Si l'on passe outre le fait qu'il n'y a jamais eu de pyramide, de temples et autres légendes aztéques en antarctique, "Alien versus Predator" est en réalité une belle surprise. Forcément, Paul W.S Anderson n'est pas Fincher, ni McTiernan, mais parvient à rendre honnête son divertissement déchainé uniquement déstiné à multiplier les clins d'oeil que les fans des deux sagas arriveront à deceler sans difficulté. Au delà de ça, c'est une oeuvre à part, qu'il ne faut evidemment pas considérer comme une suite, un prequel ou autre, afin d'en apprécier le contenu. Scénaristiquement parlant, c'est le vide abyssal. Un pretexte pour conduire notre pauvre race livrée en pâture à des êtres supérieurs. Mais voilà, en bon samaritain, le metteur en scéne s'approprie les références passées pour "apprivoiser" deux géants du séptiéme art et les balader à sa convenance. Ainsi, le Predator (fidéle guerrier bodybuildé) combat l'Alien (Xémorphe parfait au sang corrosif) pour sauvegarder son statut de Dieu, souverain sauveur de civilisations. Les combats (pas trés nombreux) sont un régal. Les effets spéciaux sont solides. Au coeur de cet affrontement, les acteurs jouent bien leur rôle et se résignent à leur situation périlleuse. L'univers des deux sagas est intact, bien que le cinéaste ait jonché son oeuvre de quelques incohénces dont on se serait bien dispensé. La bande originale ne sort pas du lot, assez superficielle et sans envergure, mais peu importe. Ce qui compte ici, c'est le côté jubilatoire de voir ces deux monstres s'entretuer. Alors non, cela n'égale pas les films desquels ce produit dérivé s'inspire. En dépit de cela, si on est suffisament intelligent pour ne pas faire un rapprochement systematique, on passe un excellent moment ponctué de trés bonnes séquences, de dialogues nullissimes (mais ça, c'était à prevoir) et de féroces confrontations. Sous ses airs de blockbuster, "Alien versus Predator" demeurre honnête et respectueux de ses aînés.