Les Mille et une nuits
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Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 septembre 2022
En découvrant Les Mille et une nuits presque cinquante ans après sa sortie, j'ai l'impression qu'une partie de son sens s'est déjà évanouie avec le temps, qu'on ne peut le comprendre et comprendre sa place dans la filmographie de Pasolini et le cinéma mondial qu'en l'ayant vu dans les années 70. En d'autres termes, ce film a un peu vieilli, d'autant plus que sa réalisation n'a rien de remarquable. Quant à son érotisme un peu désuet, s'il prête parfois à sourire, il reste dénué de tout cynisme, ce qui donne tout de même à ce conte une fraîcheur aussi communicative que réjouissante. Il y a aussi quelques beaux mots sur l'amour. Je préfère le Pasolini inquiet des années 60, mais je reconnais donc quelques mérites à ce dernier volet de la trilogie de la vie.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juin 2023
Les adaptations au cinéma et à la télévision, partielles ou totales, du conte oriental éponyme sont nombreuses (dès 1926 dans un film d’animation), au moins 8 avant celle de Pasolini. On y retrouve l’emboitement de nombreux récits, ce qui explique un film trop long (2h35). Certes, il y a de superbes images d’Orient (tournage en Arabie Saoudite, au Yémen, en Iran, au Népal et en Inde) mais certaines scènes, sans intérêt, auraient pu être écourtées voire supprimées (celles au Népal, qui font très « Connaissance du monde »). Enfin, les scènes de sexe ne sont pas très érotiques (un comble !) et relève du frotti-frotta ! Etonnant qu’il ait obtenu le grand prix spécial du jury au festival de Cannes en 1974.
Fabrice G.
Fabrice G.

25 abonnés 27 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 avril 2025
La première demi-heure est amusante, de belles images, notamment des villes dans le désert, quelques scènes érotiques...on voit d'ailleurs des sexes masculins, ce qui tout bien réfléchi est quand même assez rare dans le cinéma.
Pour ce qui est des historiettes cela n'a ni queue (si je puis dire...) ni tête, d'ailleurs la lecture des Contes des mille et une nuits m'avait laissé la même impression, finalement l'adaptation du réalisateur est fidèle. J'ai préféré nettement Le decameron.
ClashDoherty
ClashDoherty

271 abonnés 838 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mai 2007
Moins bon que les deux autres volets, "Les 1001 nuits" est le dernier volet de la 'trilogie de la vie'. Le dernier film de Pasolini qui sortira de son vivant. Très beau film, superbe image, mais on est en droit de préférer n'importe lequel des deux autres films de la trilogie. 4 étoiles quand même, par souci de cohérence.
jamesluctor
jamesluctor

167 abonnés 1 704 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 novembre 2010
Une adaptation intéressante des contes des mille et une nuits, mais je n'aurais peut être pas dû commencer par ce film pour me faire mon idée sur la trilogie de Pasolini. Il y a un réel vent d'exotisme dans ce film (les lieux et l'action se déplacent souvent), et les niveaux de narration sont nombreux (on passe d'une histoire à l'autre sans vraiment s'y attendre, ce qui donne vraiment un ton d'histoire contée). Oeuvre plutôt bien construite donc, qui livre divers tableaux et caractères plutôt frais, et plus matures que le ton naïf auquel on est habitué. Particulier, mais ce sont deux heures de contemplations qui devraient vous rester dans un coin de la tête pendant longtemps.
Angela Ki La
Angela Ki La

