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dougray
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3,5
Publiée le 4 novembre 2015
Un peu à l’image de "Hôtel du Nord"," Drôle de drame" (autre film de Marcel Carné) est resté dans les mémoires de cinéphiles pour la fameuse réplique du "Bizarre, bizarre"… Et, comme pour "Hôtel du Nord", c’est faire bien peu de cas du film en lui-même qui a bien plus à offrir que cette seule réplique. Car, on oubli un peu vite que "Drôle de drame" est un film d’une incroyable modernité pour l’époque (il est sorti en 1937) qui manie l’humour le plus absurde avec un talent très anglo-saxon (il est vrai qu’il s’agit d’une adaptation d’un livre anglais, "His first offence"). Un ton très déconcertant pour un vieux film, qui explique, sûrement, le relatif échec du film lors de sa sortie en salles. Car, si les spectateurs de l’époque attendaient une sorte d’enquête policière, ils ont dû être surpris, "Drôle de drame" étant, avant tout, une grosse farce qui se moque des puissants (à commencer par l’Eglise) avec une pertinence aussi acerbe qu’avant-gardiste. Le film fourmille d’idées formidablement absurdes, telles que cette invraisemblable traduction des textes anglais en français sans passer par les sous-titres (un effet à découvrir !), les malheurs successifs du pauvre archevêque de Bedford (qui se voit bien puni de sa bigoterie hypocrite) ou encore le personnage génialement décalé du tueur. Le réalisateur Marcel Carné peut, également, compter sur les dialogues très réussis de Jacques Prévert, qui brillent par leur drôlerie, malgré un sens du gag parfois un peu trop vaudevillesque. L’influence théâtrale se ressent, également, au niveau de l’interprétation, parfois un peu surjoué… mais ce ton atypique participe au charme du film. Et puis, quel casting, de Michel Simon, monstrueux en romancier honteux aspirant à une vie de paisible épicurien à Françoise Rosnay, formidable en épouse loin des standards habituels de la femme soumise, en passant par Louis Jouvet qui campe un savoureux ecclésiastique inquisiteur (un rôle inhabituel pour l’acteur qui, pour une fois, est peu à son avantage), Jean-Pierre Aumont en amusant laitier amoureux ou encore l’extraordinaire Jean-Louis Barrault en tueur de bouchers atypique ! Les acteurs ont su se mettre au diapason du film et participe pleinement à l’originalité ambiante de l’entreprise… même s’ils n’évitent pas toujours les dérapages grandguignolesques (qu’on pardonne aisément). Plus gênants par contre, les quelques trous d’airs de la réalisation de Marcel Carné (qui aurait pu être plu efficace) ou encore le manque de renouvellement du scénario qui, par moment, tourne un peu en rond. Mais, une fois, encore, le ton résolument absurde de ce "Drôle de drame", à une époque où cela ne se faisait pas, et la qualité de l’interprétation suffit amplement à justifier la place du film au Panthéon des grands classiques de l’entre deux guerres. A redécouvrir… pour peu que les vieux films ne vous rebutent pas, bien évidemment !
Considéré comme un grand classique du cinéma français, il fût descendu par la critique et les spectateurs à sa sortie. Ce second film du très talentueux Carné est une répétition de ce qui fera son chef d’œuvre absolu : « Les enfants du paradis ». Toujours est-il que 80 ans après, je vais me ranger de l’avis des contemporains. Si le démarrage du scénario est très bien ficelé avec une première scène marquante lors du prêche de l’évêque Bedford. Ubuesque à souhait, Carné en profite pour mettre en place une intrigue attractive et une grande partie des personnages majeurs. Par la suite, l’enchainement des situations cocasses nous font complètement décrocher du film ; la fuite du couple Molyneux alors qu’il n’a rien à se reprocher. C’est peut être le réalisme poétique qui me laisse pantois. Ensuite, le casting est de très haut niveau mais issu du théâtre et du cabaret. Adapté pour « Les enfants du Paradis », car il traite du milieu théâtral ; ici, le sur jeu daté est difficilement supportable durant 1h45 : le jeu très pantomime de Barrault, les femmes qui ont leur vapeur, l’ivresse de Simon… Reste le personnage de l’évêque Bedford conçu par Louis Jouvet ; à chaque apparition, il est délectable, tantôt Nosferatu, tantôt Inquisiteur… La mise en scène de Carné est très riche et l’éclairage du noir et blanc intrigant. Prévert offre aussi de beaux échanges comme le célébrissime « Bizarre, bizarre comme c’est étrange… » ; mais on est encore trop dans du théâtre. A voir pour quelques beaux numéros d’acteur et une mise en place astucieuse et souvent drôle
Porté par une ribambelle d’acteurs magistraux, avec en tête les géniaux Michel Simon et Louis Jouvet, Drôle de drame est une comédie loufoque endiablée, au scénario dense et aux rebondissements (très) nombreux. Originale dans son style, cette adaptation d’un roman britannique censée se dérouler intégralement en Angleterre fut tournée en français, en France, et avec des comédiens français. À sa sortie en 1937, le ton pince-sans-rire et british dérouta quelque peu le public. Aujourd’hui, ce classique de Marcel Carné, célèbre pour sa réplique « Moi, j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre » frappe par sa grande liberté de mise en scène, ses délicieux dialogues signés Jacques Prévert, et se laisse suivre avec un plaisir de chaque instant.
