Léon Morin, prêtre
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Housecoat
Housecoat

139 abonnés 393 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 décembre 2017
Jean-Paul Belmondo a son rôle tout trouvé dans Léon Morin, Prêtre. Le propos de Jean-Pierre Melville avec ce film peut paraître brouillon, ne semblant pas vraiment savoir où aller avec certains personnages, mais une chose est sûr, toute l'essence du film se trouve dans les dialogues entre Emmanuelle Riva cherchant à se moquer de la religion et le jeune prêtre Morin qui ne manque pourtant d'aucune répartie savoureuse à chacune des rhétoriques de son interlocutrice à la seconde où elle lui laisse le champ libre pour lui transmettre sa vision assez avant-garde et désillusionnée de la religion malgré sa très grande foi. Le but du prêtre n'est pas de convertir aveuglément sa protégée mais de lui ouvrir l'esprit librement sans contrepartie, de ce fait il ne descend jamais de son piédestal, il dégage sa profondeur par simple esprit de réflexion, enseignant de facto le spectateur à lui-même s'en poser sur le sens de sa croyance en dehors de la direction littérale des écrits. Rien de bien étonnant que le film a perdu en intérêt pour moi dès que Barny se rend compte que sa conversion fut possiblement motivé par la beauté du prêtre, dès lors la réflexion perd en richesse. Reste une oeuvre majeure du cinéaste.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 décembre 2017
Ce film n'est clairement pas celui que j'apprécie le plus de Melville.
En effet ces films policiers sont plus faciles d'accès que cette histoire entre une femme et un jeune prêtre.
Elle, on ne sait pas trop d'où elle vient, on sait juste qu'elle a un enfant, qu'elle a mis à la campagne pendant ces difficiles années de guerre. Lui est un jeune prêtre, très mature, très philosophe qui veut aider les gens, les éduquer, leur donner les clés de la religion. C'est étonnant de voir le nombre de jeunes femmes qui tournent autour de lui. On le voit d'ailleurs évoluer chez lui, recevant du monde, plutôt que dans son église. Belmondo peut paraître comme un choix peu évident pour un rôle de prêtre, mais il passe bien, mais surtout dans un rôle de confesseur et de professeur de philosophie. Mais le vrai héro du film c'est bien Riva que l'on suit dans sa vie, ses doutes etc...Ce film donne une très bonne image de la religion, cela semble simple. Rien que pour ça cela vaut le coup de le voir. Néanmoins ces longues discussions deviennent un peu ennuyeuses. Je n'ose imaginer la version initiale de 3h.
Michel P.
Michel P.

