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    La Porte du paradis
    note moyenne
    3,9
    1901 notes dont 153 critiques
    répartition des 153 critiques par note
    60 critiques
    48 critiques
    19 critiques
    16 critiques
    6 critiques
    4 critiques
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    153 critiques spectateurs

    stillpop
    stillpop

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    4,5
    Publiée le 5 février 2012
    Comment peut-on se déclarer cinéphile du dimanche et n'avoir pas vu tous les Cimino ? C'est après 10 ans que j'ai enfin pu approcher ce monument, qui a tant fait trembler Hollywood en son temps, culturellement et financièrement ! Et finir ma panoplie Ciminesque. Tout d'abord, 3h45 c'est évidemment long, mais la salle était pleine un samedi après-midi et personne n'est parti, même pendant l'entracte. Et c'est vrai qu'à part quelques lenteurs, et un manque criant de "belle" photo, on reste scotché par les chorégraphies, par le nombre de figurants dans la plupart des scènes, et par la véracité des acteurs. Le scénario est en béton, l'éternel combat entre les nantis qui vivent de leurs rentes en étouffant injustement toute possibilité de concurrence, et les nouveaux pauvres d'entre les pauvres, qui se battent plus ou moins légalement pour un bout de pain ou un moment de rêve. On ne peut blâmer personne, on peut juste vomir devant les incohérences du rêve américain, encore dans les limbes de la violence animale lorsque l'Europe était déjà à l'âge de raison. Le propos est original, avec ses américains de souche (entendez-par là plus de 20 ans sur place) confrontés aux nouveaux émigrants, russes, polonais, lituaniens, ukrainiens, juifs d'Europe de l'Est ou d'Allemagne, et quelques anglais ou françaises qui boivent pour oublier qu'ils ont fait le mauvais choix de partir dans un pays de sauvages (même une fois les indiens massacrés) où si peu font finalement fortune. Toutes les scènes de massacre ou de liesse portent la signature Cimino, même si les erreurs de script sont nombreuses, signe que le tournage a du largement dépasser les capacités de l'être humain. Les acteurs, tous plus ou moins proches du réalisateur (à part la parfaite Isabelle Huppert) donnent l'impression d'une grande famille, comme dans "Retour vers l'Enfer". On se sent chez soi, mais on est content de ne pas y être ! Jusqu'à la dernière minute, tout le malheur du monde se fait sentir, et on a sans doute pas de meilleur auteur de film passionnés et grand spectacle qui soit aussi existentialiste. Avec les (trop) nombreuses histoires, on a parfois l'impression d'un peu de simplisme, ou de mièvrerie. Mais le propos, le rythme, la tension palpable, même dans les scènes tranquilles, ce danger de l'Ouest américain toujours présent, tout fait penser que l'on voit un vrai chef d'œuvre, sans autre concession que le manque de recul ou de virtuosité du réalisateur. Ici, moins de scènes d'anthologies pour acteurs comme dans "L'année du dragon" ou "Deer Hunter", mais les scènes de groupe en sont aussi fortes, et la bataille de la fin, dantesque. Bref, si votre postérieur est résistant, courrez voir ce monument (mal) restauré mais intégral (surtout la scène finale pas très réussie), signe d'une industrie qui savait encore prendre des risques, sans penser au retour sur investissement. Dernier signe de ce que l'on appelle désormais pompeusement le 7ème art. On n'entend plus parler de Cimino, qui était pourtant le successeur tout trouvé de Sergio Leone, dans son côté entier et contradictoire sur le rêve américain. Il est passé à Paris dernièrement, mais rien de concret en vue, il faut dire que ce qu'il a enduré ne doit pas lui donner envie de bosser. Respect pour son œuvre en tout cas, où le seul faux pas fut le sombre et facile "Canardeur" et où tous les autres furent de grands moments de cinéma entier, loin des réflexions faciles au deuxième degré des Tarentino et autres Soderbergh. C'est peut-être pour ça qu'on l'aime, il est fait du bois brut dont on fait les hommes, pas les équilibristes mondains, aussi doués soient-ils.
    Kev-Tarantino
    Kev-Tarantino

