L'Homme qui tua Liberty Valance
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206 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 5 octobre 2012
Ce n'est pas un western comme on pourrait s'y attendre. Il faut comprendre par là qu'il y a très peu de fusillades, aucun indien en colère, ni encore de shérif héroïque. C'est très bavard et là est tout l'intérêt : mettre en évidence le point de bascule qu'il y a eu au début du XXe siècle lorsque la loi sauvage de l'Ouest a cédé sa place à une structure fondée sur le dialogue et la légalité.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

257 abonnés 2 705 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 décembre 2017
Un must-see du western, et sans doute un de ceux qui ressortent du lot.
L'histoire est très intéressante est sort un peu de la tonalité parfois assez simpliste du genre. Les deux personnages principaux sont superbement écrits et digne des plus grands héros hollywoodiens.
L'interprétation de John Wayne et James Stewart est au sommet. Lee Marvin est également bon.
Les scènes de fusillade sont franchement prenantes et bien réalisées.
Un excellent classique.
dahbou
dahbou

249 abonnés 2 186 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mars 2008
Quand la légende dépasse la réalité, imprimez la légende, c'est à travers cette phrase que John Ford questionne la dualité entre mythe et réalité tout en s'interrogeant sur la place de ces mythes dans l'histoire Américaine. On retrouve en plus les légendaires John Wayne et James Stewart accompagné de Lee Marvin dans ce western désenchanté, véritable chef d'oeuvre impossible à contester.
sword-man
sword-man

104 abonnés 1 017 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 juillet 2011
"L'homme qui tua Liberty Valance" est un bien un grand western, avec un grand scénario, filmé dans un superbe noir et blanc et interprété par de grands acteurs. Grand western sur la légende qui fonda un mythe, le genre d'histoire qui passionne les américains: le mythe qui a marqué son époque, qui a changé son époque. voilà les éléments des grands westerns.
Flotibo
Flotibo

74 abonnés 1 441 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 juillet 2010
Un bon petit western de John Ford, remarquablement interprété par John Wayne. Le scénario est intéressant avec une fin inattendue. Sans être fan du genre, j'ai passé un bon moment !
Mr-Orange
Mr-Orange

33 abonnés 64 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 juillet 2012
La fin d'une époque. La fin d'un mythe. L'Ouest sauvage bouleversé par la modernisation amenée par un jeune avocat du nom de Stoddart, et enterré par un duel truqué.
Il y a deux partis de la légende; le notre, chers spectateurs et celui des personnages fictifs. Nous, sommes les témoins de Tom Doniphon, cow-bow individualiste qui sombre dans l'amertume voyant sa période de gloire révolue par l'homme qu'il a lui-même sauvé deux fois et qui se fera voler la vedette, et la femme. Celui des personnages, reconnaissants à Stoddart, pensant qu'il a débarrassé Shinbone d'un terrible bandit, Liberty Valance.
" Rien n'est assez bon pour l'homme qui a tué Liberty Valance" dit un steward de train à Stoddart lorsque ce dernier le remercie du confort qu'il lui offre.
Et pourquoi personne ne s'est demandée comment un novice en tir comme Stoddart a pu vaincre le grand bandit local ? Car, comme le dit un rédacteur en chef dans le film, répondant à la question de James Stewart (Stoddart dans le film) si ils vont publier la vérité sur le duel :
« On est dans l'Ouest, ici. Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende ».

Il y a donc des milliers de choses à dire sur ce film tellement les répliques sont bien choisies. Scénario très dense, John Ford (le premier film que je voie de lui) signe là un western nostalgique et mélancolique, agrémenté d'une touche de politique. John Wayne est parfait en cowboy déchu, désabusé et dépassé par la tournure que prend l'Ouest, et James Stewart très bien aussi dans son rôle d'homme de loi spéculateur qui met fin à la justice personnelle. Peut-être le western le plus émouvant que j'ai vu. Manque peut-être une bonne musique de Rota ou de Morricone.

C'est pourquoi je préfère les westerns américains aux westerns spaghettis. Tandis que les westerns spaghettis misen pratiquement tout sur la beauté du décor et des plans, et sur la musique (exceptionnelle souvent) ; les américains sont davantage subtils, plus avancés dans leurs propos. Tout cela n'est évidemment qu'une question de subjectivité.

Il y a également une scène qui m'a marqué (ceux qui n'ont pas vu le film sont conseillé de ne pas lire, bien que ce n'est pas un spoil important, il se peut que cette scène soit moins surprenante) mais dont on ne parle pas beaucoup : celle où le médecin, voyant Liberty Valance en train d'agonir, demande une bouteille de whisky. Une fois qu'il l'a en main, la logique voudrait qu'il en verse sur les plaies, mais se contente de la boire, passage très ironique et cynique, le genre de trucs dont je raffole.

Un formidable film plus complexe qu'il y parait, une véritable odyssée sur la naissance de l'institution américaine et sur la fin d'une époque, Peckinpah and cie peuvent lui dire merci.

Notons que ça m'a fait plaisir de remarquer que Woody Strode (l'acteur qui joue le compagnon de Doniphon) a aussi joué l'un des trois tueurs qui attendent dans la gare l'Harmonica dans la première scène d'Il était une fois dans l'Ouest.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

273 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 janvier 2008
Si le cinéma de John Ford et son exemplaire patience de narration s’applique à merveille à un genre, c’est à l’évidence au mélodrame. «The man who shot Liberty Valance» (USA, 1961), western fordien en noir et blanc, par surcroît de proposer l’association à l’écran de John Wayne et James Stewart, propose un drame infaillible où l’agencement narratif fournit l’attrait majeur. Ford narre l’histoire par une succession perpétuel de mystères. L’œuvre s’emmanche par l’arrivée du couple d’un gouverneur (James Stewart et Vera Miles). Premier arcane : Que viennent-ils dans une contrée si chétive ? Quelques séquences plus tard, Ford nous répondra qu’ils viennent assister à l’enterrement d’un vieil ami : Tom Doniphon. Or qui est ce Doniphon ? Ainsi s’engage le flash-back qui entreprend de nous narrer la rencontre entre tout les protagonistes. Ainsi se déroule le film, par un continuel encastrement des interrogations narratives, excellent moyen par ailleurs de maintenir la curiosité de public. Mais «The man who shot Liberty Valance» se dissocie des différentes œuvres de Ford par sa violence explicite. L’introduction du flash-back s’en veut pour preuve. Un carrosse de voyage entreprend un virage lorsque des brigands viennent piller les voyageurs. S’opposant à la malhonnêteté des pillards, le personnage de James Stewart se verra frapper ardemment par le dénommé Liberty Valance. Si l’architecture narrative fournit la singularité de l’œuvre, l’image de la violence, ultra-moderne pour les années 61, enchérit l’exceptionnelle valeur du film. Et John Wayne ? Légende fordienne, l’acteur est là sujet du mélodrame. Son amour trahi, ses valeurs imperturbables (et son élégance immuable) en font un excellent sujet de tragédie. D’autant plus que la musique de Cyril J. Mockridge, fameux compositeur américain, soutient sans jamais aplanir les scènes d’«émotion». Œuvre «culte» du cinéma fordien, c’est notamment sa valeur exemplaire de la tragédie américaine qui en fait un grand film.
Kill-Jay
Kill-Jay

80 abonnés 928 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 avril 2012
"L'homme qui tua Liberty Valance" marque un tournant évident dans l'histoire du western. John Ford, pour son avant-dernier film du genre, innove par son scénario complexe et atypique, mais à la fin un peu prévisible un genre classifié par lui-même et par deux nombreux autres grands réalisateurs de l'époque. Je n'ai pas apprécié plus que ça ce film dans son histoire que j'ai trouvé parfois un peu longuet mais j'ai apprécié la profondeur de l’œuvre qui témoigne du talent inévitable de Ford que ce soit dans la mise en scène ou dans l'écriture de ce western. Ford bafoue donc les règles du western classique et dépoussière le genre et avec John Wayne, James Stewart et Lee Marvin il réunit un casting de premier choix, et même si les deux premiers ne sont pas dans leur meilleur rôle ils restent très convaincant et très imposants à l'écran
girondins59
girondins59

45 abonnés 490 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 août 2007
L'oeuvre de John Ford a toujours était marqué par l'édification de mythes du grand Ouest avec très souvent le grand John Wayne dans le rôle principal. Pour l'un de ses derniers films, "L'Homme qui tua Liberty Valance", c'est tout le contraire qui s'y produit car Ford nous démontre que les légendes sont basées sur du vent et que les plus faibles ne peuvent pas vaincre les bandits les plus cruels. "Si la légende dépasse la réalité, imprimez la légende", cette réplique devenue célébrissime est un résumé très court de tout ce que représente ce film. Dans le rôle du faux-héros non dénué de courage, James Stewart accompagné par John Wayne qui joue cette fois les sauveurs de l'ombre. Le duo représente bien sûr l'un des principaux intêrets du film mais à noter aussi la performance de Lee Marvin dans le rôle du célèbre Liberty Valance qui parvient à donner à chacune de ses apparitions une tension terrible, preuve de la démesure du personnage. John Ford n'a peut être pas réalisé LE western mais il a néanmoins apporté au genre l'un des tout premiers films à ternir l'image des cow-boys au grand coeur et de l'Ouest sauvage bien propret alors qu'il avait été l'un des principaux pionniers de cette vague.
Matis H.
Matis H.

