Le Samouraï
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GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 août 2024
En 1967, Jean-Pierre Melville signe un polar sombre basé sur une enquête policière au rythme très lent, sans véritable action, mais étonnamment prenante. A l’aide d’une mise en scène méticuleuse (l’intense séquence de course-poursuite dans le métro parisien), on assiste au jeu du chat et de la souris entre un commissaire obstiné et un tueur à gage solitaire. Alain Delon y trouve un rôle taillé sur mesure avec cet homme taiseux et méthodique. Le film dégage ainsi une ambiance oppressante toujours orientée vers le désenchantement. Bref, un grand classique.
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 octobre 2013
Un film référence passionnant et époustouflant de maîtrise. On est là en présence d'un film singulier et surtout hors du commun d'un point de vue purement cinématographique. D'une modernité incroyable, la mise en scène est un véritable chef d’œuvre. La caméra est toujours là où on ne l'attend pas et chacun de ses plans est justifié et sublimement filmé. L'ambiance est électrique et sombre à souhait, le propos taiseux comme il faut. On regrettera peut-être un certain manque d'intensité parfois, et d'un brin de profondeur chez les personnages secondaires. Delon est sensationnel.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 avril 2024
Ce film policier de Jean-Pierre Melville est d'une certaine façon l'antithèse des thrillers contemporains. L'exercice de style qui caractérise "Le samouraï", dans sa composition minimaliste, s'oppose en tout aux mises en scène démonstratives et surchargées de rebondissements que requiert souvent le polar moderne.
Jef Costello, alias le Samouraï, passé à la postérité grâce au charisme et à l'élégance d'Alain Delon, semble parfois une abstraction par laquelle Melville exprime une solitude, laquelle est ici une solitude urbaine et souvent nocturne.
Le samouraï, tueur à gages venu de de nulle part, seulement identifié par un nom, mène une vie -une inexistence plutôt- sans aucune fantaisie ni perspective, toute entière consacrée aux actes mécaniques que nécessitent les contrats à exécuter. Le laconisme du personnage et son inexpression ne se démentent guère qu'à l'occasion d'un seul plan (un moment fort du film) en dépit du piège qui se referme inexorablement sur lui, d'une situation qu'il ne maitrise plus guère.
Melville illustre son récit par un univers glacé et dépouillé, en particulier une chambre sinistre aux murs nus; et sa démarche donne au film un ton très personnel et original. L'intrigue policière ne vise, quant à elle, qu'à l'essentiel et, en témoignent les scènes où le samouraï est confronté à des témoins, qu'à un suspense sobre et grave.
keating
keating

60 abonnés 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 avril 2013
Dès la première image, nous savons que nous sommes chez Melville, et nous sentons que le film va synthétiser tout ce qui fat son style : une chambre sombre, dépourvue de tout détail superflu, une chambre presque vide pour ne garder que l'essentiel. Une chambre épurée qui ressemble plus à une prison, idée relayée par la cage de l'oiseau. Le seul mouvement est constitué de la fumée qui s'échappe de la cigarette du héros, couché et immobile sur son lit. Une phrase s'inscrit sur l'écran : "Il n'y a pas de solitude plus profonde que celle du samouraï, si ce n'est celle du tigre dans la jungle... peut être.". Un plan, et tout est déjà là : épure, héros solitaire, prisonnier de son destin, animalité de l'homme, silence privilégié. Melville nous emmènera dans une tragédie moderne, nourrie à la fois de l'influence du film noir américain et du film de samouraï japonais. Un film qui sera épuré, nous faisant voyager dans des décors réduits à leur expression la plus pure, entre l'univers sombre du héros et l'univers plus lumineux de l'autre personnage, la pianiste (le club de jazz, son appartement). Nous rencontrerons en fait une galerie de personnages marquants, tous plus ou moins solitaires, chez qui la frontière entre le bien et le mal est floue. Ainsi, le commissaire obsédé par Costello, qu'il apparente à un loup, comme s'il incarnait un chasseur en quête de proie, n'est peut être pas plus vertueux que lui. Michael Mann s'inspirera de ce parallèle au moment de réaliser "Heat". Melville prend son temps pour créer une atmosphère, pour faire monter lentement la tension, en jouant sur la précision de son montage et la puissance de ses images. Les dialogues sont alors réduits à l'essentiel. La fameuse scène de poursuite se déroule ainsi durant de longues minutes sans qu'un seul mot, ou presque, soit prononcé. Et pourtant, on veut toujours suivre ce héros, cet antihéros, tueur solitaire, froid, inexpressif, dont on ne connait presque rien, mais auquel on s'attache malgré tout. Alain Delon trouve peut être là son meilleur rôle ; en tout cas, son jeu s'adapte à merveille avec les personnages melvilliens. Avec ce personnage du samouraï Costello, nous avons peut être l'archétype du tueur solitaire et mystérieux, un modèle qui fascinera bon nombre de cinéastes postérieurs, de John Woo ("The Killer") à Nicolas Winding Refn ("Drive"). Nous pouvons donc voir aujourd'hui pas mal de descendants à cet immortel personnage de Costello ; comme quoi, il n'était pas si solitaire, en fin de compte.
Antony
Antony

