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Artriste
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2,0
Publiée le 29 août 2026
Avec Sexe, Mensonges Et Vidéo, Steven Soderbergh écrit et réalise, pour son premier film, un long-métrage au titre évocateur parfaitement raccord avec son propos, pour un résultat faisant hélas débander. L'histoire nous fait suivre Ann et John, un couple marié vivant dans une maison confortable grâce à la situation du mari avocat. Seulement, Ann, qui suit une thérapie, n'est pas satisfaite de sa vie sexuelle, alors que John couche en secret avec sa sœur cadette Cynthia. Lorsque Graham, un vieil ami de John, revient en ville après de longues années, Ann est perturbée car il collectionne les interviews vidéo de femmes racontant sans ambages leur vie sexuelle. Ce scénario s'avère particulièrement soporifique à visionner tout du long de sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. L'intrigue est pourtant alléchante sur le papier, mais dans les faits, c'est d'un ennui total. La faute à un récit au rythme lent, ne racontant pas grand-chose hormis des affaires de coucheries et de tromperies sans intérêt. Tout le sel du métrage réside dans les discussions entre ces adultes qui n'évoquent que la sexualité. Il n'y a aucune action. Mais ces discussions sont vaines. Tout cela manque cruellement de sensualité, d'aspect charnel et de profondeur. Surtout, il n'y a aucune ambiance. Il n'y a aucune tension, qu'elle soit psychologique ou sexuelle. L'ensemble est porté par des personnages n'ayant rien à raconter. Des rôles tout de même correctement interprétés par une distribution comprenant Andie MacDowell, James Spader, Peter Gallagher et Laura San Giacomo. Ce quatuor entretient des relations pas suffisamment poussées. Des échanges soutenus par des dialogues inintéressants au possible. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère très sobre. Sa mise en scène est plate et très classique. On ne ressent aucune patte personnelle ni idée. De plus, elle évolue dans des environnements très communs. Ce visuel quelconque est accompagné par une bande originale anecdotique, tant ses compositions n'ont aucun impact sur les images et sont en partie responsables du manque d'atmosphère. Reste une fin aussi ratée que le reste de la narration, venant ainsi mettre un terme à Sexe, Mensonges Et Vidéo qui, en conclusion, est un film clairement dispensable.
Le réalisateur Steven Soderbergh faisant une entrée remarquée avec ce premier long-métrage plutôt maitrisé bien qu’il confine davantage à l’étude de caractère sur les relations entre couple. On remarque son sens du filmage avec des cadres précis et un montage savamment étudié. La finesse des dialogues mettent en valeur la qualité de la distribution portée par les compositions nuancées d’Andy MacDowell et de James Spader. Une œuvre très verbeuse pas toujours abouti prévalant dores et déjà du style dont fera preuve le cinéaste toute sa carrière.
un petit film fauché, mais avec un bon scénario et de grands acteurs, on s'ennuie un peu, la mise en abîme est intéressante mais de là à lui donner une Palme d'or...
Ce film au titre accrocheur et percutant est en fait un film élégant, très branché chic mais très aseptisé. Il cible sans être bien percutant l’hypocrisie de l’Américain(e) qui ne pense qu’au sexe en se déculpabilisant à travers des psychanalyses, le narcissisme d’une classe aisée – nous dirions aujourd’hui bobo – qui se pose avant tout des problèmes de nantis, le mensonge constant sur soi-même et un voyeurisme chic et intellectuel. D ‘aucuns l’ont encensé au point de lui décérnér en autres prix la Palme d’Or — controversée certes — mais, à part le mérite d’avoir été réalisé par un jeune de 26 ans, je trouve ce film fade, terne et bien peu convaincant dans ses dénonciations ! Seuls, Andi MacDowell et James Spader sont à la hauteur de leur rôle. Un film dépassé à remiser dans les souvenirs anciens.
Quelle drôle de façon de voir le Sexe ! c'est trop long, lent, chiant ... sans réelle plaisir à regarder et à comprendre. Pas grands intérêts à voir ...
