Un des Grangier /Audiard à ne pas rater, sans doute le meilleur d’entre eux question dialogues. Ils sont parfaits de bout en bout, passant par toutes les nuances du français des années 50 quelque soit le milieu culturel. Le scénario est simple, son déroulement se comprend parfaitement ce qui permet de s’imprégner de la mentalité des personnes travaillant sur l’ensemble du port de La Rochelle. Le coté documentaire, bien qu’exagéré, est une des forces de ce film. L’autre plus grande force, c’est Gabin qui demeure excellent dans toutes les situations pourtant très variées (il se bat comme un voyou contre un de ses copains de jeunesse). Deux petites faiblesses : le jeu de Monique Melinand peu convaincant et l’escapade des amants passagers. Elle se produit brutalement entre deux personnes sans caractères juste liés par des souvenirs lointains ; c’est gênant dans un film réaliste. Renée Faure se démarque des autres personnages. Le jeune public actuel aurait beaucoup à découvrir en voyant un tel film, projeté au Lycée par exemple avec des commentaires indispensables. Pour les retraités, c’est un plaisir de retrouver les vrais extérieurs de ces années. Aucun décors fabriqué ne valant le naturel.
Un film totalement atypique ! A voir absolument pour l'audace du sujet -nous sommes au milieu des années 50 pendant le tournage: l'adultère... Michel Audiard et Gilles Grangier ont réussis cette adaptation de Simenon, pas seulement à cause des dialogues incisifs d'Audiard, mais en retranscrivant merveilleusement le contexte et le milieu social de cette histoire d'adultère qui paraît banale, mais qui ne l'ai pas... Cependant, l'histoire peine à démarrer, la fin est trop abrupte ou a été expédiée, ce qui empêche que le film soit vraiment une vrai réussite, malgré les qualités de l'adaptation. Puis Gilles Grangier n'est pas un grand metteur en scène (il se hisserait aujourd'hui au niveau d'un honnête réalisateur de téléfilm) même si on peut louer des scènes d'extérieur très réalistes et réussies techniquement (photo notamment).
Il faut voir Jean Gabin (François Cardinaux) en self made men, patron de pêcheries à La Rochelle, méprisé de tous à cause de sa réussite et pouvoir social fulgurant, à la recherche de sa femme qui s'est envolée on ne sait où;;; En fait si, on sait car tout le monde sait, tout le monde l'avait prédit, la majorité ne dit rien à l'intéressé mais se frotte bien les mains de la voir ainsi souffrir... Sauf que Gabin reste digne, ne flanche pas, il sait qu'autour de lui il n'y a que des vautours qui guettent sa chute... Peu à peu, en cherchant sa femme et son amant (fade Monique Mélinand), et en faisant face à la nurse de son fils, calculatrice et véritable mante religieuse en quête de pouvoir (étonnante Renée Faure), il prend conscience du pourquoi de la situation et de sa responsabilité dans cet état de fait... Ici la femme adultère prend un tout autre relief: c'est celle qu'on délaisse, à qui on ne dit pas qu'on l'aime, qui finalement n'a pas besoin de toute cette vie faste de bourgeoise surfaite et qui a besoin d'être avec son mari... Cardinaux comprend, Cardinaux aime sa femme, peu importe les moqueries... Un rôle inédit dans la carrière de Gabin, qui fait le job avec sensibilité et sobriété. Comme quoi, il pouvait absolument tout jouer et avec sa manière d'être...
Adapté d'un roman de Georges Simenon, Gilles Grangier aidé au scénario par Michel Audiard ont l'air trés inspiré !! Un père de famille consacre pas mal de temps à son travail qui lui rapporte pas mal d'argents. Sa femme rencontre un amour de jeunesse et laisse son mari inquiet qui va à tout les horizons voir si quelqu'un a vu sa belle et se pose des questions sur leur couple. Un film qui m'a bien plu et auquel on regarde dans les rétros quand on voit ces vieilles bagnoles roulées et les gens parlaient ancien franc. Ce long métrage vieillit bien avec le temps avec une histoire intriguante. Et puis, il y a Jean Gabin une fois de plus excellent, rares acteurs ont la mème présence de jeu fascinante. Les acteurs secondaires, hommes, femmes et enfants sont impeccables. Un cinéma d'autrefois de qualité à découvrir.
