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Remi S.
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5,0
Publiée le 24 avril 2021
Des immenses fresques comme celle-ci, il n’en n’existe plus. *La Porte du Paradis* de Michael Cimino n’a pas peur de voir les choses en grand : et c’est bien cela qui le rend si passionnant ! On pourrait bien évidement y voir comme une prolongation de la foi imperturbable de John Ford – cinéaste que j’affectionne tellement – sur l’Amérique. Une Amérique qui se construit, et s’affronte constamment. *La Porte du Paradis* contemple les fondations, métamorphosant les grands espaces en un Grand Théâtre ! C’est comme un gout de liberté constant qui se mélange à la grande histoire. Mais *La Porte du Paradis* vient surtout prolonger toute la beauté qui ressort dans l’intérêt porté par Cimino sur l’humain. Après le terrible (mais remplie d’espoir) *Voyage au bout de l’enfer*, Michael Cimino continue de porter son regard épiquement humaniste : celui qui sait aimer et ainsi combat, menant inévitablement à la masse. *La Porte du Paradis* porte sur ces épaules une véritable révolution, dépassant même si l’on veut les frontières américaines. Cette fameuse masse, Cimino la laisse prendre l’entièreté du cadre et du temps. On pourrait même parler d’une grande et constante célébration, où les images dansantes de *La Poursuite infernale* de John Ford rentre comme en connexion avec celle de *La Porte du Paradis*. Michael Cimino laisse l’espace s’élargir, et le temps durer comme si plus rien ne pouvait arriver à ces personnages. C’est un cinéaste confiant, et magique surtout. Mais c’est bien dans la foi qu’il éprouve dans son histoire qui rend ses fresques inoubliables. Ils sont rares ces cinéastes américains à porter un aussi beau (et parfois critique) regard sur leurs pays : John Ford évidement, comme un grand chêne à la source des Cimino ou Eastwood.
Sublime film maudit ! Alors oui, le film est long, le rythme est lent, mais quelle grâce ! Si on se laisse porter par les images, les acteurs et la musique, le film reste magnifique. Cimino avec son oeil critique, a su une fois de plus montrer l'histoire de son pays, que cette histoire est basée, toujours, sur la violence. Mais pas uniquement, grâce à James Averill, car l'Amérique est né dans l'espoir aussi, l'espoir d'une terre nouvelle (ce que Cimino, grâce à la séquence de bataille, montre où cela conduit), l'espoir de fonder une famille, d'aimer. Alors quelle est la vérité ? La vraie version ? Le rêve américain ? La désillusion d'Averhill ? Je pense que Cimino a voulu montrer que la grâce est partout, même dans la prostituée qu'est Ella, qu'il n'y a pas forcément UN rêve américain parfait. L'Amérique s'est fondée par la violence mais recèle aussi plein d'espoir : l'espoir de s'humaniser, l'espoir de devenir des hommes. La Porte Du Paradis est donc à la fois une grande fresque historique, un western, un film sur la lutte des classes et une romance très belle. Pour moi c'est un chef d'oeuvre, évidemment.
Si l’on peut penser, au premier abord, que le western et le naturalisme sont deux styles cinématographiques difficilement compatibles, Mickael Cimino nous a prouvé avec cette fresque mélancolique qu'un tel mélange de genre, auquel vient en plus se greffer un impressionnant casting, est le moyen idéal de dépeindre la conquête de l’ouest à travers de splendides décors. Mais plus qu’une image idéalisée des grandes plaines fermières du Wyoming, le réalisateur a pour motivation première de nous offrir un pamphlet politique passant par une reconstitution guerre du comté de Johnson pour dénoncer les excès du capitalisme et la xénophobie qui hantent, selon lui, les fondements même de l’Amérique. Véritable scandale dans son pays d’origine, cette petite merveille stylistique taxée de propagande communiste s’avéra le pire échec commercial qu'ait connu Hollywood à ce jour. Il fallut attendre une ressortie en version intégrale du film plus de tôt de trente ans plus tard pour lui redonner sa place légitime au panthéon du 7ème art.
