Alors qu'il aborde la dernière partie de sa carrière hollywoodienne, Lang adapte une pièce du dramaturge Clifford Odets. L'introduction directement inspirée du néo-réalisme italien de Rossellini fait figure d'exception dans le cinéma de Lang dont il ne faut jamais oublier qu'il fut un des pères du cinéma expressionniste allemand. Mais la présence de Barbara Stanwick, égérie du film noir, au générique nous ramène rapidement sur un terrain plus familier du grand réalisateur. Archétype de la femme fatale, Barbara Stanwick de retour au pays ne peut que semer la panique dans le cœur de ces hommes., pauvres pêcheurs. C’est Paul Douglas qui sera le jouet de la relation trouble empreinte d’un mélange détonnant d’attirance et de haine que la toujours sulfureuse Barbara Stanwick nouera avec un Robert Ryan étonnant dans un rôle inhabituel de falot. Lang avec l’aide d’une Stanwick très convaincante décrit parfaitement les tourments intérieurs de cette femme qui cherche désespérement la stabilité sans jamais y parvenir. Paul Douglas n’aidera pas à la reconversion de sa bien-aîmée n’ayant de cesse de naïvement la pousser dans les bras de celui qu’elle cherche à éviter sachant trop bien ce qu’elle doit en redouter. La situation est poussée à la limite du paroxysme et le drame est évité de justesse. Une situation de la vie courante fort bien exploitée, qui montre la difficulté des relations amoureuses entre les êtres, souvent attirés par ceux qui feront leur malheur. « Le démon s’éveille la nuit » n’est sans doute pas un des chefs d’œuvre de Lang alors à l’automne de sa carrière mais tout simplement le fruit du grand savoir-faire accumulé tout au long d’une riche et prolifique carrière dans deux systèmes de production différents. A noter le petit rôle sympathique et prometteur d'une Marylin Monroe encore juvénile.
Le Démon s'éveille la nuit n'est pas un grand Lang mais il est tout à fait convenable même si l'histoire promettait beaucoup pour finalement peu de chose comme son faible final qui gâche en grande partie l'impact de Le Démon s'éveille la nuit. Reste un beau casting et une belle description d'hommes et de femmes dont le plus attachant est le brave Paul Douglas.
Fritz Lang réalise ici un film très "européen", à ranger étrangement à côté de la "Femme du Boulanger" ! Certes, Paul Douglas n'est pas Raimu, mais son interprétation en marin pêcheur vertueux, honnête et candide, pas vraiment regardant sur la fidélité de sa jeune épouse (Barbara Stanwick) est plutôt convaincante. A voir également pour Marylin Monroe qui crève l'écran à chacune de ses apparitions.
Les premières images sont très prometteuses, car on y voit des images de style documentaire d'un port de pêche ce qui fait penser, hélàs à tort, qu'on va avoir un film de style néo-réaliste. Les premières scènes aussi sont très prometteuses et emporté un premier temps par l'espoir légitime d'un film intéressant, la déception vient très vite. Car Fritz Lang n'arrive pas à sortir le film du carcan du simple théâtre filmé (en particulier dans la deuxième partie) qui devient vite pesant. Sans parler que les situations et les personnages apparaîssent comme caricaturaux prouvant que la psychologie était loin d'être le point fort de l'auteur de la pièce dont le film est adapté Clifford Odets, comme l'avait d'ailleurs déjà montré le film râté de l'écrivain "Rien qu'un coeur solitaire". Mais heureusement que c'est Fritz Lang qui est derrière la caméra cette fois, même si la réalisation est totalement impersonnelle, et qu'il dirige admirablement ses comédiens dans des rôles qui était a-priori intéressants. Paul Douglas est parfait comme toujours, Robert Ryan arrive à ressortir toute sa bestialité, Barbara Stanwyck est encore une fois électrifiante et Marilyn Monroe fascinante mais hélàs pas suffisamment exploitée. Reste de tout cela que "Le Démon s'éveille la nuit" est un des moins bons films de son réalisateur.
