Giorgino
Note moyenne
3,3
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111 critiques spectateurs

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9 critiques
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Seb L
Seb L

13 abonnés 56 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 juin 2017
Ce film est vraiment très bien, je m'attendais à pire étant donné que les rares personnes à l'avoir vu à sa sortie l'avaient qualifié de navet, d'ailleurs c'est marrant car ces mêmes critiques de presse n'ont même pas donné leur avis sur Allociné.
William G.
William G.

12 abonnés 75 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2011
Qu'on ressasse sans arrêt le nombre insuffisant d'entrée de ce film ou qu'on le classe dans les abîmes des navets français, il a le mérite d'intriguer et de proposer autre chose que les films familial bon marché. Moi personnellement je l'ai trouvé très intriguant, beau, enigmatique, comme si ce film était le concentré des clips de Laurent Boutonnat pour Mylène Farmer. On retrouve dans ce chef-d'oeuvre, la griffe Boutonnat-Farmer, et cet univers reste le seul en France, et continuera de nous intriguer... Bref, j'adore ce film, et j'aime le non-conformisme qui s'en dégage...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 30 juin 2011
Giorgino est un film magnifique en tout point. Laurent Boutonnat met en place une mise en scène parfaite et réuni autour de lui un casting de renommé international avec notamment Mylène Farmer qui est l'artiste unique de la chanson française et qui ici est très talentueuse pour son premier rôle au cinéma. Celle-ci aurait été totalement digne de recevoir un prix pour sa très belle interprétation de Catherine. On retrouve aussi Louise Fletcher; Joss Ackland; Jean-Pierre Aumont et bien sûr Jeff Dahlgren qui joue le personnage principal Giorgino. Tous ces acteurs ont fourmis le meilleur d'eux même et le résultat à l'écran est vraiment très très satisfaisant. Giorgino est un film terrifiant; gothique avec son atmosphère froide et presque morbide où l'on retrouve un cimetière; une église; un asile de fous et de la neige et de la glace recouvrant les nombreuses ruelles désertes. Giorgino est aussi un film romantique avec l'histoire d'amour mêlant Mlle Catherine et le personnage principal Giorgino. Le film mêle mélancolie; angoisse; traumatisme de la guerre; folie et cauchemars. Giorgino est un film grandiose; un choc visuel; un œuvre d'art. C'est un grand film qui est le fruit d'un travail très conséquent fourni par Laurent Boutonnat comme on peut le voir dans les nombreux clips et musiques qu'il a réalisé pour Mylène Farmer. A l'époque le film n'a pas fait grand effet mais aujourd'hui beaucoup ont changé d'avis. Je trouve dommage qu'il n'est pas eut le succès mérité à l'époque. Giorgino est LE chef-d'œuvre du cinéma français par excellence. Coup de chapeau pour le réalisateur ainsi que tout les acteurs notamment Mylène Farmer. Je suis tombée sous le charme de ce film. A ne pas louper et à acheter en DVD.
Phil MacGyver
Phil MacGyver

30 abonnés 190 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 juillet 2014
Automne 1994: C'est la première de "Giorgino", l'oeuvre dans laquelle s'est tant investi Laurent Boutonnat, pour tout le gratin des critiques de cinéma ! Elle a lieu au Zoo de Vincennes, dans la cage centrale, où un écran de projection a spécialement été aménagé pour ces inestimables personnalités du 7ème Art... La cage est grande afin de pouvoir parquer tout ce beau monde, et de nombreux arbres sont là pour qu'ils puissent se divertir en se balançant gaiement de branches en branches. Des bananes sont entreposées comme en-cas, mais ils préféreront se les foutre sur la tronche en éructant de contentement. Les clôtures sont hautes, et ont été renforcées spécialement pour l'occasion afin d'éviter qu'ils puissent aller faire peur aux autres animaux !

