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Jean-luc G
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2,5
Publiée le 11 août 2024
Tenté par le couple Montand/Aimé, la vision à l'improviste de ce film belge m'a laissé interrogatif, avant de clairement apparaitre pour l'objet onirique et conceptuel qu'il est, typique de l'époque des sixties. Belle photographie, un couple qui ne sait plus quoi se dire, l'ambiance très singulière des voyages en compartiment, à part cela, pas qu'il restera grand-chose de ce rêve éveillé. streaming aout 2024
C'est un drôle ce film que ce Un soir, un train avec Montand et Aimée en tête d'affiche. Réalisé par un belge, le baron Delvaux, ce film nous plonge dans la guerre linguistique qui opposa les étudiants francophones et néerlandophones de Louvain. Cette histoire de linguistique qui n'est qu'un prétexte au film car on est ensuite transporté dans un univers totalement différent. Montand, le professeur, prend le train à la gare d'Anvers (bien qu'on pense qu'il soit à Louvain), pour une conférence. Sa femme l'accompagne bien que ça ne soit pas prévu et là l'impensable va arriver. Ce n'est qu'à la fin du film que le spectateur comprend ce qui est arrivé. Entre temps, il est plongé dans un univers imaginé par le professeur. On ne comprend pas ce qui se passe, un monde parallèle, fantasmé ou autre chose bien sur.
Je n'ai pu regarder ce film jusqu'au bout : une histoire qui s'étire sur fond de neige et de froidure, les deux protagonistes ont du mal à se parler. On dirait qu'ils vivent dans deux mondes parallèles. Bien sûr, Yves Montand et Anouck Aimée sont parfaits dans ce face à face onirique. Ce film n'a pas pris une ride malgré ses 55 ans d'âge : la fuite, l'esquive, la fragilité des sentiments sont toujours là.
Un film d'auteur, cérébral, qui tourne autour de grands thèmes tels que les relations hommes femmes, la communication humaine, la vie et la mort, dans une ambiance bizarre, froide et monotone, mêlant le réel et l'irréel. Le film est original, subtilement mis en scène, Montand est captivant, mais je trouve que le couple est sans magie et peu convainquant, le scénario lacunaire et l'ensemble plus ennuyeux et déconcertant que charmant et rassurant.
L'on regarde ce film aujourd'hui comme un document archéologie. Le jeu d'acteur comme la dimension onirique des plans photo ne comblent pas les vides typiques de cette époque.
Un parfum de Cocteau, de Rainer Maria Rilke, d'Aloysius Bertrand, de Bruegel et d'Odilon Redon pour un film dont la matière fantastique vous hante longtemps, une Belgique brumeuse presque médiévale et un final tel le joueur de flûte de Hamelin...