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brunocinoche
137 abonnés
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4,0
Publiée le 21 août 2013
Evidemment, sur un thème proche, "Ferdora" n'atteint pas le niveau de "Sunset boulevard". Il n'empêche que le scénario malin, la mise en scène maitrisée et l'interprétation juste font de ce film un agréable spectacle. A redécouvrir.
Le film n'est pas raté, mais est loin d'être réussi, la où Boulevard du crépuscule est un chef d'oeuvre, Fedora tombe un peu à plat. Le sujet n'est pas original, les acteurs ne sont pas mauvais, mais il manque un truc. J'ai été surprise par le retournement de situation, mais la fin traine trop en longueur, l'explication est longue, le film aurait gagné à être plus court.
J'ai une immense admiration pour Billy Wilder. C'est même mon cinéaste favori et je le placerais sans hésiter au même rang que les Chaplin, Kubrick et Hitchcock bien que je sache parfaitement qu'il n'a pas révolutionné le cinéma comme les trois autres. Mais franchement quel réalisateur de génie... Alors c'est avec un pincement au coeur que j'ai vu cette pénultième oeuvre. Wilder se montre nostalgique avec le cinéma du passé, amer avec celui du présent, fait référence à Garbo, à Dietrich, à la scène de bain avec Myrna Loy dans "The Barbarian" (1933), à plusieurs reprises à son monument "Boulevard du crépuscule", dirige pendant quelques minutes Henry Fonda dans son propre rôle pour ce qui est certainement le moment le plus frais et émouvant du film (la seule rencontre entre ces deux géants, snif...!!!). C'est tout ceci qui force à l'indulgence envers ce film miné de défauts. Aspect sonore un peu baclé que ce soit parfois par le montage que par la post-synchronisation de certaines répliques des deux actrices principales, quelques images un peu floues totalement indignes du cinéaste quand on voit l'élégance visuelle qui caractérisait ses oeuvres antérieures, romance avec Michael York traitée par-dessus la jambe, Marthe Keller qui montre rapidement ses limites à travers un rôle trop difficile pour elle et certaines séquences approximatives comme tournées à la sauvette. C'est loin d'être un grand, disons que c'est un bon film très malade.
Billy Wilder nous ressort le concept de son Boulevard du Crépuscule avec une vision toujours aussi acerbe du monde du 7e Art. Hélas, la magie n'opère plus réellement, la faute à une intrigue lymphatique, une photo terne et une Marthe Keller au jeu quelque peu forcé. Il subsiste pourtant tout au long du film cette ambiance funèbre, cafardeuse, déjà palpable dans son grand frère de 1950. La Grèce y ressemble d'ailleurs à une vilaine carte postale jaunie et tous les acteurs, à l'exception de Henry Fonda dont la rafraîchissante apparition apporte un bref moment de répit, semblent errer comme des spectres dans cette entreprise. Fedora est au fond une œuvre paradoxale puisque sa morosité rebute, voire ennuie, et lui confère en même temps un cachet fascinant. Alors, grand film mélancolique ou pensum déprimant ? On ne sait trop quoi répondre mais une chose est sûre, on préférera aisément revoir Boulevard du Crépuscule, Assurance sur la Mort, Le Poison, Témoin à Charge, Certains l'aiment chaud et surtout Le Gouffre aux Chimères, sans nul doute le chef-d'œuvre de Wilder.
Ce film sent un peu le réchauffé: 1) Des susbtitutions d'identité peu vraisemblables. 2) William Holden derechef, mais pas vraiment à son meilleur. 3) Des variations sur les abus de la médecine avec un Ferrer peu nuancé, qui fait penser au Delon de "Traitement de choc", en moins grand- guignolesque toutefois. Pas la moindre émotion ne nous est communiquée par les acteurs et certainement pas par Marthe Keller, froide, appliquée. La psychologie des personnages est élémentaire et l'on a l'impression d'avoir vu tout cela maintes fois dans de mauvais téléfilms.
hormis le petit mystère sur la jeunesse "éternelle" de l'actrice le film n'a pas grand chose à offrir juste un dernier petit coup de griffes usées de Wilder sur le milieu du cinéma et ceux qui l'entoure.
Une adaptation relativement fidèle, quoique assez libre, de la nouvelle de Thomas Tryon, qui retranscrit assez bien le côté mystérieux de l'intrigue dans sa première partie. Marthe Keller, au sommet de sa beauté, est somptueuse dans le rôle de Fedora. L'histoire tragique de cette terrible supercherie est servie par une musique non moins dramatique et mystérieuse à souhait. Par ailleurs, "Fedora" aborde avec justesse le sujet du star system : la célébrité, comment rester jeune à tout prix... et à quel prix, justement !
« Boulevard du crépuscule » traitait déjà avec amertume de la fin d’une période dans l’histoire du cinéma, le passage du muet au parlant, « Fedora » quand à lui enterre au propre comme au figuré le vieil Hollywood, celui des studios, ringardisé par le nouveau (à l’époque), celui des jeunes cinéastes « en jeans et barbus » (dixit l’héroïne). Sur les deux films plane la même folie décadente, avec une distance moins ironique pour « Fedora », Wilder sentant peut être aussi la fin de son règne (c’est son avant dernier film). Sur la forme, « Sunset boulevard » avait des allures de film d’épouvante gothique, ici on est plus dans le suspense psychologique façon De Palma, c’est peut être la seule faiblesse du film, son intrigue abracadabrante. Pour le reste, cette histoire de miroir aux alouettes et de gloire éternel factice ne pourra que toucher les amateurs de cinéma. Reste à savoir qui va enterrer les stars du nouvel Hollywood, devenu vieilles à leurs tour.