Gerry
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Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 août 2025
L'errance quasi muette de deux garçons perdus dans le désert. Une virée contemplative souvent hypnotique mais aussi un peu ennuyante sur la durée, même si la fin est folle.
Julien Chevillard
Julien Chevillard

195 abonnés 181 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 juillet 2022
out comme Gus Van Sant le fera pour son film suivant, (Elephant), le scénario est inspiré d’un fait divers : deux jeunes gens égarés dans le désert dont un seul était sorti 
Matt Damon et Casey Affleck ont participé à l'écriture du film au fur et à mesure du tournage
l'équipe de Gerry est d'abord partie filmer en Argentine, mais, en raison du froid, elle a dû retourner aux États-Unis. Étant donné que les scènes ont été tournées par ordre chronologique, le début du film se déroule en Argentine, et la suite dans le désert californien
le film Daft Punk's Electroma du groupe français Daft Punk fait référence à Gerry tant dans l'utilisation de la voiture que du décor désertique
Gerry est tourné en 2001, et sort de façon très confidentielle aux Etats-Unis, en février 2002. Ce film radical reçoit néanmoins le soutien de critiques, et de quelques personnalités telles que le réalisateur John Waters
Gus Van Sant a tourné Gerry juste après un film de studio à gros budget, A la rencontre de Forrester avec une vedette Sean Connery
Gerry est composé de longs plans-séquences. Après ce film tourné en 2001, Gus Van Sant souhaite prolonger ce travail sur le temps. C'est ainsi qu'il tourne Elephant
Le cinéaste évoque les réalisateurs, le plus souvent européens, auxquels il a pensé en tournant Gerry. Il s'agit de réalisateurs qui se situent à la lisière du cinéma expérimental, en travaillant notamment sur le temps réel. " Je pensais à des films et à des cinéastes dont je me souvenais. James Benning, par exemple, et l'un de ses films The United States of America, où il traverse le pays en voiture
Andrei Tarkovski m'a influencé tout comme Alexandre Sokurov, Chantal Akerman avec Jeanne Dielman, Fassbinder Derek Jarman Blue, Bela Tarr mais aussi Abbas Kiarostami et Jacques Tati
Pour accompagner la traversée des deux personnages de Gerry, le réalisateur a choisi une partition d'Arvo Pärt, un compositeur de musique contemporaine, d'origine estonienne, qui est au générique d'autres films contemplatifs tels que Japon du mexicain Carlos Reygadas ou Eloge de l'amour de Jean-Luc Godard
Audrey L

806 abonnés 2 857 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 août 2021
C'est l'histoire de Gerry et Gerry, ils marchent, ils respirent, ils marchent, ils respirent, et même qu'à un moment : ils s'assoient. Oh navrée, on vient de vous spoiler Gerry (le film, pas les Truc 1 et Truc 2 qui marchent dans le désert), mais le visionnage de cet OVNI de l'ennui nous a tellement coûté qu'on ne pouvait pas ne pas vous prévenir du contenu - à notre sens - inexistant du film. Enfin, "inexistant" est certainement un mot un peu fort quand on a passé six mois à l'étudier sous toutes les coutures avec un professeur de cinéma dithyrambique sur le message naturel que le film véhicule... Donc oui, on a bien saisi que l'Homme est infiniment petit dans son environnement, négligeable au point de ne pas avoir "son mot à dire" (le film est quasiment muet) et d'être si petit dans les plans larges (comme une fourmi), on a bien vu que l'Homme assis (Casey Affleck) filmé en traveling circulaire devenait lui aussi une montagne sur laquelle coule l'eau (il a le nez qui goutte, concrètement, mais le prof a insisté pour analyser son rhume des foins, donc bon...), on a aussi bien vu que le corps de l'Homme semble si puissant lorsqu'il est filmé au sommet d'une montagne (la prolongation d'un élément naturel éternel) et si fragile lorsqu'il en redescend (ils meurent de soif et de fatigue)... Oui, tout ceci, à moins d'être aveugle, on l'avait bien vu, d'après la finesse de pachyderme qu'applique Gus Van Sant à son propos philosophique. On regrette carrément cette ouverture soporifique (la voiture qui roule, sans musique, pendant plusieurs minutes...), ainsi que toutes les séquences de marches silencieuses qui nous donnent des furieuses envies de zapper, sans compter l'humour lourdingue qui semble sortir de nulle part (lorsque Casey doit descendre du gros caillou : tout ce cirque pour cela ? Vraiment ?). Et sans compter non plus sur le beau minois de Matt Damon, puisque ce dernier préfère se transformer en pile de linge sale dont dépassent tout juste ses yeux (on ne pourra même pas se rincer l’œil...). A voir les notes élevées obtenues par Gerry et l'hystérie qu'il provoquait chez notre prof, on a l'impression d'être nous-mêmes perdus au milieu du désert... Mais voir deux Gerry qui marchent en silence pendant 1h30, on dirait le début d'une blague, franchement.
Nicolas Winding Refn
Nicolas Winding Refn

