Ici rien n'est crédible. Tout fleure trop le studio hollywoodien : décors en carton-pâte à 2 balles, paysages de second plan qui révèlent des peintures en trompe-l'oeil ratées, maquettes de navires ridicules, scènes de combats empesées, effets spéciaux minables (contraste criant entre images filmées en arrière plan et celles de studio en 1er plan - flèches dessinées sur la pellicule en post-production etc), maquillage outrancier des acteurs, et quant au son, l'écho, faisant penser à un hall de gare, trahit franchement le lieu du tournage : le studio. Bref rien qu'au niveau technique c'est décevant, et même pour l'époque on faisait mieux.
Ajouté à cela, des acteurs (1er et second rôles) qui ont l'air de sortir du théâtre de grand-papa, tant leur jeu, ou devrais-je dire leur surjeu, est des plus emphatiques voire même hystériques par moment (ce qui est franchement fatigant) ; les jeux de regards appuyés et les rires forcés agrémentant régulièrement les scènes. Mais peut-être est-ce encore les vieux réflexes de la pantomime des films muets ? Pourtant, on pouvait s'attendre à mieux de comédiens de la stature d'Anthony Quinn ou de Maureen O'hara ! Quant à Douglas Fairbanks Jr, il est franchement pathétique à force de tournoyer sur lui-même sans que la scène ne l'impose. Certes il est dans la veine des rôles de héros bondissant et gouailleur de l'époque : Robin des Bois ou D'Artagnan, sauf qu'il en fait plus, voire trop, à l'image du reste du film.
En effet la mise en place des acteurs trop chorégraphiée, les dialogues redondants, solennels et parfois naïfs, les humeurs des personnages extrêmement versatiles d'une seconde à l'autre, les invraisemblances du scénario (comme Quinn qui a 2 heures pause-déjeuner comprise pour éviter un projectile qui lui arrive droit dessus et qui ne fait rien pour l'éviter) contribuent à en faire un spectacle grotesque et un peu risible. En sommes à éviter absolument, sauf si vous êtes adepte du kitsch ou des couleurs chatoyantes du Technicolor.