Thérèse Raquin
Note moyenne
3,7
270 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

42 critiques spectateurs

5
3 critiques
4
13 critiques
3
18 critiques
2
7 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
tuco-ramirez
tuco-ramirez

170 abonnés 1 811 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mai 2013
Thérèse est une jeune femme qui a été contrainte par sa tante à un mariage arrangé avec son cousin, mariage auquel elle n’a pas osé s’opposer car la dite tante l’a recueillie à la mort de ses parents. On comprend vite que Thérèse n’est pas du tout épanouie dans cette union car le mari est avant tout un fils à maman que celle-ci surprotège et qui a trouvé grand bénéfice à imposer à Thérèse de prendre sa relève. Elle vit d’ailleurs toujours avec le couple et régente la vie de la maisonnée. Thérèse s’occupe dorénavant à sa place du commerce de tissus qu’elle possède et la vieille tante organise des parties de cartes tous les jeudis qui ont pour seul but de les satisfaire elle et son fils et de renforcer leur complicité ! Cette triste vie de la jeune femme pourrait durer encore longtemps si l’amour, le vrai, ne pointait pas le bout de son nez sous les traits d’un bel ouvrier italien devenu par incidence ami du mari de Thérèse…
Dès la première scène, le tour de force de Marcel Carné est de nous montrer combien Thérèse se sent isolée dans ce drôle de trio où le véritable couple est en fait formé par la mère et son fils. Ils sont au bord du Rhône ( l’histoire se déroule à Lyon). Le mari de Thérèse joue à la pétanque soutenue par sa « maman » alors que Thérèse, dos tourné, contemple le fleuve qui s’écoule, en toute liberté, liberté qui a elle lui fait si cruellement défaut ! On pense tout d’abord que Thérèse est la sœur de l’homme, vu comment la veille femme s’adresse à elle en la tançant. On comprendra plus tard seulement le vrai lien de parenté entre les deux jeunes gens et la raison de notre méprise.
Il faut saluer dans ce film la performance du jeu de Simone Signoret (dont ce film signera un des accès à la notoriété), tout en retenue et qui porte sur le visage toute la souffrance et la frustration due à la résignation. Pourtant Thérèse est quelqu’un de caractère qui ne s’en laisse pas compter mais ses valeurs morales et la dette dont elle se sent redevable vis-à-vis de sa vieille tante l’empêchent de briser ses chaînes.
Lorsque l’amour se présente à elle sous les traits de Laurent, elle préfère d’abord y renoncer (elle refuse de s’enfuir avec lui) puis choisit pour y parvenir de tenter de convaincre son mari qu’il vaut mieux mettre un terme à leur union. Ce qui est dramatique, c’est que l’on comprend bien que c’est son entêtement dans l’honnêteté qui va faire indirectement son malheur…
Ce film, que l’on pourrait avoir quelques réticences à regarder vu sa date de réalisation, est passionnant de bout en bout et surtout n’a pas pris une ride. En plus de nous toucher par le destin pathétique de Thérèse et de son amoureux, Carné grâce à une mise en scène très maîtrisée manie aussi parfaitement bien le suspense et la tension dramatique (scène notamment où la tante monte dans la chambre de Thérèse alors que les 2 amants s’y sont réfugiés). Le regard de la vieille tante à la fin du film fait ainsi froid dans le dos et est annonciateur des tourments futurs de Thérèse
Cependant, ce que l’on peut reprocher au réalisateur, et que déjà soulignèrent en négatif les critiques de l’époque, est de s’être bien éloigné de la trame narrative du roman de Zola dont pourtant il affirme s’être inspiré dès le générique d’entrée ! En effet, chez Zola, les personnages de Thérèse et de Laurent sont décrits comme soumis à leurs désirs et leurs pulsions ce qui les conduit au meurtre prémédité du mari puis à la folie destructrice, alors que chez Carné, la morale et la droiture des 2 amants restent assez constantes et c’est d’ailleurs ce qui rend leur histoire et le drame qui la clôt si touchants.
Ne boudons donc pas notre plaisir et avouons que, même si le film de Carné eut peut-être mérité un autre titre que celle d’une héroïne mal retranscrite (Carné cherchait-il par là-même à profiter du succès du roman de Zola ?), il n’en demeure pas moins d’une grande maîtrise dans sa mise en scène, révèle le talent d’actrice de Simone Signoret et a le mérite de dénoncer le carcan marital et la toute puissance d’une société paternaliste que subissaient beaucoup de femmes de l’époque.

