J'ai longtemps évité ce Brian De Palma car, même si j'adore le réalisateur et notamment sa période thriller, j'ai beaucoup de mal avec les films de guerre, notamment du Vietnam, qui ne m'intéressent que très peu. Mais je commence petit à petit à m'y mettre et je me suis alors naturellement tourné vers ce film et j'ai franchement bien fait car ce fut une très agréable surprise ! En fait, ce n'est pas tant un film sur guerre du Vietnam, cette dernière servant plus de contexte à une histoire vraie qui s'est déroulée dans les années 60. Cinq soldats kidnappent une jeune vietnamienne et l'emmène avec eux en mission pour pouvoir la violer quand bon leur semble. Mais seul un soldat, le private Eriksson, est contre ce procédé barbare et va tout faire pour délivrer cette femme des griffes de ses collègues. C'est donc un film à la thématique forte et surtout un film sur la guerre qui fait enfin passer les américains pour des gros connards. Ici, pas vraiment d'héroïsme exacerbé, les personnages non seulement cautionnent la violence mais lui trouvent en plus une justification. Enfin, nous avons bien un héros dans le groupe, le personnage principal donc, qui va s’efforcer de faire tomber les autres même si tout semble être contre lui, ce qui donne d'ailleurs un peu une idée des positions des États-Unis durant cette période. De même, le film montre également comment l'armée construit des monstres et comment elle cautionne et justifie le comportement et la violence de mecs bien atteint psychologiquement. Ainsi, la colère qui monte chez Eriksson est très contagieuse sur le spectateur car le film va aller crescendo dans la violence, au début une violence physique pour aller ensuite vers une violence psychologique et morale. Car oui, le réalisateur n'y va pas avec le dos de la cuillère pour nous relater ces évènements, sans pour autant tomber dans la surenchère. D'ailleurs, le film est souvent très difficile à regarder car il est avant tout réaliste avec des acteurs interprétant très bien leur personnage et en particulier Michael J. Fox et Sean Penn, deux acteurs montants de l'époque, qui excellent. Même si De Palma n'est pas vraiment dans sa zone de confort, on repère tout de même bien sa patte, notamment avec l'utilisation des demi-bonnettes, les plans cassés et les plans subjectifs. "Outrages" (le titre original a d'ailleurs bien plus de sens) est donc un film très bien écrit et très bien réalisé qui sort un peu du lot des films du genre en montrant cette guerre sous un autre angle.
La représentation puissante par Brian De Palma des événements de l'Incident de la Colline 192 en 1966 – un récit spoiler: horrible d'enlèvement, de viol collectif, de meurtre et de jugements réticents – pendant la guerre du Vietnam compte parmi les films (de guerre) les plus essentiels et les meilleurs jamais réalisés.
Parce que cela démontre clairement et habilement qu'un homme a toujours le choix entre le bien et le mal, quelle que soit la situation. Ce n'est qu'une question d'éducation et de respect de soi et des autres.
Le soldat de première classe Max Eriksson, basé sur Robert M. Storeby et interprété par Michael J. Fox, répond à juste titre au sergent criminel de guerre Tony Meserve, basé sur David Edward Gervase et joué par Sean Penn, que « spoiler: Ceci ce n'est pas l'armée ». En effet, parce qu'à tout moment nous pouvons choisir d'être des êtres humains dotés d'un sens de la droiture, qui honore ainsi l'uniforme et l'institution qu'il représente, ou un monstre vulgaire et maléfique dépourvu de toute éducation de base, de toute discipline et de toute éthique, qui les salit.
Michael J. Fox, Sean Penn, Don Patrick Harvey, John C. Reilly, John Leguizamo et le reste de la distribution excellent tous dans leurs rôles respectifs, avec une mention spéciale à Thuy Thu Le pour sa performance exceptionnelle dans le rôle de Tran Thi Oanh, basée sur la vraie victime Phan Thi Mao.
Maestro Ennio Morricone a composé l'une de ses plus grandes bandes originales pour spoiler: faire ressentir intensément les moments les plus traumatisants de cette histoire déchirante, avec un thème qui résonne à l'unisson avec les cris de peur, de douleur et de terreur de la pauvre petite Tran Thi Oanh/Phan Thi Mao dans son destin tragique, qui a mis fin à sa courte existence sous cette incarnation .
Brian De Palma a invité Steven Spielberg à une projection privée, et après la fin du film, Spielberg a déclaré : "spoiler: Vous y réfléchirez pendant une semaine ." En effet, parce que spoiler: de tels cris continuent de résonner aujourd’hui .
Un bon film qui n'a malheureusement pas eu le succès escompté ! Les acteurs jouent bien, le scénario est bon, mais un poil cliché par moment. À voir au moins une fois
Ce film pour moi est très important car il parle à notre conscience et nous rend humble en nous rappelant combien nous pouvons, chacun de nous, être minable en certaines circonstances. L'horreur (si terrible soit-elle) ne réside pas dans les faits eux-mêmes (car toutes les victimes de morts violentes se valent), elle tient dans la perception que nous avons que des hommes qui nous ressemblent ont parfois été amené à commettre, malgré-eux, des actes hautement répréhensibles. Ex. Oradour-Sur-Glane où tous les soldats qui ont participé n'étaient sans doute pas tous d'accord mais n'ont rien fait pour empêcher.
Basé sur des faits réels, ce film de guerre ne parvient pas à captiver le spectateur. Le thème abordé n'est pourtant pas sans intérêt. Les acteurs ne sont pas mauvais non plus (sauf Michael J. Fox que je trouve trop nerveux). Le problème vient d'une réalisation trop plate sans originalité. L'intrigue a aussi tendance à patiner par manque de rythme.
Un peu vieillot mais ça se regarde quand même. Je m'attendais malgré tout à un film plus aboutit de la part de DePalma, surtout avec Sean Penn en tête d'affiche, et un sujet aussi intéressant. Il y a du bon malgré tout là dedans(interprétation, mise en scène au minimum) mais pas suffisamment pour marquer les esprits comme des "apocalypse now", "platoon" ... Plus tard, Rob Reiner fera même mieux selon moi avec "des hommes d'honneur" mais ce n'est que mon avis.... Ce qui m'a le plus déçu, c est que De Palma aura passe beaucoup de temps sur le terrain avant l'événement dénoncé par Marty MacFly...euh, pardon: Michael J Fox(difficile de ne pas y penser et de rester crédible dans des films aussi dramatiques!)) et pas suffisamment après... J'aurai apprécié plus de développement sur cette partie qui m'a du coup, semblé bâclée, négligée... Le dénouement arrive bien trop rapidement après le terrain d'où une grosse impression d'inachevé très désagréable. Dommage.
Sur trois années des 80s, trois films majeurs traitant du Vietnam sont sortis : Platoon, Full Metal Jacket et Outrages. Et ces trois-là sont les peintures les plus réalistes de la guerre qui déchira les Etats-Unis. DePalma s'éloigne de son style "too much" volontaire pour placarder la vérité sur les écrans sur ce qui s'est passé entre autres au Vietnam, une vérité sadique. Il décrit ici une action très grave commise par les soldats américains, et les conséquences. Il montre qu'un évènement terrible ( la mort du soldat noir ) ne fait qu'enchainer les horreurs l'une à la suite de l'autre. La deuxième partie, après la capture de la jeune fille, est absolument choquante et très dure à regarder ; la troisième traite alors de l'armée qui censure ses propres crimes et la justice qui joue enfin son rôle. Le thème majeur de Outrages est donc le souvenir et l'expérience vécue. Le prologue pose le personnage principal rentré de la guerre, isolé et hanté. L'épilogue, magnifique, lui laisse une lueur d'espoir et d'appaisement, mais la mémoire n'a pas défailli, comme celle du spectateur qui est désormais marqué. DePalma a donc réalisé un film d'exception dans sa carrière, parmi ses meilleurs, une critique de l'armée américaine complète où le bourrinage y serait une contradiction.
Vous en voulez du film qui dérange et qui révolte? Et bien voilà, vous l'avez là. 'Outrages' porte bien son nom (pour une fois l'adaptation française fait mouche). Sans rentrer dans des détails d'analyse cinématographique, je me limiterais à dire que les acteurs sont excellents, que la tension atteint son paroxysme et qu'on se sent des envies de meurtre durant tout le film. Un point de vue assez "voyeuriste" de la guerre du Vietnam, mais comme on dit, la réalité dépasse (hélas) la fiction.
Échec commercial, cette vision de De Palma sur la guerre du Vietnam est pourtant une réussite tant la tension, la folie et le désarroi sont palpables. Tous les acteurs sont bons, le décor sans fausse note et le rythme sans temps mort. Un De Palma brillant.
Un film qui tient surtout pour les performances de Michael J Fox et de Sean Penn. Le premier est brillant en soldat se battant pour la dignité d'une indigène et le second l'ai encore plus en rôle dans le rôle du bourreau. Il est assez prodigieux de voir que la folie de la guerre serait en mesure de tout justifier. Autrement dit, ce film est une critique non seulement de la guerre, mais des dérives idéologiques des soldats. Le film est bien, mais ça reste un peu trop tourner vers la défense de la vietnamienne, j’aurais aimé qu'il y est plus de scènes et plus de variétés. Je trouve la fin du "retour à la réalité" très belle.
Un film sur la guerre du Viet Nam passé un peu inaperçu (pourtant réalisé par le maître De Palma) mais tout aussi costaud que les "Platoon" ou "Voyage au bout de l'enfer". Aucune effusion de sangs mais certaines scènes sont vraiment choquantes et on ressort complètement chamboulé après l'avoir visionné. Sean Penn et Michael sont exceptionnels dans ce film et ils auraient mérités plus de reconnaissance.
Excellent ! 'Outrages' est porté par un casting fabuleux (normal, il y a Sean Penn), un scénario captivant et une réalisation solide. Brian De Palma est définitivement un cinéaste à suivre de très près pour ceux qui le connaisse peu (ou pas). A voir.
Cette vision de la guerre du Vietnam fait peur, parce qu’elle montre l'être humain dans toute sa complexité, son ambiguïté, parce qu'elle prône aussi la folie de cette guerre. Bien que le film montre ce que l'on sait, que la Guerre du Vietnam fut une des plus traumatisantes pour les soldats, il reste dur et bouleversant par moment précisément parce qu’il met notre conscience à l'épreuve. C'est un des films les plus marquant sur la Guerre du Vietnam, avec Voyage au Bout de l'Enfer et Apocalypse Now.