Le problème de ce 1er film de Soderbergh est qu'immédiatement, son sujet est impudique, orienté sur le sexe. Aussi, cette histoire n'a rien de vraiment naturelle. Le couple et son apparent équilibre si fragile est disséqué, ainsi qu'une certaine psychologie autour de l'intime. Mais cela manque de variation, de surprise, de corps. Si la doublure française n'est décidément pas fameuse, ce projet aura au moins le mérite de voir exploser la carrière de la belle A. McDowell.
"Sexe, mensonges et vidéo" est un drame de Steven Soderbergh qui explore les complexités des relations humaines à travers le prisme du désir et de la communication. Le film suit un homme mystérieux qui filme des confidences intimes sur la sexualité, bouleversant la vie d’un couple en crise. Avec une mise en scène minimaliste mais percutante, Soderbergh privilégie les dialogues incisifs et les silences révélateurs, capturant l’intensité des non-dits. Œuvre audacieuse, "Sexe, mensonges et vidéo" questionne avec intelligence les tabous et le rôle de la vérité dans les relations intimes.
En 1989, Steven Soderbergh a 26 ans et décroche le Graal à Cannes avec une histoire écrite en quelques jours, à la suite d’une rupture, sur un vulgaire bloc-notes. Un premier film d’auteur et d’acteurs réussi, avec James Spader, Andie MacDowell, Laura San Giacomo et Peter Gallagher.
Probablement trop cérébral pour moi. Agréable à regarder, mais limite soporifique. Heureusement les acteurs sont tous excellents. Mention spéciale pour James Spader dont on découvre le jeu qui fera son succès beaucoup plus tard dans Blacklist. À noter aussi cette réplique qui invite à la réflexion : "Les hommes apprennent à aimer les femmes qui les attirent, alors que les femmes sont attirées par les hommes qu'elles aiment." Ou encore cette autre, tandis que Cynthia évoque la première fois où elle a vu un pénis, en parle comme Charlotte de Turckheim (laquelle a dit ça en premier ?) : "L'organe s'était comme une entité, séparée, comme indépendante du reste du mec... j'ai complètement oublié qu'il y avait un garçon au bout !" Bref, un film cérébral, sur le sexe. Fallait oser !
Une création originale pour son époque qui aborde des sujets avant-gardiste à nouveau pour son époque. Adultère, impuissance, plaisir féminin sont au centre de l’intrigue. Une tension à la limite du gênant se créer avec des longueur dans les plans et des blancs dans les dialogues. Quelques incohérences ou réactions trop sous exprimées diluent un peu la profondeur des sujets.
À la fois un des plus faible film de Soderbergh et une des plus faible palme d or que j ai pu voir. C est surtout un film quelconque avec des personnages mal croqués auxquels je n ai pas cru (exception faite de celui de Cynthia). Du coup malgré sa courte durée c est l ennui qui est vite apparu. Son côté faussement subversif ayant fini de clouer la chose pour moi.
Comme souvent je ne suis pas du tout d'accord avec la critique. Ce film est une réussite, autant pour le sujet, qui n'est pas du tout aussi léger et pervers que le titre peut le laisser supposer, que pour le casting et la réalisation. Ce format d'1h40 correspond très bien au scénario au format 'nouvelle'. C'est court, frais, intelligent, efficace.
Premier long métrage réalisé par Steven Soderbergh, écrit par ses soins en seulement huit jours, Sexe, Mensonges et Vidéo est un film très inspiré. Inspiré par le propre échec sentimental du cinéaste au moment de l’écriture du scénario, inspiré par les mœurs américaines en matière de sexualité tandis que s’achèvent les années 80. Ainsi sommes-nous en présence de deux sœurs dont la vie sexuelle est aux antipodes : cérébrale et frustrante pour Ann (Andie MacDowell), libre et débridée pour Cynthia (Laura San Giacomo). Entre les deux femmes, le même partenaire : John (Peter Gallagher) qui n’est autre que… le mari de Ann (qui n’a pas connaissance de l’adultère). Ce dernier est l’archétype du carriériste. Jolies cravates, secrétaire personnelle, parties de golf pour cultiver l’entre-soi… cet avocat d’affaires sur la pente ascendante possède tous les attributs de la réussite sociale telle qu’on se la figure alors. Et puis, "l’élément déclencheur" débarque : un dénommé Graham (James Spader), ami d’enfance de John, personnage assez lunaire dont on sait peu de choses sinon qu’il sera hébergé par le couple durant quelques jours.