« La progression dramatique […] est admirablement conduite, depuis le moment où nous voyons Thérèse lentement asphyxiée par le cadre médiocre dans lequel elle vit, jusqu’aux révélations que lui apporte sa rencontre avec Laurent. Le réseau serré dans lequel les 3 personnages vont se débattre est dessiné d’un trait sans défaillance et on ne saurait relever un temps mort, une longueur dans un film que, je le répète, on ne songe à discuter qu’après coup et quand on a rendu un hommage sans réticence à un admirable technicien. »
G. Charensol « Les nouvelles littéraires » 1953
Lion d’Argent à Venise
Ryce753
Ryce753

34 abonnés 431 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 mai 2013
Inspiré du roman d'Emile Zola, ce "Thérèse Raquin" est un excellent drame noir, sombre et pessimiste signé par le réalisateur Marcel Carné. Aidé par de bons comédiens et un scénario bien écrit, Carné réalise là un de ses meilleurs films comme l'était aussi le très bon "le jour se lève" avec Gabin. Un petit mot également sur la musique dont le thème musical, assez joli, est en parfaite adéquation avec l'ambiance à la fois romantique, mélancolique et triste du film. Un classique des années 50 comme il y en avait beaucoup à cette époque fertile pour le cinéma français.
tomPSGcinema

887 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mai 2013
Pas lu le roman d’Emile Zola, mais parait-il que cette adaptation n’est pas vraiment d’une grande fidélité au matériau d’origine. Quoi qu’il en soit et grâce à une histoire passionnante, à la formidable prestation des comédiens (Simone Signoret, Raf Vallone et Roland Lesaffre sont parfaits) et à la subtile mise en scène d’un Marcel Carné totalement à son aise, j’ai particulièrement bien apprécié ce mélodrame français des années 50.
Severine S
Severine S

11 abonnés 137 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mars 2014
Le film n'est certes pas fidèle au livre ou THérèse raquin est mariée au souffreteux de Camille,son cousin malade et a moitié débile,ne lui apportant aucune gratification..elle le soigne,sennuie a mourir,étouffe dans cette vie trop lisse et ou il ne se passe rien,sauf les parties de boule auquelles assiste Camille et sa mère,les réunions du jeudi soir autour des dominos,ici dans le film cest les chevaux mais bref..cest un détail car ces réunions sont ennuyeuses et les querelles ridicules..Bref..THérèse suffoque,regarde couler la seine on pense meme quelle voudrait se jeter dans la Seine au début du film tant elle est lasse et ou partir a la sauvette..le destin met enfin un jour dans sa vie Laurent,ami denfance de Camille,fort,imposant,très brun,sanguin,paysan dans le livre mais camionneur et livreur dans le film étranger..Mais on, sen dès le début que ces personnages THérèse et laurent sattirent,sont bouillonnants,aimantés lun vers lautre et refoulent leur désir violents..car la violence entre alors en scène,violence de la passion le soir du jeudi ou laurent rejoint Thérèse dans sa chambre et lembrasse passionnèment,violence de Laurent qui la veut toute a elle,violence de laurant qui pousse Camille hors du train quand camille démasque sa femme.Bref la violence va crescendo et malgré leur passion dévorante,Thérèse et laurent ont peur..ils suent la peur,du jugement detre démasqués.;ca devient lourd pesant comme un orage contenu et qui va éclater.jour ou Thérèse après avior vu le maitre chanteur éclate en sanglots dans les brasde Laurent..On croit quelle va enfin savourer le bonheur au don de largent au maitre chanteur et a les voir heureux un instant dans la cuisine.Mais le destin,implacable traitre na pas dit son dernier mot..on devine que THérèse na eu qune parenthèse passionnée.Le film reprend pas le roman cest vrai mais il ma passionné.La musique ,lambiance sombre,les magnifiques rues du vieux Lyon,la passion contenue de thérèse pour laurent puis le fait quelle lui céde et goute enfin a un bonheur a un peu damour..et Simone signoret excelle dans le role de thérèse,tour a tour résignée,puis prenant de lassurance,hardie,passionnée,perdue,affolée..elle est vraiment excellente en femme dabord soumise puis courtisane et complice..et crève lécran.;et bien que laurent soit italien et violetn parfois,sombre il est dur de résister a un tel homme,de toute beauté..quelle sensualité féline comme le chat qui assiste a leur baiser..Bon en meme temps dans le livre ca dure huit mois,de passion et la on les voit que trois fois ensemble avant la mort de Camille.Un peu raccourci et laurent est aussi assez pressé,mais pour ma part je lui pardonne!tant il est irrésistible!si javais été THérèse je seras partie desuite avec le beau laurent sans tuer le mari toutefois..car ce meurtre ne les rendra jamais heureux leur sera fatal.OU comment lamour trop de passion peut pousser au crime mais ce film parle aussi du choix.Doit on tuer le géneur pour saimer et vivre libre?Car tuer Camille aurait quand pu etre évité si THérèse etait partie sans cèder au chantage de son mari..ceci dit la femme était plus soumise et le devoir pesait sur elle.ou comment le devoir pèse parfois dans la vie au détriment du bonheur!bref un film que je noublierais pas de sitot!magnifique!Assez sombre mais fascinant..
Guillaume836076
Guillaume836076