Etonnamment, le film s’ouvre sur des plans d’animaux, des otaries et des mouettes. Le plan s’élargit et laisse apparaître le lieu où nous nous trouvons, en pleine mer, des bateaux de pêche s’affèrent pour revenir au port, chargés de poissons. A quai, ce sont les femmes qui s’activent pour trier le poisson, une séquence rythmée qui nous rappelle l’espace d’un instant, un des célèbres films du cinéaste : Metropolis (1927). Le Démon s'éveille la nuit (1952), dont on préfèrera amplement son titre original : Clash by Night, se démarque énormément des précédents films du réalisateur (c’est à cause de cela que l’on a du mal à y adhérer). Très centré sur la psychologie des personnages, on suit jour après jour, l’évolution de différentes personnes, leurs accroches, leurs difficultés, les couples qui s’aiment, se déchirent, etc. La réussite du film tient en partie grâce au casting, avec l’horripilant Robert Ryan et la séduisante Marilyn Monroe. Quant à la mise en scène, si elle assomme par moment, le final est quant à lui, très regrettable, expéditif et sans intérêt !
Fritz Lang n'a pas signé que des chefs d'oeuvres : la preuve en images avec ce "Démon s'éveille la nuit", qui se révèle au final quelque peu décevant. Non pas que l'ensemble soit particulièrement mauvais, mais on sent bien que Lang a du mal à se défaire des conventions du théâtre, si bien qu'on a une forte tendance à s'ennuyer, d'autant plus que les personnages n'ont pas un intérêt majeur, allant même jusqu'à manquer de crédibilité, la faute aussi à des dialogues moins percutant qu'à l'habitude. Mais c'est bel et bien dans le style dramatique que Lang est décidément, tant le film se révèle puissant, percutent, violent lorsque les rumeurs et les masques commencent à tomber. Cette demi-heure est d'ailleurs un intense moment de cinéma ou Lang retrouve toute la maitrise de son sujet. Hélas, la fin est très loin des attentes espérées après ce (très) brillant sursaut, et fait qu'au final, même si l'ensemble est loin d'être honteux une certaine déception quant au cinéaste que l'on adore tant habituellement. Dommage.
Toujours la trouille de voir un film de Fritz Lang, peur de cauchemarder ensuite, sans doute l'ombre de M Le Maudit associé à son nom... Ce film démarrant par une forte houle auréolée d'oiseaux affamés, je l'avais vu par bribes, je me souvenais de la fraîcheur de Marylin Monroe en jolie et gentille ouvrière starlette de plage. Et de l'inquiétant Earl face à cette deuxième femme altière, qui, pour donner plus de saveur à la vie toute tracée qu'elle pressent, se fait comme une ultime violence... On est bien dans les fifties, le "baby boom", la mentalité sur la famille impliquant que la femme se consacre à son foyer, certes plus simple, mais enfin, le désir et comment on s'en arrange, c'est de toutes les époques le gros tiraillement. Il y a aussi une bonne part de féminisme dans ce film à l'atmosphère captivante.
"Clash by night" (1952) de Fritz Lang est une oeuvre mineur dans ce que Lang est capable de faire. Décevant, certes, mais tout de même pas nul. C'est une belle oeuvre sur l'amour, sur ses différentes façon d'être, sur la fidelité. La réalisation bien sur est toujours impeccable, on a la véritable impression que Lang trouve dans chacune des images la majestuosité d'un plan. La direction d'acteur est très bonne ( spécialement pour le couple Marilyn Monroe et Paul Douglas qui sont vraiment les meilleurs comédiens du film ). Cependant, "Clash by night" (1952) nous peint des personnages véritablement bizarre, on croirait des caractéres lynchiens parfois, on attend donc une fin démellante, qui nous dévoilerais les ressorts de tant de mystéres. Déception immense et étrange pour un Lang américain pro du retournement de situation. Dans cette oeuvre, l'homme et la femme sont sous un jour vrai ô possible et pourtant tout sauf caricaturaux, rien que pour cela bravo à Alfred Hayes, scénariste. Le film perd de sa saveur naturelle dans les dialogues qui tendent à véhiculer parfois trop de messages qu'on on a d'ailleurs du mal à saisir directement. Tant pis, surement une simple erreur mimime dans la filmo de Fritz Lang. En conclusion, le cinéaste a encore une fois le mérite de nous tenir en haleine tout au long du film mais c'est, malheureusement, pour nous décevoir à la fin. Une bonne oeuvre langienne mais pas imperissable.