Le Samouraï
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tuco-ramirez
tuco-ramirez

167 abonnés 1 792 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juin 2022
A 20 ans j’avais trouvé ce film hermétique et avais peu compris l’engouement général pour ce film. Depuis 30 ans, ma culture cinématographique s’est étoffée et aujourd’hui, je porte un regard admiratif pour ce film qui est un réel chef d’œuvre de mise en scène devenu une référence mondiale. Le cinéma de Melville est pour moi exceptionnel de bout en bout ; plus ou moins associé à la « Nouvelle Vague », il en est le plus digne représentant avec des productions abouties et toujours maitrisées.
Sandra Mézière en fait une belle critique et surtout englobe ce long métrage dans la cinématographie de Melville : « Jef Costello est un tueur à gages dont le dernier contrat consiste à tuer le patron d’une boîte de jazz, Martey. Il s’arrange pour que sa maîtresse, Jane (Nathalie Delon), dise qu’il était avec elle au moment du meurtre. Seule la pianiste de la boîte, Valérie (Cathy Rosier) voit clairement son visage. Seulement, lorsqu’elle est convoquée avec tous les autres clients et employés de la boîte pour une confrontation, elle feint de ne pas le reconnaître… Pendant ce temps, on cherche à tuer Jef Costello « le Samouraï » tandis que le commissaire (François Périer) est instinctivement persuadé de sa culpabilité qu’il souhaite prouver, à tout prix.
Dès le premier plan, Melville parvient à nous captiver et plonger dans son atmosphère, celle d’un film hommage aux polars américains…mais aussi référence de bien des cinéastes comme Johnny To dans « Vengeance » dans lequel le personnage principal se prénomme d’ailleurs Francis Costello mais aussi Jim Jarmusch dans « Ghost Dog, la voie du samouraï » sous oublier Michael Mann avec « Heat » , Quentin Tarantino avec « Reservoir Dogs » ou encore John Woo dans « The Killer » et bien d’autres qui, plus ou moins implicitement, ont cité ce film de référence…et d’ailleurs très récemment le personnage de Ryan Gosling dans « Drive » présente de nombreuses similitudes avec Costello (même si Nicolas Winding Refn est très loin d’avoir le talent de Melville qui, bien que mettant souvent en scène des truands, ne faisait pas preuve de cette fascination pour la violence qui gâche la deuxième partie du film de Nicolas Winding Refn malgré sa réalisation hypnotique) ou encore le personnage de Clooney dans "The American" d'Anton Corbijn.
Ce premier plan, c’est celui du Samouraï à peine perceptible, fumant, allongé sur son lit, à la droite de l’écran, dans une pièce morne dans laquelle le seul signe de vie est le pépiement d’un oiseau, un bouvreuil. La chambre, presque carcérale, est grisâtre, ascétique et spartiate avec en son centre la cage de l’oiseau, le seul signe d’humanité dans cette pièce morte (tout comme le commissaire Mattei interprété par Bourvil dans « Le Cercle rouge » a ses chats pour seuls amis). Jef Costello est un homme presque invisible, même dans la sphère privée, comme son « métier » exige qu’il le soit. Le temps s’étire. Sur l’écran s’inscrit « Il n’y a pas de plus profonde solitude que celle du samouraï si ce n’est celle d’un tigre dans la jungle…peut-être… » ( une phrase censée provenir du « Bushido, le livre des Samouraï » et en fait inventée par Melville). Un début placé sous le sceau de la noirceur et de la fatalité comme celui du « Cercle rouge » au début duquel on peut lire la phrase suivante : "Çakyamuni le Solitaire, dit Siderta Gautama le Sage, dit le Bouddha, se saisit d'un morceau de craie rouge, traça un cercle et dit : " Quand des hommes, même sils l'ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d'entre eux et ils peuvent suivre des chemins divergents, au jour dit, inéluctablement, ils seront réunis dans le cercle rouge (Rama Krishna)".