Simenon, Audiard, Grangier et Gabin, voilà qui promettait un grand film. Effectivement nous ne sommes pas déçus. Des dialogues à l'histoire tout est bon dans le drame de Grangier.
Propriétaire d’une compagnie de chalutiers de La Rochelle, Cardinaud, qui s’est fait à la force du poignet, est craint, haï et envié. Un jour sa femme ne rentre pas. Curieusement, certains films de Grangier relèvent presque du réalisme poétique à la Carné. Ici on songe à « la Marie du port », tant pour le décor que pour l’atmosphère. Gabin campe un personnage qui lui est familier, fort en gueule et très humain. La minceur de l’intrigue n’empêche pas de s’intéresser à des personnages tous bien campés, le développement linéaire de l’action a son charme, les dialogues d’Audiard sont adaptés au contexte (je vous paye pour vous occuper des enfants, pas pour m’en faire un). Et l’on retrouve avec plaisir la France des anciens Francs, aux routes parcourues de Tractions, Panhard et 203, aux ponts de métal noirci, et aux bacs pour l’île de Ré dans lesquels on saute en marche. Seules les criées aux poissons ont peu changé. A voir pour éprouver de la nostalgie et contempler un Gabin au mieux de sa forme.
Nouvelle collaboration Grangier/Gabin avec Audiard en prime. Une réussite totale quant aux scénario (tiré d'un bouquin d'un bon auteur),décors et personnages. Avec un Gabin en pleine forme évidemment.
Des compositions d'acteurs trés justes, des dialogues ficelés, une mise en scene trés propre (hormis les scenes de baston trés lourdingue) pour mettre en image le génie de l'écriture de Simenon. Alors faut pas attendre des twists, des rebondissement et du suspense, mais une fresque sociale extraordinairement juste et crédible. Des relations familiales "a la pialat", de l'ethnographie de l'activité portuaire, des enjeux interne parmi les domestiques, de la part d'égoisme dans le désir... On à l'impression qu'il tombe toujours juste. Quand au thème général du film il est plus complexe que la haine de la réussite, c'est la haine de l'ascension sociale; aussi bien de la part de pauvres qui ressentent le cardinaud comme un traître que de la part des riches le considérant comme un parvenu. Ainsi on peut remarquer dans nos sociétés aujourd'hui que les riches les plus détestés sont Depardieu, les footballeurs, et Tapie et jamais les héritiers.
Voilà un film au scénario d'une grande banalité, qui n'est pas un drame qui fait pleurer dans les chaumières, qui finit plutôt très bien, et qui vous capte l'attention comme un aimant attrape un vieux clou. Et c'est bien la force de ce film! Les acteurs, et surtout des dialogues ciselés aux petits oignons sont un régal pour les oreilles et les yeux. A cela vous rajouter le décor : le port de pêche de la Rochelle et tout son petit monde de fin des années 50, tout cela m'amène à conclure... Film à voir par tous, ceux qui aiment le cinéma, le vrai!
Démarrage poussif, limite emmerdant. Puis, après une grosse demi-heure, le film prend de la vitesse. Les dialogues, pas trop mal au début, deviennent percutants. Car c'est bien là l'atout principal de ce film, outre bien évidemment le charisme habituel de Jean Gabin. Le thème, l'infidélité, est assez osé pour les années 1950, mais la façon dont il est traité est finalement gentille donc décevante.
Comme Balzac qui étant royaliste a calibré la bourgeoisie qu(il haïssait dans tous ses romans, Georges Simenon montrait les travers de la bourgeoisie de province face au bas peuple. Le roman dont est tiré le scénario, "Le Fils Cardinaud" respecte cette tradition dans le port de La Rochelle. La première demie-heure que certains trouvent lente est contraire très bien réalisée par Gilles Grangier qui nous présente tous les protagonistes de ce film, riches ou pauvres au gré des visites du patriarche Cardinand joué parfaitementtoi par Gabin, le fait que son personnage est issu d'un milieu modeste rend son interprétation plus crédible avec son argot signé Audiard : T'es Bath toi par exemple adjectif très courant dans les milieux populaires dans les années 30, 40, 50 ou 60 et complètement disparu. Paul Frankeur est aussi très bon dans le commandant du cargo ai du père Cardinand toujours avec l'argot aux petits oignons signé Audiard. Oui on ne fait plus depuis plusieurs dizaines d'années de tels films ou le bas peuple est confronté à la bourgeoisie patronale locale sans masquer les qualités et les défauts des 2 bords. Je trouve Monique Mélinand pas très à l'aise dans son rôle. Elle a pourtant été la compagne de l'immense Louis Jouvet des années 40 jusqu'à sa mort n ne l'a pas empêché de faire la plus longue carrière en tant qu'actrice française de 1927 à 2011 (81 ans).