Peu être un chef d’œuvre pour les initiés mais difficile d'accès pour le grand publique La version courte est déjà trop longe; mais mérite peu être un deuxième visionnage.
Beaux panoramas et reconstitution historique très minutieuse des costumes et des décors.Un film qui montre l'Amérique sous un angle peu flatteur: celle des plus riches cherchant à éliminer les plus pauvres avec l'aval de la loi.J'ai trouvé toutefois que l'histoire d'amour à la "Jules et Jim" entre Ella, interprétée par Isabelle Hupert, et les deux américains passés du côté des immigrés, ralentissait trop l'action d'un film déjà très long.Il faut attendre la dernière demi-heure pour assister à l'affrontement sanglant.J'aurai préféré que l'on s'attarde davantage sur le quotidien des deux mondes en présence.
Il faut être patient et aimer le temps que les choses s'installent. Étonnamment, la première vision peut être déroutante, mais le film reste en vous et vous rappelle à son souvenir. C'est très très bien
Nan mais allo quoi ?! C'est pas parce que le film a 30 ans qu. il est un chef d'oeuvre ! Four commercial à l'époque tu m'etonnes ! Je suis assez fier d'avoir déjà tenu 2 heures de ce spectacle d'un ennui mortel. Scenario vide de contenu, scènes interminables, film bruyant, bref
Film fresque, véritable épopée de l'Histoire Américaine dans l'Ouest Sauvage. Je l'ai visionné pour la présence de la belle et jeune Isabelle Huppert. Le western était alors un genre depuis bien longtemps sur le déclin ; ce film est depuis lors un de ces "films maudits" sous-estimé selon moi.
Pour traiter ce volet absolument passionnant de l’histoire de la conquête de l’ouest américain, Michael Cimino, dans ce film se livre à une opération qui relève en fin de compte plus du sabotage qu’autre chose. La responsabilité du désastre lui incombe t’elle ou la partage t’il avec les producteurs du film qui, semble t’il, ont sans scrupule, charcuté le montage? Difficile de savoir. Toujours est-il que le résultat est que la mise en scène est brouillonne ; de nombreuses scènes ont des longueurs complètement injustifiées, ne pouvant que susciter l’ennuie ; et d’autres scènes à l’inverse font l’objet d’ellipses qui ne font qu’entraver la compréhension normale du récit. Quand aux dialogues, ils semblent souvent amenés avec beaucoup de maladresse, comme qui dirait « parachutés ». Le magnifique trio que représentent Kristoferson, Walken et Huppert, ne sauve pas le naufrage.
J'ai enfin vu "La porte du paradis", ce film fortement critiqué lors de sa sortie et qui est accusé d'avoir mis fin à la période géniale du Nouvel Hollywood. C'est une sacrée injustice quand on voit la qualité générale du film, mais on peut aisément comprendre pourquoi les américains l'ont détesté tant il donne une vision peu glorieuse de la conquête de l'Ouest. "La porte du paradis" est une merveille visuelle, une reconstitution historique incroyable. Jamais je n'ai vu décors aussi crédibles tant ça grouille de vie et de détails. Même les intérieurs sont incroyables et changent totalement de ce qu'on a l'habitude de voir. La réalisation de Cimino est superbe, les acteurs excellents, mais que les scènes de danses sont longues, très longues... au point de provoquer l'ennui. Toute l'introduction est superbe visuellement (la première grosse scène de danse) mais est finalement bien inutile puisqu'elle n'introduit rien, des personnages secondaires ne sont pas développés, c'est sans doute le résultat de coupes monstrueuses pour ramener le film au format des 2h30 de la version que j'ai vue. Je verrais bien la version longue pour comparer, et je suis persuadé que ces critiques disparaitraient. Le film est aussi long à démarrer et c'est dans sa deuxième partie qu'il prend toute son ampleur en proposant des scènes de combats d'une rare intensité et visuellement impressionnantes. "La porte du paradis" est donc un très bon film justement reconnu avec le temps et quelle injustice qu'il ait été une catastrophe industrielle au moment de sa sortie. *** Ajout suite à la vision de la version de 3h40 : Contrairement