant de technologie et de loisirs est juxtaposée à des photos de chats ce qui tout en sapant évidemment leurs divagations offre davantage de possibilités d'interprétation. Le travail de caméra et les questions insistantes qu'il pose donnent un cachet de curiosité a ce documentaire...
Magnifique documentaire sur la France de 1962, encore plus intéressant à voir aujourd'hui. Esthétiquement beau et merveilleusement monté, sublimé par la voix de Yves Montand et la musique de l'immense Michel Legrand, ce doux relève encore de nombreux problèmes actuels comme le sexisme avec la place des femmes comme avec une parisienne disant "les hommes sont elus pour leur beauté" et soulignant qu'elles ne doivent pas voter. Le Joli mai c'est surtout la signature des accords d'Évian, la naissance d'une Algérie libre, d'un pays différent, où l'on distingue très bien dans ce film les classes sociales différentes bien transitées: une femme aux 8 enfants ayant obtenu son logement dans la banlieue puis de jeunes bourgeois cultivés parlant de l'économie du pays. L'ambiance sonore est bien captée et mais aussi visuelle avec des mouvement de caméra autour de la personne interviewé pour montrer la diversité de Paris. De gros plans sont faits sur les parisiens pour se rapprocher d'eux et cela donne un côté intemporel au documentaire. Tout sujets sont abordés : art, danse, travail. Tout événements sont montrés: mariage, enterrement, exposition nasa... Le Joli Mai reste un beau documentaire sur Paris et la France de mai 1962, et nous y plonge parfaitement avec ses beaux plans dans le passé.
Bon, j'ai été un peu déçu par ce film (ou plutôt ce documentaire), que je n'ai franchement pas terrible qui se voulait une présentation de Paris dans ce qu'elle a de plus vrai : filmer des gens, des vrais personnes, lambda tel que vous et moi, en les interrogeant sur divers sujets de société du moment, pour faire une peinture aussi précise qu'exhaustive de la société parisienne dans les années 60. Premier bémol, si l’objectif du film est relativement noble, on pourrait déjà lui reprocher de se cantonner à la ville de Paris et de ne pas vouloir sortir des murs de la ville-Lumière (accentuant clairement l'idée qu'il y a Paris et le reste du monde). Mais surtout, contrairement à ce qu'on aurait pu espéré, ce documentaire n'est absolument plus d'actualité aujourd'hui. Les sujets abordés sont pour la plupart complètement dépassé (la question de l'Algérie Française, du droit de vote des femmes, …) et n'apprennent pas vraiment grand chose sur l'état de la société dans les années 60 à toute personne s'intéressant un peu à la l'histoire. Le film met surtout en exergue le fait que la philosophie et la politique de comptoir ne date pas d'hier, mais c'est tout. Comme beaucoup de documentaire, sa force de frappe devait être particulièrement puissante à sa sortie, mais aujourd'hui, il décrit quelque chose qui est passé.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser de nos jours, il ne faut pas croire que Le Joli Mai traite de Mai 1968. En effet, le film a été tourné en 1962 et diffusé en 1963. Toutefois, ce documentaire de Chris Marker et Pierre Lhomme, dont la voix-off est récitée par Yves Montand, montre que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les mentalités et les préoccupations en France n’ont pas tellement changées en plus de cinquante ans. Même si les événements de cette époque sont très présents (la Guerre d’Algérie notamment) et que l’on peut juger de certaines évolutions sociologiques (on y découvre l’apparition des grands ensembles urbains représentant à cette époque une avancée contre les bidonvilles alors qu’ils sont jugés assez négativement de nos jours ; il est assez hallucinant, vu d'aujourd'hui, de voir la vision très archaïque de la femme à cette époque), on réalise tout de même que beaucoup d’interviews sont très actuelles (le premier interrogé qui semble vivre uniquement pour gagner de l’argent et qui se plaint de ses problèmes conjugaux ; l’homme qui, quand il cherche à évoquer des noms d’hommes politiques, cite en premier Maurice Thorez et Jean-Marie Le Pen montrant que les couches populaires étaient déjà partagées ente l’extrême gauche et l’extrême droite et que leurs électorats étaient assez poreux…) et qu’il était déjà question de grèves et de racisme. Le Joli Mai est donc un documentaire assez intéressant à regarder pour se faire une image de la France de cette époque et pour ce rendre compte que, malgré les années et les différentes évolutions technologiques et sociétales, les mentalités restent sensiblement les mêmes.