65 abonnés 586 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 mars 2012
Chapitre final de la trilogie Pasolinienne, mon préféré des trois. Une relecture de textes millénaristes, très irrévérencieuse, peu respectueuse, très personnelle, en tout cas iconoclaste. Les gens choisis ne jouent pas, ou jouent mal, ils ne sont pas acteurs, et ça rend au conte sa dimension originelle de fable, d’invention, de tissu de mensonge fait pour rire. D’ailleurs on rit beaucoup dans et hors du film. La moralité, si il y en a une est toute doit issu d’un planning familial érotique. Le sexe est un élément perturbateur, fondateur, unificateur, comme d'hab chez lui. Et dans la partie finale, le conte se change en mythe teinté de magie, j’ai même crû voir une version orientale d’Œdipe. Décors grandioses de dépaysement, et les effets spéciaux ont vieillis, ça rajoute une patine conservatrice. La parole est au premier plan, le texte est mit en avant. C’est souvent un homme qui cherche une femme pour s’accoupler, et ça rejoint souvent le sacré et la pulsion de mort. Il y a toujours cette humanité qui transpire à chaque plan, cette innocence dans les regards, cette absence de complexe vis-à-vis du corps vu ou nu. Montage qui mélange plusieurs histoire en une seule trame simplissime: Nur-El-Din recherche sa compagne Zumurrud. Et comme d’hab un découpage savamment caché qui joue à nous perdre dans les dédales de l’imagination du maître.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2006
N'ayant pas lu "Les Contes des Mille et Une Nuits", il peut s'avérer risqué de se permettre d'analyser le film. C'est pourquoi je me contenterais d'évoquer ici la beauté des visages présents dans le film (une sorte de beauté innocente, doublée d'un humour toujours très simple et naïf). Un hymne à la sexualité, à l'amour, à la Vie.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 15 juillet 2010
Comment ne pourrait-on pas s’étonner que les Milles et une nuit ne commencent comme un conte de fée pour ce jeune homme qui voit tomber dans ses bras une esclave forte intelligente vendu par un propriétaire débonnaire sur un marché où l’on ne trouve pas que des légumes vous l’aurez compris… De la découverte de l’amour à l’intrusion des déconvenues qu’il suscite, celui-ci s’emplit de poésie entre quelques arbres… « Le pubis caché entre les mains qui pourtant débordait… Poètes de Bakour, voyons si il est vrai que les poètes savent parler aussi de ce qu’ils n’ont point vu… »
Entre Alep la cité des milles péchés et la quiétude d’un petit village, le jouir se demande sous l’ombrelle ou dans la simple formulation d’une demande d’accompagnement pour vieillards surpris par la gaillardise en joie de s’adonner au voyeurisme en accouplant des jouvenceaux où Pasolini plonge sa caméra entre le rêve d’une caravane, la gaîté du plaisir charnel pris à sa plus simple découverte qu’expriment, à chaque fois qu’il apparaît dans la fraîcheur de sa nudité, des rires débridés et enfin libérés. « Sumurun » en extase et clin d’œil de ladite en passant par Pasolini à Ernst Lubitsch probablement…
Avec la lune galopante dans le ciel, d’une nuit à l’autre, Pasolini joue avec le cinéma car à la position de l’astre sévèrement modifiée ou rallongée par la nuit étendue d‘un jour à l‘autre, il aurait pu - et dû, tout au moins pour le savant astéroïde - se passer un bon mois ! Mais Pasolini s’en fout,. Si cela fait bien dans le tableau dépeint tantôt avec douceur, toujours sans excès ni le moindre effleurement des vices qui dénaturent essentiellement le pouvoir des dominations. Cette sincérité extrême, dans ce que pourrait constituer la caresse du rêve d’amour réalisé, bafoué, parfois résolu dans la torture allant même jusqu’à donner l’impression de provoquer la caméra dans son indiscrétion, comble de bonheur et de ravissement…
Magicien hors du temps Pasolini agence ses scénettes avec magnificence, teinte comme il veut les jeux de l’amour roi ou déconfit selon le situations qu’il aborde. Fresque tirant parfois jusqu’à la satyre - peut-être comme antithèse au lyrisme habituel de Pasolini -, ici au moins l’amour n’apparaît pas comme un tyran mais comme l’ombre des âmes qui règlent leurs contes aux joies des pulsions.
Enfin, Pasolini atteint la mesure d’un Vinci lorsqu’il cadre en un alignement pyramidal quatre jeunes garçons. Netteté de l’image, perfection du grain, tout est posé méthodiquement comme si chaque image seconde devait porter en elle un nombre d’or qui n’a rien du hasard…
Au bout du compte, ce qui pouvait sembler être une fantaisie fantasmagorique expurgée des rêves d’un fou concerne finalement chacune de nos relations amoureuses. Du liant à la rupture, des séparations violentes ajournées par la quête dynamique de nouvelles conquêtes, de sa comptine Pasolini nous confronte au réel sans le redouter…
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 décembre 2007
Sans avoir vu le décaméron et les contes de Conterbury, le film m'a déçu. J'avais vu ça comme une simple exposition des fantasmes de Pasolini. En fait les trois films des bonheurs sexuels de la vie sont liés entre eux et indivisibles comme le montre une critique visible sur Internet à ce sujet. En effet, c'est bien plus loin dans le film qu'il faut chercher l'histoire subliminale. En analysant les personnages de Franco Citti (le méchant) et de Ninetto Davoli (le malheureux), on voit le second message qui le bonheur n'est pas sans malheur. Le personnage d'Aziza est par exemple typique de personnages du marquis de Sade (fille en détresse qu'on enfonce dans la douleur) et est donc initiateur de Salò. Cette seconde partie rend donc beaucoup plus d'estime au film et en fait un classique comme plein d'autres films de Pasolini. Dommage que comme d'autres films de Pasolini, il n'est pas assez diffusé en France notamment à la télévision.
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 avril 2026
Avec Les Mille et Une Nuits, Pier Paolo Pasolini compose une fresque sensuelle et solaire où le récit se déploie en une mosaïque de désirs et de légendes. La mise en scène privilégie la liberté des corps et la beauté des paysages, inscrivant les histoires dans une matérialité vibrante. Pasolini célèbre une forme d’innocence érotique, loin de toute culpabilité, tout en laissant affleurer une mélancolie diffuse. Le film avance par fragments, comme un rêve éveillé où les récits s’enchâssent sans hiérarchie. Une œuvre libre et envoûtante, qui transforme le conte en expérience charnelle et poétique.
Captain Ad Hoc
Captain Ad Hoc