à ce que j'imaginais, la version initiale de 3h40 n'apporte strictement rien en terme de narration et surtout dans le développement des personnages. La longue scène introductive reste toujours aussi énigmatique et ne caractérise pas plus les personnages, on ne comprend pas mieux ce qui motive le héros principal, et on ne comprend pas plus la personnalité et le comportement du personnage joué par John Hurt. La grosse heure supplémentaire ne fait que diluer l'histoire, ajouter des longueurs aux longueurs, et il m'est évident que si j'avais vu cette version en première mon avis aurait été moins flatteur. S'il est certain que mon impression est aussi faussée par le fait que je ne découvrais plus le film, que des défauts me sont apparus plus importants, je recommande néanmoins la vision de "La porte du paradis" dans la version remontée et raccourcie. ***
Le chef-d’œuvre de Michael Cimino, fresque fleuve du cinéaste qui coulera sa carrière à Hollywood. Pourtant « La porte du paradis » est un film porté par un souffle incroyable, une interprétation fiévreuse et une mise en scène parcourue d’une incroyable aisance formelle. Loin d’être exempte de défauts, cette œuvre majestueuse fait partie du cinéma dans ce qu’il a de plus transcendant, ce qui fait donc vite oublier les longueurs et scories du récit. Au-delà, le cinéaste ausculte un versant sanglant de l’Amérique dans un opéra tragique fait de poussière et de sang.
A la fin du 19ème siècle, dans le Wyoming, de riches éleveurs de bétail sont victimes de vols de la part d'immigrés est-européens affamés. Ils engagent alors des tueurs pour abattre les malheureux. "Heaven's Gate" est connu pour être l'un des échecs commerciaux les plus retentissants du cinéma. Entre les très nombreux dépassements de budget, causés par un Michael Cimino réputé exigeant et mégalomane sur le tournage, et une version amputée, suivie d'un massacre critique et public à sa sortie, le film a presque anéanti la carrière du réalisateur, et a fortement contribué à couler la United Artist. Tout cela est bien dommage, car en elle-même, cette version complète de 219 minutes est un chef-d’œuvre. Les paysages naturels sont sublimes et parfaitement maîtrisés, les décors sont majestueux, la mise en scène inspirée, le tout accompagné par une jolie BO de David Mansfield. Cimino n'écrase pas pour autant ses personnages, avec un charismatique trio amoureux, qui donne lieu à plusieurs scènes émouvantes, et de solides seconds rôles. Après cette poésie, le film bascule dans la cruauté. La dernière heure s'avère particulièrement spectaculaire, riche en fusillades intenses, à la violence graphique prononcée. Elle met une énorme claque à l'idée du rêve américain, et montre que ce système se base sur des inégalités sordides. Ainsi, "Heaven's Gate" est western alliant avec adresse beauté et mort, et qui ose s'engager sur un sujet très délicat. A voir.
Le film qui a enterré le nouvel Hollywood avec son échec considérable en salle. Et pourtant... Alors oui je peux admettre que son côté grandiose peut paraître par moment pompeux, mais quelle maîtrise, comme l’incroyable scène de danse de la remise des diplômes qui ouvre le film et à laquelle en répondra une toute aussi remarquable plus tard dans le métrage. On peut aussi comprendre son échec à cause de son aspect extrêmement pessimiste, sa manière de montrer la construction des États Unis par le prisme de l’argent et de la violence (non tout le monde n’a pas sa chance). Le casting est admirable, le reconstitution grandiose. J’ai souvent été ébahi par ce film même si en effet je l’ai trouvé par moment pompeux. Un film qui marque la fin d’un époque mais c’est un enterrement de première classe.
A la fin du xixe siècle, dans le Wyoming, des éleveurs américains décident, avec l'aide de l'Etat, de dresser une liste noire et d'exterminer les petits fermiers immigrés. S’inspirant de ce fait divers, Cimino livre une fresque grandiose et baroque à la photographie splendide et à la mise en scène extrêmement soignée, boostée par un gros casting. Le film qui le ruina.