Après "Terminator" et "Aliens", James Cameron, réalisateur et scénariste, revenait (en 1989) pour nous conter une histoire certes imaginaire mais complètement ancrée dans les années 1980.
Scénario : un sous-marin nucléaire échoue à côté d'une station de forage. Un commando de la marine est dépêché sur les lieux afin de récupérer les engins nucléaires... .
La première partie du film développe la psychologie des personnages tout en conservant le maintien du suspense, peu haletant, mais mettant en valeur un Ed Harris ("Rock", "A history of violence", "The Truman show", ...) tout simplement (et encore !) exceptionnel.
La deuxième partie du film, qui joue admirablement bien avec nos nerfs (merci Cameron !), nous est servi sur un plateau d'argent.
La ravissante Mary Elisabeth-Mastrantonio (présente aux côtés de Kevin Costner pour "Robin des bois", George Clooney pour "En pleine tempête") nous agace parfois mais nous fait aussi frémir. De par son affrontement perpétuel avec Ed Harris (leurs incessantes querelles sur leur divorce), elle nous montre un jeu tout en douceur mêlée à de la froideur. Il en ressort que le duo Mary/Ed est une force certaine de "Abyss".
L'autre force est celle de la tension nerveuse que James installe au début du film et qui monte crescendo pour un final en apothéose. Ce dernier constate les dérives de notre système international sans nous juger. Chapeau bas, chapeau haut !!! ...Cameron a l'art de terminer cet "Abyss" non pas comme un happy end conventionnel, mais comme une réflexion humaniste qui se dote d'un message d'alarme pour notre planète (en 1989 !). J'en redemande James !!
Un autre atout de "Abyss" ? Les effets spéciaux (visuels, aquatiques, pour les explosions-implosions, ...), pas ébourrifant pour un sou et très crédibles, un peu à la "SOS fantômes", restent toujours très abordables et n'ont pas pris une seule ride. Ils ne sont pas le prétexte au scénario, ils le serve. On touche la magie Cameron chaque fois qu'ils sont utilisés. D'une manière endiablée, ils nous font parcourir les abysses mais aussi la psychologie des personnages (magnifique séquence de fin avec un Ed Harris complètement méconnaissable !).
La troisième raison d'aimer cette deuxième partie est la présence de seconds couteaux bougrement efficaces, à l'image de Michael Biehn et de Peter Ratray (dans son tout premier rôle !).
Tout simplement magnifique, cette ode à la tolérance nous touche en plein coeur grâce à l'univers cameronien encore retranscrit avec pudeur mais fermeté. Ici, les abysses sont peut être autre part que dans les bads-fonds sous marins amis spectateurs... .
A noter : "Abyss" a remporté en 1990 l'Oscar des meilleurs effets visuels ...et le mérite toujours autant !