1 abonné 32 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 juillet 2025
Les Mille et Une Nuits de Pier Paolo Pasolini est un mauvais film et une mauvaise adaptation.
Le jeu d'acteur amateur est rébarbatif, nul au possible, la direction d'acteur se limitant visiblement à dicter quelques poses et expressions du visage figées, dans une figuration indigente. Les personnages de conte, d'ingénus ou caricaturaux deviennent franchement débiles. La fable, elle, en devient ridicule.
Le montage sans transition, pas toujours compensé par la narration, perdra le spectateur moins familier de l’œuvre originale.
Certaines scènes longues sans raison particulière ; certains éléments importants qui apparaissent une demi-seconde à l'écran : un rythme mal maitrisé qui ennuiera très vite le spectateur.
Hors poésie récitée, et tirée des textes originaux, dialogues oubliables.
Quelques thèmes signés Ennio Morricone soutiennent à grand peine la bande son criarde.
Un point positif tout de même : l'enchaînement narratif imparfait mais plutôt réussi face au labyrinthe que représente l'adaptation d'un récit tel que les Mille et Une Nuits et ses histoires à tiroirs. Les contes choisis ont été coupés, moyens limités du cinéma oblige, tout en gardant le minimum nécessaire à la cohérence et à la succession des bouts d'histoires. A l'occasion, un joli plan ou une beau paysage réveille l'attention. Rien de mémorable cependant, car le cadrage tressaute souvent, les couleurs ont vieilli, et les images n'atteignent ni à l'absolu ou de l'intemporalité.
Avertissement pour les scènes de nu, souvent dénuée de l'érotisme ou de la suggestivité des Milles et Une Nuits original. A prendre avec du recul au vu de l’œuvre adaptée et du contexte particulier (EUuope occidentale du début des années 70).
A noter enfin l'absence de "réelle" VO. Je m'explique : Pasolini semble avoir recruté nombre d'acteurs sur les lieux de tournage en Éthiopie, au Yémen, au Népal, avant de revenir à la maison en Italie et de faire doubler les acteurs en Italien. Avec à la clé une mauvaise synchronisation entre le doublage et les lèvres des acteurs pour la moitié des dialogues. Autant regarder en VF. Bon, ça se faisait à l'époque, en particulier en Italie, de sortir un film original avec des acteurs étrangers doublés. Après tout Le Guépard de Visconti use du même procédé si mes souvenirs sont bons, sans empêcher le film d'être une référence.

Ayant lu les Milles et Une Nuits dans une traduction récente (celle de Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel, que je conseille), connaissant l'aura de Pasolini, n'ayant vu que Salò ou les 120 Journées de Sodome il y a plus de 10 ans en recherche de sensations sulfureuses (film malgré tout intéressant), ma curiosité m'a naturellement guidé vers ce film. Énorme déception, il faudra que je poursuive à l'occasion mon voyage chez Pasolini par des œuvres plus reconnues.
Voulant chercher ce que j'aurais pu manquer dans ce film, j'ai consulté les critiques positives sur Allociné : elles émanent essentiellement de personnes précédemment séduites par le cinéma de Pasolini, qui se contredisent l'une avec l'autre sur ce que sont les points forts et les points faibles du film, et surtout qui attribuent au génie de Pasolini ce qui vient en fait du texte original des Mille et Une Nuits : l'érotisme, la poésie arabe, l’enchâssement inventif des contes les uns dans les autres, la diversité des paysages, la liberté de ton qui affleure, l'irrévérence face au pouvoir et à la société. Tout cela, ça ne vient pas de Pasolini. Mis à part quelques jolis plans, il n'ajoute rien qui ne se trouve déjà dans les contes originaux, et parvient souvent à rendre grotesque ce qui ne l'était pas, comme le conte d'Aziz et Aziza.
L'Inconnu
L'Inconnu

44 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 janvier 2026
Sorti l'année précédant la sulfureuse adaptation de l'œuvre du Marquis de Sade, "Les Mille et Une Nuits" est le film qui montre la capacité de Pier Paolo Pasolini à se distinguer dans l'emprunt d'un système narratif, en l'occurrence celui des contes orientaux bien connus de l'humanité.
D'une certaine manière, le mécanisme est unique à mes yeux. Quinze récits gravitent autour de la trame principale. Des satellites qui gravitent autour d'une planète, celle de l'espèce humaine.
La quasi-totalité des récits reprennent les qualités et défauts de l'être humain. Les thèmes que le réalisateur aborde sont similaires à ceux des contes originaux. Très souvent, il sera question d'esclave, d'amour, mais également de jalousie et de meurtre.
Si j'admire la capacité du réalisateur d'articuler ces récits secondaires au récit principal, je n'ai vraiment pas accroché au film dans sa globalité. A force de passer d'un récit à l'autre, j'ai fini par me perdre. C'est bien dommage si l'on prend en compte la beauté de l'ambiance et des lieux.
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