Le chagrin et la Pitié
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benoitparis
benoitparis

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4,0
Publiée le 25 mars 2012
Resté plus d’une décennie au placard télévisuelle, on se rend toujours compte à quel point « Le chagrin et la pitié » allait contre la légende dorée d’une France très largement unie en résistance gaulliste ou communiste contre l’occupant allemand. Il est montré les antagonismes entre les deux grandes composantes dans la clandestinité, surtout M. Ophuls donne la parole à des personnages atypiques ou en lisière des mouvements dominants, comme Mendès France ou d’Astier de la Vigerie, et n’hésite pas à affirmer que la Résistance a été surtout le fait de marginaux inadaptés aux règles sociales. A la fin des années 60, au moment où le pouvoir gaulliste est encore monopolistique et où le PC reste archi dominant dans l’opposition, Ophuls laisse s’exprimer le point de vue d’une gauche non communiste encore très loin de l’alternance dans la République. Sans en faire le parti majoritaire de la France occupé, le film remet a sa juste place le maréchalisme et le collaborationnisme, en montrant son enracinement dans la société, à rebours d’une vision qui en ferait une simple poignée de traîtres opportunistes. Aujourd’hui que l’extrême droite est redevenue une composante influente de la politique française, c’est peut-être là que le film reste le plus actuel, précurseur à l’époque du tournage. Pour les amateurs d’histoire locale, c’est enfin une chronique passionnante d’un lieu à une époque (l’Auvergne dans les années de l’Occupation) devenu par hasard un point central du pays (comme au moment de la lutte de Vercingétorix pendant la conquête des Gaules).
Plume231

4 431 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 novembre 2011
Le documentaire qui a considérablement détruit l'imagerie d'Epinal de la France sous l'Occupation. Officiellement, Marcel Ophüls a choisi Clermond-Ferrand et l'Auvergne comme sujet, et pourquoi pas c'est sûrement une ville et une région intéressantes, et y interroge des habitants, anonymes pour la plupart, mais va souvent en-dehors de ce cadre notamment par le biais d'interview de grandes personnalités politiques comme l'ancien premier ministre britannique Anthony Eden ou l'ancien président du conseil Pierre Mendès France, ce dernier interviewé passionnant, intelligent et qui ne manque pas en plus d'humour surtout quand il raconte son évasion. A travers ces nombreuses interviews à partir de tous les points de vue différents possibles (résistants, collabos, allemands, "neutres", etc...) on arrive à pointer les bassesses, les petites lâchetés, les contradictions, les mensonges aussi, qui faisaient le quotidien de la France lors de cette période tragique sans pour autant oublier d'évoquer le courage des résistants mais ramené à son véritable niveau. Le regard du cinéaste est généralement objectif bien qu'il ne prive pas d'un moment caustique en fixant sa caméra sur le regard embarrassé du gendre de Pierre Laval, qui parle de son beau-père comme d'un héros, quand un habitant du village voulant pourtant bien faire envers la mémoire du vice-président de Vichy dit qu'il a été libéré grâce à lui uniquement parce qu'il est natif du même endroit. D'ailleurs, Ophüls ne manquera pas d'appuyer plus tard dans le documentaire cette causticité en évoquant le rôle absolument immonde (et le mot est très faible !!!) de Laval lors de la rafle du Vel d'Hiv. Impossible de lui en vouloir de faire cette quasi-exception. Les plus de quatre heures de l'ensemble ont quoi faire peur et pourtant elles passent assez vite. Remettant beaucoup de points sur les i à propos de cette période beaucoup plus ambigüe qu'on voulait le faire croire, "Le Chagrin et la Pitié" est un film exhaustif (dans le bon sens du terme !!!) absolument et définitivement indispensable.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 22 février 2009
Je n'en ai vu que la 1ère partie (docu en 2 parties) mais c'est assez intéressant : cela change plutôt des habituels films sur la guerre grâce à des récits individuels et pratiques de la vie des témoins, et mêmes de récits de quelques Allemands. Et tourné 25 ans "seulement" après la guerre, donc certainement plus près de la réalité que les interviews plus récentes.

PS : par contre ça ne parle réellement de Clermont-Ferrand qu'au début et à la fin de cette 1ère partie, ne vous attendez pas à un film centré sur cette ville contrairement à ce qui est annoncé.
stephanevocel
stephanevocel

6 abonnés 21 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 février 2009
L'un des derniers témoignages de ce qui s'est réellement passé lors de la seconde guerre mondiale. Un monument à sauvegarder et à conserver avant que les champions de la réécriture ne s'amusent à effacer définitivement les traces de l'infamie française lors de cette période trouble. La vérité de cette époque disparaitra quand on aura oublié ce film, ce qui, quand je constate le nombre de critiques, m'apparait malheureusement inéluctable.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 16 juillet 2007
L'un des derniers témoignages de ce qui s'est réellement passé lors de la seconde guerre mondiale. Un monument à sauvegarder et à conserver avant que les champions de la réécriture ne s'amusent à effacer définitivement les traces de l'infamie française lors de cette période trouble. La vérité de cette époque disparaitra quand on aura oublié ce film, ce qui, quand je constate le nombre de critiques, m'apparait malheureusement inéluctable.
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