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MemoryCard64
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3,5
Publiée le 19 septembre 2015
Dans L'Esquive, Kechiche fait ce qu'il sait faire de mieux : filmer les milieux populaire avec un œil bienveillant. Il se concentre sur le positif de la vie dans les cités et montre que c'est avant tout un lieu de vie. Le langage est le thème central de l’œuvre mais c'est aussi la première chose qui nous frappe lors de l'ouverture du film. La façon de parler des jeunes de banlieue est crispante au début, mais il n'y a plus de problème une fois qu'on a pris la température. Il faut dire que le jeu des acteurs aide beaucoup, ils ont tous énormément de naturel et sont crédibles. Les ruptures du niveau de langue lorsque les jeunes répètent la pièce de Marivaux sont peut-être les moments les plus marquants du film, d'une part parce que les acteurs s'amusent autant que les élèves qu'ils jouent et d'autre part parce Kechiche montre qu'ils respectent la pièce de théâtre en tant qu’œuvre. Comme le dit Lydia à un moment, "On est pas là pour changer le texte, mon frère ! Si tu commences à changer le texte, bah moi aussi je vais changer le texte, je vais mettre n'importe quoi. C'est pas possible.". C'est amusant de voir que Kechiche était déjà très fan des gros plan 10 ans avant La Vie d'Adèle. Avec son style naturaliste, il amène le spectateur dans l'intimité de ses personnages. On vit avec eux, ce qui fait qu'on s'attache à eux et qu'on comprend leur façon de penser. C'est particulièrement visible lors des répétitions avec la prof de français : on voir la rupture générationnelle et sociale, mais en même temps on qu'ils se font confiance l'un l'autre. L'ensemble sonne juste, il y a juste le passage avec les policiers qui est très manichéen, mais on va dire que cela passe parce que le film prend le point de vue des jeunes. Un bon Kechiche, qui souffre d'un histoire plutôt lente malgré une suite des événements intéressante.
Je trouve que c'est un très bon film car si l'histoire est banale puisqu'il s'agit de l'amour entre des jeunes de cité, les dialogues sont savoureux car ils sont "authentiques". J'ai été touchée par le passage où la police intervient pour fouiller les jeunes qui ont d'autres préoccupations à ce moment là et on voit l'intervention assez "musclée" de la police. Je me suis sentie mal, je me suis dis mais si c'est comme ça, je comprends pourquoi ils ont cette haine, j'avais envie de dire mais laissez les entre eux. J'ai juste regretté la fin qui m'a laissée sur ma faim. On comprend ou le cinéaste veut en venir mais cela reste flou on en pense ce qu'on veut...Moi j'aurais aimé avoir "sa vision" qu'il s'implique dans l'histoire d'amour et ne nous laisse pas en plan à la fin du film. J'ai adoré ce film malgré le langage cru et non injurieux des cité.
L’Esquive est un film troublant, qui, sans être une réussite absolue offre de nombreux points positifs. D’abord, la présence de Sara Forestier donne un gros plus à un film au casting cependant bien choisi et équilibré. Ensuite, les divers situations abordées dans le film relèvent à la fois des clichés (le contrôle de police étonnamment réaliste, l’ami de Krimo qui prend les affaires en main à sa manière) et du plus inédit (le théâtre de Marivaux en banlieue). Fondé sur un double langage, le film semble s’adresser avant tout à un public citadin et intello, et offre par conséquent des moments très drôles. Si l’Esquive est un film social (voire politique) dans sa manière de montrer la cité, il est aussi un film poétique, car il essaye de faire naître au milieu du chaos du langage abondant et maladroit, des sentiments et une forme d’art. Enfin, on notera l’interprétation que Kechiche fait de Marivaux à propos des amours de « même rang social », position qui sera le maillage un peu plus tard de La Vie d’Adèle. Dommage donc que l’Esquive ne se construise que sur une photo chevrotante et épurée à l’extrême et que le film ne foisonne pas un peu plus de rebondissements ou d’étude de personnages (il y avait tant à faire pourtant).
Un film juste réel... Le langage des personnages peut paraitre vulgaire et cliché, et pourtant non, il est juste et vrai. Et tout le film est comme ça, on évite les clichés pour en faire quelque chose de vrai, qui arrive tout les jours au quotidien. Les acteurs sont aussi dans cet optique, ils sont incroyablement naturels, limite a certains moments on dirait un documentaire tellement les acteurs ont l'air d’être eux même devant la camera et c'est vraiment la force du film. L'Esquive est un bon et beau film, intelligent, bien interprété et bien réalisé.