101 abonnés 126 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 novembre 2020
Bien sûr comme toute adaptation il y a des aspects de l'histoire originelle qui sont sacrifiés. J'ai lu Thérèse Raquin plusieurs fois. J'ai vu Thérèse Raquin plusieurs fois. Les différences sont évidentes.L'aspect psychologique et obsessionnel de leur culpabilité peu abordé par Carné à l'écran. Cependant, ce film reste, pour moi, un des meilleurs du réalisateur et le meilleur de sa période d'après guerre (n'ayant pas vu "Les Tricheurs" et "Les Portes de la nuit"). Tous les codes du cinéma "réaliste" d'avant guerre imprègnent l'adaptation et la mise en scène. Et c'est une réussite de ce point de vue là au niveau de l'atmosphère et du jeu des acteurs, tous superbes: Signoret, Vallone, Jacques Duby et, surtout, l'impressionnante Sylvie, qui excelle tant dans l'emphase que suppose son rôle de mère toute puissante que dans le mutisme, jouant de ses regards lourds de sens, quand elle reste paralysée par le choc de la mort de son fils..
Comme le dit Patrick Brion, ce film est le dernier représentant du cinéma d'hier (le réalisme poétique), car après Thérèse Raquin, ce cinéma ne fera plus recette et n'aura plus de digne représentant. Le cinéma évolue comme la société d'après guerre évolue: le chemin vers une nouvelle vague...1953, fût une année charnière... Mais c'est une autre sujet.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 22 septembre 2011
La France de la petite bourgeoisie entre la fin de la guerre et les trente glorieuses. A cette époque, on trompe, on tue mais on ne part pas. Le poids du monde pèse encore sur les hommes. Le mot fatalité a encore un sens. Le film est peu fidèle à Zola et c'est tant mieux. Le vieux Lyon filmé en noir et blanc est très beau et très glauque. Le film s'inscrit dans la lignée des "Voici le temps des assassins", Ossessione", Gervaise...un réalisme plus tragique que poétique.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 28 janvier 2010
Déjà, il faut s'interresser au livre avant de regarder le film et ça, c'est deja un handicap pour le film. Alors, outre le sujet passablement ennuyeux, on peut être satisfait de ce film finalement pas si ennuyeux que ça, mais au demeurant fort inutile.
chrischambers86

16 247 abonnés 13 228 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 novembre 2024
Simone Signoret alias Thèrèse Raquin est au Cinèma de minuit dont la sobriètè n'a jamais ètè aussi convaincante! Souvenez-vous de cette hèroïne, à la petite vie derrière un comptoir caisse d'une maison de confiance où il ne se passe rien! spoiler: Sa rencontre avec un brave camionneur sans le sou va bouleverser son existence! Partir avec un bellâtre italien par le train sans rien dire à personne...comme des voleurs! C'est le seul moyen d'être uni pour Raf Vallone et la Signoret, deux amants poussès au suicide à cause d'un amour impossible!
Adapter Zola n'est pas chose facile plus particulièrement quand Marcel Carnè transpose son histoire d'adultère à l'èpoque actuelle! La ville de Lyon est là, abstraite à souhait, sur des fonds de Zola pour les scènes d'intèrieur! Signoret, Vallone, Lesaffre en maître chanteur sont remarquables! La plus impressionnante, c'est peut-être encore Sylvie qui ècoute plus qu'elle ne parle en laissant filtrer, goutte à goutte, l'angoisse! Un classique...
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 15 septembre 2008
Zola passé au scalpel. Du livre, il ne reste plus que le titre et l’intrigue de départ. L’écrivain expliquait qu’il voulait "étudier des tempéraments et des caractères, des personnages souverainement dominés par leur nerfs et leur sang". De tout ça, il ne reste plus grand chose dans le film. Les relations entre ceux-ci et leur évolution sont complètement modifiées voir certaines sont zappées. Le sentiment de culpabilité des personnages, l’impression d’être jugés et la dégradation des relations qui en découle sont délaissés alors que Zola dressait un tableau psychologique de personnages extrêmement savoureux. Et du côté de l’histoire, Carné prend également de grandes libertés mais introduit tout de même ultime rebondissement n’est pas sans piquant !
Du livre de Zola, reste donc que le sentiment d’étouffement éprouvé par Thérèse, où Carné excelle. Dès la première scène du film, il introduit à merveille les choses, où avec deux attitudes et deux phrases, il dresse le tableau des personnages à qui on a affaire. Il insiste bien sur leurs habitudes ennuyeuses avec le dîner du jeudi soir et les longues parties de petits chevaux prêtant à des disputes qui paraissent ridicules. Par le décor de la boutique où il ne vaut mieux pas parler trop fort, par le personnage de Camille malade au moindre courant d’air, Carné introduit le huis-clos étouffant et l’ambiance pesante. Par la lumière sombre et les personnages qui apparaissent dans l’ombre, Carné illustre l’attitude pas claire de ces protagonistes. Réglée au millimètre près jusqu’au dénouement final, la machine est puissante. Mais une adaptation fidèle de Zola aurait pu en faire un film encore plus fort.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

