Hard Eight
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mars 2017
Si Phillip Thomas Anderson a connu la popularité à partir de “Boogie Nights » en 1997 et encore plus avec son film choral « Magnolia » en 1999, l’affirmation de son style froid et distancié qui constitue sa marque de fabrique depuis « Punch Drunk Love » (2002) remonte certainement à « Hard Eight » son premier ouvrage. Inspiré de son court-métrage « Cigarettes and Coffee » (1993), le film offre une variation assez curieuse du genre noir bâtie à partir de la volonté de rédemption d’un homme rongé par le remords. L’univers du jeu qui sert de toile de fond à une intrigue qui se permet quelques écarts temporels assez déroutants est au final un peu laissé de côté par Anderson qui se concentre sur la relation duale qui s’installe entre John (John C. Reilly), le jeune paumé qui cherche de l’argent pour enterrer sa mère (!) et Sidney (Phillip Hall Baker) le rat de casino, devenue triangulaire après l’arrivée de Clémentine (Gwyneth Paltrow) la jeune serveuse, prostituée occasionnelle. L’exposition des personnages tristement monocorde emmène le film sur un faux rythme assez étrange mais aussi un peu vain tant on se demande de quoi est fait le quotidien des deux hommes dont on apprend par un simple panneau incrusté qu’ils viennent de passer deux ans ensemble après que Sidney a montré à John les moyens de survivre dans l’univers des casinos. Cette construction scénaristique quelque peu artificielle et ampoulée se déride avec un twist final où Anderson emballe enfin machine, mais là encore le retournement de situation semble surfait et peu crédible. On peut dès lors déceler le soupçon de prétention qu’une part de la critique a rapidement relevé chez PTA qui à ses yeux peinerait à donner une substance réelle à ses personnages au sein d'intrigues pas toujours lisibles. Déroutant plus que réellement fascinant, « Hard Eight » laisse après sa vision, l’étrange sensation de ne pas bien savoir à quelle sauce le réalisateur a voulu nous manger. On sait que PTA dont le montage initial durait 2h30 (le film dure en réalité 1h41) a été en conflit avec ses producteurs qui avaient sans doute détecté la tendance de l’auteur à enrouler sans fin ses scénarios autour d’un thème lancinant. Tendance bien visible et dommageable dans les réalisations les moins convaincantes de PTA (« Punch Drunk Love », « Inherent vice »). Le scénario de « Hard Eight » laissait bien d’autres possibilités à Anderson s’il avait daigné se rapprocher davantage de ses personnages qu’il semble regarder derrière un miroir sans tain. Il faut tout de même modérer le propos en rappelant qu'il s'agit d'une première réalisation qui laisse entrevoir un réel point de vue.
Maqroll
Maqroll

203 abonnés 1 123 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 juin 2012
Premier film en tant que réalisateur de Paul Thomas Anderson, Sydney (oublions le titre français) conte l’histoire de deux hommes unis par un rapport de maître à élève. Une exposition intéressante, très technique et un peu intellectuelle, à laquelle il manque ce rien d’enlevé et de brillant qui en aurait fait un joli feu d’artifice... L’interprétation est de qualité, dominée par le duo composé de Philip Baker Hall (le maître) et John C. Reily (l’élève donc), sans oublier la toujours intéressante Gwyneth Paltrow qui apporte son charme et son piquant. Le monde des casinos est étudié d’une manière presque entomologique à travers une mise en scène brillante, ce qui est presque un lieu commun à propos de l’auteur. Un film qui reste trop souvent un exercice de style, d’école et académique, mais un film porteur de belles promesses qui seront tenues par la suite.
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 août 2016
Un film très sympathique qui instaure dés le premier plan le style visuel et virtuose propre à Paul Thomas Anderson. Il s'agit par ailleurs de son tout premier film, et inutile de dire que l'on sent directement le talent inhérent au cinéaste américain, dans sa gestion de la narration qui se révèle originale malgré pas mal de clichés, dans sa direction d'acteurs et dans sa mise en scène, extrêmement riche, tant en terme de prises de vue que de montage.

J'ai beaucoup aimé la relation qui lie se trio et qui ne semble jamais vraiment forcée ou déséquilibrée, chaque personnage étant finalement complémentaire, le motif de la paternité adoptive ( récurent dans l'oeuvre d'Anderson) étant le thème central, perdant un peu de son souffle à la moitié du film mais trouvant en son dernier acte un regain de vitalité salvateur.

Un premier coup d'essai réussi, pas aussi bon que le reste, mais précurseur d'une filmographie de génie.
Cadreum
Cadreum

60 abonnés 779 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 août 2025
Qui est le film ?
Double Mise (1996), sorti aux États-Unis sous son titre original Hard Eight, est le premier long métrage de Paul Thomas Anderson. Jeune cinéaste alors inconnu, il élargit ici son propre court-métrage (Cigarettes and Coffee). Rien de spectaculaire : pas de grand braquage, pas de déferlement de violence, mais un huis clos, nocturne, où la lumière artificielle des néons sert de décor à un récit de tutelle et de dette. Ce film, souvent éclipsé par les fresques plus flamboyantes qui suivront (Boogie Nights, Magnolia), dessine pourtant déjà une grammaire : la famille de substitution, la compassion imparfaite, la manière dont les institutions faillissent et laissent les individus bricoler leurs propres codes de survie.

Que cherche-t-il à dire ?
Jouer au casino, ici, n’est pas divertir : c’est réapprendre à se tenir debout, inventer une appartenance quand toutes les attaches ont disparu. Le cœur du projet tient dans une tension : comment transformer une dette matérielle en dette morale, et une dette morale en lien affectif ? Le film raconte la possibilité de trouver une dignité, là où la société ne propose que la précarité ou l’oubli.

Par quels moyens ?
Le scénario est dépouillé : un vieux joueur prend sous son aile un jeune homme en perdition. Entre eux, une relation d’adoption tacite se tisse. Le pari n’est jamais seulement financier : il est aussi une manière de tester jusqu’où on peut s’accorder confiance dans un monde régi par l’échange.

Sydney, mentor, transmet à John un savoir-faire et des règles de conduite. Mais ce n’est pas tant de stratégie qu’il s’agit que de discipline affective : contenir la colère, garder une distance, apprendre à survivre avec retenue. Le film rappelle que la rédemption n’est pas spectaculaire.

Pas de virilité flamboyante ici. Les hommes se construisent dans l’échec, la honte et l’économie de paroles. Anderson filme une masculinité fragile, maladroite, où la tendresse circule par les règles du jeu plutôt que par la déclaration. Cette pudeur annonce déjà les personnages masculins fissurés de Magnolia ou The Master.

Philip Baker Hall incarne Sydney avec une gravité sans excès, John C. Reilly offre une fragilité brute, Gwyneth Paltrow apporte une solitude féminine sans promesse de réparation, Samuel L. Jackson surgit comme menace charismatique. Anderson laisse ces corps travailler à bas bruit : leur économie de jeu fait du moindre échange un révélateur.

Le film refuse l’idée que la vérité libère forcément. Les personnages taisent, masquent, protègent. La pudeur devient une éthique : certaines vérités, si elles éclataient, détruiraient l’équilibre précaire conquis de haute lutte.

Où me situer ?
J’admire profondément la retenue de Double Mise. Ce qui me frappe, c’est l’absence de surenchère là où tant de premiers films veulent démontrer. Anderson préfère la main posée sur une table à un coup d’éclat de mise en scène, le silence contenu à la confession criée.

Quelle lecture en tirer ?
Double Mise n’est pas un polar, pas vraiment un film de genre. Il pose une question sur la survie : comment construire une relation quand il ne reste que la dette et la honte ? Comment inventer un rituel pour tenir debout ?
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 avril 2026
Je ne connaissais pas cette première œuvre du célèbre P. T. Anderson : c’est un film policier à la fois froid et efficace. Je ne connaissais pas non plus l’acteur Philip Baker Hall, qui tient ici le rôle principal, celui d’un joueur professionnel calme, posé, fort d’une longue expérience et traînant derrière lui un passé chargé, comme le révèle progressivement le film.
L’histoire débute par une rencontre improbable entre ce vétéran des casinos et un jeune homme revenant de Las Vegas les poches vides, alors qu’il doit financer l’enterrement de sa mère. Peu à peu, une relation presque filiale se noue entre les deux : l’un initie l’autre aux ficelles du métier, tandis que le second développe une admiration croissante pour celui qui l’a sorti de l’impasse.
Tout fonctionne jusqu’au moment où le passé refait surface et menace cet équilibre fragile. Le film est intéressant, porté par une atmosphère mêlant univers du casino et arrière-plan mafieux, mais il lui manque peut-être ce petit supplément d’âme qui le hisserait parmi les incontournables. La fin, quelque peu surprenante, laisse une impression d’ambiguïté : on aurait aimé mieux cerner l’intention réelle du réalisateur.
Aulanius
Aulanius