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    5,0
    Publiée le 29 septembre 2006
    Je vais parler juste de la version cinéma car je n'ai malheureusement pas vu la version longue !!! Une petite merveille !!! Le film culte de Cimino avec "Voyage Au Bout De L'Enfer" !!! Un film qui a pourtant fait scandale aux USA (on comprend pourquoi) mais moi, j'ai adoré !!! Michael Cimino signe ici sa meilleure mise en scène avec "Voyage Au Bout De L'Enfer" !!! Les acteurs Kris Kristofferson, Christopher Walken (un acteur que j'adore), Isabelle Huppert, John Hurt, Brad Dourif (que j'ai eu du mal à reconnaître) et Jeff Bridges sont tous géniaux et leurs jeu est sublime !!! Le montage, les décors, les costumes, la photographie, la mise en scène, le jeu d'acteurs, TOUT EST PARFAIT !!! Bien sûr comme dans chaque Cimino, le film est assez long ! Au début, j'ai failli m'endormir car il y a tout de même 14 minutes de prologue ! Mais, on remarque que c'est nécéssaire pour la suite !!! Un film à voir absolument !!! CULTE ET MAGNIFIQUE !!!!!!!!!!
    danna2509
    danna2509

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    4,5
    Publiée le 18 mars 2013
    Très content d'avoir pu enfin voir ce film au cinéma. La restauration est pas mal, concernant l'image c'est assez inégal, mais le traitement sonore, lui, est excellent. Profitez-en tant qu'il est encore temps.
    romkail
    romkail

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    5,0
    Publiée le 13 mars 2013
    3h30, ça fait peur. Plus la réputation qui va avec, un truc en roue libre réalisé par un mégalo, ambiance fin seventies dépressives... Bon erreur , une génération de critiques et de spectateurs sont passés à coté d un grand spectacle qui prend aux tripes, un grand huit avec des changements de rythmes, de tonalité qui emportent. Fresque politique, western, love story de la matière pour au moins 3 films Et en prime une isabelle Huppert lumineuse et pas le moins du monde névrosée ! Bref un miracle
    Kiwi98
    Kiwi98

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    4,5
    Publiée le 12 septembre 2014
    Avec Voyage au bout de l'Enfer, Michael Cimino s'est fait un nom de prestige dans le cinéma d'auteur américain en prenant des positions très claires en dénonçant les conséquences de la guerre sur les soldats. Le film fait un carton plein public et critique et Cinimo obtient une liberté absolue pour son film suivant s'intitulant La Porte du Paradis et mettant en scène la guerre civile qui frappa les Etats Unis dans le Wyoming entre les migrants d'Europe de l'Ouest et les riches possesseur du bétail. Une durée de plus de trois heures, un budget qui explose (50 millions de dollars en faisant le film le plus cher de tout les temps à son époque), un tournage qui n'en fini pas et Cimino atteint de mégalomanie aiguë. Le cinéaste est près à tout pour nous livrer en quelque sorte son plus grand film de l'histoire du cinéma, il va faire retourner la même scène plusieurs fois, choisir des inconnus en tête d'affiche, il est prêt à attendre des heures pour avoir une bonne lumière, fait venir une locomotive à vapeur … le bougre à eu les yeux plus gros que le ventre sur ce coup. Après nous connaissons la suite. Le studio ampute le film de une heure et le distribue dans un petit circuit après les réactions très négatives de la première. Le résultat de cette catastrophe est apocalyptique, United Artist, la fameuse société mise en place par Charles Chaplin est ses amis met la clé sous la porte, les grands réalisateurs américains (Scorsese, Coppola …) n'auront plus jamais de grande liberté pour leurs films. Pour un budget de 50 millions de dollar le film n'en rapporte que 3 faisant de lui l'échec le plus cuisant de l'histoire du cinéma américain. Mais heureusement il ressort en 2013 comme neuf en version totalement restaurée et rencontre un franc succès. Il est aujourd'hui en haute place dans la liste de prestige et plus grands films de tout les temps et bénéficie de l'amour de son public qui en somme est la plus belle récompense pour un film. Mais il faut dire qu'à une époque ou Ronald Regan venait d'être élu les américains n'avaient pas envie d'entendre que leur nation a été fondée dans le sang et le génocide et c'est là que le film de Cimino parait très choquant puisqu'il s'agit d'immigrés pauvres sauvagement tués pas les riches exploitants locaux avec sang froid. Le réalisateur nous immerge dans les yeux de James Averill, un bourgeois que nous suivons dès son sacre à Harvard jusqu'à ce qu'il tombe amoureux de cette prostituée incarner brillamment pas Isabelle Huppert. C'est un mélange très habile entre romantisme touchant et violence épique auquel nous assistons, romantisme touchant pour les scènes entre Isabelle Huppert et Kris Kristofferson et violence épique pour la bataille finale et certaine des plus belles scènes d'actions de notre histoire du cinéma. Le tout renforcé par une mise en scène flamboyante n'hésitant pas à nous faire jouir de ces paysages d'une beauté à tomber, des décors qui font en partie la renommée actuel du film et bien sur sa BO culte. La Porte du Paradis est également une aventure épique et terriblement touchante mettant en scène des personnages vivants et complexes s'enfonçant dans un cauchemar impossible à raconter. Mais le film souffre aussi, les longueurs viennent perturber le plaisir en pensant notamment à l'introduction à Harvard qui donne l'impression de durer des heures, également des personnages sous exploités comme Christopher Walken ou bien irritants comme John Hurt. Mais ces défauts ne représentent finalement pas grand chose par rapport à ce visuel grandiose et cette histoire profonde à l'audace presque sans précédant hantant encore notre esprit après sa vision. Assez maigre pour en faire un des pires films de tout les temps. Bilan: Oeuvre absolument colossale à la beauté identifiable entre mille et d'une richesse folle, La Porte du Paradis marque autant le spectateur autant qu'il continu de marquer le cinéma.
    Léo M.
    Léo M.

