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Un visiteur
3,5
Publiée le 2 décembre 2014
Sexe, mensonges et vidéo est un film étrange, dont on ne sait quoi penser tant son atmosphère est ambigüe. Dénué de toute sensualité ou de tout érotisme, comme Graham (James Spader), Soderbergh nous parle de sexe, d’absence de sexe et de voyeurisme, avec quatre acteurs. Deux sont hyper sexualisés, couchent ensemble et n’ont rien à se dire, les deux autres ne font jamais l’amour. Aussi, avec une qualité de réalisation remarquable mais un statisme qui interroge, Soderbergh tente de nous faire comprendre le jeu du voyeurisme, la sensualité de l’absence de sexe… sans sexe. Hormis le fait que le film soit un ovni cinématographique, Soderbergh aurait sans doute gagné à exploiter d’avantage l’aspect sexuel de ses personnages plutôt que de ne parler que de ça. Peut-être alors aurait-on compris ce qui attire l’un vers l’autre les deux personnages à la sexualité inexistante… Un film flou qui n’en reste pas moins diablement intriguant.
Je me demande comment peut-on faire deviner ce film lors d'une partie de Taboo tant le titre correspond au contenu. Réalisé avec un petit budget (pour les États-Unis), Sexe, mensonges & vidéo sera le succès surprise de Cannes et lancera la carrière aujourd'hui bien remplie de Steven Soderbergh. Il s'agit d'un film dont on se souvient pour son ambiance et non pas une (ou des) scène(s) en particulier, tout comme Arizona Dream. Ici, l’érotisme est mis à l'honneur, avec une bonne pincée de calme et de douceur. L'histoire tourne autour de quatre personnages ayant tous un rapport à la sexualité différent. Ces points de vue vont se confronter à mesure que les héros discutent, évoluent et découvrent des choses sur eux-mêmes. Cela nous tient en haleine tout le long malgré un rythme assez lent. Les interprètes sont très justes, en particulier lors des interviews (les fameuses vidéos du titre). James Spader joue très bien la fascination grâce à ses regards. Sexe, mensonges & vidéo est une oeuvre particulière, un film presque sensoriel traitant du sexe, du moralement acceptable mais aussi des relations humaines.
Un film moderne et classieux, mais qui tourne un peu rond et n'offre pas grande substance. Soderbergh est un cinéaste hors pair : son métrage est admirablement bien monté, la mise en scène est fine et toujours très réfléchie pour rendre échos aux relations entre les personnages. Ces relations sont d'ailleurs le cœur du film (comme à chaque fois chez Soderbergh) et cela est servi par écriture assez remarquable. Mais le scénario souffre un peu de ces éléments et tourne en boucle sans jamais vraiment évoluer. Les personnages n'évoluent pas vraiment et aucun rebondissement ou éclat scénaristique ne vient relever le tout. On reste sur une réflexion sur la perversité et la névrose qui, au final n'est pas très intéressante.
Palme d'or? Mais pourquoi donc?! Ce film est mou, il ne se passe rien alors qu'il y avait moyen de nous offrir un thriller haletant. Mais non, il faut attendre le dernier quart d'heure pour avoir droit à du mouvement, à des contraintes. Tout le reste est ridicule, sans profondeur et très énervant. Tout comme la musique, les dialogues, la réalisation décousue !!
A 26 ans et pour son 1er long-métrage, Steven Soderbergh devenait en 1989 le plus jeune réalisateur à obtenir la Palme d'or à Cannes. Ce qui souligne au moins un mérite de "Sex, lies, and videotape", son propos avant-gardiste et sa mise en scène originale (plans fixes, lenteur, mise en abîme via la vidéo du titre...) qui a très peu vieilli, ce qui est significatif. On peut aussi souligner l'approche psychanalytique de notre rapport à la sexualité, ainsi que la vision désenchantée du couple et de l'american way of life, qui subissent une attaque en règle ; autant de thèmes qui ont depuis été largement repris et développés dans le cinéma américain. Néanmoins, "Sex, lies, and videotape" ne convainc pas complètement. Après deux premiers tiers qui séduisent, fascinent, intriguent (grâce à l'interprétation superbe d'Andie MacDowell, notamment), la dernière partie du film déçoit : le propos devient confus, le discours simpliste, la conclusion facile. L'œuvre de Soderbergh reste néanmoins intéressante dans sa globalité, mais son message général perd de sa substance et de sa lisibilité.
Pour son premier film, Steven Soderbergh choisit un sujet assez intimiste voire intime. Malgré un début qui laisse craindre un film ennuyeux, petit à petit on se laisse prendre par cette histoire sur la sexualité qui ne montre pas de sexe explicite. Cela est dû en grande partie grâce à une réalisation très juste et une interprétation assez sensible. Cependant, l'attribution d'une Palme d'or pour un film somme toute assez classique (excepté son sujet) peut sembler un peu disproportionnée.
