Zola passé au scalpel. Du livre, il ne reste plus que le titre et l’intrigue de départ. L’écrivain expliquait qu’il voulait "étudier des tempéraments et des caractères, des personnages souverainement dominés par leur nerfs et leur sang". De tout ça, il ne reste plus grand chose dans le film. Les relations entre ceux-ci et leur évolution sont complètement modifiées voir certaines sont zappées. Le sentiment de culpabilité des personnages, l’impression d’être jugés et la dégradation des relations qui en découle sont délaissés alors que Zola dressait un tableau psychologique de personnages extrêmement savoureux. Et du côté de l’histoire, Carné prend également de grandes libertés mais introduit tout de même ultime rebondissement n’est pas sans piquant ! Du livre de Zola, reste donc que le sentiment d’étouffement éprouvé par Thérèse, où Carné excelle. Dès la première scène du film, il introduit à merveille les choses, où avec deux attitudes et deux phrases, il dresse le tableau des personnages à qui on a affaire. Il insiste bien sur leurs habitudes ennuyeuses avec le dîner du jeudi soir et les longues parties de petits chevaux prêtant à des disputes qui paraissent ridicules. Par le décor de la boutique où il ne vaut mieux pas parler trop fort, par le personnage de Camille malade au moindre courant d’air, Carné introduit le huis-clos étouffant et l’ambiance pesante. Par la lumière sombre et les personnages qui apparaissent dans l’ombre, Carné illustre l’attitude pas claire de ces protagonistes. Réglée au millimètre près jusqu’au dénouement final, la machine est puissante. Mais une adaptation fidèle de Zola aurait pu en faire un film encore plus fort.
Déjà, il faut s'interresser au livre avant de regarder le film et ça, c'est deja un handicap pour le film. Alors, outre le sujet passablement ennuyeux, on peut être satisfait de ce film finalement pas si ennuyeux que ça, mais au demeurant fort inutile.
Très bonne adaptation du roman de Zola par Marcel Carné, je dirais plutôt une très bonne inspiration qu'adaptation. Marcel Carné a pris beaucoup de libertés avec l’œuvre de Zola. Mais cela n'empêche pas d'être un très bon film avec une très bonne interprétation des principaux comédiens notamment Raf Vallone, Sylvie et surtout Simone Signoret. Il s'agit, pour moi, du premier très bon film d'après-guerre de Marcel Carné.
Dès les premières scènes, Thérèse Raquin pose un constat sans appel : le mariage des Raquin n’est qu’une union de convenance, dénuée de toute tendresse. Quand Thérèse se laisse emporter par une passion interdite, le film bascule dans le drame, rappelant avec force les tabous de l’adultère féminin au XIXe siècle. Si le récit met un peu de temps à s’installer, il prend rapidement une tournure assez inattendue. Porté par une tension narrative bien dosée, ce classique se savoure encore aujourd’hui avec un plaisir intact.
Pourtant grande fan d'Emile Zola, en particulier de ce livre, j'ai été très déçu par ce film. Je n'ai pas du tout accroché et je me suis même ennuyée, trouvant le film long. La première partie est particulièrement monotone, les personnages sont agaçant, ce qui parait compréhensible et cohérent dans le livre parait ici un caprice et de la soumission spoiler: Je pense notamment au fait que Thérèse ne veux pas partir avec Laurent
Les femmes ne sont selon moi, pas non plus mis en valeur, puisqu'elles ont l'air de subir l'action plus que de la créer. Il parait évident qu'il est très dur d'adapter un roman de Zola puisque toutes son écriture réside dans la psychologie, les névroses, et les pensées de personnages. Et je trouve justement qu'avec ce film, voir l'histoire d'un point de vue externe, la rends futile et presque inutile. Cependant les images sont belles (en particulier les rares plans de Paris) et c'est plutôt bien filmé.
J'ai lu 1/3 des livres de Zola mais pas son "Thérese Raquin". J'ai donc vu l'histoire sans avoir dans la tête le texte de Zola .J'ai été pris par ce film comme un polard à la Simenon . Je voulais voir Simone Signoret dans sa jeunesse. Elle est belle en toute simplicité . C'est rare ce type d'actrice . Elle incarne a merveille la Therese de Carné. J'ai vraiment tout aimé dans ce film. Carné en quelques images sait raconter . Par exemple après avoir rapporté la bouillotte dans le lit de son mari ,Thérese regarde par la fenêtre en souriant , voyant un couple d'amoureux.
Ah que j'aime le cinéma Carné ! Ce film mené avec brio nous entraîne dans un monde sans pitié. Si ce film ne suis le roman de Zola que pour la situation initiale, le reste n'en est pas moins réussi aussi bien au niveau de la réalisation que de l’interprétation ou que de la photo.
Je n'ai pas aimé la transposition du roman dans les années 50. Je n'ai pas aimé l'apparition du maître chanteur qui n'existe pas chez Zola. Je n'ai pas aimé le fait que le chat ne soit pas un personnage dans le film alors qu'il en est un dans le roman. Je n'ai pas aimé la mort de Camille que l'on jette du train alors que dans le roman Camille meurt noyé. Il manque toute la partie psychologique du roman. Le seul personnage intéressant du film, c'est la mère, car l'actrice est bonne mais le réalisateur ne lui a donné aucune force psychologique. Bref toute la force du roman de Zola a été abandonnée au seul profit de l'histoire...Déçu !!!
Je venais de terminer le livre quand j'ai regardé le film et je n'ai pas pu aller jusqu'au bout car il était trop loin des sensations que j'avais des personnages de Zola. Je n'ai pas senti dans la rencontre des amants, la passion , toute la stratégie des rencontres et le désir fougueux d'être ensemble. Tout est allé très vite y compris dans le meurtre. Les autres personnages sont ridiculisés. Peut-être que d'un point de vue cinématographique c'est un chef d'oeuvre et qu'il est difficile d'adapter Zola mais j'ai préféré rester sur les images que je n'étais faites à travers la lecture