Puis, avec calme et froideur (manière dont il agira tout au long du film), Costello enfile sa « panoplie », trench-coat et chapeau, tandis que son regard bleu acier affronte son image élégante et glaciale dans le miroir. Le ton est donné, celui d’un hiératisme silencieux et captivant qui ne sied pas forcément à notre époque agitée et tonitruante. Ce chef d’œuvre (rappelons-le, de 1967) pourrait-il être tourné aujourd’hui ? Ce n’est malheureusement pas si certain…
Pendant le premier quart d’heure du film, Costello va et vient, sans jamais s’exprimer, presque comme une ombre. Les dialogues sont d’ailleurs rares tout au long du film mais ils ont la précision chirurgicale et glaciale des meurtres et des actes de Costello, et un rythme d’une justesse implacable : « Je ne parle jamais à un homme qui tient une arme dans la main. C’est une règle ? Une habitude. » Avec la scène du cambriolage du « Cercle rouge » (25 minutes sans une phrase échangée), Melville confirmera son talent pour filmer le silence et le faire oublier par la force captivante de sa mise en scène. (N’oublions pas que son premier long-métrage fut « Le silence de la mer »).
La mise en scène de Melville est un modèle du genre, très épurée (inspirée des estampes japonaises), mise en valeur par la magnifique photographie d’Henri Decae, entre rues grises et désertes, atmosphère grise du 36 quai des Orfèvres, passerelle métallique de la gare, couloirs gris, et l’atmosphère plus lumineuse de la boîte de jazz ou l’appartement de Jane. Il porte à la fois le polar à son paroxysme mais le révolutionne aussi, chaque acte de Costello étant d’une solennité dénuée de tout aspect spectaculaire.
Le scénario sert magistralement la précision de la mise en scène avec ses personnages solitaires, voire anonymes. C’est ainsi « le commissaire », fantastique personnage de François Périer en flic odieux prêt à tout pour satisfaire son instinct de chasseur de loup (Costello est ainsi comparé à un loup) aux méthodes parfois douteuses qui fait songer au « tous coupables » du « Cercle rouge ». C’est encore « La pianiste » (même si on connaît son prénom, Valérie) et Jane semble n’exister que par rapport à Costello et à travers lui dont on ne saura jamais s’il l’aime en retour. Personnages prisonniers d’une vie ou d’intérieurs qui les étouffent comme dans « Le cercle rouge ».
Le plan du début et celui de la fin se répondent ainsi ingénieusement : deux solitudes qui se font face, deux atmosphères aussi, celle grisâtre de la chambre de Costello, celle, plus lumineuse, de la boîte de jazz mais finalement deux prisons auxquelles sont condamnés ces êtres solitaires qui se sont croisés l’espace d’un instant. Une danse de regards avec la mort qui semble annoncée dès le premier plan, dès le titre et la phrase d’exergue. Une fin cruelle, magnifique, tragique (les spectateurs quittent d’ailleurs le « théâtre » du crime comme les spectateurs d’une pièce ou d’une tragédie) qui éclaire ce personnage si sombre qui se comporte alors comme un samouraï sans que l’on sache si c’est par sens du devoir, de l’honneur…ou par un sursaut d’humanité.
Que ce soit dans « Le Doulos », « Le Deuxième souffle » et même dans une autre mesure « L’armée des ombres », on retrouve toujours chez Melville cet univers sombre et cruel, et ces personnages solitaires qui firent dirent à certains, à propos de « L’armée des ombres » qu’il réalisait un « film de gangsters sous couverture historique » … à moins que ses « films de gangsters » n’aient été à l’inverse le moyen d’évoquer cette idée de clandestinité qu’il avait connu sous la Résistance. Dans les films précédant « L’armée des ombres » comme « Le Samouraï », Melville se serait donc abrité derrière des intrigues policières comme il s’abritait derrière ses indéfectibles lunettes, pour éviter de raconter ce qui lui était le plus intime : la fidélité à la parole donnée, les codes qui régissent les individus vivant en communauté. Comme dans « L’armée des ombres », dans « Le Samouraï » la claustrophobie psychique des personnages se reflète dans les lieux de l’action et est renforcée d’une part par le silence, le secret qui entoure cette action et d’autre part par les «couleurs », terme d’ailleurs inadéquat puisqu’elles sont ici aussi souvent proches du noir et blanc et de l’obscurité. Le film est en effet auréolé d’une lumière grisonnante, froide, lumière de la nuit, des rues éteintes, de ces autres ombres condamnées à la clandestinité pour agir.