40 abonnés 162 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 décembre 2016
Après le bouleversant "The Searchers", je voulais, que dis-je, je me devais de voir un autre Ford. Car, lorsque l'on réalise un film pareil, à la fois sublime et tétanisant de bout en bout, cela ne peut pas être un coup de chance. Il fallait donc que j'explore le reste de la filmographie de Ford, dans l'espoir, un peu illusoire je l'admet, de retrouver ce qui rendait "The Searchers" si marquant. Et, malgré quelques réticences, "The Man Who Shot Liberty Valance" est l'oeuvre de la confirmation.

Car, une fois encore, s'empare du western classique pour l'emmener plus loin.
Plus loin dans la mise en scène pour commencer, avec l'efficacité, la beauté et l'économie du spectaculaire qui lui est propre, car lorsqu'il décide de céder aux mouvements de caméra vertigineux ou aux instants de montage sublimes, ce n'est jamais gratuit et on en ressort avec le sentiment d'un cinéaste qui maitrise son oeuvre et qui sait se laisser le temps de prendre l'intérêt du spectateur avant de lui donner du cinéma, de celui qui est rare et percutant et dont on est content d'avoir eu la patience de pleinement en profiter.

Plus loin dans la réflexion pour commencer, car là où il dépeignait un homme dont le monde n'avait plus utilité dans "The Searchers", il présente ici Wayne et Marvin comme les deux dernières figures d'un Ouest révolu, qui vont devoir faire place au monde civilisé, symbolisé par Stewart, dans lequel la loi du plus fort n'a plus sa place.
Cependant, Ford contrebalance la douce mélancolie de voir ce monde disparaitre, au profit d'une justice considérée comme plus humaine, par sa vision désenchanté d'une Amérique basé sur le mensonge et où la renommée d'un homme se fait, malgré ses actions justes et son activité politique, sur le meurtre d'un ancien bandit local.

C'est autour de ces deux axes que Ford va construire son récit et ses personnages, tous en nuances et en contradictions, bien que le Liberty Valance du titre peine à faire ressentir son importance et son aspect de "figure" d'un genre. Si il ne parvient pas à éviter quelques longueurs, le cinéaste parvient tout de même à captiver, car les rapports d'oppositions et de rapprochements entre les protagonistes se renouvellent constamment, créant même des scènes déchirantes à l'image de celle où Wayne comprend que Hallie n'a plus sa place avec lui et se résigne à la voir aimer Stewart.

Et c'est peut-être là le point le plus marquant du long-métrage, Tom Doniphon, interprété par un John Wayne bouleversant, éternel cow-boy prêt à tout sacrifier, que ce soit sa santé ou la femme qu'il aime, au profit de ce qu'il pense être juste. De cette manière, Ford démontre une nouvelle fois l'amour profond qu'il porte à ces personnages, cherchant parfois même le comique (hilarant Edmond O'Brien), le tout avec une compassion extrêmement touchante.
Si "The Man Who Shot Liberty Valance" ne parvient pas à atteindre le niveau de "The Searchers", car il ne possède pas le lyrisme de ce dernier et qu'il ne parvient pas à être passionnant tout du long, tout en ayant quelques défauts factuels dommageables, il reste indéniable que nous sommes face à une oeuvre à laquelle nous devons donner l'attention qu'elle mérite.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 mars 2011
John Ford nous montre la fin d'une époque. Celle de l'ouest sauvage conquis par la bureaucratie des États-Unis d'Amérique. Le seul vrai duel ici se fait à distance, entre Tom Doniphon et Ransom Stoddard, l'un représentant la vieille époque, l'autre la naissance de la civilisation moderne. Liberty Valance n'est qu'un prétexte pour illustrer cette lutte. A l'image d'ailleurs de Peabody, le journaliste local, qui soutient Stoddard dès son arrivé a Shinbone, et s'opposant courageusement à Liberty Valence par son journal, préfigurant ainsi l'importance de la presse dans la société moderne.


ATTENTION SPOIL !!!

