Fahrenheit 9/11
Note moyenne
3,7
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338 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

62 abonnés 807 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 juin 2025
Il faut voir Fahrenheit 9/11 non comme un documentaire, mais comme un cri. Un cri mis en scène, modulé jusqu’à se confondre avec le slogan. Un cri qui veut faire mouche, faire masse, faire feu. Michael Moore, au sommet de sa notoriété, se veut à la fois témoin, procureur, victime et tribun. Mais dans cette volonté d’embrasser tous les rôles, il échoue peut-être à laisser la place à ce qui fait le cœur même du cinéma : l’ambiguïté du réel.

Dès les premières secondes, tout est là : la bande-son cinglante, les images d’archives souriantes puis funèbres, le visage de Bush figé dans un mutisme hébété alors qu'on lui apprend que l’Amérique vient d’être frappée. Tout est dans la mise en regard. Le film ne construit pas un discours : il enchaîne les électrochocs. C’est du collage politique, un mash-up de sarcasmes. Ce que cherche Moore, ce n’est pas tant à penser que faire vaciller. Et dans cette volonté de sidérer, il ne recule devant rien : musique ironique pour souligner le ridicule, ralentis pour alourdir le tragique, juxtapositions douteuses pour amplifier l’absurde.

Mais on sent, déjà, un décalage. Là où Marker introduisait dans ses images une voix vacillante, interrogative, Moore impose la sienne comme un mur. Sa voix-off ne commente pas : elle corrige. Elle ne doute jamais. Elle occupe l’espace sonore comme un discours officiel inversé, une propagande de contre-propagande. Et ce renversement, s’il a ses vertus, en a aussi les limites.

Le paradoxe, peut-être cruel, c’est que Fahrenheit 9/11 veut remettre en question les narrations dominantes mais le fait en recréant une narration unitaire. Or la politique du cinéma, ce n’est pas tant l’alignement d’arguments que l’art d’ouvrir des gouffres. Ici, tout est déjà comblé. Le spectateur est guidé, presque dressé à l’indignation. Les pauvres sont bons, les riches sont mauvais, les soldats sont perdus, les dirigeants cyniques, et nous, public de gauche bien-pensant, nous avons raison de pleurer, de rire, d’avoir honte.

Mais qu’y a-t-il à voir, au fond, derrière ce dispositif ? Une colère légitime, oui. Des injustices bien réelles. Une guerre absurde, brutale, menée au nom du mensonge. Mais cette colère, Moore ne la donne pas à penser : il l’administre comme une dose de vérité.

Il y a pourtant des moments, rares, où le film s’ouvre. Cette séquence, fameuse, où Moore laisse l’écran noir pendant qu’on entend les sons du 11 septembre. Là, un frisson passe. L’image se retire, le son devient matière première, l’imaginaire se met à vibrer. On n’est plus dans l’injonction. De même, certaines archives, laissées sans commentaire, font plus pour la pensée que dix minutes de montage illustratif. Mais ces moments sont vite étouffés, rattrapés par le besoin de frapper encore.

On peut l’aimer, ce film. Pour sa hargne, pour son courage, pour son refus de la tiédeur. Mais on peut aussi lui en vouloir. Pour sa paresse dialectique, pour sa mise en scène de la conviction plus que de la pensée, pour sa croyance naïve en l’impact émotionnel comme déclencheur politique. Moore n’interroge jamais ce qu’il fait subir au spectateur : il le prend par la main, l’embrigade dans une colère commune, sans jamais lui dire qu’il pourrait, peut-être, penser autrement.
Audrey L