Il y a un côté loufoque et en même temps il y a un drame sous-jacent.... Les personnages s'entrecroisent et évoluent. Tout commence avec le départ des bonnes du couple.... Tout simplement!!!! Et l'histoire s'enchaîne avec des dialogues savoureux et des scènes formidables. Excellent film original et plein de quiproquos et des personnages multiples....
La conduite des personnages est toujours parfaitement logique: l"évêque veut retrouver une photographie compromettante, le tueur de bouchers les tuent parce que lui aime les animaux, l'amoureux des mimosas écrit un manuel pour assassiner les hommes, la foule veut lyncher le tueur...et l'ensemble est complètement loufoque. La raison absolue , c'est la déraison, l'absurde. Des répliques inoubliables: "bizarre, bizarre...." mais aussi "elle ne pensait qu'à paraître, alors je l'ai fait disparaître"... Film rare, unique en son genre, hélas, et avec de merveilleux acteurs. En plus de très beaux décors, volontairement artificiels et caricaturaux, comme les vêtements des personnages.
Le film évoque une comédie de boulevard assaisonnée à la sauce polar: les personnages sont soit ridicules, soit franchement dépassés par les événements, et la moindre tentative pour enrayer l'engrenage fatal ne fait qu'accélérer encore celui-ci. Quelques dialogues savoureux (et pas seulement le fameux... vous m'avez compris). Le style est vieillot et ampoulé, mais après tout, on n'est qu'aux prémices d'un cinéma parlant qui n'échappera pas tout de suite au théâtre. A voir.
Deuxième film de Marcel Carné où il met en scène un scénario de Jacques Prévert, "Drôle de Drame" nous emmène dans un village français où Irwin mène une double vie, à la fois botaniste et écrivain de romans policiers sous pseudonyme mais les romans provoquent la colère de son cousin, un évêque mais lorsque ce dernier viendra diner et constatera l'absence de la femme d'Irwin, il commencera à se faire toutes sortes d'idées...
Suivra diverses péripéties parfois aussi inattendu que marrante, des quiproquos, de l’absurde ou encore de savoureuses joutes verbales, voilà ce qui sera au programme de cette réjouissante comédie. Mais c'est aussi à travers la galerie de personnages que "Drôle de Drame" est une réussite, que ce soit ce botaniste qui écrit des romans policiers sous pseudonyme mais souvent dicté par Eva, une jeune fille qu'ils hébergent, le laitier, l'hypocrite évêque ou encore la femme d'Irwin. Les dialogues sont excellents et n'ont pas pris une ride, tout comme les interprétations, que ce soit Michel Simon, Françoise Rosay ou bien évidemment Louis Jouvet.
Comme le bon vin, un film qui se bonifia avec le temps après avoir connu un échec critique et public à sa sortie.
Sans doute le meilleur Carné/Prévert (Hôtel du Nord est un Carné/Jeanson) parce que ça ne se prend pas au sérieux et que ce film pourtant parfaitement maitrisé ressemble à une longue partie de chamboule-tout dans laquelle personne ne reste à sa place, chacun confond tout le monde en croyant tromper tout le monde. Les acteurs sont exceptionnels, les répliques fusent et les situations burlesques s'enchaînent. "Mais ça ne tient pas debout !" s'écrie le chœur de ceux qui s'obstinent à prendre le film au premier degré. Ben non, mais justement c'est fait exprès, et ça n'empêche pas le film d'être intelligent. L'une des perles du cinéma français d'avant guerre.
