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Le Blog Du Cinéma
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3,5
Publiée le 9 mars 2015
(...) si la forme peut convaincre sans surprendre, il faut également considérer ces quelques thèmes qui seront récurrents dans la filmo de P.T.A. (à l’exception relative de Punch Drunk Love): la transmission, la paternité, l’argent. Plaçant son intrigue dans un univers unique, anxiogène même, Paul Thomas Anderson enferme ses personnages dans leur conceptions trop basiques du monde. Richesse, amour, honneur, bonheur… Des notions constamment invoquées par les protagonistes, mais que nous ne verrons jamais : le casino est évidemment un filtre sociétal de l’âme, un catalyseur de drames. Comme toujours chez P.T.A., ce qui impressionne, c’est la qualité de son écriture. Non seulement en termes de narration, mais également celle des personnages. L’enchevêtrement d’anecdotes en apparence aléatoire tisse une toile que seul le dénouement viendra démêler.
La façon dont l’auteur amène ses situations est tout sauf conventionnelle : il s’agit d’abord d’installer une relation très forte, comme celle d’un père à ses enfants, d’interroger la viabilité de cette relation (Sydney est-il pervers, philanthrope ou intéressé ?)… Avant de tout chambouler en installant une mythologie plus classique (enfin, plus tarantin-esque précisément, caution Samuel L. Jackson à l’appui) mais très surprenante (...
L'intégralité de notre critique, sur Le Blog du Cinéma
Un film qui m’a laissé dans un état un peu incertain, entre admiration et léger malaise. Tout d’abord il faut préciser que c’est un film excellemment produit. La mise en scène et le rythme sont parfaitement maîtrisés par Paul Thomas Anderson. C’est un film qui prend son temps pour toucher juste. Le cast est de très haut vol bien sûr et délivre de grandes performances.
J’en viens là au personnage principal, le gambler Sydney, joué dans son style minéral/mitraillette habituel par Philip Baker Hall. Initialement, le personnage intéresse fortement par ses motivations mystérieuses et son autorité calme exercée à travers un langage direct et maîtrisé. spoiler: Les développements contradictoires ultérieurs du personnage, amenant un sentimentalisme incongru quand il est révélé que Sydney aide John (John C. Reilly) pour se racheter d’avoir tué son père, puis déployant une froide impitoyabilité quand il exécute Jimmy (Samuel Jackson), laissent au final un sentiment désagréable.
Hard Height est un film à l'ambiance posée, presque contemplative, en contraste avec l'univers du casino où il se déroule. La prestance de Philip Baker Hall et les motivations de son personnage Syd sont les clés de voûte sur lesquelles reposent ce premier film de PTA. La brève apparition de Philip Seymour Hoffman est aussi succincte que spectaculaire.
Première fois que je vois un film dans lequel la réponse semble se trouver au début du film. Suspense total pendant une grande partie du film. Qui est Sydney, pourquoi agit il ainsi avec John et pourquoi se comporte t'il ainsi au quotidien ? Sa vie semble conduite par une sorte de retenue, de discrétion, une tranquillité et une sagesse dans ses actes, tout ceci toutefois mêlé à une détermination sans faille. Détermination montrée dès le début dans la scène où il prend John en charge. Les scènes passent et on perçoit que sa vie n'a pas toujours été aussi calme. On pense que le scénario se répète; qu'encore une fois c'est juste un bon samaritain âgé qui agit; quand il commence à prendre soin de Clémentine. On en découvre la véritable raison assez rapidement quand John déclare être fou d'elle depuis deux mois. Encore une carte révélée : il ferait tout pour John. Mais pourquoi alors ? Survient l'incident avec Jimmy, puis l'aveu de Sydney. Oui, il à tué le père de John et c'était il y à longtemps. Le scénario se déroule et on entrevoit que Jimmy ne pourra pas être épargné. La révélation serait trop préjudiciable. La fin nous le confirme et nous ramène directement au début du film, pourquoi devant le Jack's Coffee Shop Sydney s'est il penché vers John ? Que se sont ils dit avant le plan des deux tasses de café vides devant la fenêtre. Sydney à proposé de l'aider, de lui transmettre ses connaissances sur le casino. Et John ? John à révélé devoir enterrer sa mère. Il à accepté l'aide, il pense que c'est la seule issue, il ne sais pas à qui il à affaire, mais il semble résigné et il accepte. Une seule chose le préoccupe dans cette affaire et l le répète plusieures fois avant de quitter le café et de monter dans la voiture, mais à l'arrière,... la boucle est faites, bien loin d'une fin bâclée on revient automatiquement au début du film pour entrevoir ce qui anime Sydney et qui était le père de John,... (Il à tué Jimmy pour protéger John, ...)