817 abonnés 2 864 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 décembre 2019
Make America great again. Pour apprécier ce documentaire passionnant et riche en informations sur l'Amérique face aux attaques du 11 septembre 2001, il faut supporter le ton cabotin parfois agaçant de Michael Moore et les théories qu'il avance "un peu vite" par moments (dès qu'il passe au conditionnel, on se demande : les preuves ?). Mais il faut bien reconnaître que Moore est très intelligent, il sait parler aux autorités sans provocations (moins que dans son émission télévisée) pour avoir des phrases-clés, il interroge les bonnes personnes (les familles des disparus à cause de la guerre, puis en contrepoint ceux qui sont pro-guerre convaincus), il a dix coups d'avance sur l’État américain (lorsqu'il dégaine l'original d'un document qui a été censuré ensuite par l’État... comment avoir confiance dans un système comme celui-ci ?). On comprend le conflit de façon très pédagogique et intéressante, et l'on frissonne lorsqu'on voit l'embrigadement à peine déguisé des esprits : les soldats qui vadrouillent pour faire de la propagande auprès des jeunes défavorisés (la "chair à canon" comme le dit le film), les médias qui disent absolument n'importe quoi sans vérifier... Effrayant autant qu'effarant, pédagogique et éclairant, même en faisant "son tri" dans ce qu'on voit et entend, il y a de quoi être surpris par Fahrenheit 9/11.
CeeSnipes

327 abonnés 1 708 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 juin 2013
Il a été un temps où Michael Moore se contentait de parler de sa petite ville de Flint, Michigan et comment elle se faisait malmener par les grosses corporations. Depuis, Michael Moore a grandi et s’attaque à plus gros.

En effet, il s’attaque au Président des Etats-Unis (rien que ça), avec un film totalement dressé contre George W. Bush, qui en prend plein la tronche dès les premières minutes du film. Fahrenheit 9/11 commence plutôt mal, à la manière d’un clash de Rap Contenders avec une série de cheap shots à la limite du ridicule envers un George W. Bush qui passerait presque pour une victime tant il est épié de tous les côtés. Cependant, comme Michael Moore est bien plus intelligent que ça, ce n’était que pour préparer le plat de résistance, qui détonne totalement avec cette première demi-heure, en lui donnant plus de sens, telle une véritable montée en puissance avant l’acmé du film et de l’œuvre de Moore jusque-là : en s’attachant à Lila Lipscomb, travailleuse de Flint (tiens, tiens !) qui a perdu son fils en Irak, dans une guerre à laquelle elle ne croit pas, mais qui ne perd jamais espoir en son pays, même quand son gouvernement la trompe de manière éhontée, il parvient à créer une universalité à son propos alors que c’est quand même très américain : Lila Lipscomb sort son drapeau américain et l’accroche à sa porte en faisant attention à ce qu’il ne touche pas le sol car elle est fière de son pays, tout en sachant qu’il se trompe en ce moment. Voilà une chose particulièrement intéressante. Et c’est là que Fahrenheit 9/11 atteint sa pleine mesure : Michael Moore et les petites gens. Et pourtant, il réussit une dernière séquence fantastique où il demande au Congrès de mettre leurs fils dans l’armée.

Fahrenheit 9/11 est le digne héritier de Bowling For Columbine, un film parfois drôle mais profondément humain et triste à en pleurer, tout en ayant foi en l’humanité. C’est beau, parfois un peu biaisé (beaucoup ici), mais en termes de cinéma, c’est parfait. Palme d’Or méritée.
James Betaman
James Betaman

