La Rue rouge
Note moyenne
4,0
402 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

65 critiques spectateurs

5
11 critiques
4
28 critiques
3
18 critiques
2
6 critiques
1
2 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Thomas B
Thomas B

7 abonnés 349 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 avril 2024
Un grand classique du film noir réalisé par l'immense Fritz Lang. L'histoire est brillamment construite, les interprétations de Joan Bennett et de Edward G. Robinson sont exemplaires et la photographie en noir et blanc est remarquable.
Vincent D
Vincent D

7 abonnés 123 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 mars 2016
la rue rouge est un remake mois bon que la chienne véritable chef d'œuvre de Renoir et fritz Lang a fait des films à la mise en scène beaucoup beaucoup plus marquante
Néanmoins sans être un chef d'œuvre, cela reste un bon film grâce au casting réussi et au scénario s'inscrivant dans une veine réaliste et assez noire
Xolla
Xolla

3 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 juillet 2022
La Rue rouge est une histoire de manipulation et de mensonges.
Succédant à La Femme au portrait, le même pessimisme et les thématiques de la morale et du meurtre s'y retrouve ; mais La Rue rouge accentue ici sur le thème de la culpabilité et en est encore plus sombre.
On le ressent d'autant plus à la fin du film, qui plonge le spectateur dans un pessimisme profond, typique de Fritz Lang. Cette conclusion, tirant sur l'expressionnisme, était d'autant plus intéressante et créative que son prédécesseur.

Le thème de l'art est aussi abordé, et en tant qu'amateur, j'ai été touché par les difficultés traversées par le protagoniste vis-à-vis de ses peintures.

Malgré une histoire intéressante, le talent des acteurs et une écriture et une mise en scène que j'aime chez Lang, j'ai tout de même préféré son précédent long-métrage, La Rue rouge m'ayant paru moins rythmé, éparpillé par moments et aux personnages moins convaincants, malgré leur immoralité faisant le nœud de l'intrigue.

En bref, La Rue rouge est un film noir pessimiste qui aborde des thèmes intéressants, mais qui m'a moins marqué que son prédécesseur.
Mjoly
Mjoly

3 abonnés 248 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 août 2026
Un an après “La femme au portrait”, Fritz Lang reprend le même trio d'acteurs (Edward G. Robinson, Joan Bennett, Dan Duryea) dans des rôles très proches. C'est d'abord un peu perturbant, avec une vague sensation de redite, mais on oublie très vite cette gêne pour s'attacher à l'histoire, assez déchirante, d'un homme mûr se laissant littéralement plumer par une “garce” et un petit escroc comme le cinéma américain aimait alors à en montrer. On a envie de se précipiter à son secours, de lui dire d'arrêter d'être aussi naïf, mais la fatalité est en marche. Un bon Fritz Lang.
Jean Mariage
Jean Mariage

2 abonnés 113 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 juin 2026
« Par inspiration, il me transporta dans un désert où je vis une femme assise sur une bête écarlate, chargée de noms de blasphème, et qui avait sept têtes et dix cornes. La femme était revêtue de pourpre et d'écarlate, parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution. » (Apocalypse de Jean, 17, 4).
Remake de « La Chienne » de Jean Renoir, le film aurait dû s’intituler « The Bitch », mais un tel titre était impossible aux États-Unis sous le code Hays. Lang proposa donc « Scarlet Street », sans doute en référence à la Grande Prostituée de Babylone dans « L’Apocalypse de Jean ». Et il est d’ailleurs fort probable que Kitty fasse aussi le trottoir, comme le suggèrent plusieurs indices, à commencer par le fait que Johnny, son amant, possède toutes les caractéristiques du maquereau.
« La Rue rouge » est le premier film véritablement indépendant de la période américaine de Fritz Lang, qui venait alors de fonder sa propre société de production avec son actrice fétiche Joan Bennett et le mari de celle-ci, le producteur Walter Wanger. Le film est très loin d’être une simple copie de celui de Renoir, dont il se distingue aussi bien sur le fond que sur la forme. Là où Renoir restait proche d’un certain naturalisme teinté d’ironie sociale, Lang transforme l’histoire en véritable tragédie métaphysique dominée par le destin, la culpabilité et l’illusion.
Le film tout entier est traversé par cette idée d’un homme marchant inconsciemment vers sa perte. Dès la première scène, la montre offerte à Chris par son patron apparaît comme un symbole du temps et des rouages du destin qui se mettent inexorablement en marche. Avant même sa rencontre avec Kitty, Chris semble déjà aspirer, consciemment ou non, à fuir l’existence médiocre et humiliante que lui impose son épouse. Kitty n’est finalement qu’une occasion de basculer, occasion qu’il saisit avec un aveuglement presque suicidaire.
Lors de leur première rencontre, Chris se cache d’ailleurs brièvement le visage avec la main, geste étrange puisque le danger est déjà écarté. Ce mouvement semble symboliser un refus de voir la réalité telle qu’elle est. De même, le film insiste à plusieurs reprises sur l’absence de perspective dans sa peinture : métaphore évidente d’un personnage incapable d’avoir une vision lucide du monde et des êtres qui l’entourent. Chris est continuellement dépossédé : de son mariage par l’ancien mari de sa femme, de sa maîtresse par le souteneur qui l’exploite, de ses tableaux et même de son succès artistique par Kitty, puis enfin de son propre crime par Johnny, qui en subit paradoxalement les conséquences judiciaires.
Cette dépossession progressive conduit à l’une des conclusions les plus cruelles du cinéma de Lang. spoiler: Contrairement au film de Renoir, qui conservait encore une forme de dérision populaire et de vitalité, « La Rue rouge » s’achève dans une solitude absolue. Le dernier plan, magnifique, montre Chris littéralement abandonné des hommes : tandis qu’il marche dans la rue, la foule disparaît peu à peu autour de lui, comme s’il était déjà retranché du monde des vivants.

Le film fourmille d’ailleurs d’idées de mise en scène géniales. Le procès est ainsi filmé de manière à faire du spectateur lui-même un juré, procédé extrêmement moderne pour l’époque. Quant à la scène où Kitty tend son pied nu à Chris, qui insiste pour faire son portrait, en lui lançant « Peins-moi ! » tout en lui demandant de lui mettre du vernis à ongles avant d’ajouter ironiquement « Ce sera ton chef-d’œuvre ! », elle résume admirablement toute la logique du film : humiliation, désir, aveuglement amoureux et déchéance de l’artiste réduit à l’état de serviteur.
Un des sommets du film noir américain, mais aussi l’un des films les plus désespérés de Fritz Lang, où la fatalité semble moins relever du hasard que d’une mécanique sociale et psychologique implacable.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse