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3,5
Publiée le 16 septembre 2025
On mentionne rarement "Il cuore altrove" (2003) quand on parle cinoche italien d'aujourd'hui! Et pourtant ce film est une vraie petite rèussite à l'italienne! L'histoire peut paraître simple et classique, mais baigne dans un humour et une tendresse de bienvenue avec en fond la magnifique musique de Ortolani! Professeur cèlibataire à la recherche de l'âme soeur, Neri Marcorè (qui aurait vraiment mèritè un Prix d'interprètation à Cannes) prouve, une fois de plus, la gamme de son talent! Un grand acteur, malheureusement trop mèconnu sur nos terres...tout comme la très photogènique Vanessa Incontrada! Giancarlo Giannini et Sandra Milo font ègalement partis de la distribution! On admirera les arcades de la belle Bologne avec sa piazza Maggiore et sa piazza del Nettuno constituant le coeur de la ville où il fait bon de flâner! Non, vraiment, si vous aimez le cinèma de Luigi Comencini et Dino Risi, c'est à dècouvrir absolument...
eh oui la forme est classique , mais tellement modelée en un melange de tendresse , d'humour à l' Italienne , avec un parfum de Comencini . C'est un petit chef d'oeuvre classique de melo réussi , paufiné , modelé avec douceur tendresse et intelligence . Un acteur mal connu qui emporte l'admiration .
Les Italiens, souvent peu fidèles à leur réputation d’êtres sanguins & fermés, sont particulièrement ouverts quand il s’agit d’aborder des sujets délicats au cinéma. D’être différent, par exemple, parce qu’on est soi-même ou alors aveugle.
Contrepied ou vision fidèle, difficile à dire, quoique la vision d’un père petit bourgeois qui envoie son fils dans le Nord pour qu’il se trouve une compagne est d’une absurdité douce qui peut servir d’indice. En matière de douceur, l’on sera gâté dans tous les cas : Neni Marcorè sert d’interprète à un personnage dont la personnalité un peu autiste n’aura de cesse d’étonner sans surprendre.
Contradiction ? Mais non, vous le connaissez, ce professeur excentrique qui instille sa petite révolution non-violente, celui qui jette les vieux livres & cite du Ovide quand ce n’est pas ”carpe diem”. Polyglotte & infantile, humble & pédagogue, les qualités du personnage m’ont marqué à titre très personnel & je ne peux pour ça que louer le travail de Marcorè. Cela rend son binôme, Vanessa Incontrada, d’autant plus difficile à supporter. Ses intonations sont répétitives, toujours perchées dans les aigus d’une fin de phrase, & c’est par son seul acte de présence qu’elle donne la réplique.
Beau & simple, Il Cuore Altrove est hélas peu mémorable, car il est humble lui-même. Le père est habilleur du pape est c’est là le degré de sensationnalisme que s’autorise Avati pour éviter de devenir une romance frustrante trop tachée de manipulation & de naïveté. C’est peu pour dire que l’amour était aveugle… jusqu’à ce qu’il y voie clair de nouveau.
Ce film est un petit bijou de tendresse, d'humour, de chaleur, avec une interprétation remarquable, de très beaux dialogues, de bons comédiens, des décors magnifiques : bref je suis enthousiaste parce que, après le film d'hier (In the cut), je ne peux m'empécher de faire la comparaison, bien qu'entre les deux il n'y ait aucun rapport. Le cinéma italien, j'adore, tout en finesse, de la haute couture, des vrais personnages tellement authentiques. Si vous avez le "blues", voilà un bon remède, on rit et pleure en même temps, allez-y vite avant que les "grosses machines" américaines prennent la place dans les salles obscures !
Le thème de départ était pourtant tentant : une femme se sert de la crédulité d'un homme pour se venger d'un autre homme... Immoral à souhait ! Et bien non, le film ne tient pas ses promesses : c'est une histoire d'amour filmée classiquement, sans originalité, un film niais dont on ressort exactement comme on est entré, simplement en ayant perdu 2 heures ! Les sentiments, traite aussi d'un thème archi-rebattu, mais la forme du film et son point de vue en font un film intéressant et même bouleversant, avec une vraie vision du monde. Ce n'est pas le cas de ce film-là. Dommage.
Pour le charme de Neri Marcorè, un acteur méconnu mais délicieusement décadent, décalé, au charme désuet, intemporel pourtant, un peu comme les Lettres Classiques qu'il enseigne. Evidemment, le scénario sent un peu la poussière, et les "cartes postales" de Bologne... sont très belles... mais réfléchir sur la ou les raisons qui ont poussé Sénèque au suicide, à travers la déraison attachante de ce prof de Grec/Latin n'est pas banal. Certains peuvent s'y reconnaître. Evidemment, les "durs" ne vont pas aimer le côté "clean/Kleenex" et certaines scènes de ce tableau à la Rembrandt, mais... à chacun de trouver son espace. Il en reste bel et bien un pour le spectateur... dans ce film.