Le Plein de super
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fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 918 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 juin 2026
Ce film d’Alain Cavalier est sans doute aussi méconnu que son réalisateur auprès du grand public. Pourtant, Alain Cavalier n’est pas n’importe qui et signe ici une œuvre particulièrement originale.
Le scénario, coécrit par les quatre acteurs principaux, Patrick Bouchitey, Étienne Chicot, Bernard Crombey et Xavier Saint-Macary, contribue largement à la singularité du film. Je connaissais déjà les deux premiers, mais j’ai découvert avec plaisir Bernard Crombey, dont la voix chaude et profonde marque durablement les esprits. Il semble d’ailleurs s’agir de son premier rôle au cinéma, tout comme pour Béatrice Agenin.
Le Plein de super est un film d’hommes, ce que l’on pouvait déjà deviner en regardant la liste de ses scénaristes. Au cœur de ce road movie trône une imposante Chevrolet américaine chargée d’emmener ses passagers de Lille jusqu’au Midi. Le voyage les conduit d’abord à Paris, où ils retrouvent Nathalie Baye. On pourrait croire qu’elle occupe un rôle important dans l’intrigue, mais sa présence reste finalement assez brève.
Entre Lille et Paris, les deux premiers compères, incarnés par Bernard Crombey et Xavier Saint-Macary, prennent à bord un auto-stoppeur haut en couleur joué par Étienne Chicot. Sans aucune gêne, celui-ci les entraîne dans un restaurant qui semble lui appartenir. De trois, ils passent alors à quatre, et c’est cette petite bande qui reprend la route vers le sud après avoir fait ses adieux au personnage de Nathalie Baye.
Le film est résolument masculin, multipliant les plaisanteries graveleuses et les remarques peu flatteuses à l’égard des femmes. Le personnage interprété par Étienne Chicot, mari jaloux et délaissé, ira même d'une certaine manière jusqu’à enlever son propre fils. C’est d’ailleurs cette situation familiale qui motive en grande partie son voyage vers le Midi.
Les automobiles et grosses cylindrées occupent également une place importante dans le récit. Bien sûr, il y a la fameuse Chevrolet, véritable vedette mécanique du film, mais aussi une Porsche 911 aperçue au début, visiblement en mauvais état, ce qui ne constitue pas la meilleure publicité pour la marque. On remarque également une curiosité amusante: le personnage de Bernard Crombey, chargé par son patron lillois de livrer la Chevrolet à un riche client cannois, abaisse parfois le volant sur ses genoux afin de garder les mains libres tout en continuant à conduire. Une scène qui prête aujourd’hui à sourire, tant elle évoque, avec plusieurs décennies d’avance, les prémices d’une conduite semi-autonome.
No Quarter
No Quarter

9 abonnés 556 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 décembre 2025
A la fois réjouissant, iconoclaste, dérangeant (par sa vulgarité et son premier degré) ce film ne laisse pas indifférent. Au final pas un monument mais quelques passages mémorables.
Fêtons le cinéma

857 abonnés 3 693 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 juillet 2025
Les partis pris d’écriture choisis par Alain Cavalier, à savoir composer un scénario à partir d’une table ronde autour de laquelle siègent les quatre comédiens principaux, engagés ensemble dans des séances de camaraderie euphorique, contribuent à la singularité de ce road trip qui laisse la part belle à l’interprétation et, ainsi, à la caractérisation volatile de personnages tout à la fois ancrés dans un milieu social et aux mouvements (intérieurs et physiques) insaisissables. La liberté ainsi retranscrite résulte toutefois d’une rigueur de mise en scène, tant dans ses cadrages très précis que dans le montage les articulant : se diffuse une belle et douce mélancolie après une première partie empruntant au genre du thriller – le film a d’abord des faux airs de The Hitch-Hiker (1953), huis clos remarquable signé Ida Lupino.
Le voyage occasionne une confrontation de points de vue et un partage d’expériences masculines que définit la relation au féminin : la complexité des situations conjugales nourrit l’amitié entre hommes, que le cinéaste retranscrit sans tabous mais avec pudeur, en témoigne spoiler: la transaction acceptée par Philippe dans une chambre d’hôtel lui permettant de payer le petit-déjeuner de ses acolytes
. Si la morale constitue le cœur des sujets abordés, elle est tout bonnement évacuée par le long métrage, en ce qu’il refuse de juger son quatuor de paumés sympathiques. Une réussite.
weihnachtsmann