Pour ma 1000ème critique (déjà, ça passe vite...), j'ai regardé un film de Marcel Carné pour me rappeller combien les dialogues de Prévert apportaient une dimension unique à ces vieux films français...rien à voir avec la médiocrité verbale d'aujourd'hui. Bien que ça ne soit pas pour moi le meilleur Carné, que je préfère dans le registre dramatique (Le jour se lève, Les enfants du paradis...), il faut constater qu'on s'amuse beaucoup à suivre les péripéties de ce petit village pendant une heure et demie. C'est bourré d'absurde de situation et les acteurs sont tous très bons : Louis Jouvet en Tartuffe, Michel Simon en écrivain et savant loufoque, Françoise Rosay qui veut se la jouer grande dame, Jean Pierre Aumont le laitier envahissant ou encore Jean Louis Barrault en tueur de tueurs.
Suite de quiproquos assez hilarants. Les acteurs s'amusent autant que les spectateurs, mention spéciale à Jouvet drôlissime. Je l'ai vue à la TV, malheureusement la qualité du son était exécrable jusqu'à rendre quasi inaudibles certains dialogues, c'est le seul défaut de cette savoureuse comédie.
Cette histoire rocambolesque tient de la comédie anglaise au charme un peu démodé. C’est très théâtral, avec des répliques célèbres (Moi j'ai dit "bizarre" ? - Oui vous avez dit "bizarre". - Comme c'est étrange...). Le film a vraiment vieilli et frôle parfois l'ennui dont on est sauvé par le seul talent de Jouvet et de Simon, même si parfois trop cabotins.
J'en suis le premier étonné, mais «Drôle de Drame» m'a conquis! L'ayant en effet partiellement visionné dans mon enfance je gardais le souvenir d'un humour poussiéreux, auto-satisfait et compassé. C'est tout le contraire! Carné et Prévert ne se prennent manifestement pas au sérieux (malgré le soin apporté à leur travail respectif) et confèrent aux situations absurdes et poétiques (la même poésie populaire qui fera la renommée du duo) une fraicheur étonnante! Ce film est tout simplement irrésistible... Bien sûr il n'est pas dit que «Drôle de Drame» résiste aux visionnages successifs, mais le nombre de ses qualités étant plus que conséquent il est aisé de comprendre son statut de classique du cinéma français d'avant-guerre et d'abonder dans ce sens. Les célèbres répliques font toujours mouche, les acteurs sont tous extraordinaires (même si certains cabotinent parfois trop), les décors sont marquants, les personnages attachants,... Et puis les séquences s'enchaînent à un rythme endiablé, la maîtrise de Carné est vraiment virtuose, tout comme les jeux de mots de Prévert! Il n'est pas étonnant que ce long métrage ait mis du temps à trouver son public, les dialogues ne sont pas seulement drôles, qui plus est d'un humour assez particulier, audacieux et élaboré, ils sont aussi caustiques et irrévérencieux (la morale petite-bourgeoise est gentiment épinglée, des institutions comme la police ou le clergé sont égratignés, des travers toujours d'actualité, comme la versatilité de la foule ou l'intérêt démesuré apporté à l'apparence sont mis en scène de façon amusante,...). Rien ne vieilli plus vite que l'humour : un film de plus de 70 ans toujours aussi drôle, c'est dire combien «Drôle de Drame» mérite ses lauriers! [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Deuxième film du mythique duo Carné-Prévert, ce « Drôle de Drame « se trouve être une comédie burlesque franchement bien hilarante. Il faut dire que le casting qui est composé notamment de Michel Simon, Louis Jouvet, Françoise Rosay et Jean Pierre Aumont, est absolument parfait, car tous ces comédiens utilisent parfaitement les savoureux dialogues de Jacques Prévert. De plus, nous avons le droit à une mise en scène d’une grande inventivité et à des décors d’une grande beauté, ce qui fait que l’ensemble s’avère très vite inoubliable. On est donc en présence d’un des chefs-d’œuvre du cinéma français des années 1930.
Avec une équipe pareil pour un film il n'est pas étonnant d'être captivé par un film d'une grande richesse. Le scénario est bien construit avec des dialogues savoureux et "bizarres". Les acteurs sont tous (évidemment) grandiose notamment Françoise Rosay (personnage le mieux écrit) et Louis Jouvet déjà culte en écossais ! Le seul petit bémol reste le cas peu vraisemblable du déguisement léger de Michel Simon, et encore, nous sommes là dans le théâtre et le grandguignol qui l'accompagne. Un grand film.