Un PATRICK DEWAERE tout simplement éblouissant aux côtés de l'excellent PATRICK BOUCHITEY dans cette comédie dramatique, rappelons la présence de MICHEL BLANC et de CLAUDE PIEPLU et surtout une fin complètement inatendue, le combat psychologique que mènent les deux protagonistes est véritablement intense, une petite pensée pour CHRISTINE PASCAL!!!!
Je ne sais pas trop quoi en penser parce tout autant les dialogues sont bons car tout est dans le non-dit, le sous-entendu autant la psychologie des personnages est étrange car le personnage de Bouchitey est limite parano car le personnage de Dewaere ne le cherche pas tellement. Après ça, le film est bon sur la question de l'identité des gens, on ne sait pas vraiment qui on est, la scène de fin est très forte pour cela.
Claude Miller filme une confrontation de deux caractères assez troublante. Acteur fascinant, Patrick Dewaere impose sa présence, son naturel et sa bestialité face au vassal Bouchitey.
Quel garçon n'a jamais eu envie de porter les vêtements de sa mère ou de sa sœur ?... quel merveilleux moment celui ou ils dansent ensemble et où chacun devient l'autre... magnifiques Patricks, nous vous aimons.
l'ambiguïté est à la fois la force et la relative faiblesse du film. par moment, elle semble une facilité pour justifier quelques actions mal rattachées à la trame narrative; souvent, elle donne ce sentiment de malaise constant que l'on peut ressentir à la vision de ce film bizarre. Car en vérité, l'apparent manichéisme du duo Dewaere - Bouchitey est sans cesse mis à mal par le charisme de dewaere et le manque de séduction, à contrario, de bouchitey. Comme dit dans le bonus du dvd, le personnage de bouchitey n'a pas d'humour, est exaspérant, ne suscite pas la compassion et c'est finalement notre jugement moral qui s'en trouve gêné. un film étrange, perfide, parfaitement mis en scène par claude miller qui, s'il fera encore mieux après (mortelle randonnée), livre une oeuvre sans équivalent dans le cinéma français.
"La meilleure façon de marcher" est un excellent film sur le tabou, le non-dit, les sentiments refoulés. Miller dirige ses acteurs avec talent, à demi-mots, dans des nuances subtiles, il les met à nue et leur fait dire avec les yeux ce qu'ils n'osent pas dire avec des mots. Un film épatant et terriblement touchant. Le duo Dewaere-Bouchitey fonctionne à merveille. Ah que c'est agréable de voir du vrai cinéma ! Soit dit en passant pour les fans de Patrick Bouchitey je suis tombé par hazard sur un court métrage tout récent (2006) dans lequel il joue le rôle principal, c'est un petit bijou ! Je vous invite à passer voir ce film sur le site : www.paulemileraoul.com
Comment faire domelette sans casser des ufs ? Barricadé par des façades infranchissables de pudeur, Miller parle, motus et bouche cousue, dhomosexualité avec une incertitude vissée. Miller scinde deux moniteurs de colo par de fortes dissimilitudes de tout propos. Philippe, fils du directeur, muet et sage comme une image de garçon bien-élevé, mange sans bruit et donne son avis en dernier. Bouquineur, il forme ses gosses au théâtre, connaît des problèmes de communication avec sa fiancée et découvre son histoire à travers une petite nature à lunettes. Né aux antipodes de Marc, pile électrique doublement musclée, grande gueule sans-gêne rentre-dedans, Marc mène son groupe militairement. Il découvre Philippe faire le travesti en secret. Les rapports entre les deux mecs se taisent en malaise incurable sustenté de non-dits et dinsinuations perverses. Marc conçoit que Philippe est homo. Marc lest peut-être aussi, mais se voile la face en martyrisant Philippe comme un malpropre, le miroir qui lui reflète ce quil nose pas derrière ses trucs virils. Miller a décortiqué les poncifs désuets comme des appâts pour distraire, afin de tirer choses au propre entre les hommes, dans un affrontement final dapparence et de manière. La meilleure façon de marcher, secret qui unit deux hommes par une ambivalence tabou, alliance de respect efforcé et dincompréhension persévérante.
Le beau jeu d'acteurs est la force essentielle de ce film qui ne m'a pas toujours accroché. Ambigu jusqu'à la fin avec la scène du bal semblant presque surréaliste. Il y a aussi une apparition amusante de Michel Blanc. Par contre la scène des retrouvailles (dans l'appartement) à la fin m'a laissé un peu perplexe.