Un gabin mineur qui contient malgré tout une bonne demi-heure et une partie de fin faiblarde. On peut l'apprécier avec ses faiblesses. Au final histoire simpliste tenu par de bons acteurs sans que le sang monte dans notre tête comme nous l'aurions souhaité.
Jean Gabin aura tourné douze films avec Gilles Grangier qui lui doit une très grande partie de sa renommée. « Le sang à la tête » est leur troisième collaboration, tourné dans la foulée de « Gas-oil » qui permit à Gabin de retrouver les rôles de prolétaires qu’il affectionnait avant-guerre. L’association avec Grangier va de pair avec celle qui unit Gabin à Michel Audiard depuis « Gas-oil ». C’est une adaptation d’un roman de Georges Simenon, « Le fils Cardinaud », montrant un Gabin, enfant issu de la classe populaire qui s’est élevé à la « force des crocs » jusqu’au poste d’armateur principal du port de La Rochelle. Une ascension qui lui a certes apporté le respect en partie par la crainte qu’il inspire désormais mais aussi les inimitiés, les rancœurs et bien sûr la jalousie. Dans le milieu très fermé d’un port de pêche où tout se sait, François Cardinaud semble n’avoir qu’une faiblesse, sa vie sentimentale. Sa jeune femme (Monique Mélinaud) issue du même milieu populaire, ne joue pas le jeu de la notabilité et s’ennuyant, lui fait quelquefois des infidélités. Quand un amour de jeunesse revient d’Afrique, elle disparaît. La belle mécanique qui anime Cardinaud jusque-là, tourne certes encore mais semble avoir des ratés que tout le monde remarque, se gaussant de voir celui qui fait la pluie et le beau temps sur les prix pratiqués aux halles pour asseoir sa domination, déambuler dans tout le port en quête d’informations. Le film est bien sûr un excellent véhicule pour un Gabin toujours parfait quand il s’agit de pétrir la pâte humaine dans tous ses recoins pour en extraire les paradoxes de la personnalité de ses personnages. Michel Audiard qui aura beaucoup adapté Simenon tout au long de sa carrière, saisit très justement et avec une certaine finesse l’esprit du romancier belge qui n’avait pas son pareil pour capter l’ambiance et les vices cachés d’une petite communauté. Les ronchons se plaisent à trouver dans la deuxième partie de carrière de Gabin une tendance coupable à la facilité dont Gilles Grangier avec Denys de La Patellière, Jean Paul Le Chanois, Jean Delannoy et bien sûr Michel Audiard aurait été l’un des principaux complices. Ils ne manqueront pas de voir dans ce film une entreprise destinée à aligner des rails sur lesquels l’acteur devenu paresseux n’avait plus qu’à se laisser conduire. Si « Le sang à la tête » n’est pas à ranger parmi les chefs d’œuvre de la carrière de Gabin, il serait injuste de ne voir aucune qualité dans cette peinture provinciale qui si elle n’échappe pas à quelques poncifs fait souvent mouche. Grâce à Jean Gabin justement ! « C’est chouette, c’est bath les acteurs ! » comme disait Gabin en 1970, lors d’une interview. Il avait bien raison.
Du bon cinéma à la papa. Gilles Grangier à la caméra, Gabin devant et Michel Audiard aux dialogues. Quelques gueules du cinéma de l époque, un film avec une bonne gouaille et la découverte de ce qu était La Rochelle à la fin des années 50. On est jamais pris par surprise, mais c est bien fait.
Gilles Grangier à la réalisation, Michel Audiard aux dialogues et Jean Gabin au jeu. Voilà, la critique est faite. Quoiqu'en plus de la réussite assurée par ce trio, il y a aussi le mérite d'une innovation légère, avec un déroulement dramatique et pessimiste de l'histoire spoiler: qui finit pourtant bien .