La projection commence... Les singes ont du mal à tenir en place, quelques uns se sentent le cul, d'autres pissent le long des grillages pour marquer leur territoire, mais rien de grave! Malheureusement, malgré les recommandations écrites interdisant de donner de la nourriture aux animaux, les visiteurs du zoo leur jettent innocemment des cacahuètes. C'est la catastrophe !!! Les babouins, déjà peu concentrés sur le spectacle commencent à se battre entre eux pour récupérer le plus de cacahuètes possible. 3 heures après, la cage n'est plus qu'un immense chantier, et le calme commence à peine à revenir... "Houg Keuug Moug Gouröuk Gûk Bongæ" balance très finement un critique des "Cahiers du Cinéma". "Baloukã Meuk Dounngåh Houg Houg Blück" répond un autre d'un torchon à scandale, en se tapant fièrement la poitrine.

En gros, pour résumer parmi ces propos savants, que seuls les intellectuels du milieu peuvent comprendre: dans le bordel ambiant, personne n'a regardé le film... pourtant il faut bien écrire un papier, si on veut être payé ! MeeeeeeRDeeeeeeuuuhh... Heureusement, les critiques de cinéma, pas cons pour un sou, ont trouvé la parade: ils vont descendre le film en flèche, car c'est plus vendeur !!! Mazette la bonne idée que voilà... Seulement, le problème, c'est que Laurent Boutonnat s'est investi corps et âme dans son projet (scénario, musique, mise en scène), et que son film va faire un bide retentissant, pour être dégagé à toute vitesse de l'affiche ! Il passera une fois sur Canal Plus, et disparaîtra totalement de la circulation jusqu'à sa sortie DVD, 13 ans plus tard, en décembre 2007. Et cette scandaleuse négligence de la part de ces babouins-porte-stylo, a amené une oeuvre majeure du cinéma à être enterrée avant même d'être appréciée par le plus grand nombre. Quelques privilégiés l'ayant vu, lui donneront un statut de "mythe" cinématographique bien mérité !!! Cette oeuvre est splendide, bouleversante, d'une grande finesse.

Les images sont d'une beauté à couper le souffle. Les acteurs, sont magiques, totalement "habités" par leurs rôles. Ce mélodrame sombre, élégiaque, mélancolique, aux accents baroques vous prend à la gorge pour ne plus vous lâcher ! Le rythme est très lent, mais l'atmosphère est maîtrisée avec un tel brio qu'on ne voit pas le temps passer. Une oeuvre étrange, élégante, unique, qui ne peut laisser de marbre, pour peu que l'on prenne réellement le temps de la regarder pour en apprécier toute la saveur, et réaliser que l'opinion des critiques de cinéma ne vaut décidément pas une cacahuète !!!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 août 2011
Un chef d'oeuvre. Univers glauque, paysage enneigé, personnages étranges, je n'ai jamais retrouver une telle leçon de cinéma absolument sans concession. Il fallait oser! Une authenticité artistique rarement atteinte! La musique est également magnifique.
Jérôme H
Jérôme H

208 abonnés 2 295 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 avril 2008
Basé et réalisé dans le même univers que ces vidéo clip, le duo Farmer-Boutonnat est surprenant d'inquiètide et de liaison dangereuse.
Malgré la critique, plusieurs années après on ne peut constater que le film n'a pas vieilli et a su rester fidèle à son environnement triste.
Rolland A
Rolland A

16 abonnés 26 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 février 2008
Une rare merveille de cinéma que ce Giorgino. J'en avais souvent entendu parler et je trouve regréttable qu'un tel film n'ai pas eus le succès mérité à l'époque. J'éspère au jour d'aujourd'hui, que les dvd s'arracheront! Merci à Laurent Boutonnat et Mylène Farmer pour cette perle.
Miss Gif
Miss Gif

59 abonnés 14 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 août 2008
Géniale interprétation de Mylène FARMER sous le regard professionnel du super Laurent BOUTONNAT.

Quel film ! Un vrai bijou critiqué à tort lors de sa première sortie.