227 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 juin 2012
Et voila, c'est fait, j'ai vu toute la filmographie de PTA. A vrai dire, pour conclure, je pense que "Double Mise" est le moins bon de tous. Non pas que ce soit un mauvais long métrage mais dans le reste, c'est ce qui ce fait de moins bien. Histoire ... pas bien originale même si la relation entre les deux personnages principaux est vraiment sympathique. Niveau musical, c'est pas trop mail mais on a connu mieux. Les acteurs sont bons dans l'ensemble mais ce qui est vraiment intéressant, c'est de constater que le réalisateur fait appel des personnes avec qui il a déjà travailler. La fidélité, c'est beau. En fait, ce qui m'a dérangé ou plutôt ennuyé, c'est le côté casino qu'on a pu voir un bon millier de fois sur grand écran. Même si il n'est pas question que de ça, au bout d'un moment on a envie de voir autre chose. Comme à son habitude, au fil des minutes, on monte en puissance mais ça manque, quand même, clairement de rythme à mon goût. L'atmosphère y est spécifique comme dans toutes ces œuvres mais il manque pas mal de chose pour en faire un très bon long métrage selon moi. La durée, quant à elle, est pour une fois dans les cordes (je sais pas si ça se dit), c'est un bon point. En conclusion, notre homme (Paul Thomas Anderson), contrairement à beaucoup d'autres (et heureusement pour lui) monte en intensité et en talent au fil des films. Une immense qualité, assez rare de nos jours. 11/20.
L'homme sans nom
L'homme sans nom

178 abonnés 1 182 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 août 2023
Hard Eight est le premier long métrage de Paul Thomas Anderson, réalisateur que j'aime vraiment beaucoup, même si tout ses films ne sont pas excellent. Celui-ci est sobre mais tout à fait réussi. Rien à redire dessus. On y retrouve sa mise en scène en un peu plus classique, son scénario idéal, des acteurs au top, tous de futurs habitués de PTA. En excellent directeur d'acteur, PTA tire le meilleur de tous, à commencer par Philip Baker Hall dont la trajectoire de personnage est particulièrement intéressante. Le film nous tient jusqu'à la révélation qui envoi par la même occasion une belle morale. Et la fin toujours ouverte propre au film de PTA conclue un film certes discret mais sans gros défaut !
Kloden
Kloden

147 abonnés 997 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 mai 2013
On commence la découverte de la carrière du si réputé Paul-Thomas Anderson, fort logiquement au passage, par son premier film, coup d'essai entre drame et thriller répondant au doux nom de Hard Eight. Un peu timide dans son scénario comme dans sa mise en scène au final, ce long-métrage prend pourtant un départ sur les chapeaux de roue, grâce à une scène introductive énigmatique parfaitement pensée. La suite est elle aussi convaincante tant qu'elle ne se départit pas de son mystère quant aux motivations de ses personnages, mais tombe maladroitement dans le genre "film policier vengeur" dès que celles-ci sont percées à jour. Dommage, car en dépit d'un manque d'ambition, le film se déroulait à merveille, s'appuyant sur des acteurs talentueux et magnifiquement dirigés, et une mise en scène sobre mais parfaitement calibrée pour les faire briller. Bref, si on ajoute à ça une richesse thématique appréciable, je crois pouvoir dire que cette entrée de PTA, à défaut d'être fracassante, est appliquée est réussie. Maintenant, espérons juste un poil plus d'ambition et de prise de risques pour son alléchant Boogie Nights !
7eme critique

622 abonnés 2 778 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 avril 2015
Ce film est le premier long-métrage de l'excellent réalisateur Paul Thomas Anderson, qui lui permettra de se faire les dents dans ce monde cinématographique, sans nous montrer pour autant son style particulier que l'on trouvera dans ces futurs projets et dont on raffole. Toutefois, PTA s'en sort très bien en proposant ce film plus que correct pour un début de carrière prometteur. Sous cette réalisation tout public et face à ces acteurs compétents, le scénario reste intéressant, et tient la route, sans pour autant exceller dans l'originalité. Le spectateur, alléché par l'origine mystérieuse de l'aide qu'offrira cet homme, se laissera prendre au jeu de "Hard eight".
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 janvier 2020
Curieux film : un vieux gentleman prend sous son aile un loser benêt. Il le forme au jeu à Vegas et le met même à la colle avec une barmaid facile locale. On ne saura pourquoi qu'à la fin suite au pétrin dans lequel son protégé s'est mis. Remarquablement filmé, monté et joué, on se laisse prendre par l'ambiance et ce flegmatique et mystérieux bienfaiteur. Original et prenant jusqu'au bout.
Guillaume182
Guillaume182

148 abonnés 1 194 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2012
Hard eight voilà un film que j'avais envie de voir depuis longtemps, parce qu'il est le premier vrai film de Paul Thomas Anderson, le réalisateur génial de Magnolia, Punch Drunk love et Boogie Nights ou encore le dernier en date They will be blood.

