Sogni d'Oro
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anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 24 août 2011
"Io sono un autarchico" et "Ecce Bombo" m'avaient ennuyé à mourir. C'est toujours un peu le cas avec "Sogni d'Oro", à la différence que ce troisième long-métrage de Nanni Moretti comporte quand même un bon lot de scènes intéressantes et/ou coquaces qui valent le détour, comme cette scène où Moretti, déguisé en pingouin, hurle "Publico di merda" sur un plateau de télévision. S'il semble prendre plaisir à se mettre en scène dans son quasi propre rôle et qu'il ne manque pas d'auto-dérision, on se demande encore une fois où il veut en venir avec ces scènes qui se suivent, sans rapport les unes aux autres, avec sa façon de passer du coq à l'âne, si bien que le spectateur ne sait pas vraiment de quoi Moretti veut bien parler, et qu'il finit logiquement par décrocher.
Yves G.

1 840 abonnés 4 004 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 23 avril 2020
Michele Apicella, double autobiographique de Nanni Moretti, fait la tournée promotionnelle de son dernier film et tourne le suivant, une adaptation de la vie de Sigmund Freud. Un conflit l'oppose à un jeune réalisateur dont son producteur a décidé de financer sa comédie musicale sur mai 68. Apicella décide de le défier dans un débat télévisé.

"Sogni d'oro" (1981) n'est pas le premier film de Nanni Moretti mais son troisième après "Je suis un anarchiste" en 1976 et "Ecce Bombo" en 1978. Mais c'est celui grâce auquel il accède à la notoriété, en Italie et à l'étranger, grâce notamment au prix spécial du jury que lui délivre la Mostra de Venise.

Nanni Moretti n'a pas encore trente ans ; mais il a déjà trouvé sa voie. Sur le fond comme sur la forme, tout son cinéma est déjà inscrit dans Sogni d'oro qui connaîtra ensuite d'innombrables déclinaisons : "Bianca", "Journal intime", "Aprile", "Mia Madre".... La forme : la chronique autobiographique volontiers ironique voire satirique. Le fond : questionnements intimes, réflexions artistiques, interrogations politiques.

Regarder aujourd'hui "Sogni d'oro", grâce à Arte TV qui diffuse une rétrospective de son oeuvre, c'est effectuer un bon en arrière de presque quarante ans et explorer la généalogie du cinéma de Moretti qui arborait une affreuse moustache. Le film est construit de bric et de broc qui enchaîne, sans toujours se soucier de les relier les unes ou autres, des scènes plus ou moins convaincantes. Nanni Moretti est de chaque plan : avec sa mère, derrière la caméra, devant son public qui lui reproche son élitisme. On aperçoit Laura Morante pour la première fois, qui deviendra son actrice fétiche.

"Sogni d'oro" a mal vieilli. Les thèmes qu'il brasse (la crise du cinéma d'auteur, la médiocrité de la télévision, la faillite du gauchisme…) semblent bien datés. On lui préfèrera les films de la maturité et au premier chef "La Chambre du fils".
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 19 août 2019
Pour son 3ème film, Moretti règle ses comptes avec le milieu du cinéma et le public. Si le résultat est parfois trop foutraque, voire hystérique (on frappe et on crie beaucoup), c’est que ce film est celui du bouillonnement et de la créativité, comme le très beau Bianca sera celui de la maturité. Moretti a enfin des moyens à la hauteur de ses ambitions et on voit apparaître les trois ingrédients qui seront les principaux vecteurs d’émotion dans la suite de sa filmographie : le travelling, le réalisme magique et Laura Morante. Certains segments durent trop longtemps (la satire de la télévision, jouissive par ailleurs), mais on prend plaisir à reconnaître pêle-mêle tout ce qui fera l’oeuvre du réalisateur, à commencer par le film dans le film, qui est toujours chez Moretti un film impossible, un compte qu’on veut régler sans le pouvoir: avant Berlusconi (Le Caïman) ou la lutte des classes (Mia Madre), Moretti s’attaque ici à Freud et donne à travers cette figure le véritable coup d’envoi de sa filmographie.
chrischambers86

