Je m'attendais à un film culte, et je n'aurais pas dû, j'en sors légèrement mitigé, voire déçu.
Certes, d'un point de vue purement cinématographique, ce film est un chef-d'oeuvre. Réalisation impeccable (j'ai halluciné devant certaines scènes, celle de la bougie devant la fenêtre ou celle de l'ombre de Harry Powell sur son cheval à l'aube (He never sleeps ?). Les acteurs sont incroyables, le Pasteur dégage un charisme inédit jusqu'à lors, les enfants pourchassés dévoilent des talents incroyables, voire même inégalables, la vieille Racher Cooper cite la Bible d'un point de vue philosophique qui pourrait convaincre des athées (que je suis), et entreprend quelques monologues indescriptibles (sur Noël ou sur l'endurance des enfants qui ne devraient pas affronter des horribles épreuves (tels Moïse, Jésus ou encore (surtout !) John et Pearl.). Ce film dispose également d'une BO très convaincante, digne des plus grands films d'angoisse. (la scène où l'on voit un train passer en est le parfait exemple).
Pourtant, ce film perd toute notre angoisse et toute notre terreur pendant certaines scènes qui défigure des personnages clés. Les scènes de la cave, ou du départ de la barque exprime tout à fait cela, et présente un prêcheur dénué de tout cynisme, sadisme, froideur, intelligence, crédibilité. Alors, effectivement, on a du mal à y croire et on ne s'extasie nullement. Du coup, on s'en range du coté des enfants, et après tout, ce n'est pas si mal.