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    4,5
    Publiée le 11 février 2019
    Attention chef d’œuvre! Cimmino frappe un nouvelle fois sur son propre pays et la barbarie dont il s'est rendu coupable, avec toujours autant de maestria et autant, sinon plus, de brio. Dans Voyage au bout de l'enfer, c'était le Vietnam, jours bien peu glorieux dont les pages de l'Histoire sont entachés de sang. Dans La porte du paradis, c’est une période sans doute moins connue mais tout aussi sanglante: dans le Wyoming, des migrants massacrés au nom du gouvernement, par des mercenaire,s se croyant dans leur bon droit et tuant, violant, menaçant à la va comme je te pousse. Une amitié déchirée par une femme, un amour impossible et l'émergence de la pensée communiste sont quelques uns des nombreux thèmes sous tendus ici.
    Loïck G.
    Loïck G.

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    4,5
    Publiée le 27 novembre 2013
    C’est l’un de ces films qui aujourd’hui fait toujours parler dans les chaumières d’Hollywood. La ruine d’un producteur, l’échec du film, un casting prodigieux et une histoire qui pendant plus de trois heures nous refait le coup du rêve américain qui se délite. Et de manière très violente que Cimino saisit aussi bien que pour « Le voyage au bout de l’enfer ». Le brio de la mise en scène lié à l’esthétisme du cadrage - panoramiques et décors soignés - confèrent à l’ensemble un je-ne-sais-quoi de grandiose, épique, époustouflant… Avis bonus Une longue interview, passionnante, de Cimino, le point de vue des comédiens, tout aussi intéressant ... Pour en savoir plus
    CH1218
    CH1218

    Suivre son activité 56 abonnés Lire ses 1 982 critiques

    3,5
    Publiée le 30 avril 2014
    Tout le monde connait les déboires de ce film maudit : la mégalomanie de son réalisateur, son budget explosé et son planning de tournage largement dépassé. Descendu à sa sortie par les critiques avant son échec cuisant au box-office, malgré un retour à la table de montage et une nouvelle version allégée de 300 coupes qui ne sauva pas United Artist de la faillite. Avec ses prises de vue de toute beauté, sa photographie pleine de poussière et d'effets de luminosité, ainsi que le soin apporté aux décors, «La Porte du Paradis» est une réussite visuelle. Ce n’est pas la longueur du film qui m’a le plus dérangé mais le peu d’intérêt suscité par la trame amoureuse autour du trio interprété par Kris Kirstofferson, Christopher Walken et Isabelle Huppert. La caméra de Michael Cimino prend alors beaucoup trop de temps sur ces personnages-là au lieu de nous conter cette tragédie basée sur des faits historiques peu glorieux. Vu dans sa version remasterisée, ce film n'est ni mauvais, ni un chef d'oeuvre, juste un bon western épique.
    ygor parizel
    ygor parizel