1 622 abonnés 5 745 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 janvier 2025
Un film de route palpitant pour certains et lassant pour d’autres.
Le film réunit déjà 4 jeunes dont un franchement vulgaire et insupportable.
Il devient un film de potes dans se seconde partie et on cumule les discussions vaseuses et sans intérêt jusqu’au final.
Pas terrible du tout.
pietro bucca
pietro bucca

91 abonnés 1 350 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 décembre 2024
Un film sans prétention, mais un film tout de meme divertissant, ou les quatre personnages principaux, sont assez attachants. Un road movie sommes toute sympathique.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

94 abonnés 4 359 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 décembre 2023
C'est l'histoire de deux copains qui, convoyant une Chevrolet vers le Midi, rencontrent deux autres types. Ensemble, ils poursuivent une voyage chaotique au terme duquel naîtra peut-être une amitié durable. Mais ce n'est pas là l'enjeu du film.
Cette balade à quatre, meublée de chahuts, de disputes et de confidences, montre, sans aucune intention et dans un langage cru, des hommes en liberté. Ils peuvent être puérils, vulgaires, machistes, mais sont surtout vulnérables. Daniel, Charles, Philippe et Klouk ont en commun de traverser une période sentimentale délicate. Ruptures, ménage morose, homosexualité refoulée, tels sont les maux qui déterminent l'attitude de chacun, son agressivité parfois comme ses inhibitions.
Les quatre acteurs et co-auteurs du film s'autorisent une grande liberté de ton et ne prétendent à rien, sinon à affirmer contre une idée reçue l'affectivité masculine. Leurs personnages sont attachants, drôles malgré eux, mais on sera plus sensible, finalement, à l'esprit du film, à son caractère, qu'à son propos.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2022
Ce pourrait être un film emblématique d'une génération ou d'une époque ; Cavalier fait le choix volontaire de ne pas élever son film à ce niveau en adoptant une forme mineure, récréative , et un ton volontiers malpoli. Comédie désenchantée sans jamais tomber dans la mélancolie, "Le plein de super" parvient à être relativement accessible sans pour autant rendre ses personnages sympathiques ou ses ressorts comiques conventionnels. Le film fait rire en employant des gags qui seraient un croisement entre l'esprit de la Nouvelle vague et des aspects carrément graveleux, le tout avec des personnages qui ont au fond peu de points communs, mais qui forment une bande singulière où l'alchimie se crée au gré des événements. C'est là où devient visible l'esprit libertaire, voire anarchique, du film, dans sa manière de donner l'impression que les situations s'improvisent, que les acteurs ont davantage les clés en main que le metteur en scène, que le plaisir de se mettre dans la marge – et ce sur tous les plans : marge des lieux de tournage habituels, marge prise par rapport à l'élaboration d'un scénario classique, marge par rapport au jeu d'acteurs et aux tonalités employées – était bien plus important que le contrôle, que de rendre une copie bien exécutée. Si le film assume clairement sa marginalité, il ne fait pas pour autant n'importe quoi ; s'il ne se rêve pas en une sorte de film-étendard de la France post 68, il montre néanmoins beaucoup à ce sujet : portrait de seconds rôles franchouillards rabougris, de petits bourgeois hypocrites et de patrons ayant bien intégré le nouveau monde capitaliste en plein essor, le film raconte tout cela en passant, comme si de rien n'était, comme si le monde n'avait pas réellement d'emprise sur les personnages. Evidemment, Cavalier sait qu'il s'agit d'une illusion, et le dernier tiers du film l'atteste : le chômage, le divorce et un avenir bouché se mêlent et sonnent comme la fin de la récréation, la fin peut-être d'un esprit de camaraderie qui, à peine commencé, devrait s'avouer comme une échappatoire seulement temporaire au marasme ambiant.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2022
Sorti en 1976, cet étonnant road movie entre quatre mecs à la vie professionnelle et amoureuse compliquée sent bon une période où le cinéma était synonyme de liberté et d’expérimentation. Tourné dans une période où Alain Cavalier souhaitait s’éloigner des productions classiques pour approcher une forme de vérité, Le plein de super est co-scénarisé par les quatre acteurs principaux qui se sont inspirés de leurs propres expériences de vie. En découle une œuvre singulière, souvent très drôle, qui offre un témoignage décalé de la France giscardienne où les désillusions en tous genres avaient fini par remplacer les grandes utopies des années 60.
Hotinhere

794 abonnés 5 495 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 12 août 2022
Quatre mecs blasés convoient une voiture du Nord au Sud.
Un road-movie au ton libertaire des années 70, sans doute drôle et provocateur à l’époque, mais assez lourd et gênant aujourd’hui.
maxime ...