72 abonnés 238 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 décembre 2016
Généralement, j’ai du mal à regarder des documentaires. Le manque de fiction et d’enjeux scénaristiques me manque constamment et rend mes visionnages assez difficile.
Par contre, j’adore l’humour satirique et la politique ! On mélange les deux, on fout Michael Moore à la réalisation… voici Farenheit 9/11 !
C’est il y a quelques semaines, mon prof de ciné nous donne une fiche avec marqué dessus « Michael Moore ». Michael Moore… ça me disait quelque chose, je connaissais Alan Moore, Tony Moore mais… Michael Moore ? Et puis, il nous a montré des extraits de certains de ses films, alors oui, c’était foutrement subjectif, mais qu’est-ce qu’on s’était marré dans la salle de classe ! Ce gars, c’est l’incarnation de la satire politique.
Dans sa filmo, les gens avaient tendance à retenir Bowling For Columbine (que je vais sûrement voir un de ces jours). Mais moi, j’étais plutôt fixé sur Farenheit 9/11. Pourquoi ? Probablement parce qu’il parle d’un sujet que je trouve très intéressant : la responsabilité des USA concernant le terrorisme d’aujourd’hui. Qui était responsable ? D’après Moore, c’est Georges W Bush ! Quel contexte ? Le 11 septembre 2001 !
Dans un documentaire dénonciateur et granguignolesque, Michael Moore dénonce la politique républicaine de Bush plutôt destinée à remplir les poches de ce président plutôt qu’à protéger son pays. Ainsi, l’inlassable Moore part à la recherche de documents qui pourraient bien révéler le complot Bush avec toute une histoire de pétrole. Tout en, bien évidemment, se moquant ouvertement d’un président disant sans cesse des choses contradictoire (le monde est en guerre, allez à DisneyWorld), et qui adore jouer au golf.
C’est devant ce genre de film qu’on se rend compte à quel point notre monde est dicté par une minorité riche et égocentrique en dépit d’une majorité pauvre n’attendant qu’une vaine sécurité. Mais visiblement, quand Moore réalise un film, tout le monde n’est pas de son côté. Bah oui, imaginez bien la tête des Bush quand le film a reçu la Palme d’Or à Cannes.
Et pourtant, malgré son humour satirique parfois un peu violent, Moore sait aussi émouvoir. On ne voit pas d’image des tours jumelles, juste les gens, courant dans les rues, s’écroulant, désemparés. Il montre aussi une guerre en Irak stupide et violente, qui aura au final, tué bien des vies, juste pour remplir les poches de Bush.
Ce que dit Moore, soit on adhère, soit on s’y oppose violemment, mais face aux preuves et aux documents qu’il s’est procuré, face à ses témoignages, face à ses tentatives de parler ne serait-ce qu’un instant avec un député, lorsqu’on voit Bush dire à Moore d’aller trouver un vrai job pour qu’on le voit ensuite retourner dans son ranch pour jouer au golf, ça donne beaucoup à réfléchir. Je suis bien conscient que le film est une sorte de propagande anti-Bush et que l’objectif de Moore était de convaincre le plus de gens possibles. Comme le disait mon prof de ciné « dans un documentaire, on ne montre que ce que l’on veut montrer, on peut déformer la vérité ». Cette phrase qu’il nous a maintes fois dit à moi et mes autres camarades résonne encore dans ma tête quand je pense à ce Farenheit 9/11.
Mais pourtant, j’ai été saisi par les propos de Moore, j’ai rigolé quand il se foutait de la gueule de Bush, et j’ai été mal quand j’ai vu ces enfants irakiens morts, et des parents de jeunes soldats effondrés. Farenheit 9/11 est véritable dénonciation du système américains, et de nombreuses fois, on peut être choqués que de telles choses se passent sous nos yeux. Mais comme la dit lui-même Bush, « tu ne m’auras pas deux fois à la suite ».
Candice L
Candice L

56 abonnés 834 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 juin 2013
Un excellent documentaire! Très bien réalisé, riche en détails et en interviews! Un documentaire qui n'a pas peur de montrer la réalité et de critiquer! A la fois émouvant et passionnant!
ptitmayo
ptitmayo

