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Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Si Denys Arcand est excellent dans un domaine, c'est bien celui des dialogues. Sur ce point de vue, le prix du scénario à Cannes est amplement mérité. Tout comme la récompense de Croze, troublante de vérité. C'est un très beau film sur la vie, sur les rapports humains, sur la famille et bien sûr la mort. Mais là ou le film se noie un peu, c'est la mise en place de situations toujours adéquates pour mettre à profit l'humour. Certaines séquences sont tellement flagrantes qu'on peut très facilement sombrer dans le cliché du mélo. Mais qu'importe, Arcand arrive à rattraper ses petites fautes et nous peint ses personnages avec une grande tendresse. Un long métrage agréable.
Je mets au défi celui qui ni ne rira ni ne laissera tomber une larme à la vision de ce film ! Le jeu des acteurs est magnifique... on ressent tout de plein fouet !
A l'origine, j'étais un peu dubitatif au vu des diverses critiques qui étaient soit dithyrambiques, soit médiocres, mais je me suis décidé, et quel plaisir j'ai eu à regarder ce film. Il est fabuleux, il virevolte, et oscille allègrement entre humour magistral et émotions pures sans mièvrerie aucune. Pendant ce film, on passe par tous les sentiments et avec une virtuosité et une sensibilité absolument authentiques.
L'intrigue est simple, il s'agit d'un homme dans la cinquantaine qui est atteint d'un cancer et qui va mourir. C'est un épicurien, un vrai hédoniste totalement gauchiste et intello, doté d'une rare truculence et verve. Mais le personnage est aussi un salaud qui a facétieusement trompé sa femme à maintes reprises, ne s'entend pas avec son fils avec lequel il s'engueule au bout de trente secondes. Et justement ce dernier vient au chevet de son père, appelé par sa mère, et il se rend compte qu'il doit faire tout ce qu'il peut pour le soulager et l'aider à mourir dans les meilleures conditions, et surtout pour lui prouver son amour. Le lien père-fils est constamment évoqué avec beaucoup de finesse et, quand en particulier, on est un fils soi-même, on est directement touché.
Le jeu des acteurs est fabuleux, ils redoublent tous d'énergie et d'un oeil qui pétille, ils rebondissent de répliques en répliques et nourris d'une irrévérence irrésistible. Chacun est abordé avec beaucoup d'acuité, en quelques plans, quelques regards, une larme. On sent le poids des années, l'alacrité des souvenirs et la fatalité du présent qui les rassemble. L'histoire ne sombre jamais dans la morosité, et pourtant la narration aborde des situations vraiment tristes et que tout le monde a vécu (la perte d'un être cher). L'accent québécois est génial et contribue vraiment à mettre du piquant à des dialogues déjà finement ciselés.
Le seul bémol est peut-être dans la figure, au final, un peu conventionnelle du film, et dans la réplique manquant un brin de spontanéité. Mais je pardonne vraiment ces défauts, parce que le but ultime va au-delà d'une forme imparfaite, et il avait besoin d'être exactement comme ça pour distiller autant d'énergie, d'émotions et d'humanisme dans ces relations amicales, amoureuses, filiales et tout bonnement affectives.
Après avoir entendu parler de ce film durant plus d'un an, je l'ai finalement vu et je dois dire que je ne suis pas du tout déçu de l'avoir attendu si longtemps. On passe par toutes les émotions dans ce film, que ce soit le rire, la tristesse, l'attachement envers le personnage de Rémy... On a droit à des phrases des plus songées, des acteurs incroyables. A noter, la prestation de Stéphane Rousseau qui m'a bien surprise, une musique des plus relaxantes. Bref, ce film a bien mérité toutes les récompenses pour lesquelles il était nommé.
Un film époustouflant, profond, infiniment tendre et triste à la fois, inoubliable. C'est une belle réflexion sur notre pauvre condition d'humains tous inexorablement condamnés à mourir. Un film à revoir pour mieux apprécier les réparties pleines d'humour et les jeux de mots.
A réserver aux amateurs de sociologie, ce film un peu intello est très bien ficelé, une suite au gout du jour du premier volet qui vu en 2010 est plus difficile d'accès. Surement moins d'humour et un Rousseau pas super convainquant à mon gout, sont 2 points noirs qui empêche de dépasser 4 étoiles.
Les invasions barbares, c'est un film qui nous parle de vie, encore et toujours, et qui donne envie de profiter de la sienne. Non, ce n'est pas triste. C'est vivant. Et ca vaut le coup
Longtemps après le dévergondage primesautier du Déclin (dont la vision préalable n'est d'ailleurs pas indispensable) vient le temps de payer la facture. Globalement, elle est plutôt salée pour nos verts baby-boomers, surtout pour Rémy, le grand hédoniste qui entame à présent son ultime calvaire. A partir de là, un grand nombre de critiques se sont dit que Denys Arcand avait tourné la veste : tant la presse de gauche dont émane une haine du film mal dissimulée par des considérations techniques bien fallacieuses, que quelques feuillets ultra-libéraux naïvement convaincus du ralliement du cinéaste à leur bannière. Pour ma part, j'ai assisté à un inventaire bien peu complaisant, pour toutes les parties : la génération de Rémy, la génération de son fils (la mienne!), et celle qui suit (les nouveaux barbares?). On frôle d'ailleurs souvent la caricature, mais Denys Arcand n'y tombe jamais complètement : tout le long du film jaillissent les éclairs d'espoir, d'humanité, d'humour et surtout d'amour. Ainsi, de cette descente aux enfers ressort un optimisme incroyable, qui parvient même à renouer avec la légèreté érudite du premier volet. Ce film a entièrement mérité ses multiples récompenses.
A l'époque, j'avais déjà été subjugué par "Le déclin de l'Empire américain" que je considérais et considère toujours comme un petit bijoux, c'est dire si j'avais peur d'être déçu par cette suite. Eb, bien pas du tout. Deny Arcand signe une oeuvre d'une grande sobriété, empreinte de sourires et de larmes. Ses dialogues sont toujours aussi percutants, ses acteurs merveilleusement éclairés et sa mise en scène soignée. Une vingtaine d'années plus tard, je suis de nouveau sous le charme. Emu et bouleversé tout à la fois.
On ne peut pas rester insensible à ce film après lequel j'ai, je l'avoue, fondu en larmes (ce qui n'est pas sincèrement mon habitude). C'est à notre propre vie que l'on se retrouve confronté. Qu'à été notre vie jusque là ? Qu'avons nous fait jusqu'à présent ? Que restera-t-il après nous ? Avons nous passé assez de temps avec nos familles respectives ? Autant de questions que l'on se pose en visionnant cette oeuvre épicurienne. Ne le loupez pas !
Mieux que Le déclin de l'Empire américain, ce film n'est pas fabuleux quand même, on s'y ennuit de temps en temps et tout traine en longueur même si là, il y a une histoire. Des personnages singuliers et une fin trés dure.
Chéreau ne s'est pas trompé !!! Ce film reflète totalement la perception qu'il a du cinéma. On assiste à un film riche sur le plan de l'émotion, de la culture, sur la qualité de jeu des acteurs, et surtout sur les dialogues, les sens et la philosophie de la vie. Ce film n'a pas de tabous (religion, politique, moeurs... et cela sans tomber dans le lourd). C'est peut être ça qui a pu effrayer certaines critiques ! A voir absolument.