309 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juin 2022
Le Plein de Super est un film à failles ! Elles seront tour à tour, confondus, embellit puis magnifié !

L'histoire de ses 4 gars un peu différents et contraint ( pour 2 d'entre eux tout du moins ... ) fortuitement à la cohabitation arrive à émouvoir non pas car elle solutionne des problèmes mais tout simplement car de ce regard ressurgissent des rires troubles franchement bienvenue.

J'ajoute que niveaux dialogues, le film se hisse parmi les plus intenses, à sa manière bien particulière qui plus est. " On a rien à ce dire mais on s'entend bien ", à titre perso, ma favorite.

Ce quatuor est fabuleux, ce film est génial, Alain Cavalier que je découvre en cet après-midi de Juin me conforte dans cette idée de poursuivre le sillon de ces films vivants, beaux et libre !
Patjob
Patjob

44 abonnés 763 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 28 mars 2022
Alain Cavalier bénéficie d’une certaine aura de cinéaste profondément original, aux productions expérimentales qui s’écartent du cinéma « habituel ». La curiosité m’a poussé à regarder un film assez ancien de cet auteur, et je dois bien reconnaitre que ce fût une très grande déception. Ici l’originalité se limite à une certaine liberté de ton et au caractère artisanal de l’affaire.
Le scénario est indigent et le film manque de cohérence, tant dans les comportements des personnages que dans le « projet » qu’il pourrait constituer. Le résultat a tout d’un film pour la sortie des potaches du samedi soir : l’humour est lourd, les pointes d’anticonformisme (avec les thèmes de l’homosexualité, de la prostitution, …) et de provocation sont là, la grossièreté aussi, qui devient vulgarité. Ce qui transparaît, c’est que l’équipe de tournage, réalisateur et acteurs, a dû bien s’amuser, avec un budget minimaliste. Tant mieux pour eux, tant pis pour nous.
Arnaud A.
Arnaud A.

8 abonnés 245 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2022
Quelle surprise que ce film "expérimental" d'Alain Cavalier, co-écrit par le réalisateur et ses quatre acteurs principaux. Après un départ un peu laborieux, la complicité entre les acteurs crève tellement l'écran qu'on se prend à se rappeler que de formidables amitiés peuvent naître en 24h... La dernière scène - spoiler: dans le compartiment du train
- est une splendeur.
Ykarpathakis157

6 209 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 avril 2021
Le film de Cavalier n'était tout simplement pas assez intéressant n'étant qu'une série de scènes sans grand intérêt. Il est dommage de voir Nathalie Baye faire une apparition vers le début pour ensuite disparaître de l'histoire. La vérité est que ces quatre gars sont des perdants et il y a très peu à apprendre des perdants en général. Ils font les mêmes erreurs machistes stupides perdent leurs femmes ou petites amies puis se morfondent. Klouk propose même aux autres d'essayer de féconder sa femme puisqu'elle est stérile. Je dois dire qu'Étienne Chicot dont j'admire le travail depuis de nombreuses années fait un travail splendide dans le rôle de Charles un type qui parvient à rester de ce côté de la loi mais tout le reste...
stans007
stans007

39 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 avril 2021
Sorte de road-movie vulgaire, inconsistant et de peu d'intérêt. Avec Patrick Bouchitey, Nathalie Baye…
chrischambers86

16 188 abonnés 13 142 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 décembre 2020
Un road movie particulièrement attachant et moderne à la gloire du Cours Simon auquel Alain Cavalier ne manque pas toutefois d'imposer sa marque! Tout y grouille de vie, en même temps qu'une libertè et une insouciance que l'on avait dans les seventies et que l'on a perdu aujourd'hui! Cinèma vèritè, et nèamoins poètique, qui filme les visages, les routes de France et les choses simples de la vie avec la même attention absolue! Ceci-dit le discours est exactement le même qu'en 1976 : chômage, sexualitè; conflits, etc. Bernard Crombey, Xavier Saint-Macary, Etienne Chicot & Patrick Bouchitey sont inoubliables et dont on finit par se sentir proche au fil des kilomètres! Ce convoyage en Cadillac Chevrolet entre Lille et Cannes ne manquent pas de surprendre, avec une improvisation constante des acteurs! A sa sortie, le film passa inaperçu et ne fit pas vraiment un tabac dans les salles obscures! Quarante-cinq ans après "Le plein de super" est devenu l'une des plus belles rèussites du cinèma français! A noter l'excellente musique de Etienne Chicot himself, en particulier dans la scène finale du train de nuit...
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