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 novembre 2017
Quel chef d'oeuvre !!!
Sans nul doute un des meilleurs rôles de Belmondo avant sa dérive " guignolo bebel" (néanmoins respectable car relevant d'un autre registre).
J'ai été bouleversé par cette magnifique histoire qui interpelle l'athee que je suis sur ce que devrait être toute religion: une école de courage, de tolérance et d'abnégation.
Emmanuelle Riva excelle par la profondeur et la justesse de son jeu tout en nuances et délicatesse.
Quelle immense artiste !!!
Elle aurait mérité beaucoup plus de grands rôles que ne lui offrit sa pourtant admirable et longue carrière.
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juillet 2017
Des dialogues profonds et bien écrits et une réalisation d'une grande pureté. Bien qu'il n'y ait pas à proprement parler d'action, car presque tout le récit repose sur la lente évolution des sentiments de l'héroïne, Melville parvient à susciter de la tension jusqu'au dénouement final (d'ailleurs un peu décevant).
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 4 mai 2017
Alors que sort « La confession », revisitons les classiques avec la première adaptation du roman éponyme goncourisé en 1952. Melville, valeur montante de la nouvelle vague, met en place ici ce qui fera la gloire de son cinéma jusque de l’autre côté de l’atlantique ; mais c’est son film suivant « Le doulos » qui marquera réellement le début d’une filmo sans faille. Ce film se démarque du reste de sa filmo par le fait que le personnage central est une femme. Dans une mise en scène hyper statique tournant autour de plans fixes et d’une voix off bien trop présente, elle est le seul personnage en mouvement. Un jour, cette femme, veuve, juive, athée et mère d’une petite fille entre dans un confessionnal pour « se faire du curé ». Prise à son propre piège, elle se converti et est ensuite hantée par l’idée de « se faire le curé ». Description d’une société de femmes seules avec des hommes soit morts soit maquisards soit au STO, Barny se fantasme une vie sexuelle, tout d’abord avec sa chef de bureau et ensuite avec le beau curé du village. Et elle n’est pas la seule à tenter de le faire succomber ; lui en profite pour ramener des esprits égarés au bercail tel un missionnaire s’appuyant sur de longues saillies verbales théologico philosophique enlevées. Les dialogues sont littéraire. Le sujet du film pour un cinéaste athé comme Melville n’est pas religieux, il place le suspense ailleurs : Morin va-t-il tomber la soutane ? Car il a l’air assez attiré par Barny lui aussi… tout au moins intellectuellement… ou alors par défi ecclésiastique en voulant la ramener à la raison. Le film ne répondra jamais à cette énigme. Tant pis. Après on est en 1961, les acteurs brillants de la Nouvelle Vague (Belmondo et Riva) sont là ; Melville se permet alors une chose osée pour l’époque : évoquer l’homosexualité féminine et la masturbation. Quoi qu’il en soit 2h, c’est un peu long pour un suspense intimiste aussi maigre sans intensité dramatique, malgré la très grande intelligence des propos. Ensuite, Melville construit son film autour d’ellipses nombreuses ; mais le montage des séquences est quelquefois tout bonnement calamiteux, haché à outrance. Un cinéaste en devenir…
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 avril 2017
Davantage une réflexion sur la religion qu'un véritable amour, du moins dans sa première partie. Des longues discussions va naître un désir de celui qui l'écoute mais également un désir mystique: "Merci d'avoir fait de votre serviteur Morin une oeuvre accomplie"
Intéressant dans le cheminement de la pensée.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 février 2017
Face au "Cercle Rouge", à "L'armée des ombres" ou au "Deuxième souffle", il est vrai que l'on a un peu tendance à oublier "Léon Morin, prêtre" dans la filmographie de Jean-Pierre Melville. C'est pourtant l'un des plus beaux films du réalisateur. On est loin du polar, loin de la noirceur mais on est déjà dans l'adaptation littéraire et dans l'épure. Adaptation d'un roman de Beatrix Beck, le film se passe pendant l'Occupation. Barny, jeune veuve d'un mari juif fait la rencontre de Léon Morin, un prêtre pour le moins atypique qui l'invite à passer régulièrement chez lui pour parler de religion et d'autres choses. Recevant régulièrement des femmes chez lui, Léon Morin ne laisse pas Barny indifférente, elle qui décide de se convertir alors au christianisme. Mais est-ce pour elle ou pour les beaux yeux de l'abbé Morin ? Et Morin a-t-il conscience du charme qu'il exerce sur les femmes qui viennent le voir ? Baignant dans une certaine ambiguïté, le film ne donne pas réponse à toutes nos questions, se contentant de montrer par le biais de courtes scènes (le sens de l'ellipse du film est étonnant) comment Barny est de plus en plus troublée par Léon Morin. Filmé dans une épure la plus totale mais avec des cadres toujours soigneusement composés, le film n'évite pas d'être bavard mais bouleverse par la multitude de thèmes abordés (le désir, la foi), par l'audace de ton qu'il se permet spoiler: (Barny n'ayant tout de même pas peur de confesser qu'elle se masturbe de façon détournée)
et surtout par l'interprétation des acteurs, en toute simplicité, sans artifices. Si Jean-Paul Belmondo trouble dans le rôle de Léon Morin, prêtre beau gosse avec ses discours audacieux et ses manières surprenantes, Emmanuelle Riva y est tout simplement superbe en femme troublée par le désir qui l'envahit alors que la foi serait plus de rigueur. Finement écrit, magnifiquement joué, voilà bien la plus belle œuvre de Melville sur laquelle plane un souffle mystique et beaucoup de désirs, beaucoup de non-dits qui méritent d'être montrés.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 mai 2016
Un drame intéressant sur la relation d'une jeune veuve qui tombe amoureuse d'un prêtre cherchant à la convertir. Je trouve que le film se perd dans les mœurs de son époque. Il est admirablement joué mais ne suscite pas suffisamment le débat en dehors des pensées de la veuve. Les réflexions évoquées par le prêtre sont trop neutres et il semble hors du coup. Mais l'on s'aperçoit de son travail de longue haleine et d'une foi inébranlable.
ManoCornuta