275 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 juin 2008
Avec «Thérèse Raquin» (France, 1959), Marcel Carné met en œuvre l’adage populaire qui voudrait rendre à César ce qui lui appartient. En adaptant à l’écran le père du réalisme littéraire, le cinéaste du réalisme poétique retourne aux origines de son art. Cette réminiscence du foyer artistique originelle permet de mettre en évidence la réalisme que d’autres films de Carné occultent. «Les Portes de la nuit», un des précédents films de Carné, révèle davantage la poésie de Prévert et Carné tandis que «Thérèse Raquin» insiste sur le réalisme des films carnéiens. Une des causes majeures à ce changement provient de l’absence de Jacques Prévert dans la création du film. Aux dialogues désespérés est substitué un certain prosaïsme incarné par une virulence de coups. Les pairs de claques qu’essuient Roland Lesaffre témoignent de cette âpreté revendiquée. Outre ce rappel au réalisme littéraire, Carné évoque également le roman «Le facteur sonne toujours deux fois» de James Cain et l’adaptation que Luchino Visconti en fît en 1942 avec «Ossessione». Cette accointance qui lie «Thérèse Raquin» à «Ossessione» rappelle la filiation que partage le réalisme poétique et le néo-réalisme. Le second dérivant du premier, ce rapport observé est logique. Toutefois, bien que les cinéastes italiens tel Visconti s’inspirent de ceux français comme Carné, «Ossessione» fût réalisé avant «Thérèse Raquin» ce qui ne rend que labile le rapport des deux œuvres. L’accointance qui lie le réalisme poétique de Carné au néo-réalisme de Visconti n’en est pas moins patente. Le film est-il alors contraint dans les carcans du réalisme ? Carné, comme dans chacun de ses films, conserve les poussières de sa poétique prévertienne en révélant la sourde carnation des chairs et en baignant les visages d’un limbe éblouissant. Sur les bords du Rhône et dans les rues de Lyon, Carné délocalise de son décor favoris (Paris) pour venir filmer, ainsi que l’impose l’ouvrage de Zola, dans les quartiers lyonnais.
Caine78

7 807 abonnés 7 407 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 février 2007
Du très grand cinéma à la francaise. Alors bien sur, quand Carné adapte Zola, on imagine bien comment tout cela va se finir, mais l'on ne peut s'empêcher d'être impressionné par l'incroyable maitrise de Carné, dans son style si personnel et inimitable. L'atmosphère est rendue de manière brillante, et Simone Signoret signe sans aucun doute l'une de ses plus belles prestations. Autour d'elles, les autres acteurs sont tout aussi brillants, à l'image de la toujours magistrale Sylvie et de l'excellent Roland Lesaffre, jouant l'un des thèmes basiques de Carné : Le Destin. Bref, un grand et beau film désenchanté, que l'on oubliera pas de sitot.
Jean-François S
Jean-François S

61 abonnés 671 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 août 2010
Transposition moderne de l'oeuvre d'Emile Zola. Carne prouve ici qu'il n'a rien perdu de son génie malgré le peu de moyen qu'on lui a octroyé pour faire ce film. On reconnait ici son sens du détail jusqu'au moindre accessoire.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse