Derniers Avis : L'Homme qui tua Liberty Valance - Page 13
L'Homme qui tua Liberty Valance
Note moyenne
4,0
5201 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
206 critiques spectateurs
5
78 critiques
4
69 critiques
3
41 critiques
2
11 critiques
1
3 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 mars 2011
western exceptionnel, un de tous meilleurs... tout conduit à un chef d oeuvre : une histoire captivante, dont émane une forme de nostalgie, une ambiance noire magnifiée par le noir et blanc et une photo magnifique, des acteurs sensationnels ... john ford est un grand.
Le film est basé sur une idée de scénario cinématographiquement géniale et qui a en même temps des significations politiques, morales, philosophiques très profondes. On pourrait rapprocher le personnage incarné par John Wayne au Cyrano d'Edmond Rostand. C'est un film essentiel, le fait que ce soit un western est presque anecdotique.
Bien réalisé, offrant à J.Stewart un rôle qui lui sied parfaitement, ce western ravit le plus souvent sans réellement surprendre. Intéressant parce qu'empreint de l'histoire contemporaine américaine.
Quand la légende dépasse la réalité, imprimez la légende, c'est à travers cette phrase que John Ford questionne la dualité entre mythe et réalité tout en s'interrogeant sur la place de ces mythes dans l'histoire Américaine. On retrouve en plus les légendaires John Wayne et James Stewart accompagné de Lee Marvin dans ce western désenchanté, véritable chef d'oeuvre impossible à contester.
Une bonne idée de l'ambiguité de la presse en général ( " on imprime la légende plutôt que les faits " ) et donc des faits usurpés et/ou simplement changés ; quand il ne s'agit pas essentiellement d'une nuanciation de l'héroisme et de la simple "B.A".
Qui a tué Lberty Valence ? officiellement, c'est Ranson Stoddard (Stewart), jeune juriste, devenue avocat prétentieux, qui traînera toute sa vie une réputation usurpé. Car le véritable justicier, le vrai héros, c'est Tom Doniphon (Wayne), oublié de tous, mort dans l'anonymat et l'indifférence. Quand "la légende a pris le pas sur la réalité", John Ford, lucide et désabusé, sait qu'il faut privilégier la légende... même si en proposant deux points de vue de la mort de Valence (Lee Marvin) à quelques minutes d'intervalle, il montre le vrai et le faux. Noir et blanc lumineux (de William H. Clothier). Le sublime duel nocturne fait définitevement de ce film l'un des chef-d'oeuvres les plus tragiques du western.
L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE est réellement un western légendaire de la part du metteur en scène John Ford. Ce réalisateur dirigera par ailleurs d'autres grands westerns de renom : La Chevauchée Fantastique ou encore La Charge Heroique Western avant tout basé sur les valeurs de la démocratie, ce film est un véritable temoignage sur la passation de pouvoir entre la justice du pistolet et celle de la loi. Les interprètes sont tous formidables. John Wayne ( Rio Bravo ) campe un Tom Doniphon avec tout le savoir faire qu'on lui connait. James Stewart ( L'Homme de la Plaine ) joue lui le rôle du sénateur Stoddart suffisant et nerveux, un rôle à la hauteur de ce très grand acteur. Lee Marvin ( Les Professionnels ), quand à lui, joue le rôle de Liberty Valance qui est véritablement le méchant de service, et l'acteur nous prouve toute l'étendue de son talent à travers ce personnage. On peut également noter la présence de Vera Miles ( La Prisonnière du Désert ) dans le rôle de la femme du sénateur, mais également d'un Lee Van Cleef jeune qui jouait l'un des deux amis de Liberty Valance. La mise en scène du réalisateur, est en tout point exceptionnelle, et il nous gratifiera par ailleurs de plusieurs scènes légendaires, tel la scène du face à face entre Lee Marvin et James Stewart. La magnifique photo en noir et blanc est l'oeuvre de l'excellent William H. Clothier ( Alamo et les Cheyennes ) et cette photo a eu évidemment un rôle primordial dans ce film surtout sur les scène les plus importantes. La magnifique partition musicale est a mettre au talent de Cyril Mockridge ( La Poursuite infernale ) qui nous delivre là de plusieurs musiques particulièrement réussis. Il s'agit d'un western totalement Fordien dans le fond comme dans la forme et il est indispensable de le posseder. Pour finir, je dirais que ce long métrage est non seulement l'un des plus grand westerns de tout les temps, il est aussi l'un des meilleurs films que le cinéma ait pùt nous offrir.
Classique du western hollywoodien avec tout les codes liés au genre. Un trio d'acteurs qui apporte beaucoup de classe au film (Stewart, Wayne et Marvin) ainsi que de bon seconds rôles. Juste ce qu'il faut d'humour et violence réunis dans un scénario qui propose pas mal de bonne idées et qui casse un peu le mythe des héros de l'Ouest.