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    4,0
    Publiée le 14 juin 2013
    J'ai vu la version de 2h30 et je suppose que j'aurais préféré la version longue (je trouve qu'il manque des morceaux de l'histoire). Superbe western l'Histoire des personnages et de la région où ils vivent est vraiment magnifique. Les acteurs sont tous très bon et rare au cinéma surtout les décors sont beaux, la fusillade finale est immense. Malheureusement je trouve que plusieurs scènes même si elles sont très bien filmées (celle du bal notamment) sont de trop et n'apporte rien.
    Léa H.
    Léa H.

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    5,0
    Publiée le 31 mai 2014
    Le cinéma de Cimino est celui d’un homme seul, luttant envers et contre tous pour imposer un projet singulier et non référentiel (contrairement aux Scorcese, Spielberg, Coppola ou De Palma). L’attirance du cinéaste pour les paysages sauvages et la nature inviolée traduit son désir de filmer un endroit, un groupe, comme si c’était pour la première fois, sans être influencé par une vision antérieure. C’est ainsi que l’espace de l’Ouest n’aura jamais été aussi bien rendu que dans La Porte du Paradis. Se dessine le rêve d’une autosuffisance absolue, d’une orgueilleuse indépendance (celle de Salvatore Giuliano sur son île, décrit comme s’étant «inventé lui-même ») que la figure favorite du cinéaste, le cercle, laisse clairement deviner. Les sept films de Cimino sont bâtis sur une mythologie personnelle des plus puissantes que la mise en scène habille de vérité par un scrupuleux travail sur le détail. Ce sont ces détails, parfois reconstitué à force de décors spectaculaires ou de descriptions précises des us et coutumes d’une époque (l’ouverture de La Porte du Paradis en serait le parangon), qui aboutissent à des épisodes souvent étirés démesurément au détriment de la narration mais qui en deviennent, par leurs correspondances et leurs résonnances, les pièces maîtresses d’un vaste poème épique. Le récit de « La Porte du Paradis » est organique, par opposition au « récit synthétique » prédominant dans le cinéma américain. Le film apparaît comme formé de blocs où l’action dramatique parfois se dilue ou s’accélère. Plus important est le prodigieux enchevêtrement de rimes et d’associations qui fournit au film sa vraie texture et son énergie. « La Porte du Paradis » est ainsi une superproduction expérimentale, dans le sillage de certaines grandes œuvres de Kubrick (2001) qui fonctionnent avant tout aux niveaux poétique et musical. Ces œuvres, comme certains films muets, sont souvent composés de différents volets, chacun annoncé par un carton, parfois sans rapport de causalité évidente les uns par rapport aux autres (ou tout du moins reliés par des ellipses conçues comme des béances narratives). Loin des habitudes normatives du récit classique, Cimino ne nous expliquera ainsi jamais comment son personnage principal, après de brillantes études à Harvard se retrouve simple marshall en plein Wyoming, ce qui le pousse dans les bras d’une prostituée ou comment amasse-t-il la fortune qui lui permettra de vivre comme un prince sur un yacht. De même, on ne saura jamais rien de la mystérieuse amitié qui le lie avec Nate Champion (Christopher Walken), le personnage le plus opaque (et fascinant) du film. Le prologue du film établit pourtant, de façon diffractée, la plupart des ressorts formels et thématiques. Il souligne d’abord des divisions et des contrastes qui seront celles de l’histoire : entre le discours du Révérend (Joseph Cotten) qui appelle les finissants à un « devoir impératif », éduquer une nation hostile au savoir et à la réflexion, et celui de Billy (John Hurt) qui loue pour rire la loi de la gravité, allégorie de la fatalité, et partant l’inutilité de forcer son talent, donc le refus de toute vocation, c’est l’antinomie de l’humanisme démocratique et du sarcasme imbu d’impuissance. Entre Billy, que l’ivresse fait tituber, et Jim (Kris Kristofferson), plein d’ardeur juvénile, l’amitié n’efface pas l’antithèse du bouffon pitoyable et d’une ébauche de héros qui ne se réalisera jamais. Mais l’alternative la plus importante de ce prologue demeure celle de l’individu et du groupe : Jim rejoint en courant le défilé des diplômés, Billy sort des rangs. Pour l’un comme pour l’autre, appartenir à un camp et se détacher d’une foule forment l’intrigue. Le mariage, la relation avec les femmes, concernent Jim à tout moment. L’adhésion de Jim à la cause des faibles, son souci persistant du droit et son courage sont malheureusement vains, mais affirment son rôle antinomique à celui de Billy, pitre impertinent. Ils illustrent pourtant l’un et l’autre l’échec pratique des deux discours d’Harvard : la mission civilisatrice se brise devant le cynisme des puissants, tandis que l’insouciance ne peut rester folâtre quand l’histoire devient tragique. On reprochera au film de commencer un western dans une université pour le terminer dans la cabine d’un yacht comme on avait signalé, au sujet de 2001, l’étrangeté d’un film de science-fiction débutant dans la préhistoire et s’achevant dans une chambre Louis XVI. A la manière de Kubrick, Cimino cherche à dépasser le film de genre pour explorer de nouveaux territoires cinématographiques, d’où sa structure inattendue et originale. L’idée ici est que l’énergie dramatique et l’émotion sont moins amenées par les scènes elles-mêmes que par le « jeu » ou le « manque » existant entre les différentes scènes. Contrairement à « Voyage au bout de l’enfer » ou « L’Année du dragon », « La Porte du Paradis » ne joue pas la carte du romanesque. Doté d’une trame très linéaire, il ne possède pratiquement pas de progression dramatique. Cimino revendique cette intention dès le prologue à Harvard, lorsqu’il fait dire à Billy Irvine (John Hurt) : « Tout est fini ! ». L’essentiel de l’intrigue (la liste noire et le massacre des immigrants) est annoncé dès le début du deuxième volet et tout le film n’est que l’attente d’une tuerie inévitable qui ne surprend pas lorsqu’elle arrive enfin. On voit que la part de suspens est assez réduite et que, manifestement, Cimino a préféré s’intéresser à autre chose (comme Coppola s’était délibérément écarté du livre de Conrad pour « Apocalypse Now »). Le film tel que l’entendent ces metteurs en scène doit avant tout être une « expérience sensorielle, une expérience « non verbale », comme dirait Kubrick. Pour Cimino, il s’agit moins de raconter la Johnson country war que de faire ressentir l’Ouest, ou un rêve de l’Ouest. Cette dimension onirique, au-delà de la lumière dé-réalisante de Zsigmond, est soulignée par l’épilogue sur le yacht. Lorsque la femme demande une cigarette à un Averill encore hanté par le souvenir d’Ella, c’est toute l’horreur d’une existence dorée résumée en une seule phrase, laquelle par sa banalité même fait ressentir la parenthèse du Wyoming comme un fragment de vie rêvée. On songe à la dernière image d’Il était une fois en Amérique qui possèdera elle aussi cette façade onirique. Dans le regard halluciné de Kris Kristofferson, les questions semblent se bousculer : « Ma vie s’est-elle vraiment déroulée comme dans mon souvenir ? Comment en suis-je arrivé là ? Comment et pourquoi ai-je survécu ? L’Ouest n’a-t-il été qu’un rêve ? ». Dans ce questionnement mélancolique , se concentre le projet même du film : faire se croiser réflexion historique (le fantasme de l’Ouest comme l’imposture d’une violence séminale), existentielle (les idéaux de jeunesse confrontés aux renoncements adultes, la vieillesse, la vie comme un rêve) et cinématographique (le fantasme d’un art cinématographique pur, la position de l’artiste hollywoodien, annonçant spectaculairement la prochaine chute du cinéaste). L’Ouest aura toujours été un rêve, pour Cimino comme pour tous les poètes, tous ces hommes qui durent se déplacer pour aller à sa rencontre, reproduisant en cela le mouvement des pionniers. Certains étaient originaires de la côte Est (Ford, Vidor, Walsh, Cimino), d’autres venaient de plus loin (Léone), mais tous virent leur passion pour l’Ouest naître en même temps que leur attirance pour le cinéma (alors que les grands cinéastes nés dans l’Ouest cherchèrent souvent à le fuir : Welles, Losey…). Ce sont ceux qui en ont rêvé qui le filment le mieux et c’est probablement en cela que « La Porte du Paradis » est l’un des plus beaux films « rêvés » de l’histoire du cinéma.
    conway
    conway