3 abonnés 15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 avril 2021
Comment débuter au mieux une des meilleures trilogies du 21ème siècle ?
Gerry est un chef-d’œuvre en tout point, que ce soit grâce la merveilleuse mise en scène de Gus Van Sant, la photographie, la BO de musique classique tout en légèreté ou encore l’incroyable acting de Casey Affleck et Matt Damon même si le métrage est majoritairement muet. Le film présente deux amis, tous deux nommés Gerry, qui se battent pour leur survie, perdus en plein désert Californien. La mise en scène et le scénario très ingénieux délivrent le film de séquences inappropriées à la vision souhaitée par Gus Van Sant, en se concentrant uniquement sur les personnages et
leur amitié. Poussés sur les sentiers de la perdition, comment dominer le désespoir et s’en sortir vivant ? Les personnages parviennent à avancer, pas à pas, grâce à leur entraide ( spoiler: par exemple lorsque Gerry doit sauter du rocher
) et à leur force mentale personnelle, décuplée par la vision de l'autre réalisant des efforts pour garder espoir. La force de ce film réside dans la transmission directe des souffrances des personnages que peut ressentir le spectateur : le vide intérieur qu’il ressent s’amplifie petit à petit avec la courte balade entre amis s’éternisant. Dans le dernier quart d’heure, observer avec impuissance les protagonistes profondément affectés par la solitude et l’épuisement provoque également une fatigue chez le spectateur, qui se traduit par un mal de jambes, un besoin d’eau et un fort ressentiment d’isolement. Ces effets ne sont rendus possibles que par la disparition totale de la caméra, ce qui permet une immersion absolue dans leur voyage et une proximité directe avec les deux Gerry. Par ailleurs, cette impression d’isolement est également amplifiée par l’inexistence de tout contact humain ( spoiler: l’unique potentiel dialogue avec le chauffeur qui accepte de sauver Gerry à la fin n’est pas présenté par exemple
). Par ailleurs, les nombreux concepts ingénieux de la formidable mise en scène du film permettent de mieux s’immerger et de se souvenir de ces scènes. Par exemple, on peut se souvenir du plan serré sur le visage des deux Gerry côte à côte au rythme de leurs pas dans les graviers, le panoramique circulaire autour de Gerry (Casey Affleck) sombrant dans le désespoir ou encore l’ensemble de plans généraux ou d’ensemble qui permettent d’effacer la caméra et de se sentir comme un tiers de l’histoire. Si jamais l’intégralité du film ne vous a pas convaincus, spoiler: la dernière scène vous laissera forcément bouche bée, ravi de voir Gerry sain et sauf mais inquiété de ne pas savoir si le second Gerry est dans la voiture ou non
. C’est d’ailleurs sur ce suspens que joue la caméra de Gus Van Sant, réalisant un lent panoramique dans la voiture s’arrêtant au final sur le rétroviseur avant. Gerry est donc une petite merveille mais ATTENTION : ce film n’est pas conseillé pour tout le monde au vu de sa lenteur, de son manque de dialogue et de son aspect très contemplatif qui peut en freiner plus d’un.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 janvier 2021