44 abonnés 969 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2018
"Fahrenheit 9/11" est un document riche et acerbe en 3 parties sur l'avant, le pendant et l'après-11 Septembre.
Le démarrage, sur l'élection controversée de Bush spoiler: (le lobbying en Floride)
et son implantation partout en Amérique spoiler: (ses frères, cousins et amis ont plein de postes importants)
, donne le ton de l'histoire ahurissante à laquelle on va assister, bien renforcé par la voix-off éberlué de Michael Moore et la sous-estimation de Ben Laden par l'administration Bush (pour ceux qui veulent en savoir plus là-dessus, je recommande la mini-série "The Looming Tower"). La suite enchaîne alors les éléments affligeants spoiler: (la réaction médusée de Bush quand il apprend la nouvelle des attentats; les vacances prises par Bush avant le 11 septembre)
et les informations incroyables spoiler: (on a laissé la famille de Ben Laden fuir les États-Unis, aucun sénateur n'a soutenu les objections, Ben Laden a fait des profits sur le 11 Septembre grâce aux juteux contrats entre les américains et l'Arabie Saoudite pour la Défense)
, livrant avec soin et densité des détails méconnus du grand public et absolument révoltants. C'est clairement la meilleure partie du film, juste devant la deuxième sur le business de la peur après les attentats. Profit économique spoiler: (coffres, parachutes et gilet pare-balles vendus)
, règles incompréhensibles spoiler: (le lait maternel interdit dans les avions, au contraire des briquets; l'absurdité du Patriot Act que personne n'a lu avant de le signer)
, persécutions spoiler: (les mouvements de paix infiltrés (Fresno), le gars qui a trashé Bush est dénoncé)
, propagande spoiler: (les médias de mèche avec Bush, tout et son contraire qui circule sur les armes de destruction massive, Britney Spears qui appuie Bush)
et hérésies spoiler: (guerre en Irak décrétée, coalition avec des pays envahis!!!, civils innocents morts par milliers, pipeline afghan essentiel)
, le catalogue est long et saisissant.
Quant à la dernière partie, entièrement sur la guerre en Irak, si elle souffre d'un excès de montage de témoignages de soldats et s'appuie trop sur un cas particulier spoiler: (cette femme patriote qui devient anti-Bush quand son fils soldat meurt)
, elle n'en est pas moins représentative de la situation des soldats, spoiler: (ses frères, cousins et amis ont plein de postes importants) 0

Enfin, pour apprécier ce film, il faut aimer le style Michael Moore. Certains diront que son humour est déplacé spoiler: (ses frères, cousins et amis ont plein de postes importants) 1
et que ses procédés sont un peu simplistes spoiler: (ses frères, cousins et amis ont plein de postes importants) 2
, personnellement, j'ai trouvé que ça collait parfaitement au caractère surréaliste du contenu bien réel, avec l'humour qui accentue l'absurdité générale et des méthodes aussi grossières que celles employées par les politiques pour duper les gens. En se rabaissant au niveau des personnes et des actes qu'il condamne, Michael Moore ne fait que rendre la monnaie de leur pièce à tous les acteurs minables de l'administration Bush et renforce ainsi sa critique acerbe et amère d'un épisode tragique et révoltant de l'Histoire.
Jérôme H
Jérôme H

208 abonnés 2 295 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 avril 2008
Moore ose lancer un pavé dans la famille Bush en tissant les liens avec la famille Benladen mais également en dénoncant les élections, le peu de civilité de son pays, l'inégalité social croissante entre les classes,... Tout y passe et est habillement monté pour permettre de réaliser uniquement un constat sans trop de préjuger diront certain.
OSC4R _
OSC4R _

82 abonnés 55 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 septembre 2022
C’était génial mais…

Mais j’ai trouvé ça vraiment long et s’éloignant progressivement du sujet sur la fin, en plus d’être difficile à suivre tout du long. En plus, il n’y a pas la même remise en question du film que dans Bowling for Columbine, pourtant nécessaire dans ce genre de film.

À part ça, c’est super bien écrit, c’est concret et c’est personnel.

