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Un visiteur
2,5
Publiée le 29 septembre 2006
Ce film de 1949 qui vient de passer sur Equidia ne fait pas la part belle à l'environnement du cheval ! D'après Wheeler les entraîneurs et leurs employés sont des tortionnaires pour les apprentis jockeys. Il est vrai que le temps a passé et que tout évolue, heureusement. C'est toutefois toujours un grand bonheur de revoir les acteurs disparus et oubliés, dont l'excellent Paul Frankeur, Guy Decomble, Carette ainsi que quelques autres que je n'ai pas identifiés.
René Wheeler réalise un film étonnant, singulier, dans un haras crasseux où sont formés des adolescents au métier de jockey, De quelle anecdote ou documentation le cinéaste a-t-il eu connaissance pour peindre un milieu éducatif aussi brutal. Difficile d'imaginer que les rapports sociaux âpres, pour ne pas dire violents, qui sont décrits ici -et qui stigmatisent volontairement ou pas la filière hippique- soient complètement romanesques. D'emblée, les personnages sont justes et d'une vraie force dramatique. La direction d'acteurs précise et la qualité des dialogues permettent d'ébaucher des caractères cohérents. Paul Frankeur est impressionnant en brute qui, précisément, n'est pas épaisse. Julien Carette, dans un rôle secondaire d'ancien jockey, existe pleinement par ses commentaires acides et drôles. Toutes les figures du film, importantes ou pas, échappent au stéréotype. Instruits à la dure, Les deux jeunes ados qui sont au cœur du sujet sont très bien, qui disent des choses de leur âge sans les énoncer (une chambre rénovée, un regard dans le décolleté de Michèle Alfa). Ils sont soumis à un système, à des turpitudes adultes, sans se poser en victimes pathétiques; c'est-à-dire qu'ils font leurs premières armes presque naturellement. C'est la vie, et le cinéaste en donne un reflet réaliste, anecdotique, et pas dépourvu de noirceur humaine (mais sans le cynisme d'un Clouzot). Wheeler tournera son deuxième film quatre ans plus tard, le complètement tarte "Châteaux en Espagne"; premières armes et premier essai non transformé, donc.