Il devait à peine avoir 25 ans quand il a réalisé ce film et pourtant malgré son manque d'expérience évident à cette époque il fait preuve d'une maîtrise technique et d'une maîtrise de la mise en scène remarquable.

J'aurai bien voulu assister au tournage pour le voir travailler et diriger ses acteurs.
L'histoire est intrigante, on se pose des questions sur ce mystérieux Monsieur qui semble venir en aide à celui qui en a le plus besoin, mais jusqu'à la fin on ne sait pas pourquoi il fait cela.

On reconnait dans ce film quelques influences qui viennent probablement du cinéma de Scorsese.

Pourtant, il manque quelque chose à ce film qui n'est pas au niveau des chefs-d’œuvre à venir de Pta.
Un film plutôt bavard ou les dialogues sont bien écrits et les acteurs sont formidables.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 4 novembre 2014
Premier film et déjà une grande virtuosité: mouvements de caméras pour appuyer un passage de dialogue important pour la narration, plans séquences... Le déroulement du scénario est très bien foutu: dès que l'on s'ennuie un peu ça repart et l'attention revient.
Le Blog Du Cinéma
Le Blog Du Cinéma

121 abonnés 300 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mars 2015
(...) si la forme peut convaincre sans surprendre, il faut également considérer ces quelques thèmes qui seront récurrents dans la filmo de P.T.A. (à l’exception relative de Punch Drunk Love): la transmission, la paternité, l’argent.
Plaçant son intrigue dans un univers unique, anxiogène même, Paul Thomas Anderson enferme ses personnages dans leur conceptions trop basiques du monde. Richesse, amour, honneur, bonheur… Des notions constamment invoquées par les protagonistes, mais que nous ne verrons jamais : le casino est évidemment un filtre sociétal de l’âme, un catalyseur de drames.
Comme toujours chez P.T.A., ce qui impressionne, c’est la qualité de son écriture. Non seulement en termes de narration, mais également celle des personnages. L’enchevêtrement d’anecdotes en apparence aléatoire tisse une toile que seul le dénouement viendra démêler.

La façon dont l’auteur amène ses situations est tout sauf conventionnelle : il s’agit d’abord d’installer une relation très forte, comme celle d’un père à ses enfants, d’interroger la viabilité de cette relation (Sydney est-il pervers, philanthrope ou intéressé ?)… Avant de tout chambouler en installant une mythologie plus classique (enfin, plus tarantin-esque précisément, caution Samuel L. Jackson à l’appui) mais très surprenante (...

L'intégralité de notre critique, sur Le Blog du Cinéma
shuffleup
shuffleup

8 abonnés 352 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 septembre 2024
Un vieil homme sans passé, aide 2 jeunes idiots, on ne sait pas pourquoi. Scénario très original, sur la rédemption, avec 4 acteurs excellents.
Président Bird
Président Bird

6 abonnés 181 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2024
Un film qui m’a laissé dans un état un peu incertain, entre admiration et léger malaise. Tout d’abord il faut préciser que c’est un film excellemment produit. La mise en scène et le rythme sont parfaitement maîtrisés par Paul Thomas Anderson. C’est un film qui prend son temps pour toucher juste. Le cast est de très haut vol bien sûr et délivre de grandes performances.

J’en viens là au personnage principal, le gambler Sydney, joué dans son style minéral/mitraillette habituel par Philip Baker Hall. Initialement, le personnage intéresse fortement par ses motivations mystérieuses et son autorité calme exercée à travers un langage direct et maîtrisé. spoiler: Les développements contradictoires ultérieurs du personnage, amenant un sentimentalisme incongru quand il est révélé que Sydney aide John (John C. Reilly) pour se racheter d’avoir tué son père, puis déployant une froide impitoyabilité quand il exécute Jimmy (Samuel Jackson), laissent au final un sentiment désagréable.
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