C’est réussi mais pas parfait.
Oriwa
Oriwa

76 abonnés 904 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 novembre 2013
Qui est qui ? Qui est quoi ? Nous, spectateurs, en tout cas, nous sommes de bien petits êtres.
Biertan64
Biertan64

67 abonnés 1 488 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juillet 2021
Quand Michael Moore s'installe derrière la caméra, il ne faut bien entendu pas s'attendre à de la demi-mesure.
Ici, l'administration Bush en prend pour son grade, de sa connivence avec l'Arabie Saoudite (qui a pourtant fourni le plus gros contingent des kamikazes du 11/09), au véritable but économique des guerres menées au Moyen Orient, en passant par sa politique de surveillance intérieure. Si cette démonstration à charge connait certainement des exagérations, elle permet de se rendre compte qu'il existe un monde entre ce qu'un gouvernement se permet de rendre public au niveau de sa politique à l'international et toute une réalité inavouée, pleine de zones d'ombre.
Les évènements racontés dans Fahrenheit 9/11 commencent à dater (ce qui lui donne aujourd'hui moins d'impact qu'en 2004) mais cela n'empêche pas la réflexion.
lucilla-
lucilla-

65 abonnés 169 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 février 2009
Du cinéma politique, oui, et du meilleur !
Magnifique pamphlet ironique et humaniste , le film de M.Moore invite à voir au delà des apparences et des discours convenus . Quand l'image montre l'enfant irakien glissant sur son toboggan, le son nous explique que l'on "attaque des cibles d'une importance militaire vitale "...Palme d'Or méritée, Fahrenheit 9/11 est un grand moment de cinéma .
JeffPage
JeffPage

42 abonnés 534 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 janvier 2013
Après les armes, Michael Moore s'attaque à Georges Bush et les évènements entourant le 11 septembre. Si le ton est moins léger, la faute au sujet plus difficile, la façon de l'aborder est toujours la même : manipulation de la part de Michael Moore afin d'obtenir ce qu'il veut, narration intéressante et apport du divertissement aux documentaire. Même si le sujet est plus profond, le film reste cependant moins... "sympathique" que Bowling. Néanmoins, il est bon qu'un tel film ait été récompensé par l'ultime récompense, la palme d'or à Cannes, tant son sujet est maîtrisé, important et le film réussi. Un incontournable de la filmographie de Michael Moore et du documentaire à thèse en général.
Degrace
Degrace

35 abonnés 419 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 octobre 2006
Noter un film de Michaël Moore repose souvent sur l'affection qu'on a ou non pour le personnage et sa démarche. Moi je n'aime pas. Ce Monsieur tire sur l'ambulance en truquant les cartouches. Les informations contenues dans ce film sont plus douteuses et tendancieuses les unes que les autres. Qu'on se fasse du fric avec ça me dérange assez.
GodMonsters

1 385 abonnés 2 645 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 août 2011
Un documentaire très instructif, et intéressent ! Par contre, si vous voulez avoir un divertissement il faut absolument éviter de le regarder. J'avoue que je n'ai pas adoré, mais j'ai quand même apprécié car je suis intéressé par tout ce qui se passe autre de l'attentat du 11 septembre.
🎞️  DaeHanMinGuk 🎬
🎞️ DaeHanMinGuk 🎬

