Quel film! Quel oeuvre! A partir d'une histoire simple, celle de deux jeunes garçons qui se perdent jusqu'à l'inévitable lors d'une ballade en pleine nature, Gus Van Sant nous offre la mort sur un plateau d'argent. Gerry est à la fois épuré et fascinant tout en nous prenant aux tripes à mesure que l'on avance dans cette marche funèbre. La musique est quasi inexistante et lorsqu'elle arrive, c'est pour nous immerger complètement dans les sentiments qu'éprouvent les Gerrys (les deux garçons portent le même nom) faisant de ce film une oeuvre d'une poésie visuelle puissante, tant part les paysages que par les personnages. Certains plans sont d'une lenteur, d'une longueur (ou les deux) fascinantes et hypnotiques et la véracité de l'ensemble donne au film encore plus de poids (la scène du saut et indéniablement la façon dont elle est amenée pour ne citer qu'elle). Bref, je pourrais en dire encore mais ce serait au risque de révéler trop de choses. Regardez Gerry.
Gerry est trés proche de Last days le film que réalisera plus tard le même Gus Van Sant, des longs plan-séquences d'une beauté incroyable et deux acteurs magnifiques, surtout Casey Affleck qui livre une performance éblouissante et bouleversante. A noter la scène d'ouverture d'environ 5 minutes absolument magnifique.
J'ai rarement vu un tel travail sur l'image et le son, Van Sant crée une atmosphère que tout spectateur, acceptant de se laisser emporter, trouvera fascinante. Chaque plan, ou presque, est d'une beauté renversante. Jamais le désert n'a été filmé de cette façon. Van Sant réinvente un petit quelque chose à chaque fois, joue sur la dilatation du temps (par exemple lors de ce plan-séquence de 6 minutes, qui débute dans une obscurité quasi-totale et fini à contre jour, car le soleil, de façon presque imperceptible, s'est levé...). Quasiment aucun dialogue ne vient troubler l'errance des deux jeunes hommes (Affleck et Damon sont parfaits d'ailleurs), mis à part quelques discussions, d'une banalité déconcertante. Jamais ils ne parleront de leur situation, de la mort que le spectateur sent se rapprocher à chaque minute.
Un désert, deux hommes, une quête sans but mais pourtant inachevé. Gus Van Sant excelle a filmer ces éléments. Gerry et Gerry sont bel et bien deux personnes tout à fait distinctes et leurs personnalités sont exploités sous tous les angles. Le déserts magnifique, terrible, infini nous ébloui et nous englobe. on ressent le désespoir qui s'installe petit à petit chez les deux personnages, on comprend l'enfermement et la désorientation. Encore une fois, Gus Van Sant n'a pas besoin de beaucoup de dialogue pour nous faire passer son message. Ce film reste longtemps en mémoire pour sa perfection, ses acteurs (peu être jamais aussi bon jusqu'à Invictus pour Matt Damon), et ses long plans séquences.
Une heure et demi qui paraissent jne eternite... Je suppose que c'est au cinéma ce qu'une tableau blanc est à la peinture. Un espace vide ou chacun peut ajouter son interprétation. Je comprends qu'on puisse aimer, je n'adhere pas.
Drôle d'expérience! Gus Van Sant laisse libre court à notre imagination pour interpréter cette sorte de "voyage initiatique" de ces 2 braves compères. Il doit y avoir une 50aine de plans à tout casser mais quels plans! Il nous offre sa vision du desert dans une mise en scène contemplative de toute beauté. Les jeux de lumière approche la perfection. L'absence de musique la 1ère heure est déroutante mais à mon avis nécessaire pour créer cet effet d'isolement recherché. On s'ennuie un peu mais dès les 1ères notes de musique, on ne lache plus les 2 personnages des yeux. On se laisse entrainer dans ces LONGS plans déstinés à faire travailler nos méninges afin d'identifier le message ou l'absence de message...
Je m'attendais à un film expérimental.. mais peut-être pas autant. Si on peut reconnaître que les 30 dernières minutes sont éprouvantes et fonctionnent vraiment.. que la mise en route et longue. Non initiés au cinéma contemplatif/expérimental, bon courage!
Deux acteurs, un désert. Un film contemplatif à la beauté sidérante. Pas besoin d'effets, tout est dans la puissance des images. L'immensité filmée comme jamais. Amis cadreurs et photographes, prenez-en de la graine. Du grand cinéma que j'aurais rêvé voir sur grand écran.
Je suis tombée sur ce film en zapant sur Arte. Il va se passer un truc, un rebondissement...rien. Des plans longs, pratiquement pas dialogue. La fin est assez enigmatique. Superbe idée, super culot, supers acteurs Damon et Affleck (le frère). vous crierez au génie ou au scandale.
Quelle horreur, cette histoire ! Une simple ballade qui se termine par un parcourt pour la survie... Sans fioriture, le réalisateur conte son histoire avec la plus grande simplicité. Certes, le film n'est pas racoleur. Pas de gros effets spécieux, pas de musique dramatique venue appuyer des images trépidantes... Gerry est dans son plus simple appareil et quand l'exercice est réussit, il faut bien l'admettre... Je ne crierais pas au génie : ce genre ne peut-être qualifié de totalement réussit puisqu'il cherche justement à contraster avec ce qui se fait usuellement et donc déchainer les électrons libres. Mais le pari est remporté pour G. Van Sant.
Faire un film sur deux types qui se perdent dans le désert, qui parlent peu (et quand ils parlent c'est pour ne rien dire d'intéressant) et qui marchent, qui marchent... et qui marchent... il fallait oser le faire. "Gerry" est construit en longs plans séquences, le premier qui suit une voiture roulant dans le désert pendant... 6 minutes... donne le ton : ça va être très très lent. Et effectivement, il ne se passe tellement rien, qu'un Tarkovski ressemble à un film d'action en comparaison. "Gerry" est donc une expérience radicale, mais pas inintéressante car très réussie visuellement. Mais quand même, voir deux mecs quasi muets marcher pendant plus d'une heure trente, je trouve qu'il n'y a pas de quoi s'extasier.
La première et seule musique arrive au bout d'une heure. Le scénario est faible pour ne pas dire inexistant et que dire des dialogues qui sont en nombre beaucoup trop restreint et pas constructifs. "Daft Punk's Electroma" a souvent été comparé a "Gerry", je trouve le premier beaucoup plus intéressant que le second. "Gerry" n'a aucune portée particulière. Les paysages néanmoins sont splendides et cette succession de plan-séquences est intéressante mais si seulement il se passait quelque chose ! S'il y avait du rythme, ça serait nettement plus accrocheur. La seule chose a retenir sera ses paysages et ses plans désertiques !
C'est du cinéma de recherche, très original, mais du vrai cinéma même s'il n'a, à ma connaissance et à cette heure, aucune suite ni filiation. Van Sant suit son chemin en se foutant des critiques imbéciles de ceux pour qui le cinéma se réduit à Dany Boon ou au "bonze" Resnais (lol comme on dit de nos jours)... Sérieusement, allez voir ce film sans parti pris pour prendre une petite leçon d'humanité supplémentaire, ça ne fait jamais de mal.