Ford réussit un tour de force: avec une mise en scène volontairement minimaliste, il signe un immense film plein de messages et de symboles. Balancé entre le réel et la légende, entre les faits et leur interprétation, le film privilégie le fantasme qui noue les destins des principaux personnages: l'un sera promis à une carrière politique, l'autre à l'oubli. Une réflexion brillante est de plus menée sur le positionnement de chacun face à la violence et à la justice dans un pays où toute autorité publique (le shérif) et politique (les élections) est absente et à reconstruire. Portée par deux monstres sacrés, Wayne et Stewart, et révélant un acteur qui se cantonnait jusque-là aux séries B, Marvin ; ce film est la quintessance même du western, son apothéose aussi. En résumé, un chef-d'oeuvre.
"L'homme qui tua liberty valance" ne fait que surprendre pendant 2h.Il est vrai qu'il a mal vieilli et qu'il est difficile d'étre reelement touché par le film.La mise en scéne en est pour quelque chose,si elle reste correcte et efficace fàce à des acteurs epoustouflants elle n'en reste pas moins plate.Mais il est interresant de voir un scénario aussi moderne doté d'une trés bonne structure et d'un twist surprenant.Le seul vrai défaut de John Ford c'est d'avoir laissé le personnage de John Wayne secondaire.Délaissé pour James Stewart,Wayne tout au long du film ne fait que des bréves apparitions à se demander pendant une heure à quoi sert-il?Et la réponse est donnée en fin du film.
16 197 abonnés
13 142 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 8 octobre 2014
L'un des plus grands westerns du 7ème art! Dans "The Man Who Shot Liberty Valance", John Ford aborde indirectement le thème de la crèation de l'Etat amèricain en s'interrogeant sur le rôle de la loi et sur la possibilitè de la faire respecter dans le monde brutal du Far West! Le scènario du film est un modèle du genre qu'on devrait montrer à toutes les ècoles de cinèma! il s'inspire d'une nouvelle originale de Dorothy M. Johnson : un jeune avocat (admirable James Stewart) ose s'opposer à Liberty Valence (Lee Marvin, jouant à la perfection son rôle de mèchant, typique et presque caricatural), un bandit qui terrorise toute la règion et devant lequel tout le monde tremble de peur...sauf John Wayne, immense, en possèdant une assurance et un charme incontestables! On sait que Ford est d'origine irlandaise et l'on pourrait ètablir un parallèle entre ce film et les chants èpiques de son pays natal! On reconnait d'ailleurs certains èlèments thèmatiques des fables gaèliques dans "The Man Who Shot Liberty Valance". Ces èlèments, très sublimès, ont seulement revêtu une forme amèricaine! C'est donc l'un des meilleurs westerns de Ford où les affrontements, la direction des comèdiens et la qualitè de la mise en scène permettent au film de s'inscrire en lettres d'or, dans la belle histoire du cinèma amèricain...
Que dire devant un tel film ; il mérite 5*.A la dixième vision il est toujours aussi parfait;c'est "the western" au sommet du genre avec quelques autres dans les années 50-70.Le mythe était intact,on voyageait dans le rêve et on y était si bien.Heureusement ils sont là pour toutes les générations à venir qui sauront les apprecier.Dans ce film l'émotion regne en maitresse absolue et je defie quiconque d'un peu sensible au cinéma de ne pas fondre en larmes en revoyant le début dès que les mots "the end"apparaissent.
Certainement l’un des plus grands westerns du cinéma, d’une mélancolie sans équivalent dans le genre. Porté par un superbe noir et blanc et la réalisation toujours aussi discrète de John Ford, le scénario d’une grande justesse offre une réflexion intéressante sur des sujets aussi divers et variés que la vérité, la culpabilité, le sacrifice, la vieillesse, la liberté de la presse, l’éducation ou la politique et sa corruption. Les personnages bénéficient d’une réelle profondeur, impression renforcée par le jeux des acteurs. Le personnage le plus intéressant est bien sûr Ransom Stoddard, merveilleusement interprété par un James Stewart qui laisse de côté son image de droiture personnifiée pour un personnage plus trouble. Il hérite d’ailleurs d’un des rôles les moins « statiques » du film, passant de la naïveté totale au début (illustrée par la réplique « l’alcool c’est mauvais » ou par son refus de porter une arme) à une certaine forme de corruption de par sa haine de Liberty Valance et de son désir de justice (puisqu’il commence à s’entraîner au tir). Il n’aura d’autre choix que d’accepter un « compromis » dans sa quête de justice pour mettre hors course ce dernier. Ce qui peut d’ailleurs nous conduire à une morale plus que douteuse qui voudrait que la violence réponde à la violence et soit nécessaire. John Wayne interprète quand à lui Doniphon, personnage qui s’oppose à Stoddard tout au long du film au point qu’on finirait par se demander si le vrai duel de l’histoire n’est, non pas Stoddard (la justice)/Valance (la loi du plus fort), mais plutôt Stoddard (la justice par la légalité)/Doniphon (la justice par la force). Ce duel est d’ailleurs mis en image par le combat des deux hommes pour gagner le cœur d’Hallie, superbement interprétée par une Vera Miles à la fois fragile et forte et qui représente à elle seule la société qui, de la loi du plus fort passe à la loi tout court. Processus symbolisé par la fin de l’analphabétisme d’Hallie grâce à Stoddard, représentant de la civilisation. Les second rôles sont également très importants, le shérif et Peabody apportant la touche d’humour salutaire au film, et ce dernier représentant en plus le quatrième pouvoir : la presse. Le casting est donc parfait, à l’exception de John Wayne qui nous offre un jeu comme toujours sans finesse là ou le personnage en aurait nécessité. Le duel final, passage obligé de tout western qui se respecte, est quand à lui moins traditionnel et manichéen qu’il n’y paraît de prime abord et ce grâce à la présence de non pas deux mais trois adversaires. Reste tout de même un certain manichéisme dans le reste du film et une éloge de la suprématie des États-Unis (Peter Ericson arborant fièrement sa feuille de naturalisation américaine) certes discrète mais plutôt désagréable aujourd’hui.