235 abonnés 2 467 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 octobre 2017
Des 3 films de Michael Moore que j'ai vus ("The Big One", "Bowling For Columbine" et "Fahrenheit 9/11"), ce dernier est celui que je trouve le moins réussi. Sa palme d'Or à Cannes ne me fera pas changer d'avis. En effet, je trouve que Michael Moore s'est ici éloigné de son style caractéristique de la provocation par lequel il arrivait si facilement à faire rire par l'absurde. "Fahrenheit 9/11" est davantage un catalogue de la présidence Bush qu'un film bien construit et articulé comme les précédents. Et pourtant, c'est aussi une charge, un film-campagne pour ne pas réélire George W. Bush à la présidence en Novembre. Dans ce fameux style qui lui est propre, Michael Moore n'échappe pas, par moments, à un brin de démagogie et un côté caricatural et simplificateur. Il n'a pas la rigueur journalistique d'un historien-documentariste et use d'effets faciles dont le seul but est de ridiculiser le président Bush. En ce sens, les images associées aux pays de la Coalition font beaucoup rire mais perdent la force de la vérité historique. En effet, à côté des USA et de pays présentés comme "exotiques", il y a aussi de grandes nations comme l'Australie, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Espagne, la Corée du Sud ou le Japon que l'on passe sous silence. Pourtant, les motivations de ces pays à accompagner les USA ou la façon dont les américains les ont convaincu auraient été des arguments bien plus intéressants à écouter. A défaut d'être rigoureux dans la présentation des faits historiques, "Fahrenheit 9/11" manipule la corde sensible de chacun d'entre nous en jouant sur une large palette de sentiments et d'émotions. C'est d'ailleurs l'une des grandes réussites du film : des témoignages de militants pacifistes adeptes des cookies aux victimes du Patriot Act en passant par les témoignages de victimes irakiennes ou des familles de soldats disparus, des soldats eux-mêmes déçus à leur retour de la guerre ou des images de la population Irakienne heureuse avant le début de l'invasion américaine. Par ailleurs, les idées fortes du film - celles qui font réfléchir en profondeur sur les événements - sont le lobby Saoudien et la politique de recrutement de l'armée dans les classes les plus pauvres de la population où l'incorporation est la seule alternative à ces jeunes chômeurs pour gagner de l'argent et sortir de la misère. Moi qui suis un anti-Bush de la première heure et qui suis relativement documenté et objectif envers ce pays, je n'ai pas appris grand chose que je ne savais déjà. En effet, toutes les "révélations" du film de Michael Moore ont déjà été portées à ma connaissance par des articles dans la presse écrite (le journal "Le Monde" en particulier), par des reportages-photos sur les blessés américains que j'avais vus dans des magazines, les documentaires télé d'investigation (sur Canal ) et le documentaire de William Karel "Le Monde Selon Bush" sorti il y a deux semaines au Cinéma. D'où mon impression de catalogue pour le film de Michael Moore qui liste beaucoup d'événements mais qui manque souvent de développements. Ce film me semble davantage destiné aux américains à qui on (leurs médias et leurs dirigeants) a caché de nombreuses choses et à qui on (les mêmes !) a beaucoup menti plutôt qu'à des étrangers comme nous qui avons eu accès à davantage de sources d'information et qui avons davantage de recul sur les événements cités. Les américains, eux, risquent d'être stupéfaits par la foule d'informations qu'ils vont avoir en main pour la première fois grâce à ce film. Pour avoir vu les 2 documentaires sur les 1000 premiers jours de présidence de George W. Bush qui sont sortis à 15 jours d'intervalle au Cinéma, voici, selon moi, les faiblesses de Fahrenheit 9/11 si on le compare avec "Le Monde Selon Bush" : dans le documentaire de Michael Moore, il n'y a aucun mot sur la "création" de Saddam Hussein et d'Oussama Ben Laden par les américains eux-mêmes et par George Bush père, aucun mot sur le travail de l'ONU, aucun mot sur la politique alternative possible d'autres pays comme la France, l'Allemagne et la Russie, aucun mot sur l'influence de la religion sur les décisions du gouvernement américain et aucun mot sur les campagnes de désinformation médiatique orchestrées au dépend des gens qui savaient et qui disaient que l'administration Bush mentait, d'où mon sentiment global que "Fahrenheit 9/11" est un film plus américano-américain qu'un film français comme "Le Monde Selon Bush" qui apporte davantage de recul à l'analyse sur un sujet pourtant identique en tous points. Pour finir sur une note positive, j'ai passé un très bon moment à regarder ce film de Michael Moore, même s'il n'est pas exempt de défauts comme je l'ai détaillé plus haut, et je trouve vraiment utile qu'une telle oeuvre sorte en salles. Elle permet de "démocratiser" la vérité, même si c'est sous une forme simplifiée, et de la rendre ainsi accessible au plus grand nombre; elle est avant tout destinée à ceux qui ne font pas l'effort habituellement de se documenter en lisant ou en regardant les magazines d'investigation à la télévision.
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