36 abonnés 401 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 juillet 2010
Chef d'oeuvre ! Du grand Melville... Quelle fin de carrière, entre "le cercle rouge", "l'armée des ombres", "le deuxième souffle" et ici "le samourai" ; quel filmo ! "Le Samourai" est un pur bijou de mise en scène, la scène du métro, l'identification, ou encore la mise en place de l'alibi pourrait être des cas d'école tant cela frise la perfection et le génie pur. Delon, impassible, joue son rôle et préfère jouer du regard que d'ouvrir la bouche... et là on se dit quelle direction d'acteur... Les dialogues, idem, ciselés, précis, concis et d'une efficacité redoutable. En fait la seule ombre au tableau, c'est qu'il n'y ait pas une grande musique, un air, bref une note sonore caractérisant ce samouraï. Mais je chipote, car même la BO, à defaut d'être original, est plus que très correct... Tout en mettant les scènes en place, elle installe correctement la tension et contribue pleinement à cette réussite. Je ne sais pas vous, mais Melville me manque !
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2023
La ressortie en salles en copie restaurée de " le samouraï " permet de revoir en condition idéale, ce classique indémodable (1967) du polar à la française.

C'est de la très belle ouvrage ( l'idée du tueur solitaire - d'où le titre- et silencieux reste dans les mémoires) , même si le film pèche tout de même par un scénario minimaliste et une fin trop vite expédiée.

On retrouve Nathalie Delon, actrice très sexy, décédée récemment, ainsi que Cathy Rosier jolie comédienne martiniquaise dans son premier long métrage et son rôle le plus emblématique d'une carrière avortée en raison d'un drame personnel.


Delon est fidèle à lui même (presque dans la caricature) dans cet opus mythique de Melville qui restera comme une de ses prestations majeures ( même si je le préfère dans " Mr Klein" de Losey notamment) d'une filmographie d'un standard particulièrement relevé.

Il.parvint à mêler cinéma grand public et d'auteur et reste une des dernières stars masculines du cinéma français.

Melville montre qu'il est capable de rivaliser avec le cinéma américain qui l'a tant inspiré et signe un de ses meilleurs films ( certes inférieur à " l'armée des ombres" son chef d'oeuvre et à " le deuxième souffle").

Bref, un classique imarcescible qui permet aussi de retrouver l'excellent François Perrier dans un rôle pas si éloigné de celui qu'il incarnera dans " Police python 357" de Corneau ( cinéaste lui même largement inspiré par Melville, comme le soulignera son remake du " deuxième souffle" nettement moins réussi que la version de Melville).

On relèvera qu'une critique professionnelle qui n'a pas revu le film, avant de rédiger son article, prétend que le personnage de Delon roule en voiture américaine ( en fait il circule en DS Citroën !).
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 14 juillet 2012
Un classique du polar français, une atmosphère melvillienne et toujours les même thèmes abordés (solitude, fatalisme et méthodisme des bandits). Mise en scène bien placée et Alain Delon énigmatique. Un peu dommage que dans la première moitié j'ai l'impression qu'il y a pas mal de séquences de meublage.
willycopresto
willycopresto

150 abonnés 1 384 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 août 2016
"Le samouraï (1967) France 3 le 098.07.2016

