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Un visiteur
5,0
Publiée le 29 juin 2009
Aborder l'homosexualité sous ces aspects il y a trente ans il fallait avoir des couilles! Il faut admirer le jeu extraordinaire des deux amants Dewaere et Bouchitey. Il nous reste à prendre conscience de l'intelligence du propos et de sa modernité, alors que taire ce que l'on est, reste souvent le sort commun.
Marc (Dewaere) incarne le moniteur viril, charismatique et grand gueule alors que Philippe (Bouchitey) incarne la timidité. Le contraste entre les deux est vraiment frappant surtout lorsqu'ils se confrontent. Peu à peu Marc harcèle Philippe avant que ce dernier ne se venge des affronts que Marc lui a fait subir. Patrick Dewaere est impeccable et crève vraiment l'écran.
Avec La Meilleure Façon de marcher, Claude Miller observe avec une acuité parfois douloureuse les mécanismes de domination, de honte et de conformisme qui façonnent les rapports masculins. Patrick Dewaere et Patrick Bouchitey composent un duo remarquable, chacun révélant à sa manière les failles et les contradictions d’une virilité constamment mise à l’épreuve. Le cadre apparemment anodin d’une colonie de vacances devient peu à peu le théâtre d’une violence psychologique diffuse, où les humiliations ordinaires prennent une résonance particulièrement troublante. Pourtant, malgré la finesse de son regard sur les identités fragiles et les normes sociales, le film conserve parfois une sécheresse émotionnelle qui freine l’attachement aux personnages. Une œuvre intelligente et courageuse pour son époque, portée par des interprètes inspirés, mais dont la retenue analytique laisse une impression plus stimulante que véritablement bouleversante.
Un PATRICK DEWAERE tout simplement éblouissant aux côtés de l'excellent PATRICK BOUCHITEY dans cette comédie dramatique, rappelons la présence de MICHEL BLANC et de CLAUDE PIEPLU et surtout une fin complètement inatendue, le combat psychologique que mènent les deux protagonistes est véritablement intense, une petite pensée pour CHRISTINE PASCAL!!!!
Claude Miller ne convainc pas totalement avec La meilleure façon de marcher. S'il met très bien en avant des sentiments forts d'amour-haine, de frustration et de mal-être, on n'éprouve pas forcément beaucoup d'empathie pour les personnages, dont l'histoire est vraiment banale. En bref, c'est intéressant mais l'on s'ennuie un peu.
Très bon film, parfois dérangeant, car il est très juste... Tous ceux qui se sont fait chahuter à l'école ou en colonies de vacances devraient aller voir ce film ;-)
"La meilleure façon de marcher" est un excellent film sur le tabou, le non-dit, les sentiments refoulés. Miller dirige ses acteurs avec talent, à demi-mots, dans des nuances subtiles, il les met à nue et leur fait dire avec les yeux ce qu'ils n'osent pas dire avec des mots. Un film épatant et terriblement touchant. Le duo Dewaere-Bouchitey fonctionne à merveille. Ah que c'est agréable de voir du vrai cinéma ! Soit dit en passant pour les fans de Patrick Bouchitey je suis tombé par hazard sur un court métrage tout récent (2006) dans lequel il joue le rôle principal, c'est un petit bijou ! Je vous invite à passer voir ce film sur le site : www.paulemileraoul.com
C'est un film de 1976 ; d'une époque où tout était plus simple, plus authentique. Le rythme, les images, les musiques, affichent une sincérité humaine aussi touchante que troublante par moments.
C'est dans celui-ci que j'ai pu (re)découvrir le regretté Patrick Dewaere, qui allie virilité brutale et une certaine sensibilité. Il trouve ici son opposé dans le personnage joué par Patrick Bouchitey qui est beaucoup plus doux, intellectuel, féminin. Leurs échanges vont peu à peu provoquer une étrange alchimie, ondulant entre attirance et répulsion, alors que l'évidence semble être là. Quant à l'actrice Christine Pascal, paix à son âme également, elle entoure tout cela d'une grande empathie protectrice et d'une beauté très agréable.
Derrière un contexte simple, Claude Miller s’aventure avec franchise et liberté sur un terrain peu emprunté, celui d’une exploration de la masculinité et de ses doutes. Chacun des deux protagoniste se retrouve dans l’interrogation de sa nature d’homme et celui qui a l’air le plus perdu n’est pas forcément celui que l’on croit. Si Philippe a une passion un peu dérangeante (surtout pour l’époque), rien ne nous dit qu’il en souffre. Il peut très bien l’assumer, du moins tant que cela se passe en privé. Sa difficulté serait plutôt de ne pas pouvoir en parler ou de penser que Marc ( qui représente la masculinité idéale), seul témoin et donc juge de sa « déviance «, se fasse de fausses idées sur, notamment, son orientation sexuelle. D’un autre côté, Marc, on peut le comprendre, reste dans le doute. Au delà de ce thème d’une éventuelle homosexualité latente, j’ai l’impression que Miller voit quelque chose de plus universel et de plus proche qui serait le thème de la fragilité du masculin et de sa construction. En effet, chacun des hommes en vient à réaliser qu’il lui manque quelque chose, quelque chose qu’il identifie chez l’autre : Philippe aimerait posséder l’assurance et la virilité de Marc alors que celui-ci semble envier voire jalouser Philippe pour sa richesse intérieure et le fait qu’il ait une intimité inhabituelle ou simplement une vie intime. Quand Philippe propose à Marc de faire jouer leurs mômes ensemble, il ne lui propose rien de moins que ce deal : donne moi un peu de ta virilité et je te donnerai un peu de ma sensibilité. Voilà, bon c’est sûrement un peu trop psychologique pour une analyse cinéma mais à vrai dire, le film est tellement bien fait qu’on en arrive à oublier qu’on voit un film ;), la réalisation laissant toute leur place au développement de la thématique et des personnages.