A voir absolument !
Shawn777

804 abonnés 3 928 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 décembre 2020
"C'est très beau mais c'est très lent". Voilà, je crois que cette phrase résume plutôt bien ce film réalisé par Laurent Boutonnat et sorti en 1994. Complètement boudé lors de sa sortie et ayant fait un bide monumental, il semble avoir depuis reconquit un certain public et rassemblé une petite communauté de fans non négligeable. Mais je dois personnellement avouer que j'ai passé un très long moment ! C'est l'histoire d'un jeune docteur qui, à la toute fin de la Première Guerre Mondiale, tente de retrouver un groupe d'enfants mais il tombe sur un orphelinat désert se trouvant dans un village aux habitantes hostile. Bon ça ne m'étonne pas trop que nous ayons un scénario comme celui-ci de la part de Boutonnat car, dans les clips qu'il a tourné pour Mylène Farmer, on voyait déjà un certain intérêt envers ce type d'histoires tragiques et mélo-dramatiques dans des décors d'époque et très souvent brumeux. Mais si cela fonctionne très bien dans les clips, et notamment dans "Tristana" qui est magnifique et qui ressemble par ailleurs énormément au film (dans le style visuel du moins), cela fonctionne beaucoup moins au cinéma, surtout quand cela dure trois heures ! On a déjà eu des films de trois heures et même plus d'ailleurs, mais seulement, je trouve qu'ici, il n'y a rien à raconter ! C'est bien beau de voir de belles images mais au bout d'un moment, on aimerait aussi pouvoir se rattacher à une histoire. Une histoire, il y en a une, mais seulement, elle n'est absolument pas assez étoffée pour être étendue sur trois heures, ça aurait pu être bouclé en une heure et demie ! Surtout qu'ici, l'ambiance est très pesante et que c'est réellement lourd pour le spectateur de rentrer dans une histoire aussi pessimiste et sombre que celle-ci ! Dans les clips de Mylène Farmer, ça ne dure qu'entre dix et vingt minutes (et encore pour un clip, c'est énorme, c'est un court-métrage quoi), nous avons donc le temps de profiter à la fois de l'histoire, de la musique, des décors et de l'ambiance, notamment dans l'inoubliable "Pourvu qu'elles soient douces" d'une durée complète de dix-sept minutes, sans se lasser. Ici, c'est honnêtement très dur de rester concentré trois heures sur une histoire qui n'a finalement que très peu d'intérêt. Malgré tout, il est vrai que la photographie est magnifique, le style de Boutonnat est très marqué (surtout lorsqu'il filme sa muse) mais correspond bien à l'ensemble et au ton qu'il veut donner. En ce qui concerne les acteurs, nous avons (le très beau) Jeff Dahlgren, accompagné de Mylène Farmer bien évidemment, dans leur premier rôle au cinéma et ils ne s'en sortent franchement pas mal du tout ! Je me range donc malheureusement du côté de l'avis populaire en ce qui concerne "Giogrino", à savoir que nous avons plus l'impression d'assister à un très long clip de trois heures qu'autre chose.
Raphaël V
Raphaël V

29 abonnés 86 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2012
Ce film est un conte macabre. Un pur joyau sombre et envoutant.
Je suis pleinement d'accord avec sa conclusion; La religion est un bénitier pour la mort.
Aeternumdecus
Aeternumdecus