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    4,0
    Publiée le 22 juillet 2010
    Un des plus beau chef d'oeuvre du septième art. La Porte du Paradis est d'une beauté visuelle rarement égalé. Michael Cimino est sans aucun doute, l'un des plus grand réalisateur au monde. Ce film a fait crouler la United Artists, Cimino ne s'en ai jamais vraiment remis. Bref, visuellement parfait, Kris Kristofferson, Isabelle Hupert et Chistopher Walken sont excellents. Un très grand moment de cimino et de cinéma.
    brunocinoche
    brunocinoche

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    5,0
    Publiée le 16 juillet 2014
    Une très grande bien qur très longue fresque historique. Une vision sans concession de l'histoire américaine. Des séquences incroyablement filmées, une photographie et une bande son inoubliables. L'un des plus grands films maudits de l'histoire du cinéma. Ce film qui ruina son producteur et qui compromit la carrière de son cinéaste est aujourd'hui considéré à juste titre comme un très grand film américain.
    kray
    kray

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    5,0
    Publiée le 1 août 2009
    Film maudit ? Pas pour tout le monde et en tout cas , certainement pas pour moi qui le considère comme l'un des plus grands films de tous les temps ! Il s'agit en effet d'un film prodigieux par son envergure , son message , sa violence et sa magnificience absolue. A voir dans sa version originale plutôt que la minable version "producteurs" actuellement en vente.
    ClockworkLemon
    ClockworkLemon

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    4,5
    Publiée le 1 mai 2011
    "Heaven's Gate" est une œuvre cinématographique à part. Flop commercial dans son pays d'origine, qui a couté cher à la boite de production, jusqu'à sa disparition.. certes long.. le troisième film de Michael Cimino a ses détracteurs mais aussi ses admirateurs, dont je fais partie ! Si la première partie souffre de quelques longueurs minimes, la deuxième partie est une véritable réussite, un moment fort du cinéma. Sublimé par ses lumières, ses fastueux décors américains et sa musique lyrique et envoutante, "Heaven's Gate" est une superbe fresque d'une partie honteuse de l'histoire des États Unis... Critique aigüe d'une société américaine, de l'impossible rêve américain, le film enterre le genre du western en montrant de nouveaux paysages, de nouveaux visages et de nouveaux conflits. Beau, émouvant et terriblement cruel par son réalisme, porté par des acteurs magistraux, ce film est un petit chef d'œuvre, une perle rare du cinéma américain.
    Starwealther
    Starwealther

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    5,0
    Publiée le 8 avril 2007
    Ce film, financé par Hollywood avec 40 millions de dollars, est certainement un des plus gros bides que le cinéma américain est connu. Pourtant il n’est pas mauvais loin de là mais le hic c’est qu’il critique l’Etat américain et ses actions xénophobes. En effet, plusieurs groupes de gens venant de pays d’Europe Centrale sont venus aux Etats Unis pour fuir la misère ou la famine de leurs pays. Ceux-ci n’ont pas toujours été acceptés et parfois même exterminés pour de fausses motivations comme par exemple pour le fait de dire que c’était des anarchistes ou des brigands. Dans ce film, Cimino dénonce toute cette histoire ; cela n’a pas vraiment plu c’est le cas de le dire. Celui-ci d’ailleurs désormais pris ses distances avec le cinéma en raison de trop grosses difficultés pour convaincre les producteurs. Pourtant ce film est un chef d’œuvre, certains plans sont magistraux de beauté, Cimino montre la nature américaine dans toute sa splendeur. Tout au long du film, il prédomine une couleur ocre par la terre, le bois et les roches. Les acteurs sont par dessus ça magnifiques. Isabelle Huppert joue très bien malgré son accent anglais pas terrible, je découvre un Kris Kristofferson qui a du talent et un Christopher Walken toujours égal à lui même. Certains passages sont longs et j’avoue qu’il faut être motivé pour se lancer dans ce film qui dure 3h40 !!!Mais on ne le regrette pas. Dépaysement garanti.
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