C’est donc lors d’une journée qui ressemble à beaucoup d’autres pour Ann, partagée entre ses séances de psychanalyse et son morne quotidien de femme au foyer, qu’elle reçoit, seule, ledit Graham. Et d’emblée, leur rencontre est placée sous le signe du bizarre et de l’incongru. Quand il entre pour la première fois dans la maison, avant même d’avoir échangé avec Ann les politesses de rigueur, celui-ci demande où sont les toilettes. Fausse alerte, finalement. Quelques mots sont ensuite échangés avec maladresse, puis, cette fois-ci c’est la bonne, direction les W.-C. Quand il en revient, Ann se surprend à dire que ce fut bien court, selon elle. Ainsi, alors qu’ils n’ont pas encore fait connaissance, s’installe entre eux une proximité assez trouble. Plus tard, Graham affirmera, comme un prélude à leur relation, "qu’on ne devrait faire confiance qu’aux personnes avec qui l’on couche". De confidences en confidences, Ann et Graham vont ainsi dévoiler leur intimité jusqu’à la découverte du fantasme de Graham : filmer des femmes qui parlent de sexe. Le contrat est clair : elles peuvent dire ou faire ce qu’elles veulent, lui ne les touche pas. Le film prend alors une autre dimension.
On pourrait ne voir dans le fantasme de Graham qu’un effet d’une pulsion scopique condamnable – et d’ailleurs fortement condamnée par Peter… qui a pour amante la sœur de sa femme, rappelons-le. Mais Soderbergh en fait tout autre chose. Les femmes qui choisissent de se livrer aux questions et à la caméra de Graham sont en totale adhésion avec ce qu’il appelle "son projet". Privées de tout contact physique avec lui, leur parole s’écoule sans contraintes et agit comme des caresses sur des corps soumis à la distance. La mise à nue passe donc par les mots. Et les participantes y prennent un plaisir inattendu. Sous l’œil froid de l’objectif, l’appartement de Graham se fait alors confessionnal et le sexe se mue en mystique où s’entrechoquent la psychanalyse (ce n’est pas un hasard si le film s’ouvre sur une séance chez le psy) et le voyeurisme. La tension est à son comble quand la parole, délivrée des étreintes corporelles, livre ses secrets les plus enfouis, ouvre un univers de plaisir à ceux qui s’en croyaient privés, qui regardent avec stupeur la vie nouvelle qui s’offre à eux.
Premier long-métrage et Palme d'or au festival de Cannes en 1989. Un début fulgurant pour Steven Soderbergh qui a navigué ensuite entre cinéma expérimental et cinéma grand public commercial (souvent de qualité). Ce premier opus est un film d'auteur qui, non seulement gratte le vernis de l'american way of life, mais aussi, et surtout, aborde le sujet du désir et de la sexualité d'une manière très singulière, à la fois délicate et directe, avec un je-ne-sais-quoi d'érotisme cérébral, qui captive, trouble et séduit par son intensité. Le récit évolue avec une élégance subtile entre trivialité et étrangeté, sondant un réseau complexe de pulsions exprimées ou refoulées, de rejets et de blocages, de mensonges et de non-dits, à travers les thèmes de l'adultère, de l'impuissance, du voyeurisme... C'est audacieusement et intelligemment écrit, précisément réalisé et monté, et remarquablement interprété (mention spéciale à Andie MacDowell face à un James Spader tout en mystère - Prix d'interprétation masculine à Cannes).