La deuxième lecture que j'entrevoie est celle d'une vision un peu amère de la part de John Ford sur la société moderne. J'en veux pour preuve Stoddard, qui malgré son intégrité n'aurait pas pu se défendre sans l'aide de Doniphon. Ainsi, cette société basée sur la justice n'existe que grâce à une exécution arbitraire, sans aucune forme de procès pour Liberty Valance (qui n'a d'ailleurs commis aucun meurtre dans le film). Cette exécution va donc à l'encontre des valeurs portées par Stoddard. Au-delà de cette contradiction, John Ford rend là, pour moi, une sorte d'hommage mélancolique à l'ancienne époque qui a acceptée de s’effacer à contrecœur pour laisser place à cette modernité.

Tout est d'ailleurs résumé dans les dernières paroles que s'échangent Doniphon et Stoddard:

- J'ai tué de sang-froid. Je n'ai pas de scrupules ! Hallie est heureuse, elle t'aimais.
- Vous m'avez sauvé la vie !
- Pour mon malheur ! Hallie est à toi maintenant, retourne et accepte d'être élu.

"L'Homme qui tua Liberty Valance" fait donc bien partie des meilleurs western de John Ford même si, pour ma part, ça n'atteint pas la dimension mythique d'un "Il était une fois dans l'Ouest" ou "Le Bon, la Brute et le Truand".

Elle est peut-être là, la différence majeure entre ces deux monstres sacrés du western : quand John Ford a fait le choix de filmer les raisons d'un mythe, Sergio Leone, lui, a filmé le mythe tout court.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 777 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 mai 2018
« L'Homme qui tua Liberty Valance » est précédé par une glorieuse réputation. Au point qu'on le cite régulièrement comme l'un des tous meilleurs, sinon le meilleur film de John Ford. Hélas, ce genre de réputation est souvent à double tranchant : j'en ai fait l'amère expérience, et de ce que je lis ici et là, il me semble que je suis loin d'être le seul. Car j'ai eu le malheur de me jeter sur ce long métrage pour pouvoir découvrir « mon premier » John Ford. Sûr de taper dans le mille, il y a une dizaine d'années j'ai emprunté le DVD... mais quelle ne fut pas ma surprise, et surtout ma déception...

Car « L'Homme qui tua Liberty Valance » n'est pas un western classique à proprement parler. Terriblement déçu, j'ai donc laissé la filmographie de John Ford de côté pendant des années – à tort, mais aujourd'hui l'erreur est heureusement réparée, ce qui n'est pas le cas pour tout le monde hélas... En effet, il n'y a pas ici de grands espaces à l'horizon, et encore moins la présence majestueuse de la fameuse Monument Valley. Il n'y a pas non plus de chevauchées endiablées, ni d'attaques d'Indiens ou de charges de cavalerie Yankee ou Confédérée... Car ce long métrage est avant tout un méta-western. Un film qui pense, qui analyse, qui déconstruit pour reconstruire ce genre cinématographique. C'est à ma connaissance peut-être le seul. En tout cas, il reste inégalé, notamment grâce à ses différents niveaux de lecture, d'une grande richesse.

Tout d'abord, c'est le récit d'un trio de personnalités qui s'affrontent : James Stewart joue Ransom Stoddard, un jeune avocat courageux mais littéralement démuni dans l'Ouest violent ; John Wayne incarne Tom Doniphon, un cow-boy roublard et physique, généreux mais craint pour l'agilité de sa gâchette ; et Lee Marvin est Liberty Valance, bandit personnifiant le mal à lui seul : la méchanceté, la brutalité, la cruauté. Si Stoddard ne craint pas Valance, même après que celui-ci l'ait laissé pour mort après avoir attaqué sa diligence, seul Doniphon est réellement en mesure d'affronter ce dernier.

Mais Stoddard ne l'entend pas de cette oreille. Résolu à se venger de l'affront que Valance lui a infligé, mais aussi à défendre la population de son village contre les grands propriétaires terriens et leur homme de main : Liberty Valance, encore et toujours lui, Stoddard veut faire respecter la loi. Si Doniphon ne croit qu'en la vertu d'un revolver chargé pour se défendre, Stoddard estime que le droit vaincra, et qu'une nation civilisée sortira du Far West aux mœurs sauvages. Ainsi nos trois personnages principaux incarnent-ils trois idéaux-types : l'idéal civilisé, non violent, pacifié ; l'idéal de la virilité guerrière, se battant pour l'honneur et le bien, quitte à faire usage de la violence ; le mal et la violence déchaînée, toujours à l'affut pour prendre la place du bien et soumettre les faibles.

