Contrairement à ce qu'indique Allociné, la version de Fernand Rivers est de 1933. Trahie par son promis, un marquis flambeur, Claire de Beaulieu consent à épouser un riche industriel, le maître de forges Derblay, qu'elle n'aime pas. Le film est un petit mélo sentimental et bourgeois sur lequel lequel le réalisateur Fernand Rivers n'a aucun point de vue. Et c'est bien dommage car les turpitudes et convenances bourgeoises qui composent l'intégralité du sujet forment un spectacle indécent, de ceux qui doivent faire dire au spectateur prolo que ce n'est pas drôle tous les jours chez les gens de la haute. Et si le réalisateur se moque, c'est uniquement de la vulgarité et de la sottise de nouveau riche du sieur Moulinet (qui pourrait même, anecdotiquement, se présenter à des élections et les acheter -toujours cette défiance envers la Troisième République). Le roman originel est une affaire de mariages arrangés, de fortunes faites ou défaites, de mépris de classe -aristos versus roturiers parvenus- que Rivers met en scène sur un mode théâtral et bavard et dont l'enjeu est le triomphe, ou pas, de l'amour (conjugal). Le film n'est pas inintéressant, bien que ses personnages soient alternativement trop légers ou trop lourds; il aurait gagné à mieux cerner et à étoffer davantage la relation entre Claire et le maître des forges, dont le mariage est quand même bien mal engagé en même temps qu'il est le reflet des pratiques des "grandes familles".