359 abonnés 3 068 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 septembre 2015
Melville met toute sa subtilité au service d'une histoire d'attirance contrariée entre une jeune femme et un jeune prêtre, sur fond d'Occupation et d'interrogations sur la religion, sur le mode "Et Dieu dans tout ça?". Les acteurs sont remarquables de justesse, et par petites touches évocatrices plutôt qu'un parti pris frontal, Melville dresse un portrait de la France de l'époque, ni forcément collabo ni vraiment résistante, pétrie de toutes les ambiguïtés possibles. De la belle ouvrage mais un peu datée et avec quelques longueurs qui empêchent d'être totalement pris dans le film.
NomdeZeus
NomdeZeus

131 abonnés 1 044 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 décembre 2014
Dans un village français occupé, un prêtre séduisant (Jean-Paul Belmondo) et une jeune veuve athée (Emmanuelle Riva) mènent régulièrement des discussions animées autours de la religion. Leur relation va peu à peu se teinter d’ambiguïté. Avec des thèmes aussi compliqués que la foi et le désir, il fallait la finesse d'un Melville et le jeu envoutant de deux grands acteurs pour conférer à ce film toute la pudeur qu'il mérite. Néanmoins, en dehors de la photographie magnifique, la mise en scène ne m'a pas emballé plus que çà. L'enchainement assez haché des scènes et la présence un peu trop marqué de la voix-off donnent un coté vieillot à ce film pourtant si moderne dans son propos.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juillet 2014
Tout en sobriété et en retenu, Melville offre ici un drame touchant porté par un très grand Belmondo.
Nico591
Nico591

53 abonnés 800 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 mars 2014
Avant d’être le maitre du polar et du films de gangsters à la française, Jean Pierre Melville a réalisé un film plus dramatique et plus intimiste dans lequel une femme et un prêtre pendant l'Occupation vont entretenir une relation qui va progressivement évoluer vers l'amour au fil de leurs discussions philosophiques sur la vie, la religion.
Si le film est formidablement interprété, notamment par Emmanuelle Riva qui avec sa voix douce nous charme tout le long du film, il accuse cependant son age au niveau de la réalisation.
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mars 2014
J'aime beaucoup Jean Pierre Melville, tout comme le Jean Paul Belmondo de cette époque, donc "Léon Morin, Prêtre" avait tout pour passionner. On suit donc une jeune veuve, qui au fur et à mesure de discutions avec lui, va tomber amoureuse d'un prêtre. L'histoire se passe durant l'occupation. On y suit les discutions entre elle et le prêtre, toujours intéressant, malgré un scénario peu développé et un rythme assez lent. Les dialogues sont bien écrit, et les thèmes abordés le sont fait de belle manière et intelligemment. Ça parle de la vie, de l'amour possible et impossible, de la religion, avec comme arrière plan l'occupation et ses problèmes. Le prêtre est bien humanisé, loin des caricatures que l'on voit si souvent sur le prêtre un peu réac. Et on a le droit à une fin particulièrement réussi. La narration est vraiment bien faite. Le film est captivant, grâce donc à ces dialogues, sa mise en scènes ainsi que par deux brillantes prestations. Encore une fois, on a la confirmation que, quand il s'en donne la peine, Belmondo est un acteur exceptionnel. Il livre une prestation très juste du prêtre. Emmanuelle Riva, très sobre, est parfaite. La musique de fond est toujours agréable. Un beau film.
Akamaru

3 503 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 février 2014
Avant ses plus grosses productions adulées par les Américains,Jean-Pierre Melville tournait des films plus minimalistes s'approchant de la chronique sociale. Comme "Léon Morin prêtre"(1961). Dans un petit village,sous la France de l'Occupation,et alors que les hommes sont au combat ou au STO,seules les femmes restent. L'une d'elles,dactylographe,tombe sous le charme d'un évêque attirant mais par définition inaccessible. Emmanuelle Riva,avec son jeu moderne et expressif,parvient aisément à faire partager ses tourments. On ne sait si elle se convertit au catholicisme par foi ou par intérêt. Face à elle,un Jean-Paul Belmondo inédit qui était encore,par méprise,l'égérie de la Nouvelle Vague. Leur pas de deux est déstabilisant par fondé à priori sur des intérêts divergents. C'est toute l'ambiguïté qui donne son sel au récit,ainsi que les discours spirituels sur la croyance ou non en Dieu. A contrario,le film est excessivement statique et peut lasser car seul le personnage féminin évolue et est en mouvement. Melville semble prêcher l'anti-catholicisme,mais ce n'est pas très clair,autre mauvais point. Un film tout de même très intéressant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 janvier 2014
Emmanuelle Riva, Belmondo, un beau film philosophique sur la religion et les doutes de la vie.
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