Pluie noire
Note moyenne
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maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 février 2022
Kuroi Ame retrace à travers une chronique l'indicible horreur de ce 6 Aout 1945, de sa frappe donc, tout comme de ses conséquences ! De loin, l'un des films les plus difficiles qui m'ai été donner l'occasion de regarder.

La peur est un sentiment qui se niche très souvent dans l'inconscient, se terre dans un recoin et contamine ses " zones saines ". D'ailleurs, chez moi, cette peur prend souvent les habits de la colère. Elle se déguise plus sournoisement parfois, ravive ma mémoire et stimule mes synapses, entre Dr. Strangelove et Hotaru no haka, la ligne est très fine. Ces deux chocs cinématographiques n'ont eu de cessent de venir se heurter, une nouvelle nuance s'est ici néanmoins infiltré ...

Shohei Imamura ne nous laisse pas beaucoup le temps de trop tergiverser, le monstre montre son visage très vite et cogne sur ses dix premières minutes nous laissant dans une impuissance morbide, désarmante, une nouvelle fois, indicible ... Le film traite de l'abominable, il est pour autant incroyablement magnifique ! Tout le paradoxe du traitement de l'image, de son obsession à rendre toute rétine " addict " à cette jonchée de cadavres qui s'accumulent. De nombreux flashs nous ramènent à cette journée, j'en garde cette conversation avec cette homme qui raconte sa blessure, physique dans un premier temps, puis dans un second, plus profonde. Jamais un " au secours " ne m'aura fait autant écarquiller les yeux avant de me les faire baisser. Intelligemment, l'histoire poursuis son cours, on traite des affres de la vie, de ses coutumes et us mise à mal par ce bouleversement historique. Imamura ne glorifie, ni n'embellie à grands coups de guimauves son récit, il trouve au contraire dans son rapport toute une batterie de question qui pousse à prendre ce film à bras le corps, à s'y accrocher. Le trauma de Yuichi, par exemple, est évidemment ciblé sur la durée. La scène ou son " agresseur " finit par le rejoindre, lui et le village dans ce rampant combat m'a vraiment couper le sifflet, de sa conception à sa continuité. Toute la démarche de faire reconnaitre la question du pourquoi poursuit les introspections communes de ce missile venant irradié Hiroshima, et en cela, de sa communauté, condamné à endurer, à souffrir de toutes les manières insoutenables ! Le visage de la mort ne trompe pas la folie qui s'empare de ses corps, de ses âmes aux tourments grandissants aux fil du temps.

Avec tout cela, on en oublierais les interprètes, ils et elles sont merveilleux. Ces visages laissent entrevoir et concevoir toutes les peines inimaginables, un tel degré d'implications est donc nécessaires. Merci à eux.

Un film vraiment âpre, qui bouscule, rebute, mais qui marque indélébilement.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mars 2022
Sorti en 1989, adapté d’un roman éponyme signé Masuji Ibuse, Pluie noire revient sur les terribles conséquences des bombardements de Hiroshima et Nagasaki en août 1945. Dans une première partie, Shōhei Imamura filme l’attaque elle-même, avec des habitants en panique dans les rues de Hiroshima et des cadavres par milliers jonchant les pavés de la ville, offrant quelques séquences apocalyptiques terriblement marquantes. Dans le cœur de son long-métrage, il nous fait suivre le sort d’une famille de hibakusha, terme désignant les survivants des bombardements atomiques, qui doit non seulement vivre avec des maladies liées aux irradiations, mais en plus subir l’ostracisme de la population nippone, méfiante vis-à-vis des dangers supposés que portent les rescapés. Filmé dans un superbe noir et blanc, ce film aux accents classiques est un superbe témoignage de la société japonaise des années 50 autant qu’un pamphlet pacifiste efficace et émouvant. Puissant.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 août 2021
Un très bon film nippon en noir et blanc sur les irradiations de la bombe d'Hiroshima sur le peuple japonais.
L'Info Tout Court

464 abonnés 1 025 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 août 2020
Sans détour, on peut déclarer que Pluie noire n’est pas un film facile à regarder, mais il pousse viscéralement le spectateur à réfléchir sur un événement terrible de notre histoire commune et sur son impact afin de peut-être (c’est pas gagné) d’éviter un nouveau drame absurde de cette ampleur. 75 ans après le message est limpide : il est important de ne pas oublier. À bon entendeur…
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 septembre 2018
Admirable film où les atrocités vécues à Hiroshima sont montrées à hauteur d'homme, pendant quelques années qui suivent la tragédie. Avec une économie de moyens et un scénario remarquables, Imamura brosse le portrait de civils japonais qui luttent pour leur survie dans un pays encore dévasté. Une oeuvre splendide.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 23 novembre 2021
Simplement un chef d'oeuvre du cinéma japonais qui revient à travers ce film sur les conséquences d'Hiroshima. Le temps long, la certitude, les questions sans réponses, la fin.
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 juillet 2021
Hiroshima – 6 Août 1945. Un terrible éclair déchire le ciel. Et l’Enfer se déchaîne. Des corps mutilés se déplacent parmi les amas de ruines. Quelques années plus tard, les irradiés sont devenus des parias dans le Japon d’après-guerre.

C’est une réalisation du japonais Shôhei Imamura dont la carrière a été ponctuée de deux Palmes d’or à Cannes en 1983 pour La Ballade de Narayama et en 1997 pour L'Anguille. Pour écrire le scénario avec Toshirô Ishidô, ils se sont inspirés du roman de Masuji Ibuse. Le film a fait partie de la sélection du Festival de Cannes en 1989.

Troisième film vu dans le cadre du Festival du Vidéo Club organisé par CinéPop, je n’ai cette fois pas été si enthousiaste.

Sur le fond pourtant j’ai trouvé vraiment intéressant. On commence par une introduction glaçante sur les répercussions de la bombe d’Hiroshima. Devant nos yeux les ruines de la ville, et les corps des morts calcinés, ou des vivants ayant subi l’explosion. C’est vraiment terrifiant de voir les dégâts de cette bombe. Cela met en exergue le crime de l’avoir lancée sur une population civile. Durant cette séquence, j’ai véritablement ressenti la douleur des habitants.

Dans un second temps, c’est sur les conséquences sur le long terme qu’on va se plonger. Tout d’abord par le sort réservé dans un village à une femme devenu pariât pour avoir été présente lors du bombardement. Impossible pour elle de se marier. On va aussi voir les dégâts médicaux causés par les radiations sur le peu de survivants. La souffrance des maladies et des morts lentes que cela entraine.

En revanche c’est plus sur la forme que j’ai eu du mal à être totalement dedans. Après une mise en bouche aussi forte que cela, il est difficile de retomber dans le calme de la campagne Japonaise. Le décalage de rythme est terrible. J’ai eu toutes les difficultés du monde à me remettre dedans. Surtout que dans un premier temps, on ne comprend pas vraiment la transition entre les deux parties.

La construction aussi m’a agacé. À plusieurs reprises, on va avoir des flashbacks brisant la dynamique déjà fragile. Cela n’aide pas à rentrer dans l’histoire.