En cité, il y a "La Haine" mais aussi "L'esquive" ! Kechiche nous emmène en cité, pour nous parler d’adolescents, d'amour et de théâtre. Le film veut faire le plus vrai possible, donc tout s'organise sur ce point. La photographie n'est pas travaillée et il n'y a aucune musique originale. La mise en scène n'est pas stylisée, aucun plan n'est posé, tout est fait pour être au plus près des acteurs. D'ailleurs, ils se débrouillent très bien, surtout Sara Forestier, qui bouffe l'écran, surement sa meilleure prestation. Les dialogues sont crus, mais très bien écrits, bref, tout est fait pour que l'on se sente dans la bande de potes. Le scénario est intelligent et nous montre une autre vison de la banlieue. Bref, une expérience intéressante mais qui ne plaira pas à tout le monde.
C'est le genre de film basé sur des acteurs amateurs qui peut donner parfois des moments magiques grâce à cette spontanéité (exemple "Entre les murs"). Malheureusement pas ici : les jeunes comédiens étant assez mauvais (la plus douée des amateurs est un petit second rôle, et la seule vraie actrice qui joue moins de 10mn -Carole Frank, l'institutrice- montre le gap entre un acteur professionnel et de gentils amateurs). Et puis ni l'histoire (sauf la référence à Marivaux avec la pièce qui parle des riches/pauvres), ni la réalisation ne permettent de relever le niveau.C'est pas vraiment du cinéma, mais c'est pas encore grave. Ce qui est grave, c'est de voir les critiques des journalistes crier au génie ("justesse" -->?! "message politique" -->?! Note de 4.7/5 -->!!!!).Un effet de "moutonage" probablement, pour faire semblant de s'intéresser et de découvrir la "vraie" vie des cités...
Sarah Forestier qui explose. Et Sarah Forestier qui s'impose. Abdellatif Kechiche qui confirme. Les césars qui césarisent. Les détracteurs ignorants qui gémissent. Le cinéma français est haut, très haut.
Je comprend tout à fait que beaucoup de gens n'ont pas aimé le film, notamment pour les répliques , les dialogues , l'expression orales des jeunes, c'est vrai que cela peu casser les oreilles, jai aimé le fait de mettre en avant la comparaison des deux langages, l'histoire parait très simple mais elle est tres subtile si on l'analyse bien. la direction d'acteur est parfaite mention à Sabrina ouazani et Sara forestier .
Kechiche oscille entre sentiments et critique de la société contemporaine. Ce qu'il m'a manqué, c'est des sentiments, étant le plus grand fan de La Vie d'Adèle, je m'attendais à vibrer d'avantage. À vouloir trop bien faire, Kechiche perd parfois de vue son scénario. Il reste toujours aussi à l'aise dans la réalisation, dans la métaphore et dans la poésie, et sait montrer les répercutions des actes et des paroles. Manque d'enjeu.
Non sans son habituelle humanité, Abdellatif Kechiche réconcilie les grands textes de la langue française avec les classes populaires. Tout simplement magnifique !
Abdellatif Kechiche est pour moi un réalisateur très sous estimé par le grand public. Car depuis que le bonhomme a reçu sa Palme d'Or en 2013 pour La Vie d'Adèle nombreux sont ceux qui l'ont directement traité de faux cinéaste et les plaintes des personnes avec lesquels il a travaillé n'ont pas amélioré les choses, l'homme est peut être un salaud (sans doute même) mais je dois avouer que je suis envoûté à chaque fois que je regarde un des ses films. En voilà un réalisateur perfectionniste ! Mais perfectionniste dans le bon sens du terme. Quand j'ai achevé L'Esquive je n'en revenais presque pas, est ce vraiment un film tourné avec un budget et une équipe ? C'est tellement réaliste qu'on a du mal à le croire que l'on regarde vraiment un film, c'est tellement poétique que les répliques du genre "fils de p*te" ressemble à du Shakespeare et rapidement je me retrouve bouleversé par ce film d'une beauté et d'une lucidité presque inconcevable dirigé par une main de maître. On retiendra notamment les deux premiers rôles Osman Elkharraz et Sara Forestier étourdissants. Pour conclure nous voilà devant du grand cinéma porteur de sens et d'une immense beauté. Merci Kechiche !
Film subtil. Entre l'argot des jeunes de banlieue parisienne à la limite de l'incompréhensible et la beauté du langage des pièces de théâtre de Marivaux. Sara Forestier est la vedette de ce jeu. Tout ce débit de paroles est pénible, mais il prend aux tripes, il touche terriblement. C'est un beau film sur l'expression, l'expression difficile de l'amour, de la différence. Le rôle de l'école est très bien illustré par Carole Franck, son rôle apporte beaucoup au film.