L'homme qui tua liberty valance de jonh ford est une oeuvre à la fois touchante et haletante, inspirée et engagée, profonde et optimiste. En effet Jonh Ford oppose dans ce film deux conceptions, celle de l'Etat de droit incarné par "the pilgrim" et celle de l'Etat de nature incarnée par Tom et Liberty Valance. L'ouest était-il une zone de non-droit se demande Ford? Finalement la réponse est plutôt positive pusiqu'elle débouche sur des élections représentatives. L'apologie de la démocratie dans ce film transparaît à travers tous ses symboles (presse, loi, éducation) même si on peut déceler une certaine nostalgie des valeurs "chevaleresques" du far west. Un gros travail sur les personnages est effectué, chacun a sa petite ou grosse place dans un puzzle à la fois dramatique, humouristique et plein de tendresse. Les effets de Jonh Ford sur la lumière et les plans coupés sont très réussis. Je pense particulièrement à la scène du duel où la clef du moment est caché hors du tableau. Finalement le far west n'est-il pas personnifié artisitquement par le contraste chez John Ford. La nuit et le jour, le désert et le saloon, la virilité et la féminité, la loi et le fusil. Une immense et perpétuelle oppsotion entre un système traditionnel et un Etat naissant. Jonhn Ford profond connaisseur de son pays montre que le far west comme le reste des USA sont le résultat d'un long processus de maturation et d'unification. La musique du film est de très haute qualité, elle soutient merveilleusement le développement dramatique de l'oeuvre. Tom Doniphon dégage une aura protectrice et envoutante, cependant sa psychologie est celle d'un Homme qui ne finit jamais ce qu'il commence, sauf peut-être sa lutte contre Liberty Valance, ce qui lui donne un caractère profondément humain. Le personnage du héros lui sied à merveille, à la fois mélancolique et déterminé. Une oeuvre trépidante dont le caractère mythique est justifié et légitime.
Si le cinéma de John Ford et son exemplaire patience de narration s’applique à merveille à un genre, c’est à l’évidence au mélodrame. «The man who shot Liberty Valance» (USA, 1961), western fordien en noir et blanc, par surcroît de proposer l’association à l’écran de John Wayne et James Stewart, propose un drame infaillible où l’agencement narratif fournit l’attrait majeur. Ford narre l’histoire par une succession perpétuel de mystères. L’œuvre s’emmanche par l’arrivée du couple d’un gouverneur (James Stewart et Vera Miles). Premier arcane : Que viennent-ils dans une contrée si chétive ? Quelques séquences plus tard, Ford nous répondra qu’ils viennent assister à l’enterrement d’un vieil ami : Tom Doniphon. Or qui est ce Doniphon ? Ainsi s’engage le flash-back qui entreprend de nous narrer la rencontre entre tout les protagonistes. Ainsi se déroule le film, par un continuel encastrement des interrogations narratives, excellent moyen par ailleurs de maintenir la curiosité de public. Mais «The man who shot Liberty Valance» se dissocie des différentes œuvres de Ford par sa violence explicite. L’introduction du flash-back s’en veut pour preuve. Un carrosse de voyage entreprend un virage lorsque des brigands viennent piller les voyageurs. S’opposant à la malhonnêteté des pillards, le personnage de James Stewart se verra frapper ardemment par le dénommé Liberty Valance. Si l’architecture narrative fournit la singularité de l’œuvre, l’image de la violence, ultra-moderne pour les années 61, enchérit l’exceptionnelle valeur du film. Et John Wayne ? Légende fordienne, l’acteur est là sujet du mélodrame. Son amour trahi, ses valeurs imperturbables (et son élégance immuable) en font un excellent sujet de tragédie. D’autant plus que la musique de Cyril J. Mockridge, fameux compositeur américain, soutient sans jamais aplanir les scènes d’«émotion». Œuvre «culte» du cinéma fordien, c’est notamment sa valeur exemplaire de la tragédie américaine qui en fait un grand film.