Palme d'or inattendu au festival de Cannes 1989 et qui nous a permis de découvrir Steven Soderbergh, "Sexe, mensonges & vidéo" s'avère brillant. On y suit un beau couple typiquement Américain, avec le mari qui trompe sa femme avec la sœur de cette dernière, mais un beau jour un ancien pote de fac du mari débarque en ville, il est plutôt timide et assez discret et peu à peu on découvre qu'il aime bien filmer des femmes parlant de leur sexualité. L'idée de base est originale et le scénario construit autour est brillant, notamment les dialogues qui sont assez cru et très bien écrit. La force de Soderberg est aussi de faire d'un type d'apparence bizarre, le plus normal de tous. Soderbergh pose un regard narquois, intelligent et sexy sur les couples et les relations de notre époque. L'atmosphère est captivante, étrange et ambigu. Les interprétations sont excellente et en premier lieu James Spader. Cette palme d'or est totalement mérité et au final le titre "Sexe, mensonge & vidéo" résume bien le film. Brillant et intelligent.
La vacuité du sujet laisse pantois. Cannes a récompensé, une fois de plus, un réalisateur d'un type tellement courant qu'on n'arrive pas à s'en rappeler tous les avatars : celui qui confond art et subversion - d'autant que pour le coup, c'est raté. Un pervers qui prend son pied en filmant des femmes racontant leur vie sexuelle, quelle... misère !
Un excellent film de Steven Soderbergh. Pour un premier film , c'est très réussi. James Spader est très convancaint dans le rôle de Graham , le voyeur qui interviewe des femmes sur leur vie sexuelle. Andie MacDowell est bluffante dans le rôle d'Ann , la femme trompée par son mari qui couche avec sa belle-soeur. Palme d'or Cannes 1989.
Premier essaie pour Steven Soderberg et direct la palme d'or, pour récompenser cette toute première œuvre ambitieuse de part le sujet traité sans tabou et avec quelle façon il le fait! Film intimiste, subtile, psychologique, mis en scène sobrement et proprement! Un film étonnant et déroutant et ça ne m'étonnerai pas que Sam Mendes se soit pourquoi pas inspiré de "Sexe, mensonges et vidéo" pour réaliser "American beauty"! C'est une possibilité!
Un très bon petit film psychologique, fin, intimiste. Excellents scénario très réfléchi, personnages bien dessinés. Bon jeu d'acteurs. Simple mais très efficace. Un bon Soderbergh mais de là à lui octroyer une Palme d'Or il y a une marge...
Steven Soderbergh dépeint parfaitement le sexe , l'infidélité et le mensonge a travers des acteurs excellent et une mis en scène sobre et efficace . On y voir les relations complexe des hommes et des femmes , l'infidélité , l'impuissance , pleins de mensonges et beaucoup de réalisme , la mise en scène reste incroyablement réaliste ce qui rend le film vraiment sobre , le film ne sombre pas dans le n'importe quoi et la vulgarité comme je le craignais et adopte un style très agréable . Palme d'or mérité , un film a voir au moins une fois pour une sujet maitrisé du début a la fin .
Premier film de Steven Soderbergh et palmer d’or surprise avec cette étude de mœurs sur l’introspection et l’incommunicabilité. Un film unique et inclassable avec des dialogues d’une extrême crudité.
Le premier film de Steven Soderbergh est très intimiste et très lent. Ce n'est pas un reproche car tout les plans à mouvement et très long sont parfaitement maitrisés. Niveau dialogue, on atteint pas des sommets et niveau dénouement non plus, mais le jeu d'acteur est très bon. Après est ce que la palme d'or est mérité ? Pas sur... Moi étant un grand fan du Cinéma Paradiso de Giuseppe Tornatore, je suis extrêmement deçu.
Ce film est un bijou de sensualité, d'intelligence, d'humilité, une véritable création cinématographique, avec une écriture filmique parfaite, un casting de rêve, tous les acteurs sont excellents et développent au maximum les facettes de leur personnage. La sexualité? un ratage au fond, pour ce qui est de la rencontre et de la communication, mais cela ne doit pas faire oublier que l'abstention comporte les mêmes écueils que la jouissance débridée: dans les deux cas, c'est l'autre que l'on rate et la solitude est la même. Que faire alors? Comme on veut, c'est à dire comme on peut. L'impuissant invente sa jouissance, de même pour la femme sans désir sexuel. Les deux sex addicts ont du mal à cacher leur misère avec des semblants de parade amoureuse (cadeaux plus ou moins cheap) Comment avec si peu de moyens, des décors sommaires, des dialogues d'une apparente simplicité, et un constat plutôt sombre, faire un chef d'oeuvre lumineux et sensuel, une merveille que l'on voit et revoit avec le même plaisir? Soderbergh nous fait tout simplement, à travers ses deux personnages phare, redécouvrir la dimension du manque, et donc du désir. Mac Dowell, rayonnante, Spader, électrisant dans sa quête pathétique, je pense qu'il n'a jamais été plus sublime (!) qu'ici. Chef d'oeuvre.