Ce film devrait servir d'exemple à bien des réalisateurs contemporains, notamment pour la TV ! En effet, pas de dialogues superflus mais de longs, longs silences qu'aucun tam-tam musical ne vient interrompre : ceci ajoute à l'atmosphère ambiante angoissante, soulignée par le seul piaillement agaçant à la longue, d'un oiseau en cage, que Melville avait su recréer. Pas mal de forçats des thrillers TV devraient s'en inspirer : un polar n'est pas une comédie musicale ! Et on ne fait que diminuer l'intensité d'une scène en l'accompagnant d'une musique tonitruante censée corriger un texte imparfait. (voir la lamentable série TV "Meurtres à ..." )
Autre qualité de ce film, un casting judicieusement choisi : François Périer fait un commissaire plus vrai que nature. Et Delon (il vous salue) nous campe un tueur froid, imperturbable, à des années lumière d'un Belmondo sympa, genre Arsène Lupin.
Bien sûr, ce film comporte pas mal d'invraisemblances : pour traquer ce samouraÏ, le commissaire Périer dispose de pas moins de 50 flics disséminés dans le métro parisien, ainsi qu'une noria de véhicules banalisés ! De quoi faire rêver nos commandants de police actuel !
L'ambiance glauque de cette histoire a peut-être été exacerbée par un incendie qui a ravagé les studios Jenner où se produisait le tournage. L'oiseau y aurait laissé la vie... On imagine les difficultés de continuer un film dans de telles conditions !
Près de deux millions d'entrées : le verdict du pubin est là, pas besoin d'ajouter que des films comme ça, on en redemande !
willycopresto
Nelly M.
Nelly M.

114 abonnés 525 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 avril 2008
Economie de moyens, ambiance lancinante, et ce petit oiseau auquel on s'attache tellement ils sont sinistres à la fin, tous ces hommes qui marchent, font des kilomètres vers on ne sait plus trop quoi... Bien sûr, on sent que ça fait partie d'un courant ascendant (on allait vers les seventies) contrairement à 2008, où il faut tout classer dans un genre déterminé (thriller, polar, cinéma d'auteur, grosse production...), partant de quoi les petits travers humains deviennent ici des "bourdes" de scénario, : Jef Costello, ce beau gosse à chapeau qui exhibe ses gants blancs, une fois puis deux, non mais quoi... Hé bien, sans trop adhérer au machisme de ce temps-là (ces dames honorées au gré de l'humeur masculine), j'ai personnellemnt raffolé de ce bandit énigmatique et de son antagoniste, François Périer, en flic marchant au feeling. Délicieux va-et-vient entre bureaux pour les reconstitutions, coursettes dans le métro... Delon dans toute sa splendeur, menton arrogant et oeil vulnérable... Et cette incroyable dérision envahissant l'écran alors qu'on s'attendait à un règlement de compte classique ! Un excellent Melville !
Don Keyser
Don Keyser

88 abonnés 1 641 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 mai 2015
Long-métrage policier, "Le samouraï" marque par une prestation phénoménale d'Alain Delon. Ce dernier s'offre un rôle parfait pour lui. La réalisation est elle aussi vraiment réussie et maîtrisée. Quant au scénario, il est bien écrit avec une histoire captivante. Ainsi, le film est culte par un ensemble travaillé et qui s'entremêle parfaitement.
Tietie008
Tietie008

32 abonnés 77 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 juin 2016
Rigoureux et hiératique, silencieux et blafard, Melville nous livre un parfait exercice de style avec un Delon mutique qui joue ici son meilleur rôle.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 février 2015
Je qualifierai le samouraï de film noir contemplatif. Car l intrigue de ce film est tout à fait basique: un tueur et policier qui cherche à le coincer. Mais l intérêt du film avec ses dialogues minimalistes c est la mise en scène de Melville, l observation que l on fait du personnage de Costello dont on guette le moindre faits et gestes à l image du personnage du policier. Un film qui a énormément influencé le film noir et qui de ce point de vue est extrêmement intéressant.
wesleybodin

1 255 abonnés 3 864 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2011
Jean-Pierre Melville signe un polar noir avec un semblant de facilité déconcertant. Bien entendu cette simplicité n'est qu'apparence et témoigne du talent du cinéaste. Ambiance, luminosité, acteurs, musique... tout est parfait.
Ghighi19
Ghighi19

98 abonnés 2 064 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 janvier 2020
Indémodable Melville ! Delon en tueur solitaire et la musique inoubliable de François de Roubaix . François Perrier en flic qui ne lâche rien et une mise en scène qui nous tient en haleine tout du long . La poursuite dans le métro parisien est un exemple de séquence ! . Un classique du cinéma français .
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 août 2008
Un super film! Une ambiance de folie! Une mise en scène de ouf! Une musique lancinante! Un super acteur! (disons plutôt que Alain Delon est très doué pour rester impassible). Il a par ailleurs trop la classe avec son imper et son chapeau. Le message que je me suis forgé par rapport à ce film est que le tigre de la jungle cherche quelqu'un qui ait besoin de lui mais s'aperçoit que personne ne s'attache à lui (il le croit à un moment donné avec la pianiste). Il ressent donc une grande solitude. Si l'on est utile pour personne, on a plus qu'à mourir. Avis aux gens qui ne regardent que des blockbusters, ce film est lent et contient peu de dialogues. Fuyez pauvres fous!!
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