16 158 abonnés 13 107 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juin 2011
Sur les milieux cinèmatographiques, "Sogni d'Oro" traduit en français par "Rêves d'or" est le quatrième long-mètrage de Nanni Moretti, la rèvèlation du cinèma italien qui doit à son ironie mordante et à son sens de l'observation le succès de "Io sono un autarchico" qu'il signe quatre ans auparavant! Avec ce metteur en scène galèrant sur son prochain film, Moretti dresse un portrait d'artiste dèlicat et profond, alternant entre un ton grave et des scènes plus lègères! Certaines sont parfois drôles comme cette sèquence où le personnage principal est habillè comme un pingouin et attachè à un èlastique, les administrateurs devant avancer sur une passerelle alors que le public lui jette des seaux d'eau! Un Moretti à dècouvrir qui a obtenu le Prix spècial du jury à Venise en 1981...
Musomuse
Musomuse

12 abonnés 237 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juin 2020
Film paraissant très personnel. Le personnage du réalisateur mégalo faisant du cinéma d'art et d'essaie reste une figure qui me semble assez peu captivante. Peut être à cause des films de la nouvelles vague qui ne m'intéresse pas spécialement, et leurs réalisateurs par conséquent. Cependant j'apprécie particulièrement Nani Moretti. Et ce film ne dégrade pas l'appréciation que j'ai de l'artiste. Je trouve le film creusant son sujet de manière très personnel. Ce qui le rend assez peu accessible. Bon dieu ça n'en fait pas un mauvais produit. Tout au contraire, on sent que le film dit quelque chose de complexe. Le propos est celui du questionnement du réalisateur sur lui même. C'est à dire qu'est-ce qu'on est entant que réalisateur italien dans les années 80'. Et je trouve que avec un peu de connaissance cinématographique vis à vis du cinéma de Moretti et du cinéma de manière plus générale, Sogni d'oro reste une expérience qui se vaut. A partit du moment où l'on est sensible aux délires du réalisateur. Petite pensée aux scènes rêvées.

Après il est évident que le film souffre d'un flou envahissent l'image. On ne sait pas trop où on va. On se retrouve détaché de ce qui se passe à l'écran. Mais c'est aussi par ce qu'on est dans sa tête et non pas simple spectateur. D'ailleurs le film n'oublie pas de nous rappelé qu'il n'est pas fait pour être divertissant. Ce qui est un partit prie qui; il faut l'avouer, dégrade le visionnage devenant un peu injustifié. Comme le fait de feuilleter un album de photo d'une famille que l'on ne connais pas.

Bref c'est un film qui a des raisons d'être regardé mais qui n'est destiné qu'à ceux qui aiment le cinéma et leurs créateurs. Car c'est un film qui est fait pour lui même, comme un journal intime. Et il n'est pas simple de le lire sans se sentir de trop.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

89 abonnés 4 207 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 avril 2025
Un peu à la façon de Woody Allen, avec moins de dérision et plus d'effacement, Nanni Moretti se met en scène dans une comédie dont il est tout à la fois le sujet et le porte-parole. Ainsi, Moretti, ou plus exactement son double cinématographique Michele, tient-il un propos tour à tour ironique et désabusé, coléreux et fébrile, sur le cinéma qu'il aime, sur le cinéma qu'il fait et qu'il défend contre la complaisance du public, de la télévision -l'ennemie de toujours- ou de ses pairs.
Soumis aux critiques, aux contradictions, fondées ou grotesques, le cinéaste Michele Apicella tente de se justifier et de défendre la place légitime d'un cinéma intellectuel, tout au moins au moins un cinéma qui porte du sens. Le film est le récit de ses questionnements, de ses coups de gueule, de ses pannes d'inspiration au moment où Michele tourne un nouveau film.
La mise en scène n'est pas d'une grande élégance ni toujours limpide; elle est surtout l'affaire d'un montage un peu brutal, ce qui n'enlève rien à l'intérêt du sujet. Au coeur de séquences imagées ou parodiques, la profession de foi de Moretti est très convaincante.
rayonvert
rayonvert

32 abonnés 253 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 août 2011
Des moments d'une cocasse drôlerie, une réflexion sur le cinéma au début des années 80 sont le versent intéressant d'un des premiers films de Morretti. Par contre, le tout manque d'homogénéité. On assiste à une succession de scènes et non au déroulement d'une histoire, c'est la grande faiblesse de ce film.
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