Gus Van Sant et ses deux acteurs-compères ont du prendre du plaisir à réaliser ce film. A évoluer et tourner dans les magnifiques paysages désertiques d’Argentine et des Etats Unis (bien servis par une très belle photographie), et à se livrer à des expériences de tournage pour le moins originales. C’est là que réside l’intérêt du film. Intérêt plutôt intellectuel, suscité par une succession de scènes, alternant très longs plans fixes ou travellings avant, arrière, et latéraux, que l’on découvre avec curiosité et surprise. Pas d’histoire (un simple fait divers que cet égarement de deux adolescents dans une nature qui les dépasse), pas de psychologie, juste des scènes tournées pour le simple plaisir d’innover. Le résultat est inégal. Quatre exemples : le plan très intéressant, dans lequel on suit les personnages au début de leur escapade, fait prendre à la caméra un rôle particulier, et même une existence spécifique, puisqu’elle les suit, les précède, puis les perd, sinue dans le paysage et les retrouve presque par hasard ; le long plan fixe de dix minutes pendant lequel l’un des deux ados doit descendre d’un rocher (on se demande comment il a pu y monter, mais là encore, le réalisateur se dispense de scénario ou de rationnel) génère assez rapidement l’ennui, faute d’esthétique et d’intérêt narratif ; le long travelling latéral sur les visages des deux ados qui marchent, parfaitement coordonnés, puis à contretemps, puis de nouveau coordonnés, est une excellente trouvaille, symbolisant les fluctuations relationnelles entres les deux amis, passant de l’osmose au désaccord ; enfin le plus long plan, lent travelling avant qui suit les personnages qui avancent à petits pas sur le lac salé, qui montre un environnement qui change, par l’évolution de la lumière due au lever du soleil, est une superbe idée, malheureusement seulement formaliste et sans justification narrative ou émotionnelle. Une vraie curiosité donc que ce film, trop souvent ennuyeux, mais marquant pas son originalité et sa radicalité.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 13 décembre 2020
Quelle expérience... longueurs des plans, musique de Arvo Part, dialogues rares... on ne peut pas aimer ce film si on ne saisit pas l'occasion des silences pour se questionner, et si on ne sait pas apprécier la solitude.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 28 avril 2020
Les hypnotiques sont une classe de médicament proche des sédatifs dont la particularité selon la dose, la sensibilité du patient et la molécule elle même, est d’induire la somnolence chez le patient. Avec ses paysages désertiques et ses jeu de lumière entre l’aurore et le crépuscule Gerry est un film parfaitement hypnotique. Il se veut être une expérience, j’ai trouvé la mienne interminable, la portée philosophique de la chose me laisse dubitatif et j’ai eu du mal à voir autre chose que deux imbéciles perdus dans le désert. Un film avare en parole parce que selon moi il n’a rien à dire.
Emmanuelle Verhoeven
Emmanuelle Verhoeven

2 abonnés 198 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 8 avril 2020
trop long, trop lent, seule chose à sauver de beaux paysages. Ca aurait mieux de fait de faire l'objet d'un court métrage, voir moyen métrage. On comprend l'idée mais subir ça pendant plus de 2 heures c'est trop
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 mars 2020
Avec "Gerry", Gus Van Sant signe un film audacieux. Audacieux car à la fois minimaliste, lent et contemplatif. Deux acteurs seulement, une économie de dialogues, de longs plans séquences durant lesquels on voit nos protagonistes marcher, telles sont les principales composantes de ce long métrage. "Gerry" pourrait presque être un film de Tarkovski avec ses lenteurs ; des lenteurs qui peuvent autant dégager une certaine puissance que provoquer l'ennui. Ici, il y a un peu des deux. Van Sant réussit tantôt à placer le spectateur aux côtés de ces deux jeunes hommes et tantôt à le perdre dans d'intérminables plans, beaux certes, mais longs. Une oeuvre curieuse qu'il faut tout de même visionner car c'est le genre de films à diviser facilement son public.
Xavier D
Xavier D

82 abonnés 1 146 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 avril 2026
Gus van Sant reprend après Will Hunting, Matt Damon et Casey Affleck pour une petite balade en plein désert Californien sur un coup de tête et qui perduent asseyent de retrouver le chemin de leur randonnée. Le budget ne devait pas être faramineux, par des décors reels et magnifique. Tous repose aussi sur le talent de ses comédiens et leur peu de dialogues avec des situations plutôt cocasses, émouvantes et intéressantes. De longues séquences de marche avec peu de dialogues et qui joue sur la qualité de la réalisation qui ralenti le film. Se perdre pour mieux se trouver entre ami. Sans nourriture ni eau, ils doivent survivre, mais ne lâchant rien mais qui se finit évidemment mal, après tout ce n'est pas un film qui verse dans la facilité. Beau film !
montag M.
montag M.

6 abonnés 35 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2019
Le réalisateur Gus van Sant nous prouve qu'avec un minimum de décor, peu d'acteurs, et un scénario épuré, on peut faire des merveilles.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 3 octobre 2016
Gerry nous montrent comment deux garçons se retrouvent totalement désorientés et perdus au beau milieu du désert Californien. Le réalisateur Gus Van Sant réalise ici un film totalement différent de certaines de ces œuvres tel que Will Hunting. Gerry se rapproche plus de l'œuvre Elephant tout de même. On retrouve Matt Damon pour la deuxième fois dans l'un de ces films.
A priori il ne se passe pas grand chose tout au long de cette histoire, un scénario plat, peu de dialogue, seulement deux personnages à l'écran excepté au tout début et à la fin l'apparition bref de deux familles mais sinon rien de quoi être passionnant. On nous montre beaucoup de plan de paysages magnifiques et saisissants, le film étant essentiellement centré la dessus.
Une des scènes que j'ai trouvé très intéressante est celle de Gerry bloque sur son rocher. Chacun des deux personnages doit s'entraider et leur idée pour se débloquer ne sont pas totalement absurde.

Pourtant le périple de ces deux jeunes gens nous intéresse. Leur but n'est pas réellement précis et c'est cela qui nous pousse à connaître le bout de leur trajet.
On constate aussi que ce genre de situation impose de prendre des décisions à chacun, j'ai remarqué que la plupart de ces décisions ont été prises par un seul personnages : Gerry oui mais Casey Affleck, qui lorsqu'il y a des conflits avec l'autre Gerry (Matt Damons) montre sa supériorité et s'impose. De plus nous avons ici deux personnages qui interprète parfaitement leur rôle ce qui rend l'histoire plus passionnantes également.

Ce film est à voir avant tout comme une expérience vécu par ces deux personnages et auquel on essaye techniquement de nous mettre dans leurs peaux. C'est avant tout un film qui nous perturbe et qui laisse réfléchir. A la fin du film il y a d'ailleurs plusieurs questions qui restent en suspens.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 5 juillet 2016
Quel idée audacieuse et originale de vouloir mettre le spectateur dans le même état de perdition que ces personnages errant dans le désert tel des âmes en peine et cherchant désespérément un moyen d'en sortir. De plus de nombreux procédés intéressants sont utilisés pour ralentir le temps et nous donner une impression de sur place lorsque les personnages tentent d'avancer (on peut penser au mirage également qui nous fais perdre encore plus nos repères). Voila maintenant qu'on a reconnu les qualités voyons le problème, ce n'était pas possible de faire un film avec les mêmes ambitions mais ne donnant pas envie d'enlever le dvd au bout de 10 minutes ?! Non parce que c'est 1h40 vraiment longue donc en soi le pari est réussi mais ce que le film peut-être ennuyeux. Et en plus, avec si peu d'éléments dans le scénario qui limite s'écrivait au jour le jour (il ne s'agit que de deux jeunes hommes perdus dans le désert après tout), on arrive quand même à y voir des incohérences. Expliquer moi juste qui serait assez fou pour partir en randonné dans un milieu aride sans nourriture, eau, carte ou boussole dans le cas où il se perdrait ou même ferait face à des imprévus ? J'aurais espérer un peu de dialogues prenant (surtout que Van Sant a souligné apparemment dans une interview qu'il voulait tenter de conserver les rapports réels entre Matt Damon et son cousin Casey Affleck) seulement ils n'échangent que très peu de répliques, et les seuls qui peuvent retenir l'intention indique juste le rapport de domination de Damon qui est plus fort psychologiquement que son cadet. Franchement, on ressent vraiment l'idée de vouloir faire un film expérimental et même si j'étais au courant de ce qui m'attendais, je n'étais décidément pas armer pour apprécier ce genre de phénomène. Il n'y a pas grand chose à en dire puis que mes quelques première lignes résument assez bien le film, le réalisateur a souhaité plonger son public en état de transe et de désemparement et en soi c'est réussi, le problème c'est que ça ne le rend pas attachant pour autant, loin de là... Je reconnais l'audace du projet et qu'il est nécessaire que plus de réalisateurs se lancent dans ce genre de films qui "challengent" le spectateur, mais je n'ai vraiment pas été preneur sur ce coup-là. 10,5/20
Tof Benjamin
Tof Benjamin

16 abonnés 347 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 juin 2016
Gerry est une oeuvre exigeante, dont la narration (un peu dans le genre de "2001, l'Odyssée de l'Espace") est sans compromis. Ou on adhère, et on en ressort bouleversé, ou on passe à côté et on se retrouve devant le film le plus ennuyeux de sa vie. Un exemple (que vous sachez dans quoi vous mettez les pieds) : une des plus belles séquence voit les deux personnages marcher dans un dessert de sel. Pas de paysage, tout est blanc. Les deux personnages, filmés de loin et de dos, ne sont que deux silhouettes qui marchent, marchent, marchent encore. La scène dure au moins...10 minutes. Si vous êtes passé à côté du film, vous baillerez sans doute au bout de 2 minutes, passablement agacé. En revanche, si vous être entré dedans, cette scène comme toutes les autres, comme le moindre mouvement, la moindre note de musique, le moindre (rare) mot, le moindre regard, vous bouleversera sans la moindre explication rationnelle. Du grand art.
Et, ce qui ne gâte rien, Casey Affleck est je trouve d'une beauté dans ce film...
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mai 2016
Deux hommes se perdent dans le désert et tentent de retrouver la route : "Gerry" est faite de cette idée minimale, transcendée par une mise en scène audacieuse qui aligne les plans-séquences pour faire ressentir la fatigue des corps et la complicité de deux amis, qui ne sont peut-être qu'un seul homme. Certainement moins abouti que "Elephant", on se demande à plusieurs reprises ce qu'il y a à tirer du film, si celui-ci n'est pas un peu vain et si sa mise en scène raconte toujours quelque chose. Mais, au fond, si ces doutes sont bien fondés dans la mesure où le film n'est pas sans longueurs et qu'il ne dépasse pas toujours son pitch, ils sont tout de même balayés par la tournure que prend "Gerry" en ce qu'il devient progressivement une expérience sensorielle hypnotique, de plus en plus abstraite et où la nature, d'abord filmée comme simple toile de fond qui englobe les personnages, devient une entité dominatrice et irréelle, en adéquation avec la folie et l'épuisement qui gagne les deux Gerry. Hormis une famille croisée au début et l'épilogue, il n'y a personne dans ce désert, ou plutôt ces déserts, tant Van Sant filme aussi bien l'ocre, les dunes, les cailloux que le sable blanc, une manière de nous plonger dans un univers hétéroclite et indéfini, comme si cette terrifiante marche vers la mort se déroulait le premier ou le dernier jour du monde. Traversé par des images purement sidérantes, "Gerry" est un film imparfait mais un objet risqué, unique et envoûtant.
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