Un film totalement atypique ! A voir absolument pour l'audace du sujet -nous sommes au milieu des années 50 pendant le tournage: l'adultère...
Michel Audiard et Gilles Grangier ont réussis cette adaptation de Simenon, pas seulement à cause des dialogues incisifs d'Audiard, mais en retranscrivant merveilleusement le contexte et le milieu social de cette histoire d'adultère qui paraît banale, mais qui ne l'ai pas... Cependant, l'histoire peine à démarrer, la fin est trop abrupte ou a été expédiée, ce qui empêche que le film soit vraiment une vrai réussite, malgré les qualités de l'adaptation. Puis Gilles Grangier n'est pas un grand metteur en scène (il se hisserait aujourd'hui au niveau d'un honnête réalisateur de téléfilm) même si on peut louer des scènes d'extérieur très réalistes et réussies techniquement (photo notamment).
Il faut voir Jean Gabin (François Cardinaux) en self made men, patron de pêcheries à La Rochelle, méprisé de tous à cause de sa réussite et pouvoir social fulgurant, à la recherche de sa femme qui s'est envolée on ne sait où;;; En fait si, on sait car tout le monde sait, tout le monde l'avait prédit, la majorité ne dit rien à l'intéressé mais se frotte bien les mains de la voir ainsi souffrir... Sauf que Gabin reste digne, ne flanche pas, il sait qu'autour de lui il n'y a que des vautours qui guettent sa chute... Peu à peu, en cherchant sa femme et son amant (fade Monique Mélinand), et en faisant face à la nurse de son fils, calculatrice et véritable mante religieuse en quête de pouvoir (étonnante Renée Faure), il prend conscience du pourquoi de la situation et de sa responsabilité dans cet état de fait... Ici la femme adultère prend un tout autre relief: c'est celle qu'on délaisse, à qui on ne dit pas qu'on l'aime, qui finalement n'a pas besoin de toute cette vie faste de bourgeoise surfaite et qui a besoin d'être avec son mari... Cardinaux comprend, Cardinaux aime sa femme, peu importe les moqueries... Un rôle inédit dans la carrière de Gabin, qui fait le job avec sensibilité et sobriété. Comme quoi, il pouvait absolument tout jouer et avec sa manière d'être...