Lors de la seconde guerre mondiale, alors que le lieutenant de la Wehrmacht Diestl (Marlon Brando) est en mission à Paris, deux américains, une vedette de music-hall (Dean Martin) et Noah, un juif newyorkais (Montgomery Clift), sont mobilisés sur le front européen.
Plus qu'un film de guerre comme on l'entend communément, le film de Dmytryk -hors quelques séquences de combat- est un drame de la guerre. Il raconte le parcours tourmenté de trois hommes qui les conduira, pour finir, aux abords
des camps de concentration nazis (dont le réalisateur ne parvient pas à représenter l'horreur). La découverte par Noah des camps
et du crime commis contre ses coreligionnaires est traitée sur un mode particulièrement pudique, pour ne pas dire maladroitement aseptisée. Au moins, la rencontre
entre Diestl et les deux GI
sera-t-elle aussi furtive que singulière et troublante.
Adapté d'un roman d'Irvin Shaw, ce long film, inégal en termes d'intensité dramatique, est sans aucun doute une oeuvre estimable dont certains épisodes ne manquent pas de sensibilité et d'intelligence. A l'instar de ses personnages. Si Dean Martin, en "planqué" composant avec sa conscience, occupe un rôle assez superficiel et convenu, Montgomery Clift joue, lui, sensiblement, les types chétifs et effacés, en proie à l'antisémitisme dans sa propre unité.
Et puis, dans le camp d'en face, Marlon Brando, blond aryen, fait une composition dont il a le secret. Imposant physiquement mais s'exprimant dans un murmure presque timide, il écrase le rôle, à moins qu'il bonifie par son talent et son charisme cet officier allemand bienveillant à l'égard du nazisme puis nourrissant sa réflexion tout au long de la guerre, lucide et désabusé.