Gone Baby Gone est un film qui m’a laissé partagé, entre admiration et frustration. D’un côté, j’ai trouvé que Ben Affleck, pour son premier long métrage derrière la caméra, s’en sort remarquablement bien. L’atmosphère poisseuse de Boston est parfaitement retranscrite, avec une mise en scène sobre mais efficace, qui laisse toute la place aux personnages et à leurs dilemmes moraux. Il y a une vraie sincérité dans cette réalisation, une volonté de coller à une réalité brute, sans fard.
Le duo principal, Casey Affleck et Michelle Monaghan, fonctionne plutôt bien, même si j’avoue avoir eu du mal, au départ, avec le jeu très en retenue de Casey Affleck. Mais plus le film avance, plus sa prestation prend du sens, surtout face aux personnages secondaires très marqués, comme celui incarné par Ed Harris, intense et charismatique. La tension monte progressivement, et certains retournements de situation m’ont vraiment surpris, ce qui est rare dans un thriller.
Ce qui m’a un peu dérangé, c’est un rythme parfois inégal. Le film prend son temps, ce qui peut être une qualité, mais certains passages m’ont paru un peu longs ou redondants. Il y a aussi une certaine lourdeur dans le traitement des thèmes moraux (importants, certes) mais que j’aurais préféré voir abordés avec un peu plus de finesse. La fin, en revanche, m’a marqué : elle soulève des questions complexes et laisse un vrai malaise. J’ai apprécié ce choix audacieux, qui pousse à la réflexion longtemps après le générique.
Au final, Gone Baby Gone est un polar solide, intelligent et bien interprété, mais qui ne m’a pas totalement convaincu sur toute la ligne. J’ai passé un bon moment, j’ai été touché par certaines scènes, et j’ai respecté la démarche du film, sans pour autant être totalement emballé. D’où ce 3,5 sur 5 : une belle surprise, mais pas un coup de cœur.