Qui plus est, l'intrigue repose également sur l'opposition entre Stoddard et Doniphon, tous deux épris de la belle Hallie, qui tantôt préfère la force de Doniphon/Wayne, quand sa rusticité ne l'exaspère pas, tantôt préfère la vive intelligence et le courage inconscient de Stoddard/Stewart, et même sa touchante faiblesse. « L'Homme qui tua Liberty Valance » n'est pas seulement un affrontement viril, c'est donc aussi un triangle amoureux tragique.

Mais on ne peut oublier enfin la grande dimension historique et sociologique de ce long métrage. A l'instar de « Princesse Mononoké » de Miyazaki (je sais, la comparaison peut sembler hardie), ce film est le récit du passage du mythe à la réalité plate et pragmatique, du passage d'un monde merveilleux à un monde désenchanté, épris de raison et privé de la magie de l'Ouest et de ses contrées ouvertes à l'aventure la plus pure. Deux éléments en sont la manifestation la plus évidente.

Premièrement, c'est la loi qui a le dernier mot. Le héros de l'histoire, voire de l'Histoire, c'est Ransom Stoddard, avocat devenu un célèbre sénateur, révéré voire déifié pour avoir tué Liberty Valance, ironie de l'histoire pour un pacifiste consciencieux comme lui. Et celui qui a tout perdu, honneur, femme, patrie, c'est Doniphon, le vieux cow-boy vigoureux, mort dans l'anonymat et le dénuement le plus total. Là encore, ironie de l'histoire quand on connaît la vérité. La loi a domestiqué la violence, peut-être a-t-elle aussi fait taire l'honneur et le courage. Comme dans « Mononoké », John Ford nous fait comprendre que le nouveau monde a perdu quelque chose de l'ancien, et quelque chose d'important, peut-être même son âme, même s'il n'est pas explicite et reste mesuré, donc subtil.

Deuxièmement, et pour parachever le tout, le dernier plan vient illustrer à merveille ce basculement vers une nouvelle ère : un train s'échappe dans le paysage, dans une courbe gracieuse, s'élançant dans des terres là aussi domestiquées. Ça y est, le citoyen Américain est en territoire conquis, il ne s'aventure plus dans l'inconnu, les États-Unis sont finis, au sens limités et connus, il n'y a plus grand chose à découvrir, et les grandes étendues d'hier ressemblent plus à un jardin anglais qu'au terrible Far West de la légende... Et l'instrument de cette victoire est le train, le rail, la technologie en somme.

« L'Homme qui tua Liberty Valance » est donc un film très riche, profond, mais également parfois très drôle. Car pour finir je ne peux pas ne pas évoquer un des sommets drôlatiques de ce long métrage : le monologue quasi shakespearien de Peabody quand il est totalement ivre, dans son bureau, qui vaut presque à lui seul le visionnage de ce film. Et j'oubliais la scène du steak, proprement dantesque et elle aussi mythique – et tant d'autres passage bien sûr !

Bref, je vous conseille de regarder d'abord une bonne dizaine de films de Ford, notamment ses westerns admirés à raison (« La Chevauchée Fantastique », « La Prisonnière du Désert », « La Poursuite Infernale », « Rio Grande »...) ou ses grands films plus contemporains (« L'Homme Tranquille » ou « Qu'elle était verte ma vallée »), et je vous assure qu'après vous apprécierez d'autant plus « L'Homme qui tua Liberty Valance », merveilleux long métrage et véritable testament spirituel et artistique de John Ford.
rogertg2
rogertg2

37 abonnés 762 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 septembre 2007
Un superbe western, en noir et blanc avec un véritable scénario, qui nous captive de bout en bout avec une fin surprenante : "Nous sommes dans l'Ouest et ici, quand la légende dépasse la réalité, nous publions la légende". James Stewart, John Wayne et tous les autres sont excellents.
AlexTorrance
AlexTorrance

33 abonnés 486 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 février 2012
Sans être un grand film, L'Homme qui tua Liberty Valance reste un western assez plaisant, particulièrement grâce à la présence du grand James Stewart (et, à la limite si on aime, John Wayne) devant la caméra du grand John Ford. Car évidemment, il est clair que le scénario ne casse pas vraiment de briques et se contente uniquement de suivre académiquement le guide du parfait western. De ce fait, il n'en résulte pas vraiment de surprises, et l'ensemble reste plutôt prévisible.
Samuel S.
Samuel S.

31 abonnés 398 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 septembre 2013
Mouai bof... Ce n'est pas le meilleur western que j'ai pu voir, et encore moins le meilleur film pour John Wayne. Je préfère de loin "Rio Bravo".
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