Evidemment, ce film ne serait sans doute pas devenu un chef d’œuvre sans la présence d’Alain Delon (que Melville retrouvera dans « Le Cercle rouge », en 1970, voir ma critique ici, puis dans « Un flic » en 1972) qui parvient à rendre attachant ce personnage de tueur à gages froid, mystérieux, silencieux, élégant dont le regard, l’espace d’un instant face à la pianiste, exprime une forme de détresse, de gratitude, de regret, de mélancolie pour ensuite redevenir sec et brutal. N’en reste pourtant que l’image d’un loup solitaire impassible d’une tristesse déchirante, un personnage quasiment irréel (Melville s’amuse d’ailleurs avec la vraisemblance comme lorsqu’il tire sans vraiment dégainer) transformant l’archétype de son personnage en mythe, celui du fameux héros melvillien.
Avec ce film noir, polar exemplaire, Meville a inventé un genre, le film melvillien avec ses personnages solitaires portés à leur paroxysme, un style épuré d’une beauté rigoureuse et froide et surtout il a donné à Alain Delon l’un de ses rôles les plus marquants, finalement peut-être pas si éloigné de ce samouraï charismatique, mystérieux, élégant et mélancolique au regard bleu acier, brutal et d’une tristesse presque attendrissante, et dont le seul vrai ami est un oiseau. Rôle en tout cas essentiel dans sa carrière que celui de ce Jef Costello auquel Delon lui-même fera un clin d’oeil dans « Le Battant ». Melville, Delon, Costello, trois noms devenus indissociables au-delà de la fiction. »
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Raw Moon Show
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154 abonnés 858 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2026
La dernière image ? Et bien la toute dernière, allez ! Cette scène de bar de nuit désertée, la jeune pianiste assise qui vient de comprendre le sacrifice du Samouraï pour ses beaux yeux. Le cadre, l'image, sont vraiment ceux d'un roman graphique d'un style, d'un maniérisme qui transcende littéralement l'histoire plutôt bancale au passage. Car si l'on va du côté de la vraisemblance, de ce mariage entre film noir et d'espionnage, on pourra légitimement être un peu déçu : cohérence de l'intrigue, personnages féminins peu intéressants... La musique de François de Roubaix vient d'ailleurs renforcer l'idée que le Samouraï est d'abord un film d'atmosphère, presque fantastique à certains égards (cet immeuble où crèche Costello et dont on ne croise pas le moindre voisin), et vient souligner à merveille la solitude de ce tueur à gages comme égaré dans la grande ville... L'on traverse le Paris de cette fin des années 60 et personnellement avec une émotion très forte ! Et l'on finit par s'attacher à ce Costello fébrile à l'heure fatidique de voler une voiture et dont on ne sait fichtre rien mais dont on devine tout de même qu'il cherche désespérément quelque chose, oui mais quoi ? Un brin d'amour dans le regard d'une femme, comme dans celui de cette pianiste.
Tout Delon est là. L'impossible bonheur. Je le préfère dans Mr Klein , il y est plus imparfaitement humain. mais ici il atteint une forme d'épure, d'absolu dans le tragique jusqu'à nous attendrir. On ne sait rien de ses intentions, de ses pensées, de ses démons intérieurs. Même si l'on voit bien que ça boue là-dedans, que ça vit en cachette du vaste monde. L'âme en peine.

D'ailleurs, je repense à Collateral (peut-être son véritable "enfant naturel") qui reprend à son compte cette figure du tueur à gages et je constate avec le recul que tout était déjà là : métro, boulot, dodo, complot, zigouillage à gogo. On y retrouve cette routine, nos vies de solitude : le réveil à rebours, le métro, les collègues de travail (dans un garage obscur où l'on vient et revient sans parler, ou à travers l'alignement énigmatique de silhouettes dans un commissariat où chacun devient subtilement interchangeable, remplaçable), la maîtresse, la régulière, mais naturellement disponible que sur un créneau précis, jusqu'à 2 heures moins le quart ! Le travail, le travail, le travail. Aveuglément. Enfin le bar ou le tripot, ces lieux où l'on pense aller se changer les idées, oublier nos vies d'esclaves le temps d'un soir pour y revivre la grande illusion des 30 glorieuses. Et toujours les riches dans leurs beaux appartements cossus et les pauvres qui vivotent avec ceux d'en bas (Metropolis n'est pas loin).

C'est pour cela que le Samouraï reste un immense film. Parce qu'il parle de nous, de notre monde, d'aujourd'hui, de nos vies travaillées, de la perte de valeurs et de sens qui va grandissant. Gagner de l'argent mais à quel prix ? Pour en faire quoi ? La question reste posée..
Philippe C
Philippe C

127 abonnés 1 193 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 août 2024
Une mise en scène au cordeau, sobre et efficace, pour cette histoire de tueur à gage solitaire et ténébreux, qui se trouve pris en tenailles entre r la police et les commanditaires de son meurtre et jongle entrer les alibis fabriqués et les déclarations d'une pianiste qui l'innocente... Delon est magistral; Il appartient au spectateur de chercher à comprendre une chute qui ne va pas de soi
carbone144
carbone144

117 abonnés 849 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 décembre 2022
Découvert il y a une quinzaine d'années, je l'avais quelque peu oublié, me rappelant seulement d'un bon film et de bonnes sensations, mais comme écrasé par "Le Cercle Rouge" que j'avais vu juste avant et qui m'avait laissait une trace indélébile. Je ne regrette pas cette redécouverte, totalement conquis et ne pouvant qu'acquiescer aux louanges faites sur cette œuvre magistrale. Je ne ferai donc pas une redite de tout ce qui a déjà pu être décortiqué et analysé. Je me contenterai de souligner à quel point c'est extraordinaire cette capacité qu'à Melville de nous captiver et nous fasciner à partir d'intrigues relativement simples ; cette capacité à écarter les dialogues pompeux et nous scotcher devant l'action qui peut aller jusqu'à des gestes simples, comme ces personnages qui marchent les mains dans les poches et la tête basse. Chapeau !
Starwealther
Starwealther

110 abonnés 1 319 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mars 2022
"Le samouraï" est un classique du cinéma policier français, Jean Pierre Melville met encore en scène un très bon film. L'ambiance mafieuse est très bien rendu, Alain Delon a une classe folle avec son imperméable beige et son chapeau. Beaucoup de mystères seront entretenus tout au long du film pour être révélés petit à petit. Le son jazzy du club parisien où les scènes principales du film sont tournées est plus qu'agréable à entendre. Seul bémol, la fin est tout bonnement incompréhensible mais sans doute que Melville a voulu laisser une part de mystère pour que le spectateur imagine lui même la fin. Un excellent film du maître français du polar.
Cricriiiiiiii
Cricriiiiiiii

96 abonnés 915 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 octobre 2025
Melville manque d'inspiration dans ce noir trop atone. Dans la forme, on reconnait aisément les marqueurs du genre, mais c'est dans le fond que le film pèche : les scènes s'étirent régulièrement sans raison, et l'enchainement très lent des événements confèrent à l'ensemble un rythme trop faible pour espérer maintenir l'intérêt. Et c'est sans compter le manque d'envergure des personnages, à l'image du principal, qui semblent tous glisser sur cette histoire sans ancrage aucun.
Emmanuel Cockpit
Emmanuel Cockpit

95 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 août 2025
Malgré son faciès sans expression et les dialogues minimalistes, Alain Delon envahit l’écran aux couleurs glauques et enveloppe la réalisation au rythme lent et aux plans appuyés. Ce film est avant tout une peinture et une ambiance plus qu’un polar, parce qu’à part la traque des policiers, il n’y rien d’intéressant dans le scénario truffé d’invraisemblances : spoiler: la filature est perdue mais il est quand même retrouvé, pourquoi tuer la pianiste, après son assassinat il va dans un tripot où il est sûr de se faire prendre…
Misoramengasuki
Misoramengasuki

79 abonnés 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 octobre 2014
"Qui êtes-vous?" - "Aucune importance" - "Pourquoi êtes-vous ici?" - "Pour vous tuer" - Bang!
Jean-Pierre Melville a souvent été qualifié de cinéaste "japonais", et ce n'est nulle part autant justifié que dans ce film. Les faciès imperturbables, les dialogues minimalistes, la solitude du truand... tout y est poussé à l'extrême, jusqu'à une forme d'abstraction. Les lieux mêmes de l'action perdent de leur identité, deviennent des concepts: la boîte de jazz, l'appartement de Jeff, le commissariat, la passerelle où a lieu le paiement... Tout cela donne un film intimidant mais fascinant. Alain Delon, qui retrouvera un personnage similaire dans "Le Cercle rouge", joue complètement le jeu du réalisateur. Ce personnage de solitaire mutique et impitoyable, mâchoire carrée et regard froid face à un destin tragique, lui collera par la suite à la peau, et il aura tendance à s'y auto-caricaturer: ici, on est vraiment impressionné. Face à lui, sa femme Nathalie et François Périer font bien ordinaire... Un cinéma hautement personnel, radical, qui n'a pas vraiment fait école mais qu'on revoit avec beaucoup de plaisir.
Gregory S
Gregory S

56 abonnés 786 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 août 2024
Film quasi parfait sur un tueur à gages qui se retrouve confronté à un contrat sur lui et qui esaie d déjour la machination alors qu la Police est à ses trousses, Delon tient un de ses plus grands rôle. Par ailleurs le Paris des années 60 est très bien retranscrit, avec un métro qui n'existe plus aujourd'hui. La musique est aussi un grand moment de ce film qui a très bien vieilli.
On pourra juste reprocher à l'histoire de manquer un peu de crédibilité, car Delon est censé être le meilleur de son domaine et lors de l'exécution de son contrat, il y a au moins une dizaine de témoins qui le voit.
Antoine H
Antoine H

47 abonnés 51 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 avril 2025
Avec Le Samouraï, Jean-Pierre Melville signe un chef-d'œuvre où l’esthétique l’emporte sur le réalisme, et c’est précisément ce qui fait sa puissance. Le scénario, minimaliste et parfois peu crédible (Jef gardant son manteau et son chapeau après un meurtre, vraiment ?), devient presque secondaire face à la mise en scène glacée et hautement symbolique.
Chaque plan est composé comme un tableau : lumière froide, cadres géométriques, silences pesants, tout évoque l’isolement et la lente disparition du personnage principal, Jef Costello, tueur impassible au regard vide. Son oiseau en cage, qui perd ses plumes à l’approche du danger, reflète sa propre fragilité.
La musique, rare et subtile, n’intervient que là où le silence ne suffit plus. Le Samouraï est une tragédie visuelle, une méditation sur l’honneur, la solitude, et la mort. Un film hypnotique, intemporel, où chaque image pèse plus lourd qu’un dialogue.
Un polar d’auteur où le style est le vrai sujet.
rocky6
rocky6

52 abonnés 1 871 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mars 2020
Un film noir assez lent servi par un magistral Alain Delon. Il incarne à la perfection ce tueur solitaire et peu bavard qui se trouve pris entre le milieu et la police. Melville signe un film de genre très réussi qui n'a pas vieilli.
gregbutton
gregbutton

43 abonnés 1 016 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 février 2025
Découvert 58 ans plus tard en version remasterisé. C'est très intéressant de faire un voyage dans le passé à ce point (découvrir en image les poinçonneurs de tickets de métro!), on se rend à quel point tout a changé, dans le cinéma notamment.
C'est difficile de le replacer dans son contexte mais ce qui me frappe particulièrement, au delà des longueurs abusives (30 secondes pour rentrer dans une pièce et s'assoir), c'est surtout l'absence TOTALE d'émotions. Personne n'a de réaction dans ce film, c'est juste dingue, est-ce notre époque ? Les usages qui se perdent où chacun aujourd'hui peut s'exprimer / râler / éructer / rire / sourire comme il le souhaite ? Était on davantage policé à l'époque ?
Par exemple sa fausse amante qui est auditionnée au commissariat, son mari auditionné aussi découvre qu'il y a une infidélité. Mais que ce soit une couverture, personne ne bronche. Et c'est tout le temps comme ça, aucune surprise, aucun plaisir, rien, jamais, à part le commissaire.
Au passage j'ai trouvé la fin particulièrement débile et la scène joué par Alain Delon m'a fait rire alors que ça doit être l'effet inverse.
Bon ! Ma réelle note sans prendre en compte les années est donc 0,5 car j'ai par ailleurs du fortement m'accrocher pour voir le bout, heureusement quelques faux raccord m'ont fait tenir, comme ce moment où un plan nous montre que le samourai a les mains vides, et la seconde d'après il a un pistolet et fait basculer l'intrigue. Samourai mais magicien en plus c'est fort.
Renaud  de Montbas
Renaud de Montbas

39 abonnés 683 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juillet 2021
Signé du redoutablement efficace Jean-Pierre Melville ("l'armée des ombres", "le cercle rouge", "un flic", "le deuxième souffle"), "le samouraï" est sans doute le polar le plus mutique de l'histoire du 7eme art. Une histoire de tueur à gages froid qui entraine a sa suite un spectateur happé (ca c'est moi :-)). Un classique à l'atmosphére très particulière, presque désincarnée. A noter la présence de la superbe et troublante Cathy Rosier. 4 / 5
pelu
pelu

29 abonnés 1 090 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 septembre 2025
je n avais jamais visionne ce classic de melville et qui est l un des filmms reference d alain delon.
j'avoue ne pas avoir etait passionne mais aussi que lz film degage quelque chose de pesant. la realisation de melville totalement assume , de mettre en scene en scene ce personnage solitaire , mutique et minutieux dans un paris sombre ,de la nuit. il ne sort que pour executer ses contrats de facon precise. vision moderne du " samourai" je dirai meme urbaine. le scenario est vraiment trop basique ce que je regrette et la lenteur de la mise en scene a la longue est presque genante. on souhaiterai plus de dialogue , en savoir plus... mais melville fais ce choix et nous propose a contrario des cadrages du beaux alain delon ! stoique , sobre , mutique... sans rien dire ,il joue sa composition par sa seule presence. tel un samourai il effectue ses contrats tout en sachant la fin qui lui est promis.
il y a aussi unz joliz musique d ambiance.
beau film de qualite du cinema francais qui vieillit difficilement.
Jason B
Jason B

23 abonnés 58 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mai 2023
chef d'œuvre, un des meilleurs films de Melville et de Delon, un des meilleurs polars français jamais fait
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