2 abonnés 99 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 décembre 2019
Laurent Boutonnat et Mylène Farmer sont, avant la sortie de ce film, au sommet de leur carrière. En 1991, l'album L'Autre a été un immense succès, porté par l'inoubliable hymne "Désenchantée". Boutonnat et Farmer pensent sûrement qu'il est temps, après les clips, de passer enfin au cinéma. C'est donc ce qu'ils font en proposant le très long métrage "Giorgino". Boutonnat a voulu tout maîtriser. Mais le film lui revient comme un boomerang en pleine figure lors de sa sortie en salles. Il n'attire que très peu de monde. Les critiques sont mauvaises. Après cet échec, rien ne sera plus vraiment comme avant. Boutonnat ne réalisera quasiment plus aucun clip pour Farmer et cette dernière arrondira les angles de son personnage gothique et tourmenté.
Alors, qu'est ce qui a tant déplu au public dans Giorgino ?
C'est un film glacial, sombre, gothique, triste. Mais toujours avec cette esthétique magnifique qui caractérise les productions de Boutonnat. Sa manière de filmer est tout aussi sublime. Il nous fait frissonner avec trois fois rien. Certes, le film est long, lent, avec quelques longueurs. Il est facile de décrocher si l'on n'est pas sensible à l'univers et à la poésie de Boutonnat. Finalement, ce film peut être vu comme un clip XXL de Mylène Farmer. On y retrouve tous les ingrédients qui ont fait son succès : la neige, les paysages désolés, les loups, les lieux austères, la religion, la mort, l'amour, la folie, l'enfance, le sexe... L'histoire est belle et touchante. Jeff Dahlgren, qui interprète Giorgino, n'est pas acteur professionnel, et pourtant il est bluffant dans son rôle. Farmer est également très crédible dans son rôle de jeune femme autiste.
A voir au moins une fois pour vous faire votre propre avis. Et si vous souhaitez voir un film vraiment différent de tout ce qui est fait habituellement, je ne peux que vous le conseiller.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 décembre 2007
Somptueux ! Ce film est un chef-d'oeuvre, une oeuvre unique ! Laurent Boutonnat est vraiment le meilleur artiste metteur en scène de France. C'est l'une des seules personnes qui nous montre vraiment de l'art, que se soit à travers son style unique de filmer, la qualité de ses histoires et de ses castings, ou bien la beauté de ses films. Pour ma part, je n'aime pas Mylène Farmer et je m'attendais à des scènes un peu cucul, un peu creuses, qui n'auraient aucun rapports ou intérêts avec le film. Mais quand Mylène et Laurent se retrouvent, ils font de la poésie. Dans Giorgino, 2 scènes dans cette optique. Donc, c'est raisonnable.
Sinon, le reste est tellement riche qu'on pourrait admirer et analyser cette oeuvre pendant des heures et des heures. Mélange de conte, de mystère, un réalisme saisissant dans ces régions au climat pourri toute l'année (De Slovaquie), et une histoire que l'on ne comprend vraiment qu'à la fin du film. Tout est assez subjectif, il y a beaucoup d'émotion, de moments forts. Bref, plein de qualités, très peu de défaults mis à part, diront certains, sa lenteur. Mais c'est une lenteur qui participe à la magnificience du film.
Bravo. J'attends le prochain Boutonnat avec impatience.
MD77
MD77

