Lorsqu'un sous-marin nucléaire américain coule mystérieusement, l’armée réquisitionne une plate-forme de forage sous-marin, pour monter une opération expresse visant à récupérer les précieuse ogives. Car oui, il faut toujours lire les petites lignes en bas du contrat, qui autorisent l’armée à utiliser cette installation privée pour ses intérêts d’extrême urgence. Burgman et ses hommes vont vite l’apprendre à leurs dépens, s’ils acceptent d’abord d’aider les militaires, moyennant de coquettes primes, lorsqu’un ouragan laisse sans aucune communication la petite équipe 250 mètres sous la surface de la mer, au bord de la fosse des Caïmans, c’est une course contre la montre pour la survie qui s’engage…
En 1968, 2001 l’Odyssée de l’espace a posé les bases de la science-fiction moderne. Désormais, pour les grands réalisateurs de science-fiction, une étape hommage dans leur carrière s’impose. Chacun ils vont mettre en scène, à leur manière, ce voyage existentiel, d’une équipe de pionniers, confrontés à une forme de vie différente de tout ce qu’il était possible d’imaginer ; que ce soit Christopher Nolan avec Interstellar, Ridley Scott et son Alien Prometheus, et donc Cameron dans The Abyss. Il choisit pour cadre de son épopée, les fonds marins, thème qui le passionne plus que tout.
Cameron oblige, le bonhomme a poussé à bout ses équipes jusqu’au harcèlement, s’est brouillé avec l’intégralité du casting, a tranquillement révolutionné les effets spéciaux, au terme d’un tournage titanesque durant lesquelles, il a utilisé un réacteur nucléaire à l’abandon, entièrement rempli d’eau, à l’intérieur duquel ses techniciens ont construit un décor monumental.
Le film mêle brillamment immensité des décors et sensation de claustrophobie. On s’émerveille d’abord devant cette minutie de détails dont fourmille le complexe de forage, que ce soit ces sous-marins miniatures, sa robotique, ses intérieurs. Cameron a ce don pour rendre des environnements crédibles, cette station en est un très bel exemple. Il compose une station réaliste aussi bien par son aspect patiné que par son équipe de personnages plausibles, de roublards des fonds marins, interprétés par une jolie tripotée d’acteurs.
Puis à mesure que les évènements deviennent dramatiques, on ressent l’isolement. Le film nous fait diablement bien ressentir ce double danger : ce climat de paranoïa propre au confinement en petit groupe, et cette angoisse physique permanente, propre aux fonds marins et aux environnements étriqués des sous-marins.
Un voyage vers les abysses, riche en rebondissements, extrêmement rythmé qui prend une dimension mystique, à mesure que nos héros percent le mystère de ces forces qui hantent la fosse. C'est sans doute cette partie qui est la plus attendue, la moins surprenante, bien que les effets spéciaux soient maîtrisés, le propos de fond paraît un peu éculé et classique. Cette rencontre du troisième type manque d'originalité, et surtout d'un développement plus conséquent, le film convainc plus dans ses péripéties que dans son exploration de thèmes plus existentiels.
Cameron livre son film le plus personnel, mêlant exploration sous-marine et film de science-fiction dans un long-métrage grandiose.