Les Bad Boys vous manquait, vous vouliez les revoir?...Non? Ben tant pis car ils reviennent quand même. Déjà que le premier volet ne brillait pas beaucoup par ses qualités scénaristiques ou le jeu des acteurs, il passe presque pour une référence comparé à ce nouvel opus. Fraichement sorti et apparemment irrité de la réception de Pearl Harbor, lui ayant rapporté railleries et insultes au lieu de la respectabilité tant fantasmée, Michael Bay a décidé de se lâcher. Et pas qu'un peu. Bruckheimer a apparemment donné carte blanche à son poulain.
Pour faire quoi? Le Buddy-movie ultime? Ne riez pas, je l'ai lu dans le magazine Score en 2003. C'est pas comme si Die Hard 3, L'Arme Fatale et Shane Black existaient quoi. Qu'on se le dise : la presse spécialisée peut parfois sortir des énormités. Bref, vu l'ardeur déployée par Bay dans la surenchère, le but était surtout de faire la nique aux méchantes critiques qui l'éparpillent façon puzzle. La thérapie de choc se composent donc de tons ultra-saturés, de comédiens barbouillés de gloss, d'un mauvais goût gerbant, de blagues homophobes ou nécrophiles, et de faux-raccords de partout. Et là, c'est juste un résumé. Le subir sur 2h26 est un tel supplice qu'il vous enlèverait presque l'envie d'en parler ou de l'écrire. Pas la peine de détailler les différents points, l'ensemble est du même acabit, c'est à dire une catastrophe. Le scénario est famélique, un simple prétexte pour que Bay passe ses nerfs. En résumé: Mike (Smith) sort en secret avec Syd, la sœur de son coéquipier Marcus(Lawrence), et ils essaient d'arrêter un méchant baron de la drogue. Bim Bam Boum, vannes censées être drôles et ce pendant deux heures et demie! Autant dire une épreuve de force qui fait reconsidérer les Direct-to-DVD de Van Damme, Seagal et consorts...Les acteurs font aussi partie de la fête, si l'on peut dire: Smith n'a jamais été si insignifiant. Martin Lawrence semble lui motivé à être le plus lourd possible, et il s'y emploie avec une constance qui frise avec la kamikazerie. Tout le reste de la distribution est du même niveau, et le niveau des dialogues est d'une misère... Et que dire sur la manière de filmer Miami ? Comme pour les comédiens, on rajoute des filtres un peu partout et pof on se croirait devant un marathon de clips hip-hop débilitants dont on nous abreuvait sur MTV. Ce qui aura une lourde influence sur une série type Les Experts Miami mais a t-on besoin de rappeler combien ce procedural est une daube sans nom ? Au milieu de cette désolation, une seule chose à sauver, la course poursuite délirante et généreuse en tôle froissée. À peine 10 minutes de presque bonheur à peine parasitées par les cris hystériques de Martin Lawrence sur les 150 minutes propres à déclencher des envies suicidaires. Si la nullité cinématographique était une discipline olympique, ce film (ainsi que Pearl Harbor, du même "auteur") aurait une belle place sur le podium. Et d'offrir à Michael Bay une nouvelle médaille agricole à sa carrière de cultivateur de navets.