15 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 octobre 2020
J'ai attendu de voir ce film deux fois avant de me décider à formuler un avis.
Première fois, à l'occasion de la sortie du DVD : visionnage plein d'attentes liées à ce film à la réputation sulfureuse et "maudite", et admirateur de l'univers clipesque de Boutonnat/Farmer, j'étais en quelque sorte de parti-pris. Je m'attendais à un ratage néanmoins, que j'aurais soutenu avec une belle mauvaise foi, et puis finalement, non, l'impression d'ensemble a été très positive, j'ai passé honnêtement un agréable moment à découvrir ce film déroutant et souvent beau. En bon cinéphile, impossible de ne pas y retrouver des influences aimées, David Lean bien sûr (j'ai beaucoup pensé à Dr Jivago, plus qu'à la fille de Ryan), ou encore Le Miracle des loups de André Hunebelle spoiler: (la fin, magnifique, me fait penser à Rosanna Schiaffino en manteau bleu entourée de loups...)
... Bref, ce film a su convoquer en moi un imaginaire agréable et, contrairement à ce que j'ai pu lire un peu partout, le temps ne m'a pas semblé vraiment long. Justement quand on aime le cinéma de Lean, la longueur fait partie du plaisir de l'expérience.
Second visionnage tout récent : les défauts m'apparaissent plus nettement, au point de faire naître en moi une impression de pénibilité par endroit.
Quels sont-ils selon moi ? :
- le symbolisme très lourd et surligné par la mise en scène devient pénible sur tout un film. Là où un clip a besoin de faire mouche rapidement, le cinéma peut se permettre de déployer plus de subtilité. Toutes les obsessions du couple Farmer/Boutonnat sont ici pleinement étalées au point d'en devenir gênantes (les passages à l'asile, longs, lourds, démonstratifs), l'érotisme malsain autour d'une Mylène objet d'anathème et de fascination ( spoiler: la scène, ridicule de l'"allaitement", le passage "baby doll" dans le lit, la scène de "réanimation"/défloration...gênantes plus que troublantes car très mal amenées
), l'obsession du blasphème (dans un film qui d'ailleurs ne porte pas franchement sur une quelconque réflexion religieuse, cela semble vraiment gratuit...).
- des personnages dans l'ensemble inaboutis. A commencer par Catherine, que je trouve vraiment peu intéressante, aucune scène ne parvient à la faire vraiment "vivre" de l'intérieur, elle est présentée à chaque fois comme un objet de fascination, de fait, exactement comme dans les clips, chevelure de feu et cuisse dénudée. Bref, c'est une présence esthétique avant tout. Marie, incarnée par l'excellente Frances Barber, est une sorte de Mrs Danvers caricaturale, qui n'a pas grand chose à défendre dans son personnage au fond. Elle aussi manque d'épaisseur. Les parents Degrâce sont sans relief (et pourtant grand plaisir de revoir Jean-Pierre Aumont !), les femmes du village réduites à la caricature là encore. Les deux seuls personnages qui m'ont touché sont le père Glaise, qui laisse affleurer les doutes de l'homme de foi, et Giorgio Volli, le héros dont la présence fantomatique se suffit à elle-même.
- justement la caricature est ce qui m'a le plus gêné dans ce visionnage : tous les passages avec les femmes du village, devenues des ribaudes infâmes (perruques de souillons, tétons et culs à l'air, chicots complètement pourris, maquillages outranciers... bref, on est plus proche des Visiteurs que de la Fille de Ryan, même dans le sublime passage du lynchage de Sarah Miles ! ) et déchaînées sont vraiment insistants, pesants, dérangeants, nauséeux même. Idem avec les passages à l'asile, spoiler: le pompon étant la visite du sous-sol, qui lorgne du côté du film de zombie
... D'autres fautes de goût émaillent le récit, toujours à cause d'une question de "dosage" qui transforme des passages supposés intenses en pantalonnades ridicules ( spoiler: le baiser de Giorgio à Catherine/Marie/papa Degrâce, la fête à l'auberge, le lynchage de Catherine dans l'église qui devient un "crêpage de chignon" sanglant, au pied de la lettre...
). D'ailleurs, niveau caricature, les looks des personnages n'aident pas : les maquillages sont excessifs au possible (j'avais l'impression de regarder un film expressionniste des années 20 parfois), baromètres du degré de réfrigération/souffrance/progression de la mort des personnages, les perruques sont hideuses (la choucroute de Mylène, avec ses ajouts pendouillants est aussi laide que celle de Juliette Binoche dans le Wurthering heights de Peter Kosminski, ce qui n'est pas rien, celles des villageoises... innommables !), la robe en gros velours rouge de Mylène est atroce et tombe comme un rideau (Scarlett portait le rideau avec beaucoup plus de chien !). Deux détails aussi, là encore d'une lourdeur qui désigne l'artifice de cinéma et éteint toute émotion : spoiler: la goutte de lait séché sur les lèvres de Mylène après la tétée qui ne disparaît pas et reste, bien insistante au cas où le spectateur aurait manqué ce sublime détail qui campe le personnage de la femme-enfant (je salue Mylène d'avoir pu dire tout son dialogue presque dignement avec ce "gag" digne de Mary à tout prix !) et aussi le visage sanguinolent de Catherine après son lynchage dans l'église où l'on peut voir que l'hémoglobine était en open bar sur le tournage... Catherine se serait pris un parpaing sur le crâne qu'elle n'aurait pas été autant amochée...
Là encore, ce côté très visuel, tape-àl'oeil de Boutonnat, fait aussi sa faiblesse ici, dans un long-métrage qui se voudrait subtil. C'est clinquant, mais c'est toc, trop artificiel, trop maquillé, trop choucrouté, trop surligné (la mise en scène aussi utilise des ralentis hérités de l'esthétique du clip... et ce n'est pas franchement réussi). Et c'est une impression ressentie sur tout le film, y compris sur la direction d'acteur (Dupontel...)
- justement, la direction d'acteur est très inégale. D'excellents acteurs font le taf avec compétence et conviction, et sauvent de nombreuses scènes (Joss Ackland, Frances Barber au premier chef, dans une moindre mesure Jean-Pierre Aumont et Louise Fletcher, qui ont un peu moins à défendre). Les villageoises sont des caricatures de la bêtise et de la méchanceté humaine, mais sans aucune intelligence de leurs personnages, elles en font des tonnes tout le temps, c'est insupportable. J'avais l'impression, par cette disparité de jeu, d'être dans ces mauvais films italiens des années 60/70 (je pense aussitôt à Gran Bollito de Bolognini, qui assume au moins d'être une farce grossière), où des grands acteurs côtoient des cabots infâmes. Restent le couple vedette, là encore, mal assorti selon moi. J'ai été touché par la présence sincère et sensible de Jeff Dalhgren, son physique de jeune premier romantique idéal se teintant de la noirceur d'âme attendue. Belle prestation, surtout pour un premier rôle, qu'il porte avec constance et conviction du début à la fin. Il m'a souvent fait penser au jeune Johnny Depp, et je trouve regrettable qu'il n'ait pas persévéré dans le cinéma. Pour ce qui est de Mylène Farmer, je suis très perplexe. Je ne trouve pas qu'elle transcende son personnage, elle use des tics mis en place dans ses clips (regards vides, bouche pincée, visage de côté, éclats de rire soudains), tout un arsenal de manières qui anesthésient toute authenticité. Elle n'est pas à l'aise du tout, soucieuse de flatter une image glamour en pleine construction (au moins dans Ghostland elle acceptera de remettre en jeu son image, ce qui est tout à son honneur), dans un festival de poses hiératiques soigneusement orchestrées par son mentor. Pourtant quelques beaux moments affleurent, où elle convainc : la colère dans la forêt, la scène d'amour dans les marais (sauf la fin...), l'affrontement avec les villageoises. Mais il est évident qu'elle manque de densité pour incarner un personnage qui se voudrait subtil, intense, dérangeant... et qui s'avère un double maladroit de la persona de la chanteuse. Dommage, vraiment, car l'étrangeté qu'elle dégage est réelle tout comme sa photogénie.