L'histoire d'un homme qui en prend un autre sous son aile sans raison apparente. Le premier film de PT Anderson, et presque toutes ses qualités (et défauts) sont là. une narration étrange mais hypnotique, de longs plans séquences, une dilution du présent, des éruptions de sentiments allant de la tendresse à la violence. Des thèmes aussi propre au cinéaste sont la, les rapports de mentor, la deuxième chance....Malgre cela, le film ne convainc pas. En fait, le film est etrange, alors qu'il a des personnages assez touchants, il s'avère froid, avec un rythme monocorde, et des longueurs dans sa 2ème partie. Du talent, mais aussi de la prétention dans ce film
Avant de marquer l'histoire du cinéma américain, le jeune Paul Thomas Anderson signait en 1996 son tout premier long-métrage : "Double Mise" (Hard Eight). Ce coup d'essai, sous forme de polar intimiste et crépusculaire, révèle déjà une maturité formelle saisissante. S'il n'a pas encore l'ampleur de ses chefs-d'œuvre à venir, ce film noir feutré s'impose comme une œuvre solide et profondément humaine.
La plus grande réussite du film réside dans sa mise en scène, déjà d'une élégance rare pour un premier essai. Anderson évite le piège du clinquant de Las Vegas pour filmer les motels miteux et les cafés déserts de Reno, installant une superbe atmosphère de film noir mélancolique. Ce décor de solitude sert d'écrin à une étude humaine subtile et touchante, axée sur la filiation improvisée et la culpabilité. Pour porter ce drame, le réalisateur s'appuie sur une direction d'acteurs remarquable : Philip Baker Hall est impérial de mystère en vieux joueur protecteur, John C. Reilly est d'une naïveté désarmante, tandis que Gwyneth Paltrow et Samuel L. Jackson apportent une tension parfaite. Les amateurs apprécieront également le caméo mémorable de Philip Seymour Hoffman en joueur de craps arrogant, posant la première pierre d'une collaboration légendaire.
Néanmoins, "Double Mise" porte les stigmates d'un premier film au développement chahuté. L'intrigue reste dans l'ensemble un peu trop classique et linéaire, manquant parfois de la complexité ou du suspense nécessaires pour pleinement captiver. Le récit souffre d'ailleurs de quelques longueurs et de baisses de régime dans son deuxième acte. De plus, les cicatrices d'un montage difficile — le film ayant été malmené par ses producteurs — se font parfois sentir, nuisant par moments à la consistance globale de l'intrigue. Ce manque de fluidité culmine dans un dénouement abrupt et trop rapide, qui expédie la résolution du thriller de manière un peu artificielle, laissant un léger goût d'inachevé.
"Double Mise" n'en demeure pas moins un thriller psychologique hautement recommandable. Porté par une ambiance feutrée envoûtante et des comédiens exceptionnels, il témoigne de la naissance d'un immense cinéaste.
C'est un peu compliqué de juger car il y a deux films dans le film - mais aucun n'est mauvais. Le premier est une exploration de la faune hantant les casinos de Vegas et Reno - efficace car d'une grande sobriété. Le second (on ne se rend pas compte que 45 minutes se sont déjà écoulées) est un thriller relativement convaincant mais très, trop rapide. Le jeu extraordinairement beau de Philip Baker Hall et le charme assez vénéneux de Paltrow font le liant et donnent à ce premier film toute sa place dans la filmo de PTA.
Ce film me rappelle ces romans de gare qu’on lisait le temps d’un voyage, qu’on abandonnait sur un siège à l’arrivée et dont on avait tout oublié le lendemain, souvent très noirs rarement passionnants. Ce film c’est un peu ce genre de misère : il nous invente une improbable histoire d’arnaque au sein d’un casino et on peine à y croire tant ces milieux sont surveillés, controlés et épiés par tous les moyens. On a à faire à des personnages qui ont le QI d’une mouche pour les uns et une vilenie diabolique pour les autres. Mais l’histoire est aussi minable que les personnages. Le récit est fade et indigeste, banal et prévisible. Les acteurs font tout pour avoir l’air aussi bêtes et méchants que possible. L’auteur essaye de créer de l’émotion, du sentiment voire de l’amour, mais c’est raté : rien ne prends, nuit totale ; on reste sur sa faim car on a rien ressenti sinon un sommeil envahissant… Le train entre en gare et l’histoire est finie. Aucun regret !