Pour ne rien arranger, la musique est kitsch est insupportable. En accentuant beaucoup trop, elle produit l’effet inverse de ce qui est recherché.
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 février 2012
Un Imamura de facture classique dans la forme. A travers le drame des survivants de la destruction atomique d’Hiroshima, il délivre un message explicitement pacifiste. La reconstitution du drame à l’intérieur de la ville est terriblement impressionnante, une vision infernale qui fait penser à ce qui a été imaginé de pire sur l’Enfer. Le réalisateur s’est toujours attaché à restituer de la manière la plus documentée et crédible la vie villageoise (histoires de fesse incluses…) : la vérité dans cette aspect renforce l’émotion dramatique.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 février 2022
La première scène est véritablement terrifiante, où le spectateur est plongé dans l’enfer d’Hiroshima lors de l’explosion de la bombe atomique lâchée le 6 aout 1945. Il ressent la stupéfaction des trois personnages principaux, puis les accompagne dans leur errance au sein de ce concentré de dévastations et de souffrances. La plus grande partie du film se déroule quelques années plus tard, où Imamura montre, après l’horreur absolue de l’évènement, ses effets à longs termes, sur la santé physiques (les malaises, vomissements, morts précoces), sur la santé morale (les obsessions), et sur les énormes difficultés de réintégration sociale. Les « atomisés » (ceux qui étaient à Hiroshima le jour J) ou les « irradiés d’après » (ceux qui ont été contaminés lors des jours suivants), tous ceux qui ont été victimes de « l’éclair » (c’est ainsi qu’ils nomment l’explosion et son rayonnement) subissent en effet une forme d’ostracisation faite de méfiance et de rejet. Ainsi la tante et l’oncle éprouvent d’énormes difficultés à trouver un mari pour leur nièce Yasuko.
Cette volonté de témoignage, sur fond de dénonciation de la guerre comme mal absolu (l’oncle déclare, après toutes les souffrances endurées, qu’il vaut mieux une paix injuste qu’une guerre juste) est extrêmement intéressante, mais le scénario mis à son service n’est pas à la hauteur du propos, et certains évènements apparaissent comme répétitifs, confus ou anecdotiques. Dommage ; mais il reste du film une idée générale prégnante et des images indélébiles.
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2016
Début très impressionnant suite à l'explosion de la bombe atomique sur Hiroshima. Reconstitution très réaliste des horreurs de la bombe en quelques séquences terribles.
Ensuite, le film raconte la vie d'une famille de survivants, dont une jeune fille, son oncle et sa tante, et qui doivent subir les séquelles de l'irradiation.
Beau film d'Imamura, très bien réalisé dans un beau noir et blanc, après un début impressionnant, le film raconte la vie d'une famille japonaise avec tous les traumatismes liés à l'éclair (la bombe). La vie sociale des japonais est très bien décrite (années 50) dans la campagne. La lenteur du film n'enlève rien à la beauté des images.
Fin très dramatique, sans happy end bien sûr, la mentalité japonaise est bien présentée.
Aucun mélo, que la force du propos.
Alex Motamots
Alex Motamots

10 abonnés 387 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 août 2025
Les premières scènes ont un côté décor de carton-pâte car le film n'est pas tout jeune.
Les rares scènes du début sur les habitants sont à la fois touchantes d'humanité et horrible à cause de l'état physique des corps.
J'ai eu du ma avec l’éclair-qui-tue, façon de désigner la bombe atomique et son explosion en forme de champignon.
J'ai aimé que le film se déroule dans une campagne calme.
Je n'avais jamais entendu parler de cette pluie noire.
J'ai beaucoup aimé la magnifique scène hallucinée au milieu des statues de pierre avec son éclairage si spécial.
J'ai eu de la peine pour la tante qui fait tout mais qui a l’impression de ne pas faire assez, elle qui doit pourtant se reposer comme toutes les victimes de l'éclair-qui-tue.
J’ai adoré la délicatesse du médecin.
Je trouve important que la Guerre de Corée soit présente en arrière plan avec les nouvelles de 8 heures à la radio.
Mais la musique est vraiment nulle : je la trouve inadaptée pour ce film tout en nuances.
Yellau
Yellau