Alors, avec tous ces défauts, pourquoi trois étoiles ? :
- parce que ce film recèle des qualités d'atmosphère réelles, avec des plans magnifiques, mettant en valeur des décors de toute beauté. En bref, il y a de la poésie dans ce film, ce qui n'a pas de prix. Pour moi, ce qui fait la force d'un film, ce sont les images qu'il imprime dans nos mémoires. Ce film m'en laisse beaucoup.
- c'est un film étrange et dérangeant, il est plein d'aspérités, il questionne, il ne laisse pas totalement indemne.
- c'est un film de cinéphile, qui convoque de nombreuses références cinématographiques ou littéraires qu'il faut posséder pour réussir à pénétrer dans ce maquis. Pour moi, c'est un film qualité européenne des années 60 réalisé trente ans trop tard. La raison de son insuccès vient sans doute de là, plus que de toute autre considération. Pas à la mode, et trop jusqu'au-boutiste.
- parce qu'il témoigne d'un désir fou de cinéma, fou comme foutraque d'ailleurs, la volonté de tout dire,de tout mettre, ses influences, ses fantasmes, les images de cinéma qui hantent le jeune Boutonnat depuis l'adolescence. C'est vraiment un premier film, avec sa démesure, sa maladresse, mais aussi ce désir de se confronter à ses propres rêves, c'est un film qui respire la jeunesse, l'insolence, quitte à se brûler les ailes. Ce n'est sans doute pas pour rien que les trois protagonistes de ce projet auront tant de mal ensuite à revenir au cinéma.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 12 août 2015
Je suis fan de Mylène Farmer, j'aime beaucoup les clips de Laurent Boutonnat; mais là; je n'ai pas aimé ce film. Il est trop long, le scénario est mal fait.
philbleu
philbleu

2 abonnés 37 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2007
Un film qui est peut-être arrivé trop tot. Un chef d'oeuvre du cinéma français aujourd'hui reconnu.
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