Magnifiquement porté par la voix de Yves Montand et la musique de Michel Legrand, ce petit bijou documentaire de la Nouvelle vague nous plonge dans le Paris de 1962, au mois de mai, quelques semaines après la signature des accords d'Évian. Il est intéressant tant sur le fond - Chris Marker et Pierre Lhomme prenaient littéralement le pouls de la capitale et de ses habitants dans le début d'une décennie qui allait marquer l'histoire - que sur la forme, très influencée par les innovations narratives et formelles des Godard, Truffaut et autre Chabrol, à qui les réalisateurs ne manquent pas de faire des petits clins d'œil. Drôle, poétique et indispensable.
Un film intéressant , plein de "nostalgie" car on peut revoir ou découvrir ce Paris des années 60, si différent , qui a profondément changé. Les banlieues insalubres, la construction des barres de HLM comme une modernité et un accès au confort pour beaucoup de gens, les plus modestes. .La bourse de Paris avec les jeunes courtiers, ( de 14-15 ans) Les architectes modernes rêvant de villes forêts , de villes Nature , avant l'avènement de l'écologie et du développement durable. . Un film plein de tendresse, analyse sociologique ,et quasiement ethnologique avec plus de 50 ans de recul .
C'est une multiplicité des visages et des voix socialement très différenciés, des marchands de la rue Mouffetard aux courtiers fréquentant le Palais Brongniart, des Algériens de Nanterre aux bourgeois des sauteries culturelles du centre de Paris, des prolétaires d'Aubervilliers aux manifestants de Charonne. Et cette multiplicité forme la toile d'une communauté impossible, tant son hétérogénéité détermine autant les courts-circuits du montage que les échanges électriques des auteurs du film en train de se faire avec les passants désireux de jouer le jeu de ce qu'ils croient peut-être relever du reportage radiophonique ou télévisuel (bien que l'émission Cinq colonnes à la une ait été considéré comme une référence incontournable pour les auteurs). Cette communauté qui n'existe seulement que sur deux plans (le partage socialement différencié d'un même espace urbain et le montage en forme de mosaïque du film) est travaillée en profondeur par un « dissensus » (Jacques Rancière) propice à une diversité de dissonances qui, au moment du tournage ou à l'occasion du montage, manifestent ultimement qu'à l'étrange fraîcheur climatique de ce mois de mai 1962 (peut-être due à l'influence des radiations atomiques dira un badaud) pourrait bien succéder l'échauffement de contradictions économiques et sociales poussées dans le rouge (de la révolution communiste) et le noir (de la subversion anarchiste).
Pendant près de deux heures et demie, caméra à l'épaule, Chris Marker et Pierre Lhomme capturent des images, des sons, des musiques, des paroles et donc des façons de vivre et de penser le monde à travers leur balade anthropologique dans les rues de Paris. Ils saisissent ainsi une certaine vision de notre pays à un moment à la fois crucial et délicat de notre histoire commune. Si l'écueil de ce genre de documentaire (le micro-trottoir et ses raccourcis idéologiques) ne peut être complètement évité, Marker et Lhomme ont réussi leur pari avec brio, eux qui voulaient justement offrir avec Le Joli Mai "un vivier aux pêcheurs de l'avenir".
Ce documentaire retrace le quotidien et les pensées et la mentalité des parisiens en ce mois de mai 1962. Constitué essentiellement d'interviews, les intervenant sont variés tout comme les sujets abordés même si le contexte en impose plus que d'autres comme la guerre d'Algérie (ou les événements comme qualifiait le conflit à l'époque), les réformes du travail,... Son parfum d'authenticité et sa valeur historique font du « Joli Mai » un témoignage intéressant et instructif.