9 abonnés 81 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mai 2014
Quand on dit "crime contre l'humanité", on pense immédiatement et à juste titre à "génocide" ou à la "Shoah". Par contre, il ne nous vient pas à l'esprit de penser à la "bombe atomique". C'est compréhensible, puisque dans nos pays occidentaux, c'est Hitler que nous avons connu, et que ce dernier n'a pas utilisé la bombe A.
Sans entrer dans la polémique de savoir si oui ou non l'emploi de la bombe est un crime contre l'humanité, le fait est qu'en occident, peu de témoignages nous sont parvenus concernant ce qui s'est passé à Hiroshima et Nagasaki. Ce film constitue un de ces rares témoignages. Un "devoir de mémoire" d'une horreur sans nom. A ce titre seul, il mérite absolument d'être vu.
Mais l'intérêt de ce film ne s'arrête pas là. L'histoire se déroule 5 ans après la bombe, une fois que la ville a été reconstruite et la guerre passée. Il raconte l'histoire de survivants, et en particulier d'une jeune fille qui cherche à se marier. Qui osera épouser une femme qui, bien que très belle, habitait près d'Hiroshima lorsque la bombe a explosé ?
La narration se fait au gré des scènes simples de vie quotidienne dans la campagne japonaise et des souvenirs du jour de la bombe. Les personnages sont vrais et attachants. Les dégâts de la bombe sont montrés, mais le film reste pudique et ne s'attarde pas sur l'horreur visuelle.
Il s'agit bien sûr d'un film japonais. Le rythme est donc bien évidemment différent d'un film hollywoodien. Mais il demeure captivant, du début à la fin.
En conclusion, un chef d’œuvre à ne manquer sous aucun prétexte.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 janvier 2010
chef d'oeuvre, un sens aigu du cadrage et de la lumière, une photo irreprochable, des acteurs tous parfaits à compter d'abord par celui qui joue l'oncle. en tant que critique pro sur allociné, je ne le répéterai jamais assez, il n'y a pas d'art sans engagement, en d'autre terme l'art est politique si vous préférez, et avec pluie noire on se retrouve bien face à une oeuvre d'art à part entière. après son visionnage on se retrouve avec un gout amer, celui du dégout total de la guerre et des élites au pouvoir. à bon entendeur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 mai 2007
Hiroshima. Avant, pendant, après. Bouleversant de sobriété.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
6 Août 1945. La petite ville d’Hiroshima jusqu’ici épargnée par la guerre va connaître l’enfer sur Terre... Pour illustrer l’horreur de la bombe atomique et de ses effets, il n’y avait que Imamura pour la retranscrire. Le cinéaste n’a jamais édulcorer et bien au contraire c’est la réalité toute crue qu’il aime montrer, et il met ici son sens inné de la provocation au service du devoir de mémoire historique. Non la bombe atomique en fait pas que tout raser sans laisser de traces. Son travail est loin d’être aussi propre. Les corps calcinés, figés telles des statues dans la position de leur dernier instant, jonchent les décombres de la ville, tandis que de véritables morts-vivants à la peau et aux membres liquéfiés déambulent à moitié aveugles. Pour les survivants, rongé de l’intérieur par les radiations, c’est une mort à petit feu qui les attend. Cela commence par des maux de tête, puis des vomissements, avant que les cheveux ne se mettent à tomber et qu’ils crachent du sang. Pareil réalisme sur les effets de la bombe atomique a rarement été traité, hormis dans Gen d’Hiroshima, manga de Keiji Nakazawa.Mais Imamura ne se complait pas dans ces scènes insoutenables. Il montre ce qu’il y a besoin d’être montré sans s’y attarder. Il préfère situer la majeure partie de son histoire cinq ans après la fin de la guerre, dans un petit village où la plupart des habitants ont été irradiés. Tout cela aurait pu sombrer dans le mélodramatique, mais avec la magie d’Imamura pour donner vie à ces personnages et l’habileté dont il fait preuve pour sortir des sentiers battus, l’œuvre qui en résulte parvient à nous apporter de nombreux sourires dans ce contexte pourtant si difficile et s’impose comme une œuvre majeure du cinéma japonais et comme le testament d’une ville et de sa population sacrifiées par curiosité militaire.(+de critiques sur http://www.guillaumetauveron.com/Textes/chroniques_films.htm)
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