Juste avant une nouvelle traversée du désert avec des années 2000 bien laborieuses et après quelques expérimentations infructueuses comme "La Planète au trésor" et "Atlantide, l'empire perdu" (deux très bons films au demeurant), Disney lance un dernier grand projet dans la lignée des succès des années 90 : "Frère des ours". Et pourtant, c'est un Grand Classique plutôt discret, 44ème de la liste, il fait partie de ceux que l'on cite le moins. Et c'est bien dommage car s'il n'est pas extraordinaire, il est tout de même, dans l'ensemble, très honorable. Un jeune inuit n'est pas satisfait du symbole que lui donne sa chamane : un ours en signe d'amour. Après quelques péripéties, il se transforme en ours et rencontre Koda, un ourson, avec qui il devra faire équipe s'il espère un jour redevenir humain. C'est clairement un parcours initiatique celui d'un homme qui se retrouve du côté des monstres mais le sont-ils vraiment ? Voilà, c'est du Disney, ça va chercher moins loin que du Pixar mais quand même, je trouve le procédé ici relativement intelligent, de même que le message qu'il délivre aux enfants qui est, en très gros, que l'habit ne fait pas le moine. Effectivement, difficile de comprendre l'ours ou même le langage des autres animaux, il est donc alors facile d'y interpréter ce que l'on veut ; autrement dit, il est plus simple de projeter nos propres peurs et frustrations sur l'inconnu ou une culture que l'on ne comprend pas. Puis bon, même en dehors de ça, je trouve l'histoire sympa et les personnages attachants même si les deux caribous sont vite agaçants mais ce genre de comic relief est inhérent aux films de la firme. Notons également l'animation, magnifique, de même que les décors qui n'ont pas pris une ride depuis 2003. Bref, "Frère des ours" est donc une agréable découverte !